Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2021: 4 février, 4 mars, 8 avril, 6 mai, 3 juin, 8 juillet, 2 septembre, 7 octobre, 4 novembre, 2 décembre.

La production et les stocks mondiaux de céréales ont été révisés à la baisse, mais l’offre globale reste satisfaisante en 2021-2022

Date de publication: 02/09/2021

En raison des conditions de sécheresse qui persistent dans plusieurs des principaux pays producteurs, les prévisions de la FAO concernant la production de céréales en 2021 ont été abaissées de 29,3 millions de tonnes depuis le précédent rapport datant de juillet et s’établissent à présent à 2 788 millions de tonnes. Malgré ce recul, la production mondiale de céréales devrait tout de même progresser de 0,7 pour cent (18,7 millions de tonnes) par rapport à celle de 2020.

Parmi les principales céréales, les prévisions concernant la production mondiale de blé en 2021 ont enregistré la plus forte révision à la baisse, à savoir un recul de 15,2 millions de tonnes depuis juillet, et s’établissent à 769,5 millions de tonnes, soit un niveau inférieur de 0,7 pour cent (5,7 millions de tonnes) à celui de l’année dernière. Cette diminution s’explique principalement par les effets négatifs de la sécheresse prolongée sur les perspectives de rendement aux États-Unis d’Amérique, au Canada et, dans une moindre mesure, au Kazakhstan, ainsi que par les conditions météorologiques défavorables en Fédération de Russie, qui ont fait augmenter les pertes de cultures d’hiver et ont fait reculer les rendements par rapport aux prévisions précédentes. Ces baisses font plus que compenser la révision à la hausse apportée aux prévisions concernant la production au Brésil, en Ukraine et dans l’Union européenne, qui s’explique par la persistance de conditions météorologiques favorables. Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales secondaires en 2021 ont été abaissées de 13,7 millions de tonnes et s’établissent à 1 499 millions de tonnes, mais contrairement au blé, elles progressent encore de 1,3 pour cent (19,5 millions de tonnes) par rapport au niveau de l’année dernière. Près de la moitié de la révision à la baisse apportée ce mois-ci concerne la production de maïs attendue au Brésil et aux États-Unis d’Amérique, où un déficit prolongé de précipitations a tiré vers le bas les perspectives de rendement. Il est à présent prévu que la production recule au Brésil en glissement annuel, mais celle-ci devrait tout de même encore augmenter aux États-Unis d’Amérique sur une base annuelle. Les prévisions concernant la production de maïs en Argentine, en Ukraine et dans l’Union européenne ont été relevées, mais dans une mesure qui ne compense pas les baisses susmentionnées. En effet, les conditions météorologiques favorables prolongées ont amélioré les perspectives de rendement et les évaluations récentes menées sur le terrain indiquent que la superficie des cultures de maïs devrait être plus importante que prévu en Argentine. Les prévisions concernant la production mondiale d’orge en 2021 ont quant à elles été réduites de 6 millions de tonnes, en raison de perspectives de rendement plus faibles que prévu aux États-Unis d’Amérique et au Canada. Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz en 2021 ont été abaissées de 400 000 tonnes depuis juillet et s’établissent à présent à 519 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), soit un niveau encore supérieur de 0,9 pour cent (4,8 millions de tonnes) à celui de 2020 et un record historique. Cette révision repose essentiellement sur des informations selon lesquelles la diminution de la superficie plantée devrait être plus prononcée que prévu au Japon et aux États-Unis d’Amérique, sous l’effet d’un recul des marges des producteurs, ainsi qu’en République islamique d’Iran, qui connaît des pénuries d’eau d’irrigation. Ces baisses compensent la révision à la hausse apportée pour le Viet Nam, où des rendements records ont été signalés.

L’utilisation mondiale de céréales en 2021-2022 devrait atteindre 2 809 millions de tonnes et accuser un retrait de 1,7 million de tonnes par rapport à juillet, mais elle devrait tout de même progresser de 1,4 pour cent (40,1 millions de tonnes) par rapport à son niveau de 2020-2021, ce qui constituerait un nouveau record. Les prévisions concernant l’utilisation totale de blé ont été abaissées de 2,2 millions de tonnes et s’établissent à 777 millions de tonnes, mais indiquent encore une progression de 2,4 pour cent (18,5 millions de tonnes) par rapport à 2020-2021. L’utilisation du blé dans l’alimentation animale a été revue à la baisse ce mois-ci, car les disponibilités se sont resserrées et la hausse des prix du blé a fait baisser sa compétitivité par rapport au maïs, mais la progression attendue de l’utilisation dans l’alimentation animale en 2021-2022 reste le principal facteur de la croissance de l’utilisation totale du blé prévue en glissement annuel. Les prévisions concernant l’utilisation totale de céréales secondaires en 2021-2022 s’établissent au niveau record de 1 511 millions de tonnes, un niveau quasiment identique à celui qui figurait dans les prévisions de juillet, mais une progression de 0,9 pour cent (13,9 millions de tonnes) par rapport aux niveaux estimés pour 2020-2021. Cette croissance s’explique principalement par la hausse de l’utilisation de maïs prévue en 2021-2022, en particulier de l’utilisation dans l’alimentation animale et à des fins industrielles, et d’une légère augmentation de l’utilisation du sorgho. L’utilisation de l’orge devrait, quant à elle, reculer en 2021-2022, en raison d’une baisse de l’utilisation dans l’alimentation animale et à des fins industrielles principalement due à une diminution de la production. L’utilisation mondiale de riz en 2021-2022 devrait s’établir à 520,5 millions de tonnes, soit 1,5 pour cent (7,7 millions de tonnes) de plus qu’en 2020-2021 et un niveau presque inchangé par rapport aux prévisions de juillet. La réduction des prévisions concernant l’utilisation alimentaire du riz dans plusieurs pays (à savoir le Japon, la République islamique d’Iran et le Viet Nam) a été largement compensée par la hausse des prévisions concernant l’utilisation dans l’alimentation animale et à des fins industrielles (principalement au Viet Nam).

Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2022 ont été abaissées de 27,0 millions de tonnes par rapport à juillet et s’établissent à 809 millions de tonnes. Elles indiquent à présent un probable léger recul de 0,9 pour cent (7,0 millions de tonnes) par rapport aux niveaux d’ouverture. Ainsi, le rapport stocks/utilisation des céréales en 2021-2022 devrait s’établir à 28,1 pour cent, un niveau en recul par rapport à celui de 2020-2021, qui était de 29,0 pour cent, mais une offre relativement confortable du point de vue historique. À la suite de la révision à la baisse de 12,8 millions de tonnes apportée ce mois-ci, les stocks mondiaux de blé devraient céder 2,0 pour cent (5,8 millions de tonnes) par rapport à leurs niveaux d’ouverture et s’établir à 284 millions de tonnes. Cette révision à la baisse et ce recul en glissement annuel concernent surtout les principaux pays exportateurs et est imputable à la réduction des perspectives de production au Canada, aux États-Unis d’Amérique, en Fédération de Russie et au Kazakhstan. Compte tenu de ces révisions, les stocks de blé à la clôture des campagnes aux États-Unis d’Amérique devraient tomber à leurs plus bas niveaux depuis huit ans, tandis qu’au Canada, ils devraient tomber à leurs plus bas niveaux depuis plus de 40 ans. Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales secondaires ont également été réduites de 14.3 millions de tonnes ce mois-ci et s’établissent à 339 millions de tonnes, soit une baisse de 0,6 pour cent (2,0 millions de tonnes) par rapport à leurs niveaux d’ouverture. La majeure partie de cette révision à la baisse est due à un recul de 10,1 millions de tonnes des stocks mondiaux de maïs, qui concerne principalement les États-Unis d’Amérique et le Brésil, où les perspectives de production ont été abaissées, et l’Ukraine où une augmentation des exportations est prévue. En ce qui concerne le riz, le relèvement des prévisions concernant les stocks dans les pays traditionnellement importateurs (en particulier les Philippines et le Japon) a compensé la réduction des prévisions portant sur les reports de stocks dans les pays exportateurs, notamment la Thaïlande. Ainsi, les stocks mondiaux de riz à la clôture des campagnes de 2021-2022 devraient toujours atteindre leur deuxième plus haut niveau jamais enregistré, à savoir environ 185,1 millions de tonnes.

Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2021-2022 s’établissent à 466 millions de tonnes, soit une baisse de 6,2 millions de tonnes par rapport aux prévisions de juillet et un niveau inférieur de 1,3 pour cent (6,2 millions de tonnes) au niveau record de 2020-2021, car la contraction attendue des échanges de blé et de céréales secondaires devrait contrebalancer l’expansion des échanges mondiaux de riz. Les prévisions concernant les échanges mondiaux de blé en 2021-2022 (juillet-juin), qui s’établissent à 185 millions de tonnes, ont été diminuées de 4,3 millions de tonnes depuis juillet et indiquent à présent un recul de 1,4 pour cent (2,7 millions de tonnes) par rapport à leur niveau record de 2020-2021. Les achats de blé de la part de la Chine, du Maroc et du Pakistan en 2021‑2022 devraient être inférieurs à ceux de 2020-2021, en raison de la hausse de la production et des stocks. Du côté des exportations, le recul des perspectives de production devrait entraîner en 2021-2022 une diminution des expéditions de blé en partance des États-Unis d’Amérique, de la Fédération de Russie et, surtout, du Canada, où les exportations pourraient chuter à leur niveau le plus bas depuis 19 ans.  Les prévisions de ce mois-ci concernant les échanges mondiaux de céréales secondaires s’établissent à 232,3 millions de tonnes, soit 2,3 millions de tonnes de moins que ce qui était prévu en juillet. Cette réduction s’explique principalement par un recul des échanges mondiaux de maïs, qui est dû, d’une part, à une diminution de la demande à l’importation dans l’Union européenne, en raison d’un relèvement des prévisions de production, et d’autre part, à la baisse des exportations de maïs prévue au Brésil et aux États-Unis d’Amérique, qui découle d’un resserrement des disponibilités. Des importations plus faibles que prévu en Asie, au Proche-Orient, en Europe, en Amérique centrale et dans les Caraïbes ont entraîné une baisse de 600 000 tonnes, par rapport à juillet, des prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de riz en 2021 (janvier-décembre), qui s’établissent à 47,6 millions de tonnes. À ce niveau, les flux mondiaux de riz devraient dépasser de 4,4 pour cent leurs niveaux de 2020, l’intégralité de la croissance des importations prévue étant imputable à l’Extrême-Orient et à l’Afrique de l’Ouest.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.