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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2018 : 1 février, 1 mars, 5 avril, 3 mai, 7 juin, 5 juillet, 6 septembre, 4 octobre, 1 novembre, 6 décembre.

Les prévisions concernant la production céréalière mondiale ont été légèrement relevées par rapport aux prévisions de juillet mais demeurent nettement inférieures à celles de l’année dernière; les stocks ont encore diminué.

Date de publication: 06/09/2018

D’après les dernières prévisions de la FAO, la production céréalière mondiale devrait s’établir à 2 587 millions de tonnes en 2018, soit son niveau le plus bas depuis trois ans, malgré une légère révision à la hausse (1,2 million de tonnes) par rapport aux prévisions de juillet. Les projections de ce mois-ci tablent sur une production céréalière mondiale de 64,5 millions de tonnes (2,4 pour cent), soit un niveau inférieur au record atteint l’année dernière.

Les prévisions de la FAO relatives à la production mondiale de blé en 2018 ont été réduites de 14 millions de tonnes (1,9 pour cent) par rapport aux prévisions de juillet et s’établissent désormais à un niveau proche de 722 millions de tonnes, soit la plus maigre moisson depuis 2013. Cette révision à la baisse s’explique principalement par la conjoncture dans l’Union européenne, où les conditions météorologiques estivales (temps sec et chaud) ont encore fait baisser les rendements dans les pays septentrionaux, ce qui a pesé sur les prévisions de production (moins 6 pour cent, soit une diminution de 9 millions de tonnes); les nouvelles prévisions relatives à la production de blé dans l’Union européenne s’élèvent à 138 millions de tonnes, niveau le plus bas depuis 2012. Les perspectives de production en Australie, en Chine et dans la Fédération de Russie ont également été revues à la baisse, essentiellement sous l’effet de conditions météorologiques défavorables; concernant l’Argentine et les États-Unis, elles ont en revanche été revues à la hausse.

La FAO prévoit que la production mondiale de céréales secondaires s’établira à près de 1 354 millions de tonnes en 2018, soit une augmentation de 15 millions de tonnes (1,1 pour cent) par rapport aux prévisions de juillet; la production demeurera toutefois inférieure de 36,4 millions de tonnes (2,6 pour cent) à son niveau de septembre 2017. La récente révision à la hausse des prévisions de production par rapport à juillet s’explique principalement par l’amélioration des perspectives de production de maïs en Chine, en Ukraine et aux États-Unis, où les conditions météorologiques plus clémentes ont entraîné à la hausse les prévisions de rendement. L’augmentation de la production prévue dans ces pays compense largement la révision à la baisse des prévisions concernant l’Union européenne et la Fédération de Russie, où le manque d’eau a pesé sur les perspectives de rendement. Les projections relatives à la production mondiale d’orge en 2018 ont été légèrement corrigées à la baisse, principalement du fait de rendements plus faibles que prévu dans l’Union européenne sous l’effet d’un temps sec et chaud, mais les perspectives de production mondiale de sorgho sont restées pratiquement inchangées.

Après un léger ajustement à la hausse par rapport aux projections de juillet, les prévisions de la FAO relatives à la production mondiale de riz en 2018 s’établissent à présent à 511,8 millions de tonnes, soit un niveau record historique (1,3 pour cent de plus par rapport à 2017). Au niveau des pays, l’amélioration des perspectives de rendement devrait stimuler la reprise de la production au Bangladesh et au Viet Nam dans des proportions plus importantes que prévu, et, de même, à Sri Lanka et aux États‑Unis, les emblavages devraient être plus importants que prévu. En revanche, les prévisions ont été revues à la baisse pour l’Égypte, où les mesures prises par les pouvoirs publics pour préserver les ressources hydriques et maintenir la compétitivité du secteur du coton ont eu pour effet de réduire plus sensiblement les surfaces rizicoles.

Les prévisions concernant l’utilisation mondiale de céréales ont été relevées de 7 millions de tonnes (0,3 pour cent) pour être portées à 2 648 millions de tonnes, soit 30 millions de tonnes (1,2 pour cent) de plus qu’en 2017‑2018. Cette révision à la hausse, qui table sur une augmentation de l’utilisation de céréales par rapport à la campagne précédente, est essentiellement portée par le maïs. L’utilisation plus abondante de maïs aux fins de l’alimentation animale et dans le secteur industriel devrait porter l’utilisation totale de maïs à un niveau égal à 1 105 millions de tonnes, soit près de 14 millions de tonnes (1,3 pour cent) de plus que prévu en juillet et 30 millions de tonnes (2,8 pour cent) de plus qu’en 2017‑2018. L’utilisation accrue de maïs dans l’alimentation animale prévue pour 2018‑2019 devrait largement compenser le recul attendu s’agissant de l’utilisation des autres principales céréales à des fins d’alimentation animale, en particulier l’orge, le blé et le sorgho. L’utilisation de riz en 2018‑2019 devrait augmenter de 1,1 pour cent pour atteindre 509,6 millions de tonnes, soit un niveau suffisant pour que la consommation mondiale de riz par habitant demeure globalement stable, à environ 53,9 kg.

Par rapport à juillet, les prévisions relatives aux stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes se terminant en 2019 ont été réduites de 7,1 millions de tonnes; les stocks devraient ainsi s’établir à 741,8 millions de tonnes (soit leur plus bas niveau depuis quatre ans), ce qui représente une diminution de pas moins de 65 millions de tonnes (8 pour cent) par rapport à leur niveau d’ouverture, qui était historique. Le coefficient stocks/utilisation de céréales au niveau mondial devrait par conséquent diminuer pour s’établir à 27,3 pour cent, soit son plus bas niveau depuis 2013‑2014. La contraction des stocks prévue pour 2018‑2019 s’explique essentiellement par les diminutions attendues en Chine, dans l’Union européenne et dans la Fédération de Russie. La révision à la baisse de ce mois-ci des prévisions relatives aux moissons a eu des incidences non négligeables sur les prévisions relatives aux stocks de blé, qui tablent désormais sur 252 millions de tonnes, soit une diminution de près de 12 millions de tonnes par rapport à juillet et de 21,4 millions de tonnes (7,8 pour cent) par rapport au niveau d’ouverture des stocks, sans précédent. D’après les prévisions actuelles, dans les principaux pays exportateurs de blé, le rapport stocks de clôture‑disparition totale (utilisation nationale plus exportations), considéré comme un bon indicateur de la disponibilité sur les marchés mondiaux, devrait tomber à son niveau le plus bas depuis six ans pour s’établir à 15,3 pour cent, soit une valeur nettement inférieure aux prévisions pour 2017‑2018 (20,8 pour cent). En revanche, la FAO a relevé ses projections relatives aux stocks de maïs par rapport à juillet, de près de 7 millions de tonnes. Cependant, cette augmentation ne devrait pas empêcher les réserves mondiales de maïs d’accuser un net recul (moins 13,6 pour cent) par rapport à leur niveau d’ouverture; elles devraient s’établir à 267 millions de tonnes, soit leur niveau le plus bas depuis six ans. Au terme de la campagne 2018‑2019, les réserves mondiales de riz devraient en revanche avoir augmenté, pour la troisième campagne consécutive, pour atteindre 173,4 millions de tonnes, du fait de la reconstitution des stocks dans les pays importateurs, en particulier en Chine et en Indonésie, et dans les principaux pays exportateurs, tels que l’Inde et les États‑Unis.

Les prévisions de la FAO en ce qui concerne les échanges mondiaux de céréales en 2018‑2019 ont été réévaluées à près de 414 millions de tonnes, soit 1,7 million de tonnes de plus que prévu le mois dernier. Cette révision à la hausse est principalement à mettre au compte des prévisions qui tablent sur une progression des échanges de maïs, et qui devraient largement compenser la révision à la baisse des prévisions relatives au blé, au riz et au sorgho. Toutefois, d’après les projections actuelles, le volume des échanges mondiaux de céréales en 2018‑2019 devrait demeurer inférieur d’environ 6,4 millions de tonnes (1,5 pour cent) au volume record atteint lors de la campagne précédente. Les échanges de blé réalisés pendant la campagne de commercialisation en cours devraient se contracter de 1,8 pour cent (3,2 millions de tonnes) et les échanges de sorgho devraient diminuer de 14,4 pour cent (1,1 million de tonnes), tandis que les échanges de riz devraient reculer de 1,1 pour cent (518 000 tonnes).

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.