Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2021: 4 février, 4 mars, 8 avril, 6 mai, 3 juin, 8 juillet, 2 septembre, 7 octobre, 4 novembre, 2 décembre.

Les perspectives de récolte pour 2021 restent positives, mais la forte demande d’aliments pour animaux continue de faire reculer les stocks mondiaux en 2020-2021

Date de publication: 08/04/2021

Premières estimations pour les récoltes de 2021

La campagne vient seulement de commencer, mais la FAO s’attend à ce que la production céréalière mondiale enregistre sa troisième année consécutive de hausse en 2021. La récolte du blé d’hiver a déjà débuté dans certains pays de l’hémisphère Nord et les conditions de cultures actuelles indiquent que les perspectives devraient être légèrement meilleures que prévu. Ainsi, les prévisions préliminaires concernant la production mondiale de blé en 2021 ont été portées à 785 millions de tonnes. Dans l’Union européenne (UE), il est prévu que la production progresse nettement et atteigne 137 millions de tonnes en 2021. En effet, un rebond des superficies emblavées et des conditions de culture du blé d’hiver favorables au début du printemps renforcent les perspectives de rendement, qui devraient dépasser le faible niveau de l’année dernière et la moyenne sur cinq ans. De même, au Royaume-Uni, les cultures de blé se déroulent dans de bonnes conditions car, après un hiver excessivement humide, elles ont bénéficié d’un temps plus sec et plus chaud à la fin de février et en mars, et la production devrait atteindre 14 millions de tonnes. Dans la Fédération de Russie, malgré une amélioration des précipitations qui a partiellement compensé les déficits d’humidité du début de la campagne, la vague de froid de février devrait entraîner une mortalité hivernale plus élevée qu’à l’accoutumée dans les districts producteurs de blé du sud, en raison d’une couverture neigeuse insuffisante. Ainsi, et compte tenu du recul des superficies plantées, la production devrait diminuer de 79 millions de tonnes en 2021. En Ukraine, les perspectives sont favorables et les données officielles indiquent que la production de blé devrait progresser et atteindre un niveau au-dessus de la moyenne, à savoir 27,5 millions de tonnes. Les données officielles des États-Unis d’Amérique indiquent que les superficies plantées en blé d’hiver sont un peu plus importantes que ce qui avait été estimé initialement. Cette hausse devrait plus que compenser la diminution des semis de printemps, car on estime que la superficie totale plantée en blé devrait progresser de 5 pour cent en glissement annuel, ce qui serait malgré tout son quatrième niveau le plus faible jamais enregistré. Principalement sous l’effet de l’augmentation de la superficie plantée et malgré les conditions météorologiques loin d’être idéales qui ont détérioré les perspectives de rendement, la production de blé devrait progresser légèrement et atteindre 52 millions de tonnes en 2021. En Asie, il est prévu que la production de blé au Pakistan atteigne au moins l’objectif officiel de 27 millions de tonnes, grâce à une superficie ensemencée supérieure à la moyenne. Les perspectives sont également favorables en Inde, où les estimations officielles indiquent que la production de blé devrait atteindre le niveau record de 109 millions de tonnes. Sur la base d’évaluations récentes sur le terrain indiquant des conditions dans la moyenne et de bons taux d’humidité des sols dans l’ensemble du pays, il est prévu que la production de la Chine en 2021 s’établisse à 135,5 millions de tonnes, soit un niveau presque inchangé par rapport à l’année dernière. Au Proche-Orient, une sécheresse anormale continue de dégrader les perspectives de production dans plusieurs pays.

La récolte des cultures de céréales secondaires de 2021 a débuté dans les pays de l’hémisphère Nord et les prévisions continuent d’indiquer que la production devrait être au-dessus de la moyenne. En Amérique du Sud, la production de maïs en Argentine devrait atteindre 58 millions de tonnes en 2021, soit un niveau supérieur à la moyenne, principalement en raison du niveau quasi record des superficies ensemencées. Au Brésil, la production globale de maïs devrait atteindre un niveau record de 108 millions de tonnes, car on s’attend à une augmentation de la superficie plantée pendant la campagne principale de 2021, du fait de prévisions favorables en ce qui concerne les prix. En Afrique australe, où les conditions météorologiques ont continué d’être favorables en Afrique du Sud, le principal pays producteur de maïs de la région, les rendements pourraient s’établir à des niveaux qui n’avaient pas été atteints depuis plusieurs années et, avec l’accroissement des superficies plantées, tirer vers le haut la production, qui atteindrait le niveau quasi record de 17 millions de tonnes en 2021. Dans l’hémisphère Nord, les semis pour la culture de maïs de 2021 viennent de commencer. Chez le plus gros exportateur mondial, les États-Unis d’Amérique, les premières estimations figurant dans le rapport de mars sur les perspectives concernant les semis indiquent que la surface plantée en maïs devrait probablement augmenter de 1 pour cent cette année, une augmentation qui ne satisfait pas les attentes du marché, compte tenu de la forte demande et des prévisions concernant les prix.

Les marchés des céréales en 2020-2021

Les prévisions de la FAO concernant la production céréalière mondiale en 2020 ont été légèrement relevées ce mois-ci et s’établissent désormais à 2 765 millions de tonnes, soit une hausse de 2 pour cent par rapport au résultat de l’année dernière. Cette dernière hausse s’explique principalement par les révisions à la hausse apportées aux estimations concernant la production de maïs en Inde, où les données officielles indiquent des rendements plus importants que prévu, et, dans une moindre mesure, dans la Fédération de Russie. Les estimations concernant la production mondiale de riz ont également été légèrement relevées, principalement en raison de prévisions moins pessimistes concernant la culture hors saison en Thaïlande, à quoi s’ajoutent de petits ajustements à la hausse de la production dans plusieurs autres pays.

Les prévisions concernant l’utilisation mondiale des céréales en 2020-2021 ont été relevées de 11,0 millions de tonnes par rapport au mois dernier et s’établissent à présent à 2 777 millions de tonnes, soit une hausse de 2,4 pour cent par rapport au niveau de 2019-2020. La plus grande partie de la révision apportée ce mois-ci est due à un relèvement de 8,4 millions de tonnes des prévisions concernant l’utilisation mondiale de blé en 2020-2021, qui ont été portées à 763 millions de tonnes, soit 1,7 pour cent de plus que le niveau de 2019-2020. L’augmentation par rapport au mois dernier s’explique par la hausse des estimations concernant l’utilisation du blé dans l’alimentation animale en Chine, dans un contexte de forte demande, car le secteur de l’élevage du pays se relève de la peste porcine africaine, et de prix intérieurs du maïs élevés. En outre, les prévisions concernant l’utilisation mondiale de céréales secondaires en 2020-2021 ont été relevées de 2,9 millions de tonnes ce mois-ci et portées à 1 500 millions de tonnes, soit une hausse de 2,9 pour cent par rapport à 2019-2020, principalement du fait de la révision à la hausse de l’utilisation de l’orge dans l’alimentation animale en Chine. L’utilisation mondiale du riz en 2020-2021 devrait atteindre le record historique de 514 millions de tonnes, un niveau quasiment identique à celui qui était prévu en mars et 1,9 pour cent de plus que les estimations concernant la campagne précédente. 

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021 devraient reculer de 1,7 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture et s’établir à 808 millions de tonnes, après une baisse de 3,3 millions de tonnes par rapport aux prévisions du mois dernier. Cette révision à la baisse des stocks, à quoi s’ajoute une hausse de l’utilisation, a fait reculer le rapport stock/utilisation de céréales au niveau mondial, qui passe de 29,6 pour cent en 2019-2020 à 28,4 pour cent en 2020-2021, son niveau le plus faible depuis sept ans. Étant donné que la hausse des estimations concernant l’utilisation dans l’alimentation animale a entravé la progression des stocks de blé prévue en Chine, les prévisions concernant les stocks mondiaux de blé ont été abaissées de 8,0 millions de tonnes par rapport au mois dernier et s’établissent dorénavant à 284 millions de tonnes, soit encore 2,8 pour cent de plus que leurs niveaux d’ouverture. En revanche, les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales secondaires, qui atteignent 341 millions de tonnes, ont été relevées de 4,5 millions de tonnes depuis le mois dernier, car des révisions à la hausse ont été apportées aux stocks de maïs en Inde et aux États‑Unis d’Amérique. Toutefois, il est toujours prévu que les stocks mondiaux de céréales secondaires cèdent 5,9 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture, principalement en raison des 23 millions de tonnes prélevées sur les stocks de maïs, en grande partie en Chine et aux États-Unis d’Amérique. En ce qui concerne le riz, les révisions à la hausse apportées aux stocks détenus par l’Arabie saoudite, le Népal et la Thaïlande devraient compenser le recul des stocks au Bangladesh. Ainsi, les stocks mondiaux de riz à la clôture des campagnes de 2020-2021 devraient s’établir à 183 millions de tonnes, soit un niveau presque identique aux prévisions du mois précédent et à leur niveau d’ouverture.

Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2020-2021 ont été légèrement relevées depuis le mois dernier et portées à 466 millions de tonnes, soit une progression de 5,8 pour cent par rapport à 2019-2020. Stimulés par une demande plus forte que prévu en Chine et au Nigéria, les échanges mondiaux de blé en 2020-2021 (juillet-juin) ont été relevés de 1,4 million de tonnes depuis mars et s’établissent à présent à 188 millions de tonnes, soit 2,0 pour cent de plus que le niveau de la campagne précédente. À 230 millions de tonnes, un niveau presque identique aux prévisions de mars, les échanges totaux de céréales secondaires en 2020-2021 (juillet-juin) devraient enregistrer une croissance de 9,0 pour cent par rapport à 2019-2020, principalement en raison du niveau sans précédent des achats de maïs réalisés par la Chine. Malgré des perspectives un peu moins optimistes quant aux importations d’un certain nombre de pays du Proche-Orient et d’Asie par rapport aux prévisions de mars, les échanges mondiaux de riz en 2021 (janvier-décembre) devraient s’établir autour de 48 millions de tonnes. À ce niveau, les échanges s’accroîtraient de 6,0 pour cent sur une année, accroissement imputable à la hausse des achats attendue dans toutes les régions, sauf en Europe et sur le continent américain.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.