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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2019 : 7 février, 7 mars, 4 avril, 9 mai, 6 juin, 4 juillet, 5 septembre, 3 octobre, 7 novembre, 5 décembre.

Les prévisions concernant la production mondiale de céréales ont été revues à la baisse, mais les stocks restent inchangés par rapport au mois dernier

Date de publication: 07/11/2019

Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2019 ont été abaissées de plus de 2 millions de tonnes pour le deuxième mois consécutif en raison d’une diminution attendue de la production de céréales secondaires et, dans une moindre mesure, de blé. Malgré ces perspectives moins favorables, la production mondiale de céréales devrait néanmoins dépasser celle de 2018 de près de 47 millions de tonnes (1,8 pour cent).

Les prévisions relatives à la production mondiale de céréales secondaires en 2019 ont été réduites de 1,3 million de tonnes depuis le mois précédent et s’établissent désormais à 1 425 millions de tonnes, soit une augmentation de 1,2 pour cent (17,6 millions de tonnes) par rapport au niveau de 2018. Le fléchissement mensuel s’explique principalement par le réajustement à la baisse des prévisions concernant la production d’orge en Australie, frappée par une pénurie d’eau persistante qui a pesé sur les perspectives de rendement, et celle de maïs au Mexique, où le temps sec qui a régné pendant les principaux stades de la croissance végétale a diminué les rendements prévus et accru la fréquence des pertes de récoltes. Ces baisses l’ont emporté sur la réévaluation à la hausse des estimations relatives à la production d’orge dans l’Union européenne et en Ukraine, soutenue par des rendements plus élevés que prévu.

Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de blé en 2019 ont également été abaissées de près d’un million de tonnes et devraient désormais s’établir à 765 millions de tonnes. Elles sont néanmoins en hausse de 4,5 pour cent par rapport au niveau de 2018, ce qui constitue un nouveau record. La réduction d’un mois sur l’autre est imputable en grande partie à un abaissement des prévisions de production de blé en Australie, dont le déficit de précipitations a pesé sur les rendements, et au Kazakhstan, où les données officielles ont montré que le temps sec précoce avait eu des effets négatifs plus importants sur les cultures dans les principales régions productrices de blé. Ces réductions ont largement compensé le réajustement à la hausse des estimations relatives à la production dans l’UE et en Ukraine, qui s’explique principalement par des rendements plus élevés.

Les dernières prévisions concernant la production mondiale de riz (équivalent usiné) s’élèvent à 513,4 millions de tonnes, soit un niveau stable par rapport au mois dernier et légèrement inférieur au volume record de 2018. Les perspectives de production ont été réévaluées à la hausse en Inde en raison d’une augmentation plus grande que prévue des superficies plantées due à une amélioration des conditions météorologiques qui ont fait suite à des retards dus à des intempéries. Des prévisions concernant la production de riz ont également été établies pour le Bangladesh et le Viet Nam, où les estimations officielles indiquent des volumes plus élevés que prévu pour les cultures déjà récoltées. En revanche, les perspectives de production se sont dégradées en Thaïlande et en Indonésie car le temps sec aurait causé des dégâts aux cultures plus importants que prévu. Au Japon, la légère révision à la baisse d’un mois sur l’autre repose sur de nouvelles données officielles.

On note par ailleurs que les semis de blé pour la moisson de 2020 ont commencé dans l’hémisphère Nord et que la récolte débutera à la fin du printemps prochain. Dans l’UE, les faibles taux d’humidité des sols ont retardé les semis, en particulier dans les pays de l’Est, et il est urgent que les pluies reprennent même si la période de plantation dure jusqu’à la fin de l’année. En Fédération de Russie, les superficies ensemencées en blé d’hiver devraient dépasser le niveau de cette année en raison de conditions météorologiques favorables et de politiques gouvernementales de relance des exportations. En revanche, le temps sec a continué de limiter les activités de plantation en Ukraine, ce qui pourrait entraîner une contraction des superficies emblavées en 2020. Dans les pays de l’hémisphère Sud, les semis de céréales secondaires sont en cours mais les cultures de blé pour la récolte de 2020 seront plantées plus tard dans l’année. En Afrique du Sud, premier producteur de maïs du continent africain, les prix attractifs des céréales et des perspectives météorologiques généralement favorables devraient déclencher une augmentation des superficies ensemencées en maïs, ce qui laisse présager une reprise de la production en 2020. En Amérique du Sud, les pénuries de précipitations en septembre et octobre au Brésil et en Argentine, les deux principaux pays producteurs de la région, ont entravé les activités de plantation. Néanmoins, les superficies ensemencées devraient rester inchangées par rapport au niveau élevé de l’année précédente, une stabilité qui s’explique en partie par la robustesse de la demande à l’exportation.

Les prévisions relatives à l’utilisation mondiale des céréales en 2019-2020 ont également été réduites depuis le mois dernier. Elles s’établissent désormais à 2 709 millions de tonnes, soit 4,5 millions de tonnes de moins qu’en octobre, mais elles dépassent néanmoins de plus de 20 millions de tonnes leur volume de 2018-2019, ce qui marque un nouveau record. Les prévisions concernant l’utilisation totale du blé ont été réduites de 2 millions de tonnes depuis le précédent rapport et portées à 759,5 millions de tonnes, soit un nouveau record et une progression de 1,5 pour cent par rapport à 2018-2019. L’utilisation mondiale des céréales secondaires en 2019-2020 devrait rester proche du niveau de 2018‑2019 car l’utilisation de l’orge devrait connaître une forte progression de près de 5 pour cent par rapport à 2018-2019, une hausse qui sera probablement contrebalancée par une baisse de la consommation de sorgho. L’utilisation mondiale du riz en 2019-2020 s’établit désormais à un peu moins de 516 millions de tonnes, en baisse de 500 000 tonnes par rapport au mois précédent. Ce recul s’explique principalement par la baisse prévue des utilisations non alimentaires en Indonésie et au Japon. En revanche, les quantités destinées à la consommation humaine ont été légèrement relevées et portées à quelque 418 millions de tonnes, un niveau suffisant pour assurer une augmentation annuelle de 0,6 pour cent de la consommation alimentaire mondiale de riz par habitant.

À 849,5 millions de tonnes, les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales d’ici la fin de l’année 2020 restent proches des estimations du mois dernier et sont 13 millions de tonnes (1,5 pour cent) en dessous de leurs niveaux d’ouverture. Cependant, le recul escompté par rapport à l’année précédente n’entraînera qu’une légère baisse du rapport stock/utilisation de céréales dans le monde, qui passera de 31,8 pour cent en 2018-2019 à 30,4 pour cent en 2019-2020. Les stocks mondiaux de blé devraient atteindre 275 millions de tonnes, soit le deuxième plus haut niveau jamais enregistré. Si les prévisions se réalisent, les stocks augmenteront de 1,9 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture et la plus grande partie de l’accumulation prévue des stocks mondiaux de blé devrait se produire en Chine. Cependant, comme la consommation l’emporte sur l’offre globale pour une deuxième année consécutive, les stocks de céréales secondaires devraient chuter de nouveau en 2019‑2020 (de 4 pour cent) pour s’établir à 394 millions de tonnes, leur niveau le plus bas depuis 2015‑2016. Le déstockage continu en Chine et les prélèvements importants effectués aux États-Unis d’Amérique en raison des mauvaises récoltes entraîneront probablement une contraction de 25 millions de tonnes (7 pour cent) des stocks mondiaux de maïs. À la suite d’une révision à la hausse de 1,6 million de tonnes depuis octobre, les stocks mondiaux de riz devraient atteindre 181 millions de tonnes à la fin de 2019-2020, soit à peine 1,2 pour cent de moins que leur niveau record d’ouverture. Les prévisions relatives aux stocks de riz ont été ajustées pour divers pays ce mois-ci, notamment l’Inde, qui a représenté la plus grande partie de la dernière réévaluation à la hausse.

Les échanges mondiaux de céréales en 2019-2020 devraient rester inchangés par rapport aux prévisions du mois dernier et s’établir à 415 millions de tonnes, soit 3 millions de tonnes de plus (0,7 pour cent) que le volume réduit de 2018-2019. Les échanges mondiaux de céréales secondaires devraient fléchir et peser sur la croissance du commerce des céréales en 2019-2020, en raison principalement d’un repli des échanges de maïs, qui passeront de 166 millions de tonnes en 2018-2019 à un peu plus de 161 millions de tonnes en 2019-2020. Cette réduction s’explique en grande partie par un net recul prévu des importations de l’UE dû à une offre intérieure d’aliments pour animaux plus abondante qu’au cours de l’année précédente. Pour ce qui est des autres céréales secondaires, le commerce de l’orge devrait augmenter de près de 9 pour cent par rapport à l’année précédente, principalement en raison de la demande accrue d’importations en Afrique du Nord et en Arabie saoudite. Désormais établies à 172 millions de tonnes, les prévisions concernant les échanges mondiaux de blé en 2019-2020 (juillet/juin) sont en hausse par rapport au niveau plus modeste de 2018-2019. Les importations plus importantes du Maroc, qui a été touché par la sécheresse, et l’augmentation des achats de plusieurs pays d’Asie représentent la plus grande partie de la hausse prévue du commerce mondial du blé. Les prévisions de la FAO concernant le commerce mondial du riz en 2020 (janvier-décembre) n’ont guère changé depuis octobre et indiquent une reprise de 3,1 pour cent en glissement annuel, pour s’établir à 48 millions de tonnes. Des perspectives de croissance faible de la production ont fait baisser les prévisions concernant les exportations de la Thaïlande, qui ont atteint ce mois-ci leur niveau le plus bas depuis sept ans. Toutefois, cette réduction a été plus que compensée par une augmentation prévue des livraisons en provenance du Pakistan.

Pour une analyse plus détaillée de l’évolution récente des marchés agricoles, voir le numéro de novembre 2019 de Perspectives de l’alimentation à l’adresse: http://www.fao.org/giews/reports/food-outlook/fr/.

 

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.