Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2020: 6 février, 5 mars, 2 avril, 7 mai, 4 juin, 2 juillet, 3 septembre, 8 octobre, 5 novembre, 3 décembre.

En dépit de la baisse de la production mondiale de céréales, les prévisions pour cette année devraient se maintenir à un niveau historique

Date de publication: 05/11/2020

La production céréalière mondiale devrait à nouveau baisser ce mois-ci en ce qui concerne le maïs, le blé et dans une moindre mesure le riz, compte du rythme plus soutenu des exportations en réponse à une forte accélération de la demande mondiale et les stocks devraient diminuer, notamment ceux des principaux exportateurs.

Pour le deuxième mois consécutif, les prévisions de la FAO pour 2020 en ce qui concerne la production de céréales dans le monde ont été réduites de près de 13 millions de tonnes, essentiellement du fait du recul attendu de la production mondiale de céréales secondaires. Malgré cette révision à la baisse la production mondiale de céréales devrait atteindre le chiffre record de 2 750 millions de tonnes, soit 1,6 % de plus qu’en 2019. La diminution de 10,1 millions de tonnes enregistrée ce mois-ci dans la production mondiale de céréales est principalement imputable à la baisse prévue de la production de maïs dans l’Union européen et en Ukraine, où les conditions climatiques défavorables ont eu un effet négatif sur les perspectives de rendement, tout comme aux États-Unis d’Amérique mais pour une plus petite superficie. La production mondiale de blé pour 2020 devrait également diminuer de près de 2,3 millions de tonnes pour s’établir à 762,7 millions de tonnes, légèrement en dessous du niveau historique de 2016. Ce fléchissement est largement imputable à la révision à la baisse des prévisions concernant la production en Ukraine et en Argentine où la récente période de sécheresse a eu des incidences néfastes sur les cultures. En revanche, la production mondiale de riz en 2020 devrait augmenter de 1,5 % en glissement annuel pour atteindre un record inégalé de 508,7 millions de tonnes. Ce niveau est légèrement inférieur (0,4 millions de tonnes) aux prévisions pour le mois d’octobre, étant donné que les perspectives pour l’Indonésie qui étaient un peu moins pessimistes ont été érodées par la baisse de la production au Myanmar et au Nigéria, compte tenu dans les deux cas des conséquences des mauvaises conditions climatiques sur la production des céréales secondaires.

Les cultures de blé pour l’hiver 2021 ont commencé dans l’hémisphère nord. Encouragés par l’augmentation des prix, les exploitants agricoles devraient augmenter leurs surfaces cultivables dans plusieurs des principaux pays producteurs, notamment aux États-Unis d’Amérique où l’on pourrait assister à un rebond de la production en 2021, comparé au faible rendement de cette année. Aux États‑Unis d’Amérique, l’ensemencement du blé progresse à un rythme relativement rapide et la superficie cultivée devrait, dans l’ensemble, rester inchangée sur une base annuelle. Toutefois, si la baisse des précipitations se poursuit dans le sud et dans le centre de la Région des grandes plaines, les rendements pourraient diminuer. De même, de faibles précipitations dans la Fédération de Russie pourraient freiner le développement des cultures, et en Ukraine les superficies cultivées pourraient être inférieures à la moyenne du fait des niveaux peu élevés d’humidification des sols. En Asie, des prix rémunérateurs et des intrants agricoles majoritairement abondants devraient permettre d’étendre les surfaces cultivables en Chine, en Inde et au Pakistan.

L’utilisation mondiale de céréales devrait atteindre 2 745 millions de tonnes en 2020-2021, en légère hausse depuis octobre, soit 1,9 % de plus qu’en 2019-2020. Les prévisions concernant l’utilisation mondiale de blé en 2020-2021 ont été quelque peu revues à la hausse ce mois-ci, notamment du fait du redressement attendu de la consommation aux Etats-Unis d’Amérique, faisant passer les prévisions mondiales à 758 millions de tonnes, soit une progression de 1,0 % par rapport au niveau de 2019-2020. Le relèvement des prévisions ce mois-ci pour l’utilisation de céréales secondaires dans l’alimentation animale est compensé par la diminution de la demande pour les utilisations non alimentaires, et les perspectives d’utilisation des céréales secondaires pour 2020-2021 restent donc inchangées par rapport au mois dernier, s’établissant à 1 477 millions de tonnes, en hausse de 2,6 % par rapport à 2019-2020, en grande partie sous l’effet de l’augmentation de l’utilisation des aliments pour animaux. Stimulée par l’accroissement de la consommation alimentaire, l’utilisation mondiale de riz devrait atteindre 510 millions de tonnes en 2020-2021, niveau également quasiment inchangé depuis octobre, mais en hausse de 1,5 % par rapport aux prévisions de 2019-2020.

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021 sont maintenant estimés à 876 millions de tonnes, en baisse de 13,6 millions de tonnes depuis octobre, soit à peine 0.5 % de plus que leur niveau d’ouverture et passant en dessous du niveau record de 2017-2018. Le rapport stocks‑utilisation de céréales au niveau mondial pour 2020-2021 est de 31,1 %, en léger recul seulement par rapport aux 31,8 % enregistrés en 2019-2020 mais relativement élevé d’un point de vue historique. La récente révision à la baisse apportée aux stocks est principalement imputable à la diminution brutale (10,8 millions de tonnes) des prévisions de stocks de maïs dans plusieurs pays du monde, y compris le Brésil et les autres grands exportateurs, à l’augmentation de la demande interne en Chine, et à l’abaissement des perspectives de production dans l’Union européenne et aux États-Unis d’Amérique. La révision à la baisse apportée ce mois-ci annule les perspectives de croissance des stocks mondiaux de maïs, qui devraient maintenant perdre 2,5 % par rapport à leurs niveaux d’ouverture, soit leur plus faible niveau en cinq ans, tout comme les stocks mondiaux de graines secondaires qui devraient atteindre 281 millions de tonnes, légèrement en retrait par rapport à leurs niveaux d’ouverture. Les prévisions concernant les stocks mondiaux de blé accusent également un repli de 3,8 millions de tonnes pour ce mois-ci, du fait de la baisse attendue des stocks dans l’Union européenne, aux États-Unis d’Amérique et dans la Fédération de Russie. Toutefois, l’augmentation de 184 millions de tonnes prévue pour les stocks mondiaux de blé devrait se maintenir, en hausse de 1,9 % par rapport à leurs niveaux d’ouverture. En revanche, si l’on exclut la Chine des prévisions, il est probable que les niveaux des stocks mondiaux de blé se contractent de 3,7 % du fait des baisses annoncées dans plusieurs grands pays exportateurs de blé, y compris l’Argentine, l’Union européenne et les États-Unis d’Amérique, essentiellement en raison de la diminution des récoltes. Cependant, compte tenu de l’accumulation continue des stocks dans les principaux pays exportateurs, les stocks mondiaux de riz devraient pour l’essentiel rester stables en glissement annuel à la clôture de la campagne 2020-2021, à 182,0 millions de tonnes. Si ces tendances se confirment, le ratio stock/utilisation de riz dans le monde ne devrait que diminuer légèrement en dessous des prévisions données plus tôt dans l’année, et la consommation enregistrée par les principaux exportateurs de riz pourrait atteindre son niveau le plus élevé en sept ans.

Les prévisions de la FAO s’agissant des échanges mondiaux de céréales pour 2020-2021 ont été révisées à la hausse depuis octobre et portées à 451 millions de tonnes, soit 3,0 % de plus qu’en 2019-2020. L’essentiel de la révision à la hausse pour ce mois-ci et l’augmentation en glissement annuel prévue sont largement imputables aux échanges mondiaux de graines secondaires qui devraient augmenter de 4,7 % par rapport aux niveaux de 2019-2020. L’intensification des importations par l’Union européenne pour compenser la chute de production escomptée et les ventes plus importantes que prévues par le Brésil et les États-Unis d’Amérique ont entraîné une hausse de 3,8 millions de tonnes du marché mondial du maïs par rapport aux prévisions, lequel a atteint 179,8 millions de tonnes, soit 3,7 % de plus que le niveau de la précédente saison. Les prévisions de la FAO concernant le commerce mondial de riz pour 2021 (janvier‑décembre) s’établissent à 47,2 millions de tonnes, soit en légère évolution depuis octobre et en hausse de 6,3 % en glissement annuel. Les échanges mondiaux de blé devraient maintenir leur niveau historique de 184,5 millions de tonnes en 2020-2021 (juillet/juin), en faible hausse par rapport à 2019‑2020 mais inchangé depuis octobre. L’augmentation de l’offre par la Fédération de Russie depuis les précédentes prévisions en octobre est compensée par une réduction prévue des exportations de l’Ukraine, du fait de la diminution des disponibilités exportables. Pour ce qui est des importations, leur accroissement par le Pakistan est compensé par une baisse de celles des Philippines du fait de la contraction escomptée de la demande de céréales pour l’alimentation animale.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.