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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2017, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 2 février, 2 mars, 6 avril, 4 mai, 8 juin, 6 juillet, 7 septembre, 5 octobre, 2 novembre, 7 décembre.

L’offre de céréales restera abondante pendant la saison 2017-2018, même si un léger tassement de la production est à prévoir

Date de publication: 06/04/2017

Selon le premier bulletin prévisionnel de la FAO sur l'offre et la demande de céréales pour 2017‑2018, un calme relatif devrait continuer de régner sur les marchés au cours de la prochaine campagne et la production mondiale ne décliner que faiblement. À cela s'ajoute la perspective d'une croissance relativement limitée de l'utilisation, aussi une production encore abondante devrait-elle maintenir les stocks mondiaux de céréales à des niveaux quasi records.

Production céréalière mondiale: recul très modeste en 2017

La production céréalière mondiale devrait atteindre 2 597 millions de tonnes en 2017, volume qui représente seulement 0,3 pour cent (9,0 millions de tonnes) de moins qu'en 2016, année record, et demeure supérieur à la moyenne enregistrée sur cinq ans. Toutefois, l'ensemencement est encore à venir pour un certain nombre de cultures de premier plan, aussi les conditions climatiques dans les prochains mois constitueront-elles un facteur crucial, tout comme les rendements sur lesquels tablent les agriculteurs et qui modèlent leurs choix en matière d'emblavage.

Le tassement anticipé de la production céréalière mondiale par rapport à l'an passé serait presque entièrement imputable à la contraction de la production de blé, qui devrait s'établir à 740 millions de tonnes, en retrait de 2,7 pour cent (20,3 millions de tonnes) par rapport à 2016. En cause, la diminution du volume des ensemencements en Australie, au Canada et aux États-Unis, dictée par l'évolution des cours. On table également sur des récoltes moins abondantes en Fédération de Russie, au Kazakhstan et en Ukraine, situation qui contraste avec celle du Maroc et de l'Union européenne, où un regain vigoureux est attendu. Par contraste, selon les premières estimations, la production totale de céréales secondaires devrait de nouveau atteindre en 2017 un niveau record, à savoir 1 353 millions de tonnes, soit une augmentation de 0,5 pour cent (6,4 millions de tonnes) en glissement annuel. Cette dynamique procède pour une bonne part de l'essor de la production de maïs, qui devrait s'établir à 1 051 millions de tonnes, soit 1,2 pour cent (12,8 millions de tonnes) de plus que le record enregistré l'an passé. Cette poussée, particulièrement sensible au Brésil et en Argentine, se combinerait à un regain significatif de la production en Afrique du Sud après la sécheresse de 2016. Toutefois, elle devrait être en grande partie contrebalancée par un recul brutal de la production de maïs aux États-Unis, où un niveau record a été enregistré en 2016. Si les conditions météorologiques sont normales dans l'hémisphère Nord durant l'été, moment où sera concentrée la culture, la production mondiale de riz devrait, selon les premières estimations de la FAO, atteindre 504 millions de tonnes en 2017. Cela représenterait une progression de 1,0 pour cent par rapport à 2016, un ralentissement étant toutefois probable en 2017. Au niveau des pays, on prévoit que l'accroissement de la superficie consacrée à l'agriculture en Inde et en Indonésie, favorisé par un appui gouvernemental inscrit dans la durée, devrait stimuler la production, cependant que des conditions météorologiques plus clémentes devraient faciliter un relèvement rendu possible par des rendements plus robustes au Brésil et en Chine continentale. En revanche, un net fléchissement de la production est anticipé à Sri Lanka, qui a été frappée par la sécheresse, mais aussi aux États-Unis, où les producteurs chercheront à tirer parti des cours plus attractifs d'autres cultures en réduisant les superficies consacrées au riz.

Utilisation mondiale de céréales: lente progression en 2017-2018

Après une période d'expansion relativement soutenue, à savoir 2,2 pour cent en 2016-2017, l'utilisation mondiale de céréales ne devrait s'intensifier qu'à hauteur de 0,8 pour cent en 2017‑2018, pour atteindre 2 597 millions de tonnes. La consommation alimentaire mondiale de céréales devrait se maintenir à la hausse avec 1 118 millions de tonnes en 2017-2018, la consommation mondiale moyenne per capita demeurant stable à 149 kg par personne environ. La part consacrée à l'alimentation animale devrait s'établir à 927 millions de tonnes, en augmentation de 0,6 pour cent seulement par rapport aux prévisions pour 2016-2017, soit une expansion notablement plus lente que les 3,0 pour cent escomptés pour cette même période. Le recul de la production de céréales fourragères observé aux États-Unis et dans certaines des principales exploitations agricoles de la Communauté d'États indépendants devrait contribuer à cette décélération, tout comme des perspectives économiques d'ensemble plutôt ternes, susceptibles de peser sur la demande. L'utilisation de céréales à des fins industrielles pourrait également connaître un développement moins soutenu en 2017-2018 qu'en 2016-2017, en grande partie du fait que la production d'éthanol marque le pas.

L'utilisation totale de céréales secondaires devrait augmenter en 2017-2018 pour atteindre un niveau record de 1 356 millions de tonnes, soit une augmentation de 1,3 pour cent par rapport à 2016-2017, principalement due à une progression modeste de l'utilisation du maïs pour l'alimentation animale et à des fins industrielles. Pour sa part, l'utilisation du blé devrait se chiffrer à 735 millions de tonnes en 2017-2018, soit une baisse minime (0,4 pour cent) par rapport à 2016‑2017 – en effet, plusieurs marchés importants regorgent de céréales fourragères à moindre coût qui sont alors préférées au blé pour l'alimentation animale. L'utilisation mondiale de riz en 2017-2018 a été estimée provisoirement à 506 millions de tonnes (soit 1,2 pour cent au-dessus des attentes actuelles pour 2016-2017), dont 406 millions de tonnes destinées à l'alimentation, ce qui représenterait une augmentation de 1,1 pour cent en glissement annuel et serait conforme aux projections relatives à la croissance de la population.

Stocks céréaliers en 2017-2018: léger recul par rapport au record enregistré en 2016-2017

Compte tenu de l'augmentation modeste de la consommation qui est prévue, une production céréalière élevée en 2017 devrait parer à tout déclin notable des stocks céréaliers par rapport au niveau record atteint pour la campagne en cours. Partant, les premières prévisions de la FAO situent les stocks céréaliers mondiaux à 680 millions de tonnes à la fin de 2017-2018, soit à peine 2,0 millions de tonnes de moins qu'en 2016-2017. Si ces prévisions se confirment, le coefficient stocks/utilisation mondial pour 2017-2018 s'établira à 25,4 pour cent, légèrement en retrait par rapport au coefficient de 26,2 pour cent qui devrait être enregistré pour 2016-2017, mais nettement au-dessus des 20,5 pour cent enregistrés en 2007-2008, qui avaient marqué l'étiage.

Les stocks céréaliers mondiaux devraient légèrement décroître en 2017-2018, en raison de la nette diminution des stocks de céréales secondaires − chiffrée à 8,0 millions de tonnes − qui est anticipée: leur volume n'atteindrait plus que 262 millions de tonnes. Principalement en cause, les stocks de maïs, qui devraient accuser une diminution de 4,0 pour cent par rapport à 2016-2017, pour tomber à 207 millions de tonnes, au plus bas depuis quatre ans. Les volumes importants puisés dans les stocks en Chine et aux États-Unis expliqueraient cette baisse, qui ferait plus qu'annuler le gonflement prévisible des stocks de l'Union européenne et de l'Amérique du Sud.

Par contraste, les stocks mondiaux de blé à la clôture de la campagne de commercialisation qui prendra fin en 2018 devraient croître pour une cinquième année consécutive, pour atteindre à 246,6 millions de tonnes, soit 2,5 pour cent de plus qu'en 2017. Une telle évolution s'expliquerait principalement par le volume important des stocks de la Chine, mais aussi par la recrudescence des stocks de report en Inde.

Les prélèvements importants se limitant principalement aux États-Unis et à la Thaïlande, on prévoit que les stocks mondiaux de riz resteront abondants en 2018, de l'ordre de 170 millions de tonnes. Ce niveau serait inférieur d'à peine 0,3 pour cent aux prévisions avancées pour 2017: en effet la Chine devrait continuer d'accumuler des stocks en raison de l'abondance de sa production nationale et de l'achat de quantités substantielles de riz à l'étranger.

Échanges mondiaux de céréales: contraction prévue en 2017-2018

Selon les premières prévisions de la FAO relatives aux échanges mondiaux de céréales en 2017‑2018, ceux-ci devraient avoisiner 386 millions de tonnes, soit une baisse de 1,7 pour cent (6,7 millions de tonnes) par rapport à l'estimation portant sur 2016-2017, ce qui s'explique principalement par une diminution du volume des livraisons de blé et de céréales secondaires.

Pour ce qui est de la nouvelle campagne, les échanges mondiaux de blé devraient se contracter de 2,3 pour cent (4 millions de tonnes) pour s'établir à 169 millions de tonnes, et ce pour deux raisons: la Chine et l'Inde réduisent le volume de leurs importations et plusieurs pays d'Afrique du Nord devraient avoir une production plus importante que l'an passé. Pour ce qui est des exportations, les livraisons de blé en provenance d'Australie et des États-Unis devraient décliner notablement par rapport à 2016-2017, cependant que l'Argentine et l'Union européenne tablent sur une progression des ventes. Le volume des exportations de blé réalisées par les autres pays exportateurs de premier plan devrait demeurer stable par rapport à 2016-2017.

S'agissant des échanges de céréales secondaires et de riz pendant la nouvelle campagne, les incertitudes sont encore nombreuses à ce stade précoce, sachant que les principaux producteurs ne vont procéder à l'ensemencement que dans plusieurs mois. Toutefois, sur la base des premières estimations concernant les récoltes de 2017, on prévoit − en première analyse − que près de 173 millions de tonnes de céréales secondaires devraient s'échanger à l'échelle mondiale en 2017‑2018, soit une baisse de 2 pour cent (3,5 millions de tonnes) par rapport aux estimations portant sur 2016-2017. Pour ce qui est des principales céréales secondaires, les échanges de maïs devraient s'établir à 134 millions de tonnes pendant cette nouvelle campagne, ce qui représenterait environ 2,1 pour cent (2,9 millions de tonnes) de moins que 2016-2017, cette réduction anticipée s'expliquant dans une large mesure par les restrictions aux importations décidées par plusieurs pays d'Afrique australe à la suite du regain de production enregistré cette année. Sur le plan des exportations, une nette baisse des livraisons de maïs de la part des États-Unis fera plus que compenser l'accroissement prévu du volume des exportations de l'Argentine et du Brésil. On estime que les échanges d'autres céréales secondaires seront en léger recul par rapport à 2016-2017 – orge: 25,6 millions de tonnes; sorgho: 8,2 millions de tonnes. Pour l'année civile 2018, on estime en première analyse que les échanges mondiaux de riz atteindront 44,2 millions de tonnes. Il faut comparer ce volume à la prévision révisée de 43,5 millions de tonnes pour 2017, soit une augmentation de 4 pour cent par rapport à 2016, ce qui s'explique par un regain de la demande, en particulier en Chine, aux Philippines et à Sri Lanka.


Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.