FAO.org

Accueil > Situation alimentaire mondiale > Bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales
Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2017, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 2 février, 2 mars, 6 avril, 4 mai, 8 juin, 6 juillet, 7 septembre, 5 octobre, 2 novembre, 7 décembre.

Une production céréalière exceptionnelle porte les stocks mondiaux à un niveau historique

Date de publication: 08/12/2016

Les perspectives de l’offre mondiale de céréales 2016-2017 ont été de nouveau réévaluées à la hausse ces dernières semaines en raison de conditions généralement favorables au sujet des cultures qui seront récoltées plus tard au cours de la présente campagne. Ainsi, les dernières prévisions de la FAO relatives à la production mondiale de céréales en 2016 ont grimpé à 2,577 milliards de tonnes, soit une hausse de 6 millions de tonnes par rapport aux prévisions de novembre et 1,7 pour cent (44 millions de tonnes) de plus que la production de l’année dernière. L’ajustement à la hausse de ce mois-ci découle principalement des révisions positives des perspectives de production du maïs et du blé.

En ce qui concerne le blé, la plupart des récoltes ont déjà été effectuées et la production mondiale en 2016 est actuellement estimée à 749 millions de tonnes, soit 2,6 millions de tonnes de plus que les prévisions précédentes et 1,9 pour cent au-dessus (14 millions de tonnes) du niveau de 2015. La révision de ce mois-ci s'explique essentiellement par une amélioration des perspectives de rendement concernant la République islamique d’Iran et le Kazakhstan. Les prévisions relatives à la production mondiale de maïs ont également été relevées de 2,9 millions de tonnes, augmentation qui tient essentiellement à une révision à la hausse des rendements qui devrait porter la production des États-Unis à un nouveau niveau record. Ainsi, la production mondiale de maïs devrait s’établir à 1,027 milliard de tonnes, soit 21,4 millions (2,1 pour cent) de tonnes de plus qu’en 2015.  L’extension prévue des surfaces rizicoles explique que les prévisions relatives à la production mondiale de riz ont été relevées de 600 000 tonnes pour atteindre le record historique de 499 millions de tonnes. En Asie, les révisions ont principalement concerné le Bangladesh, où les prix locaux se sont redressés, et le Népal, où la mousson s’est déroulée favorablement et où la fourniture d’intrants a été suffisante.  Les prévisions ont également été relevées pour plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, où des pluies abondantes et l’aide de l’État ont permis de réaliser des gains de production importants dans l’ensemble de la sous-région, notamment au Mali.

À plus long terme, dans l’hémisphère Nord, les semis de blé d'hiver pour la moisson de 2017 dans l’UE ont quasiment pris fin dans des conditions généralement bonnes; les cultures sont entrées en repos végétatif dans les parties septentrionales. Aux États-Unis, où une météorologie favorable a amélioré les conditions de production par rapport à la même période l’année dernière, les prévisions de baisse des prix devraient entraîner une réduction des superficies emblavées.  Dans la Fédération de Russie et en Ukraine, la production devrait être meilleure en 2017 en raison de bonnes conditions météorologiques et d’une augmentation de la superficie des emblavures.  En Inde et au Pakistan, les premières estimations laissent suggérer que la récolte de 2017 sera plus abondante. En effet, les disponibilités en eau pour la culture du blé, qui est irriguée en grande partie, seront plus importantes et entraîneront une expansion des superficies emblavées. Les perspectives en Chine sont également positives, car de bonnes conditions climatiques ont facilité les travaux des champs et permis de mettre en place des cultures de blé précoce.

Dans l’hémisphère Sud, les semis des céréales d’été (2017) sont en cours.  Les surfaces emblavées en maïs en Argentine et au Brésil devraient s’accroître, car la perspective d’une amélioration des revenus a encouragé les agriculteurs à semer davantage, d’autant que des conditions météorologiques favorables devraient stimuler la production. En Afrique du Sud, une météorologie favorable continue de laisser présager un fort rebond de la production maïsicole après la récolte réduite de 2016 due à la sécheresse. Les superficies plantées en maïs en 2017 devraient augmenter de près d’un tiers par rapport au niveau de l’an dernier. À quelques exceptions près, les semis de paddy en 2017 ont également progressé favorablement dans les pays de l’hémisphère Sud, et l’on s’attend à ce que les superficies plantées et les rendements soient supérieurs aux niveaux de l’an dernier, qui avaient particulièrement baissé en raison du phénomène El Niño.

Les prévisions de la FAO concernant l'utilisation mondiale de céréales en 2016-2017 ont été relevées de 2,2 millions de tonnes depuis le rapport précédent et portées à 2,564 milliards de tonnes, soit 1,9 pour cent de plus (47,6 millions de tonnes) que le niveau de 2015-2016.  La révision à la hausse de ce mois-ci concerne principalement l’utilisation du maïs, de l’orge et, dans une moindre mesure, du blé. Les estimations les plus récentes indiquent que l'utilisation totale de céréales pour l'alimentation animale devrait gagner 3 pour cent (26,8 millions de tonnes) pour atteindre 920 millions de tonnes en 2016-2017. Cette hausse est due à une augmentation de 3,4 pour cent de l'utilisation du maïs dans l'alimentation animale, tandis que celle du blé devrait croître de 7 pour cent en glissement annuel et atteindre 147 millions de tonnes.  En 2016-2017, la consommation alimentaire de céréales devrait s’établir à environ 1,105 milliard de tonnes, soit 1,2 pour cent de mieux qu'en 2015-2016. À ce niveau, la consommation annuelle mondiale par habitant resterait donc stable, à près de 149 kg. Le blé devrait se maintenir à 67 kg de blé et le riz autour de 54 kg.

Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales à la fin des campagnes de 2017 ont été réévaluées de 8 millions de tonnes et portées à 670 millions de tonnes, en hausse de 1,4 pour cent (9,2 millions de tonnes) par rapport à la campagne précédente, ce qui marque un nouveau record. Les projections de la FAO concernant les stocks mondiaux de fin de campagne ont été constamment relevées depuis le début de la campagne de commercialisation car les perspectives de production se sont améliorées progressivement, en particulier pour le blé et les céréales secondaires. Dans des circonstances similaires, les prévisions relatives aux stocks mondiaux de blé en 2016‑2017 atteignent désormais un nouveau record puisqu’elles s’établissent à 238,5 millions de tonnes, soit 3,3 millions tonnes de plus que les prévisions de novembre et 5,3 pour cent (12 millions de tonnes) de mieux qu’au début de la campagne. L'augmentation annuelle des stocks de blé par rapport à l’année précédente devrait être concentrée en Chine, aux États-Unis et dans la Fédération de Russie. Le volume total des stocks mondiaux de céréales secondaires devrait à présent s'établir à près de 261 millions de tonnes, soit environ 4 millions de tonnes de plus que prévu précédemment et près de 1 pour cent de mieux (2,4 millions de tonnes) que leurs niveaux d’ouverture.  La révision à la hausse de ce mois-ci concerne intégralement les stocks mondiaux de maïs, qui sont estimés à 212 millions de tonnes, soit une hausse de 2,3 pour cent (5 millions de tonnes) par rapport à la campagne précédente. La forte augmentation prévue est due en grande partie à un gonflement (17 millions de tonnes) des stocks de maïs détenus aux États-Unis, qui ont ainsi atteint le volume record de 61 millions de tonnes. Cette hausse compenserait largement un prélèvement probable de 13,5 millions de tonnes sur les stocks de maïs en Chine, qui s’établiraient à 90 millions de tonnes. De même, les stocks mondiaux de riz ont été relevés et portés à 171 millions de tonnes, et on estime à présent que le niveau de ces stocks sera, pour l’essentiel, stable par rapport à 2015-2016. Compte tenu de ces ajustements, le rapport stock/utilisation de céréales au niveau mondial en 2016-2017 s’établirait à 25,6 pour cent et confirmerait globalement la bonne tenue des marchés mondiaux. Ce niveau se situe entre le creux de 20,5 pour cent enregistré en 2007-2008 et le pic de 35,6 pour cent enregistré en 1986-1987.

Les échanges mondiaux de céréales en 2016-2017 devraient rester pratiquement inchangés par rapport aux prévisions de novembre et s’établir à 388 millions de tonnes. Ils sont néanmoins inférieurs de 2 pour cent (7,8 millions de tonnes) à leur volume de 2015-2016. La contraction s’explique principalement par l’annonce que les échanges mondiaux de céréales secondaires (juillet/juin) devraient chuter de 4,7 pour cent par rapport au niveau record (177 millions de tonnes) de 2016-2017, fléchissement dû essentiellement à une réduction des importations de maïs, d’orge et de sorgho de Chine. Les prévisions sont également mitigées pour le commerce mondial du riz, qui devrait à présent afficher un rebond annuel encore plus faible (0,6 pour cent) en 2017 et se situer à 42,9 millions de tonnes, en raison de la baisse de la demande des acheteurs d’Extrême-Orient. En revanche, selon les estimations, le commerce mondial du blé en 2016-2017 (juillet/juin) dépassera de 0,4 pour cent (660 000 tonnes) le niveau élevé de la campagne précédente et atteindra un nouveau sommet de 168,5 millions de tonnes. Une offre abondante à l'exportation et des prix bas devraient stimuler les échanges de blé au cours de cette campagne, et l’Australie, la Russie et les États-Unis seraient les principaux bénéficiaires de cette hausse des exportations.


Tableaux récapitulatives

Télécharger l'ensemble des données

1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.