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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2015, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 5 février, 5 mars, 2 avril, 7 mai, 4 juin, 9 juillet, 10 septembre, 8 octobre, 5 novembre et 3 décembre.

Les disponibilités de céréales dans le monde resteront élevées

Date de publication: 2/4/2015

Depuis le mois dernier, la FAO a revu à la hausse (plus 2 millions de tonnes) ses prévisions 2014 concernant la production mondiale de céréales. Ces prévisions sont désormais de 2 544 millions de tonnes, principalement suite à pour une récolte de maïs plus importante que prévu dans l'Union européenne. À ce niveau, la production mondiale de céréales en 2014 dépassera de 1 pour cent le record de 2013.

Si on considère la saison prochaine, on constate que la production mondiale de blé devrait atteindre 722 millions tonnes en 2015, soit 2 millions de tonnes de plus que ce qu'annonçait la FAO dans ses premières prévisions de mars, mais cependant 1 pour cent (5 millions de tonnes) en-dessous de l'estimation actuelle pour l'année 2014. Dans l'Union européenne, les perspectives se sont récemment améliorées, mais, en raison d'une diminution des ensemencements, il faut tout de même s'attendre à un recul de 1 pour cent par rapport aux chiffres élevés de l'an dernier. L'amélioration des conditions météorologiques a aussi amené à revoir à la hausse les prévisions en Chine, en Inde et au Pakistan, où l'on prévoit des récoltes proches des niveaux record de l'année dernière. Ailleurs, en Fédération de Russie et en Ukraine, la production devrait connaître un recul par rapport au niveau de l'année dernière, qui se situait au-dessus de la moyenne. En effet, le coût élevé des intrants devrait entraîner une réduction tant des surfaces ensemencées que des rendements. En revanche, la production de blé aux États-Unis devrait augmenter de 2 pour cent, une progression des rendements, lesquels devraient revenir pratiquement à la moyenne, faisant plus que compenser la baisse des superficies ensemencées induite par les prix. De même, au Canada, où pour l'essentiel le blé de printemps n'a pas encore été ensemencé, la production de blé devrait augmenter de près de 3 pour cent. En ce qui concerne les céréales secondaires, dans l'hémisphère sud, où l'ensemencement de la récolte 2015 des principales céréales de cette catégorie a déjà eu lieu, les premières indications donnent à penser que la production devrait diminuer en 2015 par rapport aux rendements – élevés – de l'an passé. En Afrique du Sud, la production de maïs devrait accuser une forte baisse (33 pour cent) suite aux déficits de précipitations considérables enregistrés en début d'année, et la production devrait également se contracter dans la plupart des pays voisins. En Amérique du Sud, une réduction des emblavures en Argentine et au Brésil, du fait de prix qui sont devenus moins attractifs (par rapport à ceux du soja), pourrait se traduire par une baisse de la production bien en-dessous des niveaux exceptionnellement élevés de ces deux dernières années. En ce qui concerne le riz, les prévisions de production pour 2015 sont généralement bonnes dans les pays de l'hémisphère sud. La récolte a déjà commencé dans certains d'entre eux. Des augmentations importantes de la production devraient être constatées en Indonésie, ainsi qu'à Sri Lanka, en Colombie et au Paraguay, mais en ce qui concerne l'Australie on sait officiellement que la production chutera de 18 pour cent suite à la pénurie persistante d'eau d'irrigation.

Les prévisions de la FAO en ce qui concerne les utilisations mondiales de céréales en 2014-2015 ont été révisées à la hausse depuis mars (près de 17 millions de tonnes en plus) pour s'établir à 2 493 millions de tonnes, soit 2,6 pour cent (63 millions de tonnes) de plus que les estimations révisées de la saison précédente. Les ajustements apportés aux soldes de l'offre et de la demande de céréales sur la période 2004-2005 – 2013-2014 en Chine et en Inde sont en grande partie responsables de cette révision. L'utilisation totale de blé devrait approcher les 711 millions de tonnes, soit 7 millions au-dessus des prévisions du mois dernier et 2,7 pour cent (19 millions de tonnes) de plus que le chiffre de 2013-2014. Une consommation accrue de blé pour l'alimentation animale dans l'Union européenne explique pour l'essentiel l'augmentation constatée en glissement annuel. La consommation de blé pour l'alimentation humaine, qui devrait augmenter de 1,1 pour cent (5 millions de tonnes) en 2014-2015 pour s'établir à 485 millions de tonnes, représente toujours le gros de l'utilisation de blé. L'utilisation totale de céréales secondaires devrait atteindre 1 282 millions de tonnes, soit une augmentation de 11 millions de tonnes par rapport aux prévisions du mois dernier et presque 3 pour cent (35,6 millions de tonnes) de plus que le chiffre de 2014-2015. L'emploi de céréales secondaires pour la consommation animale devrait atteindre 723,6 millions de tonnes, soit 3,6 pour cent (25 millions de tonnes environ) de plus qu'en 2013-2014. On prévoit à l'heure actuelle qu'en Chine l'utilisation de céréales secondaires pour l'alimentation animale progressera de près de 6 pour cent par rapport aux estimations concernant la campagne précédente; pour atteindre 143,5 millions de tonnes, ce qui conforterait la Chine à son rang de premier consommateur mondial de céréales secondaires pour l'alimentation animale, devant les États-Unis d'Amérique, traditionnellement plus gros marché, pour la quatrième saison consécutive. Aux États-Unis, l'utilisation totale de céréales secondaires pour l'alimentation animale est estimée à 140 millions de tonnes, soit une augmentation de 6,6 millions de tonnes par rapport à 2013-2014. La consommation de céréales secondaires pour l'alimentation animale devrait aussi connaître une hausse notable en Argentine et au Brésil. L'utilisation mondiale de riz en 2014-2015 devrait se situer aux alentours de 500 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), soit 1,7 pour cent de plus que l'an dernier, la majeure partie destinée à la consommation humaine, le riz restant une denrée de base dans de nombreuses régions du monde. À l'heure actuelle, la consommation moyenne de riz par habitant pour 2014-2015 est estimée à 57,4 kg, soit à peu près le même niveau que l'année dernière.

Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales en fin de campagne de 2015 ont été revues nettement à la hausse par rapport au mois dernier, et s'établissent maintenant à 645 millions de tonnes. Ce chiffre correspond à une augmentation de 14,8 millions de tonnes par rapport aux prévisions de mars et à une augmentation de 6,2 pour cent (38 millions de tonnes) par rapport aux chiffres de 2014. Si on considère les prévisions actuelles pour l'utilisation et les stocks de céréales, le rapport stocks/utilisation devrait atteindre 25,9 pour cent en 2014-2015, son plus haut niveau depuis 2001-2002. La révision des stocks mondiaux de céréales opérée ce mois-ci résulte surtout d'une modification des chiffres historiques des stocks (2004-2005 – 2013-2014) en Chine et en Inde. Dans le cas de la Chine, le volume total des stocks de céréales devrait s'établir à 250 millions de tonnes, le report de stocks le plus important qui ait été enregistré depuis 2000-2001 et 17 millions de tonnes de plus que précédemment prévu. La plupart des révisions concernent les stocks de maïs, qui ont été considérablement ajustés à la hausse depuis 2005-2006 et devraient être, d'après les nouvelles prévisions, de 95 millions de tonnes, 13 millions de plus qu'annoncé le mois dernier. En Inde, en revanche, le volume des réserves de maïs tel qu'il devrait s'établir en fin de campagne 2014-2015 a été revu à la baisse par rapport au mois dernier (moins 3,7 millions de tonnes) suite à une révision des chiffres estimatifs de la consommation, en particulier entre 2004-2005 et 2009-2010. Le volume total des stocks de céréales secondaires devrait s'établir à près de 264 millions de tonnes, soit 8 millions de tonnes de plus que prévu précédemment et 12,8 pour cent de plus (30 millions de tonnes) que les chiffres de 2014. Pour l'essentiel, cet accroissement attendu à l'issue de la campagne actuelle, par rapport à 2014, devrait provenir des États-unis (13,6 millions de tonnes), de l'Union européenne (7,7 millions de tonnes), du Brésil (3,0 millions de tonnes), de la Chine (2,8 millions de tonnes), et de la Fédération de Russie (2,0 millions de tonnes). S'agissant du blé, les stocks mondiaux à la fin des campagnes de 2015 devraient approcher les 205 millions de tonnes, soit 6,3 millions de tonnes de plus que prévu en mars et 6,3 pour cent (12,2 millions de tonnes) de plus qu'en 2014. La plus grande partie de l'augmentation en glissement annuel devrait se concentrer dans l'Union européenne, mais aussi en Inde, dans la Fédération de Russie et aux États-Unis. En ce qui concerne le riz, on pourrait assister à une baisse des stocks mondiaux pour la première fois depuis 2004, avec des prélèvements de plus de 4 millions de tonnes (2,4 pour cent) en année glissante, et un volume qui s'établirait à 176,6 millions de tonnes. Du point de vue des échanges, la baisse des réserves de riz se produira sans doute surtout dans les principaux pays exportateurs, en particulier l'Inde et la Thaïlande, où elle fera suite à des décisions des pouvoirs publics tendant à réduire les stocks publics.

Les prévisions concernant les échanges mondiaux de céréales en 2014-2015 ont été relevées ce mois-ci de 3,0 millions de tonnes pour s'établir à 347,2 millions de tonnes. Cet ajustement à la hausse concerne largement le commerce des céréales secondaires, le volume des échanges devant atteindre, d'après les estimations actuelles, 154,5 millions de tonnes (juillet/juin), soit 2,7 millions de tonnes de plus que les prévisions de mars, même si ce chiffre reste de 2,6 pour cent (4,2 millions de tonnes) inférieur au record de 2013-2014. La baisse des échanges de céréales secondaires en 2014-2015 par rapport à la campagne précédente devrait être principalement le résultat d'une contraction sur le maïs (moins 8,5 millions de tonnes, pour descendre à un total d'environ 116 millions de tonnes), laquelle ferait plus que compenser une augmentation attendue des échanges de sorgho (près de 4 millions de tonnes de plus, pour un total qui atteindrait 10,5 millions de tonnes). La Chine devrait prendre la tête de la croissance attendue, avec un volume estimatif des importations de sorgho de 7 millions de tonnes en 2014-2015, contre des importations qui étaient négligeables les années précédentes. Une forte demande liée à l'alimentation animale et le prix élevé du maïs sur le marché intérieur, joints à des restrictions sur les importations de maïs génétiquement modifié, font que la Chine est devenue un importateur de sorgho, et dans une moindre mesure d'orge, beaucoup plus important sur les marchés internationaux. Les échanges de blé devraient atteindre 151,4 millions de tonnes in 2014-2015 (juillet/juin), soit un chiffre en légère hausse par rapport aux prévisions de mars, qui reste néanmoins plus de 5 millions de tonnes (3,4 pour cent) en-dessous du record de 2013-2014. Cette contraction est pour une bonne part le résultat d'une réduction des importations chinoises, suite à une nouvelle récolte record en 2014. Les chiffres des échanges en ce qui concerne le riz pour l'année civile 2015 sont encore très préliminaires mais on peut s'attendre à un volume de 41,3 millions de tonnes, en recul de 2,5 pour cent par rapport au record de 2014. Plusieurs grands exportateurs se sont heurtés à une baisse de la production en 2014, mais les stocks, qui sont importants, assureront une offre abondante à disposition des échanges, si bien que la plupart des exportateurs maintiendront ou accroîtront le volume de leurs expéditions en 2015, à l'exception de l'Inde, qui devrait voir celles-ci reculer. Côté importations, de bonnes récoltes devraient permettre à plusieurs gros acheteurs traditionnels, notamment le Bangladesh, l'Indonésie, les Philippines et Sri Lanka, de réduire leurs achats.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.