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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2016, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 4 février, 3 mars, 7 avril, 5 mai, 2 juin, 7 juillet, 8 septembre, 6 octobre, 10 novembre et 8 décembre.

Relèvement des prévisions relatives à la production mondiale de céréales (plus 22 millions de tonnes), aux stocks et aux échanges mondiaux

Date de publication: 08/09/2016

Les prévisions relatives à l’offre et la demande mondiales de céréales pour la campagne de commercialisation 2016/2017 ont été relevées considérablement depuis juillet car plusieurs pays ont revu très nettement à la hausse leurs estimations de production. Compte tenu de ces nouvelles prévisions, la FAO s’attend à ce que la situation de l’offre et de la demande mondiales de céréales en 2016-2017 soit encore meilleure que ce qui était prévu au début de la campagne.

La FAO estime que la production mondiale de céréales en 2016 devrait être proche de 2 566 millions de tonnes, soit 22 millions de  tonnes (0,9 pour cent) de plus que les prévisions de juillet et 40 millions de tonnes (1,6 pour cent) de plus qu’en 2015. Ces perspectives favorables s’expliquent principalement par le relèvement des estimations relatives à la production de céréales secondaires, qui s’établit désormais à 1 329 millions de tonnes, soit 1,0 pour cent au-dessus des prévisions de juillet et 2,1 pour cent de plus qu’en 2015. L’augmentation est due, pour l'essentiel,  à une révision à la hausse considérable (18 millions de tonnes) de la récolte de maïs aux États-Unis, où des conditions météorologiques favorables devraient doper les rendements.  Les prévisions de production de maïs ont également été relevées en Éthiopie, au Mexique et au Soudan. Ces hausses sont en partie annulées par des réductions de la production de maïs et d’orge dans l’Union européenne, et de maïs au Brésil, dues à des rendements nettement en baisse. En ce qui concerne le blé, les perspectives se sont également améliorées (de 1,2 pour cent) et la production mondiale de cette année devrait être supérieure à celle, historique, de 2015, pour s’établir à 741 millions de tonnes. Les fortes révisions à la hausse en Australie, au Canada, en Inde, en Fédération de Russie, en Ukraine et aux États-Unis expliquent en grande partie la reprise observée ce mois-ci, qui a plus que compensé la réduction importante de la récolte de blé prévue dans l’Union européenne, due principalement aux dommages créés par le temps humide en France.   Selon les estimations, la production de riz en 2016 serait désormais proche de 496 millions de tonnes, soit 700 000 tonnes de plus que les prévisions précédentes, ce qui constitue un nouveau record. La révision à la hausse tient aux estimations concernant les semis, qui s’annoncent plus importants que prévu, en Asie, en raison de conditions météorologiques favorables, et aux États-Unis, principalement à cause des prix moins attractifs des cultures concurrentes. Cependant, les prévisions concernant la production de riz ont été légèrement revues à la baisse depuis juillet pour la Chine, le Brésil et Sri Lanka, pays qui ont tous subi les effets négatifs de précipitations excessives.

Malgré les fortes révisions à la hausse de ce mois-ci concernant la production, les prévisions de la FAO concernant l'utilisation mondiale de céréales en 2016-2017 n’ont pratiquement pas varié par rapport au précédent rapport, et s’établissent à près de 2 555 millions de tonnes. À ce niveau, l’utilisation totale de céréales dépasserait le niveau de la campagne précédente de 1,6 pour cent, une augmentation due principalement au maïs, au blé et au riz. L'utilisation mondiale de maïs devrait atteindre un niveau record de 1 029 millions de tonnes en 2016-2017,  soit 2,2 pour cent de plus qu'en 2015-2016. La plus forte augmentation devrait concerner les États-Unis, où une récolte record de maïs en 2016 et des prix intérieurs plus bas pourraient entraîner une hausse de l’utilisation du maïs dans l’alimentation animale de près de 9 pour cent (12 millions de tonnes) par rapport à l’année antérieure. Les prévisions relatives à l’utilisation mondiale de blé en 2016-2017 ont été relevées légèrement depuis le rapport précédent et portées à 728,7 millions de tonnes. L’utilisation mondiale de blé dans l’alimentation animale est estimée à 145 millions de tonnes, une hausse de 5,8 pour cent par rapport à 2015-2016, qui s’explique par une offre abondante de blé de qualité médiocre. L'utilisation totale de blé pour la consommation humaine directe, quant à elle, devrait atteindre 499 millions de tonnes, soit environ 1,0 pour cent de plus qu'en 2015-2016. À ce niveau, la consommation moyenne par habitant resterait stable, à environ 67 kg. En revanche, les perspectives relatives à l’utilisation de riz en 2016-2017 ont été réduites de 600 000 tonnes par rapport à la prévision de juillet et ramenées à 502,6 millions de tonnes. Malgré cet ajustement, on s’attend encore à ce que l’utilisation mondiale de riz dépasse le record de 2015-2016 de 1,4 pour cent, ce qui entraînerait une légère hausse de la consommation alimentaire par habitant, à 54,4 kg.

Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales à la fin des campagnes de 2017 ont été relevées de 28 millions de tonnes (4,5 pour cent) depuis juillet et portées à près de 664 millions de tonnes, soit 0,7 pour cent au-dessus de leur niveau d’ouverture. Le rapport stock/utilisation de blé au niveau mondial en 2016-2017, qui est un indicateur important de la sécurité alimentaire, pourrait ainsi atteindre 25,3 pour cent, soit 1 point de plus que le pourcentage de juillet et bien au-dessus du creux historique de 20,5 pour cent enregistré en 2007-2008. Les réserves mondiales de blé devraient croître de 7,9 millions de tonnes (3,5 pour cent) et s’établir à 233 millions de tonnes, soit 16 millions de tonnes (7,5 pour cent) de plus que les prévisions précédentes. Les ajustements à la hausse les plus marqués ce mois-ci concernent la Chine, suivie de l’Inde, du Maroc et des États-Unis, une poussée qui a plus que compensé la réduction prévue dans l’UE. Par rapport à leurs niveaux d’ouverture, les stocks de blé devraient augmenter de manière significative en Chine (presque 11 millions de tonnes), aux États-Unis (3,2 millions de tonnes) et en Fédération de Russie (2,2 millions de tonnes).  Les prévisions relatives aux stocks mondiaux de céréales secondaires ont également été relevées sensiblement, de l’ordre de 11 millions de tonnes (4,4 pour cent), et devraient se situer aux alentours de 265 millions de tonnes, un niveau légèrement supérieur à leur niveau d’ouverture. C’est le maïs qui est principalement responsable de cette hausse, en particulier aux États-Unis, où les reports de stocks sont estimés à près de 61 millions de tonnes, soit environ 10 millions de tonnes de plus que les prévisions de juillet et 18 millions de tonnes (41 pour cent) au-dessus du niveau de la campagne précédente.  Les stocks mondiaux de riz à la clôture de la campagne 2016-2017 sont désormais estimés à 165,8 millions de tonnes, en baisse de 3,8 millions de tonnes par rapport à leurs niveaux d’ouverture, mais 1 million tonnes au-dessus des prévisions de juillet. Des récoltes plus élevées que prévu ainsi que des perspectives d’exportation réduites expliquent la révision à la hausse de ce mois-ci, qui concerne l’Inde, les États‑Unis et le Vietnam, qui sont tous de grands exportateurs de riz.

Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2016-2017 ont été relevées de près de 9 millions de tonnes (2,4 pour cent) ce mois-ci pour s'établir à environ 383 millions de tonnes. Du fait que les prévisions concernant les échanges en 2015-2016 ont été relevées (de 11 millions de tonnes) de façon significative depuis juillet, les estimations révisées du commerce des céréales pour 2016-2017 restent inférieures de près de 10 millions de tonnes (2,5pour cent) au niveau de 2015-2016. 

Le commerce mondial de blé (juillet/juin) devrait atteindre 163,5 millions de tonnes, soit 5 millions de tonnes de plus que prévu en juillet, mais près de 1,4 million de moins qu'en 2015-2016. Le relèvement des prévisions relatives au commerce du blé résulte des ajustements à la hausse des volumes qui seront importés par l'UE, et plusieurs pays d'Asie (Bangladesh, Chine et Philippines) et d’Afrique (Afrique du Sud, Algérie, Égypte et Soudan).  Du côté des exportations, on s’attend à ce que la Fédération de Russie devienne, pour la première fois, le plus grand exportateur mondial de blé (29,5 millions de tonnes). En revanche, la mauvaise récolte de cette année devrait réduire les expéditions de l’Union européenne (précédemment le premier exportateur mondial), qui céderaient 24 pour cent et tomberaient à leur plus bas niveau depuis 4 ans, à 25,5 millions de tonnes. Les échanges mondiaux de céréales secondaires en 2016-2017 (juillet/juin) devraient être de 175,5 millions de tonnes, en hausse de 4 millions de tonnes par rapport au mois dernier mais inférieurs de 4,7 pour cent (8,6 millions de tonnes) aux estimations pour 2015-2016. En ce qui concerne les principales céréales secondaires, les prévisions relatives au commerce mondial de maïs s’établissent aujourd’hui à 135 millions de tonnes, soit 3 millions tonnes de plus que les prévisions précédentes. La plus grande partie de l’ajustement à la hausse concerne l’Amérique du Sud. Les prévisions relatives au commerce mondial de l'orge ont également été relevées de 1,5 million de tonnes et portées à  27 millions de tonnes. La Chine et l'Arabie saoudite représentent la majeure partie de l'augmentation. Comme pour le blé, des prix en baisse et des disponibilités abondantes devraient accroître les échanges de céréales secondaires, même si l’on s’attend à ce que le volume global des échanges reste en dessous du niveau de la campagne précédente, stimulant la concurrence entre les principaux exportateurs. Les prévisions relatives au commerce international du riz en 2017, qui ont été légèrement relevées et portées à 43,7 millions de tonnes, continuent de laisser présager une troisième année consécutive de demande mondiale atone, en raison d’une offre locale plus abondante dans des marchés asiatiques importants.

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Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.