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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2014, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 06 février, 06 mars, 03 avril, 08 mai, 05 juin, 03 juillet, 11 septembre, 09 octobre, 06 novembre, 04 décembre.

Offre de céréales abondante et niveau record des échanges commerciaux en 2013-2014; recul de la production de blé et légère augmentation de la production de riz en 2014, selon les prévisions

Date de publication: 03/04/2014

Les perspectives relatives à l'offre mondiale de céréales pour la campagne de commercialisation 2013-2014 se sont améliorées depuis la publication du précédent rapport, en mars. Par conséquent, les estimations de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2013 ont été revues à la hausse (plus 6 millions de tonnes) et s'établissent désormais à 2 521 millions de tonnes (riz compris, en équivalent riz usiné). Ce récent ajustement reflète la révision à la hausse des estimations concernant la production de riz et de céréales secondaires dans plusieurs pays. Les prévisions de la FAO relatives aux stocks de clôture ont aussi été revues à la hausse et les échanges commerciaux au niveau mondial devraient connaître une augmentation bien plus forte qu'escompté.

La production mondiale de blé devrait atteindre 702 millions de tonnes en 2014, soit 2 millions de tonnes de moins que les prévisions de mars et 2 pour cent de moins que le résultat historique de l'an dernier. Au Canada, la réduction des plantations pourrait entraîner une baisse significative (22 pour cent) de la production. En revanche, la production de blé devrait s'accroître de 3,5 pour cent aux États-Unis, à supposer que la campagne de plantation printanière soit fructueuse et en dépit des effets néfastes de la sécheresse prolongée sur les cultures hivernales. Dans l'Union européenne, les perspectives générales sont positives et la production pourrait connaître une certaine progression. En Australie, la production pourrait être en recul par rapport aux résultats de l'an dernier, qui étaient supérieurs à la moyenne. Cela s'expliquerait essentiellement par un climat plus sec. La Chine devrait surpasser légèrement les résultats déjà exceptionnels de l'an dernier, grâce à une multiplication des plantations, et l'Inde semble se diriger vers un niveau de production record d'après les prévisions officielles. Dans les principaux pays producteurs de la Communauté d'États indépendants, les rendements devraient connaître une régression par rapport aux niveaux relativement élevés de 2013, ce qui pourrait entraîner une diminution de la production au Kazakhstan, dans la Fédération de Russie et en Ukraine. Les premières perspectives concernant la production de céréales secondaires dans l'hémisphère sud font apparaître une situation mitigée. Elles sont globalement favorables en Afrique australe, où les plantations ont déjà eu lieu. En Afrique du Sud, la production de maïs pourrait progresser (de 5 pour cent) car on prévoit un rattrapage des rendements. En Amérique du Sud, l'Argentine bénéficie de conditions favorables mais le Brésil pourrait voir sa première récolte de maïs mise en péril par le mauvais temps. Selon les premières prévisions de la FAO, la production mondiale de riz pourrait augmenter modestement de 0,8 pour cent en 2014, en s'établissant à 500,7 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), car il est possible que la chute des cours mondiaux et la crainte d'une nouvelle catastrophe imputable à El Niño sapent la croissance. Pour ce qui est des pays situés le long et au sud de l'Équateur, où les cultures de la campagne 2014 pourront bientôt être récoltées, on attend une hausse de la production au Brésil, en Indonésie et à Madagascar. En revanche, les problèmes de sécheresse auxquels sont confrontés l'Australie, le Pérou, le Sri Lanka et la Tanzanie devraient faire baisser la production dans ces pays. Dans l'hémisphère nord, où la période de plantation démarrera sous peu, les perspectives font apparaître une croissance en Chine, en Inde, au Myanmar, aux Philippines et aux États-Unis, mais la suppression du soutien des prix en Thaïlande pourrait inciter les agriculteurs de ce pays à réduire les plantations et, partant, la production.

L'utilisation mondiale de céréales pour la campagne de commercialisation 2013-2014 devrait atteindre 2 421 millions de tonnes, ce qui représenterait une augmentation de 4 pour cent (94 millions de tonnes) par rapport à 2012-2013. Cette croissance s'expliquerait en grande partie par l'utilisation accrue (hausse de près de 7 pour cent) de céréales secondaires, dont le moteur principal est le développement exponentiel de l'utilisation du maïs aux fins de l'alimentation animale (534 millions de tonnes, soit 10 pour cent de plus qu'à la campagne précédente). En effet, on constate un rattrapage important de l'offre de maïs qui fait suite à la production record et à la baisse des cours de l'an dernier. En revanche, il est probable que l'utilisation totale de blé demeure stable et se maintienne à 688 millions de tonnes car la contraction de 2 pour cent que connaît l'utilisation aux fins de l'alimentation animale, à laquelle s'ajoute l'offre abondante de céréales secondaires affichant des prix plus compétitifs, vient contrebalancer la hausse de 1,4 pour cent de l'utilisation aux fins de l'alimentation humaine. L'utilisation mondiale de riz devrait s'établir à 490 millions de tonnes, soit une progression de 2,5 pour cent favorisée par la hausse de 2 pour cent de la demande de denrées alimentaires. Les quantités de riz destiné à l'alimentation animale ou à d'autres utilisations finales demeurent faibles: bien qu'en augmentation, elles ne représentent dans leur ensemble que 16 pour cent de l'utilisation totale de riz.

Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales à la fin de la campagne 2014 ont été ajustées à la hausse (plus 3,8 millions de tonnes): elles s'établissent ainsi à 582,3 millions de tonnes. Ce chiffre marquerait une augmentation de 15,6 pour cent (79 millions de tonnes) par rapport à 2013 et constituerait un pic jamais atteint depuis 2001. La révision à la hausse des stocks de report effectuée ce mois-ci s'explique essentiellement par les augmentations enregistrées pour le maïs en Chine et en Ukraine et pour le riz en Inde, au Nigéria et aux Philippines. Stimulés par le niveau record de la production en 2013, les stocks totaux de céréales sont remontés rapidement après la baisse de 2013, grâce à la contribution des céréales secondaires, du blé et du riz. Par conséquent, le rapport stocks mondiaux/utilisation des céréales devrait progresser de 3 points en s'établissant à 23,9 pour cent, son niveau le plus élevé depuis 2003. Les stocks de blé devraient atteindre 180 millions de tonnes en 2014, soit une hausse de 14 pour cent (22 millions de tonnes) par rapport à 2013. En effet, les stocks supérieurs enregistrés au Canada, en Chine et dans la Fédération de Russie font plus que compenser le recul important constaté aux États-Unis, qui s'explique par une production plus faible et des exportations accrues. Les stocks mondiaux de céréales secondaires pourraient atteindre 222 millions de tonnes d'ici à la fin des campagnes de 2014, soit une augmentation de 30 pour cent (51 millions de tonnes), le Canada, la Chine, l'Ukraine et les États-Unis étant les principaux moteurs de cette progression.  La production dépassant encore l'utilisation, les stocks mondiaux de riz devraient s'accroître de 3,2 pour cent (5,6 millions de tonnes) en 2014 et atteindre ainsi 180,5 millions de tonnes.  La progression devrait être concentrée principalement en Chine, en Thaïlande et au Viet Nam, tandis que le Myanmar devrait enregistrer des stocks légèrement réduits en fin de campagne.

Les prévisions concernant le commerce mondial des céréales en 2013-2014 ont été ajustées à la hausse (plus 4,5 millions de tonnes). Elles s'établissent ainsi à 330 millions de tonnes, ce qui reflète la révision à la hausse des importations vers plusieurs destinations, parmi lesquelles: la Chine, l'Union européenne et l'Égypte pour les céréales secondaires; la Chine, la République islamique d'Iran, la Turquie et l'Arabie saoudite pour le blé; le Bangladesh, le Nigéria et le Sénégal pour le riz. Par conséquent, le commerce mondial des céréales en 2013-2014 devrait connaître une croissance de 6,6 pour cent (20,5 millions de tonnes) par rapport à 2012-2013 et atteindre un niveau record. Ce développement ferait suite à la forte contraction enregistrée à la campagne précédente. Parmi les céréales majeures, le commerce du blé en 2013-2014 (juillet-juin) devrait progresser d'environ 6 pour cent (8 millions de tonnes). Ainsi, 148 millions de tonnes de blé devraient s'échanger sur les marchés mondiaux, chiffre qui surpasserait le précédent record, établi en 2011-2012. La Chine continentale devrait en être le moteur principal, grâce à la montée en flèche de ses importations, qui devraient atteindre 8,5 millions de tonnes (soit une hausse de près de 200 pour cent). L'Algérie, l'Égypte et l'Arabie saoudite devraient aussi accroître leurs achats, qui feront plus que compenser la baisse des flux en direction de l'Union européenne, de la République de Corée et du Maroc. Le commerce mondial des céréales secondaires en 2013-2014 (juillet-juin) devrait augmenter de près de 8 pour cent (10 millions de tonnes). Une fois encore, ce sont les importations de la Chine continentale qui devraient alimenter la croissance grâce à une hausse de 63 pour cent (4,2 millions de tonnes) mais celles de l'Arabie saoudite (orge et maïs, principalement), de l'Égypte (essentiellement maïs) et du Mexique (maïs et sorgho) devraient aussi y contribuer. En revanche, les importations de maïs par les États-Unis devraient diminuer par rapport à 2012-2013, où elles représentaient une part exceptionnellement élevée.  Les échanges mondiaux de riz devraient progresser de 5,5 pour cent (2 millions de tonnes) et s'établir ainsi à 39,3 millions de tonnes, niveau qui n'a encore jamais été atteint. Les cours mondiaux plus faibles et/ou la nécessité de reconstituer les réserves devraient encourager le Bangladesh, la Chine, l'Indonésie, le Nigéria et les Philippines à augmenter leurs achats de riz. La République de Corée et la République islamique d'Iran, quant à elles, pourraient réduire leurs achats.

L'ampleur des disponibilités exportables et la faiblesse des cours internationaux ont stimulé les exportations de céréales pendant la présente campagne. En ce qui concerne le blé, les expéditions en provenance de l'Union européenne, de la Fédération de Russie et d'Ukraine pourraient grimper respectivement de 30 pour cent (6 millions de tonnes), 40 pour cent (4 millions de tonnes) et 38 pour cent (2,6 millions de tonnes). Pour ce qui est des céréales secondaires, les expéditions de maïs au départ des États-Unis devraient remonter d'au moins 60 pour cent (12 millions de tonnes) et les exportations ukrainiennes devraient augmenter de 33 pour cent (4,5 millions de tonnes). En dépit des tensions géopolitiques auxquelles l'Ukraine est en proie actuellement, ce pays est en passe de devenir le quatrième plus grand exportateur de maïs, derrière les États-Unis, le Brésil et l'Argentine. En ce qui concerne le riz, la croissance attendue des exportations mondiales devrait être principalement le fait de la Thaïlande. En effet, compte tenu de la chute des prix du marché, qui fait suite au relâchement du programme de prix garantis, ce pays est en train de retrouver l'avantage concurrentiel qu'il avait perdu depuis la fin de 2011.  D'autres grands exportateurs de riz, comme le Cambodge, le Pakistan, les États-Unis et le Viet Nam, pourraient aussi augmenter leurs livraisons. En revanche, une demande intérieure accrue pourrait rogner 1 million de tonnes sur les exportations indiennes. L'Inde devrait toutefois conserver sa place de premier exportateur de riz.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.