Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2020: 6 février, 5 mars, 2 avril, 7 mai, 4 juin, 2 juillet, 3 septembre, 8 octobre, 5 novembre, 3 décembre.

La production mondiale de céréales devrait atteindre un nouveau record en 2019

Date de publication: 05/12/2019

Selon les dernières prévisions de la FAO pour 2019, la production mondiale de céréales devrait atteindre le niveau record de 2,714 milliards de tonnes, soit une hausse de 0,4 pour cent par rapport au chiffre de novembre et une progression de près de 57 millions de tonnes (2,1 pour cent) par rapport à la production en recul de 2018. L’augmentation en glissement mensuel s’explique principalement par une révision à la hausse de la production mondiale de céréales secondaires, ainsi que par des rendements plus importants que prévus en Chine, en Fédération de Russie et en Ukraine. Au niveau actuel, les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires s’établissent à près de 1,433 milliard de tonnes, soit une hausse de 1,7 pour cent (24,5 millions de tonnes) en glissement annuel et un niveau légèrement en dessous du niveau record enregistré en 2017.

Les prévisions relatives à la production mondiale de blé en 2019 ont également été légèrement revues à la hausse par rapport au mois précédent et portées à 766,4 millions de tonnes, soit une progression de 4,8 pour cent (34,8 millions de tonnes) par rapport à la production de 2018. Cette réévaluation est principalement due aux ajustements à la hausse apportés aux estimations de la production dans l’Union européenne, qui font plus que compenser le repli des estimations concernant la production aux États‑Unis d’Amérique.

En ce qui concerne le blé, l’emblavement en vue de la récolte 2020 a bien avancé dans les pays de l’hémisphère Nord. Aux États-Unis d’Amérique, les semis de blé d’hiver étaient presque terminés fin novembre, en avance par rapport à l’année dernière mais dans le rythme du calendrier habituel. Les premières indications suggèrent que la superficie emblavée pourrait se contracter car il est prévu que les prix reculent par rapport à l’année dernière. Les conditions de culture devraient quant à elles être un peu moins bonnes que la normale. Dans l’Union européenne, après un déficit de pluviométrie au début de la campagne, la hausse des précipitations en novembre a permis de retrouver de bons niveaux d’humidité des sols, ce qui a favorisé les cultures d’hiver. Toutefois, aux extrémités orientale et occidentale de l’Union européenne, la persistance d’un temps sec a donné lieu à des conditions de culture médiocres qui pourraient peser sur la croissance des cultures précoces. En Fédération de Russie, les conditions favorables à la culture du blé d’hiver et le soutien continu du gouvernement, qui cherche à stimuler les exportations, pourraient doper la superficie cultivée. En revanche, en Ukraine, des pluies faibles et des températures plus élevées que la moyenne ont handicapé les cultures de blé d’hiver dans les principales régions de production.

Dans l’hémisphère Sud, les semis de céréales secondaires ont lieu actuellement, tandis que le blé sera semé plus tard au cours l’année. En Amérique du Sud, les prix élevés des céréales, qui s’expliquent par une forte demande à l’exportation, devraient permettre de maintenir des niveaux élevés de surfaces emblavées en maïs en Argentine, malgré une pluviométrie défavorable qui a perturbé les semis, ainsi qu’au Brésil. De même, en Afrique du Sud, le plus important producteur de maïs du continent africain, les prix rémunérateurs des céréales devraient entraîner une hausse des plantations de maïs, les premières indications montrant que la superficie ensemencée devrait dépasser la moyenne enregistrée au cours des cinq dernières années. Toutefois, les prévisions météorologiques à court terme indiquent que les précipitations devraient être limitées, facteur qui pourrait faire reculer les perspectives de production pour 2020.

Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz en 2019 ont été relevées de 1,6 million de tonnes par rapport à novembre, à 515 millions de tonnes, soit un recul de la production de 0,5 pour cent seulement par rapport au record historique de 2018. Les mauvaises conditions météorologiques et le resserrement des disponibilités en eau destinée à l’irrigation ont dégradé ce mois-ci les perspectives concernant les récoltes hors saison en Thaïlande et au Viet Nam. Toutefois, ces ajustements ont été compensés par la révision à la hausse de la production locale au Pakistan et dans divers pays africains, à savoir l’Égypte et le Nigéria, qui, avec Madagascar, devraient désormais entraîner dans leur sillage un rebond de la production africaine de riz lors de la campagne actuelle.

L’utilisation mondiale de céréales en 2019-2020 devrait atteindre 2,709 milliards de tonnes, soit un niveau presque identique aux prévisions du mois dernier; ce résultat, qui représente une hausse de près de 21 millions de tonnes par rapport à 2018-2019, constitue toujours un record. À 758 millions de tonnes, les prévisions concernant l’utilisation mondiale de blé en 2019-2020 ont été légèrement revues à la baisse par rapport au mois dernier, mais indiquent toujours un niveau record, en hausse de 1,4 pour cent par rapport au niveau estimé pour 2018-2019. Les prévisions concernant l’utilisation totale de céréales secondaires en 2019-2020 s’établissent désormais à 1,434 milliard de tonnes, en légère hausse par rapport à la campagne précédente, le repli prévu de l’utilisation du maïs dans l’alimentation animale faisant plus que compenser la hausse prévue de l’utilisation d’autres céréales secondaires à cette fin, l’orge en particulier. Une consommation alimentaire plus importante que prévu précédemment est à l’origine de la hausse de près de 1 million de tonnes des dernières prévisions de la FAO concernant l’utilisation mondiale de riz en 2019-2020, qui s’établissent désormais au niveau record de 517 millions de tonnes.

Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2020 ont été relevées de près de 14 millions de tonnes (1,6 pour cent) par rapport au mois précédent et portées à 863 millions de tonnes, en légère baisse par rapport à la campagne précédente, mais à un niveau qui correspond à la troisième valeur la plus élevée jamais enregistrée. Le rapport stocks/utilisation de céréales à l’échelle mondiale devrait ainsi approcher le niveau relativement élevé de 31 pour cent, ce qui souligne une situation confortable au niveau de l’offre. Les prévisions relatives aux stocks mondiaux de blé ont été relevées de près de 3 millions de tonnes par rapport au mois précédent et portées à 278 millions de tonnes, principalement en raison de la hausse prévue de l’accumulation des stocks dans plusieurs grands pays exportateurs. À un peu plus de 403 millions de tonnes, les stocks totaux de céréales secondaires devraient augmenter de 10 millions de tonnes de plus que prévu auparavant, à la suite des révisions à la hausse des stocks de maïs, en particulier en Chine et, dans une moindre mesure, aux États-Unis d’Amérique. Malgré une nouvelle réévaluation modeste, les stocks mondiaux de riz à la clôture de la campagne 2019-2020 pourraient tout de même reculer de 0,8 pour cent par rapport à leurs niveaux record d’ouverture et s’établir à 182 millions de tonnes car on s’attend à une réduction des stocks dans les pays importateurs de riz, en particulier en Chine et en Indonésie.

Les échanges mondiaux de céréales en 2019-2020 devraient s’établir à 416 millions de tonnes, en légère hausse par rapport au mois dernier et désormais en progression de 1,1 pour cent (4,5 millions de tonnes) par rapport au niveau de 2018-2019. À 172 millions de tonnes, les échanges mondiaux de blé en 2019-2020 (juillet/juin) progresseraient de 2,3 pour cent par rapport au volume nettement inférieur enregistré lors de la campagne précédente. Les dernières prévisions au niveau mondial sont proches de celles du mois dernier, mais des révisions ont été apportées pour certains pays. Les importations de l’Algérie ont été réduites de près de 1 million de tonnes, afin de traduire la décision récente du gouvernement de restreindre les achats de blé tendre sur les marché mondiaux à 4 millions de tonnes, contre plus de 6 millions de tonnes auparavant. En revanche, le Kazakhstan, l’un des grands pays exportateurs de blé, devrait importer au moins 1,4 million de tonnes de blé, en raison d’une production nationale réduite. À 197,5 millions de tonnes, les prévisions concernant les échanges mondiaux de céréales secondaires en 2019-2020 (juillet/juin) sont en hausse de 2 millions de tonnes par rapport au mois précédent et atteignent désormais un niveau proche du record de 2018-2019. La révision à la hausse de ce mois-ci s’explique principalement par une accélération des exportations du Brésil et de l’Ukraine, qui fait plus que compenser le ralentissement des ventes aux États-Unis d’Amérique. En revanche, les prévisions concernant les échanges mondiaux de riz en 2020 (janvier-décembre) ont été abaissées de 1,0 million de tonnes et s’établissent à 47 millions de tonnes, sous l’effet de l’amélioration des perspectives concernant les disponibilités intérieures dans plusieurs pays d’Afrique, ainsi que des efforts menés par le Nigéria afin de réduire les importations non officielles. Les prévisions révisées indiquent que la reprise des échanges mondiaux de riz en 2020 ne devrait être que partielle (d’environ 2,5 pour cent), après le faible niveau de 2019.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.