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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

Dates de sortie mensuelle pour 2019 : 7 février, 7 mars, 4 avril, 9 mai, 6 juin, 4 juillet, 5 septembre, 3 octobre, 7 novembre, 5 décembre.

La production et les stocks mondiaux de céréales devraient baisser, mais l’offre globale devrait rester suffisante

Date de publication: 06/12/2018

Selon les dernières prévisions de la FAO pour 2018, la production mondiale de céréales devrait s’établir à 2,595 milliards de tonnes; elle serait ainsi en légère baisse par rapport aux prévisions du mois de novembre et 2,4 pour cent (62,5 millions de tonnes) en dessous du niveau record de l’année dernière1.

Les prévisions de la FAO concernant la production mondiale de riz en 2018 sont restées globalement stables par rapport à celles du mois de novembre et indiquent que la production mondiale devrait progresser de 1,3 pour cent en glissement annuel, pour atteindre un nouveau niveau record de 513 millions de tonnes. Au niveau des pays, les estimations relatives à la production ont été revues à la baisse pour Madagascar, car des évaluations sur le terrain ont montré que la reprise serait plus lente que prévu du fait de l’irrégularité des pluies et de dégâts causés par des tempêtes. En revanche, les perspectives concernant quelques pays producteurs d’Amérique latine et des Caraïbes, en particulier le Pérou, ont été relevées, principalement en raison de rendements meilleurs que prévu.

La production mondiale de blé devrait atteindre 725,1 millions de tonnes, soit 2,8 millions de tonnes de moins que ce qui avait été projeté en novembre, car les estimations concernant les récoltes de cette année en Turquie et dans la Fédération de Russie ont été revues à la baisse. Les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires ont également été réévaluées à la baisse (moins 3,1 millions de tonnes) et s’établissent à présent à 1,357 milliard de tonnes, à la suite d’ajustements à la baisse de la production d’orge et de sorgho. Toutefois, les prévisions concernant la production mondiale de maïs demeurent identiques, l’ajustement à la hausse due à des rendements meilleurs que prévus en Ukraine ayant été largement compensé par la baisse des prévisions pour les États-Unis.

À plus long terme, les semis de blé d’hiver pour la moisson de 2019 sont en cours dans l’hémisphère Nord. Aux États-Unis, la hausse des prix à la production devrait entraîner un accroissement des emblavages, qui risque toutefois d’être limité en raison du ralentissement des semis du fait de conditions météorologiques excessivement humides. Malgré un temps sec dans certains pays, les semis de blé d’hiver devraient repartir à la hausse dans l’Union européenne, tout comme dans la Fédération de Russie et en Ukraine, où les conditions météorologiques sont globalement favorables. De même, en Asie, des conditions météorologiques avantageuses favorisent le développement des cultures en Chine et en Inde, mais la diminution des disponibilités en eau au Pakistan a quelque peu détérioré les perspectives de récoltes précoces.

Dans l’hémisphère Sud, les emblavages de céréales d’été (2019) sont en cours. Les perspectives de production de maïs en Argentine et au Brésil ont été réévaluées en raison de conditions météorologiques favorables et de la hausse des prix. On s’attend donc à une reprise, après la baisse de 2017. En Afrique du Sud, les semis de maïs devraient augmenter mais, malgré des conditions météorologiques initiales plutôt favorables, la crainte est de plus en plus grande que des conditions météorologiques anormalement sèches liées au phénomène El Niño puissent assombrir les perspectives pour le pays et la sous-région.

L’utilisation mondiale de céréales en 2018-2019 devrait atteindre 2,649 milliards de tonnes, soit un niveau légèrement inférieur aux prévisions de novembre, mais toujours en hausse de 1,3 pour cent par rapport à 2017‑2018. L’utilisation totale de céréales secondaires devrait atteindre un nouveau niveau record de 1,401 milliard de tonnes, portée par une forte augmentation de l’utilisation du maïs (+ 3,3 pour cent), qui devrait atteindre 1,107 milliard de tonnes, principalement en raison d’une forte demande dans les secteurs de l’alimentation animale et de l’industrie, en particulier en Chine et aux États-Unis. Toutefois, l’utilisation totale du blé, qui reste inchangée par rapport à novembre, ne devrait augmenter que très légèrement en 2018‑2019, pour atteindre 740 millions de tonnes. La consommation alimentaire de blé devrait suivre le rythme de la croissance démographique et atteindre 510 millions de tonnes, mais l’utilisation du blé pour l’alimentation animale devrait stagner autour de 141 millions de tonnes, en raison de la baisse de la production et de l’augmentation des prix. Selon les prévisions de la FAO pour 2018‑2019, l’utilisation mondiale de riz devrait s’établir à 509 millions de tonnes, en légère baisse par rapport à novembre, mais devrait, comme prévu, augmenter de 1,0 pour cent sur un an, en raison d’une augmentation de la consommation alimentaire due à la croissance démographique.

Les échanges internationaux de céréales devraient légèrement se contracter en 2018‑2019 et atteindre 416,6 millions de tonnes, soit un recul de 0,9 pour cent par rapport au niveau record de la campagne précédente. Les échanges mondiaux de blé devraient s’établir à 172,5 millions de tonnes, niveau inférieur de 2,1 pour cent à celui de 2017‑2018 et légèrement en dessous des prévisions de novembre. En raison d’une production nationale plus élevée cette année, ce sont les achats de blé réalisés par l’Algérie, le Maroc et l’Inde qui devraient connaître la plus forte baisse en 2018‑2019. Du côté des exportations, les livraisons en provenance de la Fédération de Russie, premier exportateur de blé au niveau mondial, devraient s’établir à 34,5 millions de tonnes, soit, par rapport à 2017‑2018, une baisse de 15 pour cent, qui s’explique par le net recul de la production nationale cette année. La baisse des exportations de la Fédération de Russie devrait être largement compensée par un important rebond des exportations en provenance des États-Unis, qui progressent de près de 28 pour cent par rapport à 2017‑2018, pour atteindre 29,5 millions de tonnes. Les exportations devraient également augmenter en Argentine et au Canada, ce qui devrait compenser la probable baisse des livraisons en provenance de l’Australie, de l’Union européenne et de l’Ukraine.

Les prévisions concernant les échanges mondiaux de céréales secondaires en 2018‑2019 ont été relevées de 1,5 million de tonnes et portées ainsi à 197 millions de tonnes; elles sont en légère hausse par rapport aux niveaux estimés pour 2017-2018 et marquent un nouveau niveau record. Cette augmentation en glissement mensuel est, pour l’essentiel, imputable à la révision à la hausse des importations de maïs dans l’Union européenne, ainsi qu’en Chine, au Mexique et au Canada. Les échanges mondiaux de maïs en 2018‑2019 devraient atteindre 157,2 millions de tonnes, soit une hausse de 1,4 pour cent par rapport à 2017‑2018, principalement en raison de la hausse de la demande à l’importation prévue dans l’Union européenne. En revanche, les échanges de sorgho devraient accuser un net recul en 2018‑2019 et chuter de 21 pour cent par rapport à 2017-2018, pour s’établir à un peu plus de 6 millions de tonnes; la quasi-intégralité de la baisse prévue concerne la Chine. Les échanges d’orge devraient légèrement baisser et s’établir à un peu moins de 30 millions de tonnes, en raison d’une diminution des importations dans plusieurs pays d’Afrique et d’Asie. En ce qui concerne les exportations de céréales secondaires, l’Ukraine devrait renforcer ses livraisons de maïs en 2018‑2019, à la suite de la production record de cette année. Les exportations devraient également augmenter en Argentine et aux États-Unis, ce qui devrait largement compenser le net recul prévu des ventes en provenance du Brésil (maïs) et de la Fédération de Russie (maïs et orge).

Les échanges internationaux de riz en 2019 (année civile) devraient reculer de 1,4 pour cent en glissement annuel et s’établir à 47 millions de tonnes, soit un niveau identique par rapport à novembre. Parmi les exportateurs, c’est la Thaïlande qui accusera la plus forte réduction des expéditions, suivie du Pakistan et du Brésil. La Chine, l’Inde, les États-Unis et le Viet Nam devraient, quant à eux, exporter plus.

Les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes qui s’achèvent en 2019 devraient s’établir à 762 millions de tonnes, soit un niveau identique à celui de novembre et 53 millions de tonnes (6,5 pour cent) en deçà de leurs niveaux records d’ouverture. Parmi les principales céréales, le plus net recul en glissement annuel devrait concerner les stocks de maïs, qui devraient baisser de 14 pour cent (44 millions de tonnes) pour s’établir à 157 millions de tonnes, principalement en raison d’abondants prélèvements en Chine, mais aussi aux États-Unis, en Argentine et au Brésil. Selon les prévisions pour 2018-2019, les stocks de blé devraient également diminuer d’au moins 12 pour cent (4,4 millions de tonnes) par rapport à leurs niveaux records d’ouverture, la plupart des prélèvements étant concentrés dans les principaux pays exportateurs. Les stocks mondiaux de riz devraient atteindre un niveau record historique de 177 millions de tonnes, soit une hausse de 2,7 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture, qui permettrait de couvrir 34,3 pour cent des volumes utilisés en 2019-2020. Globalement, selon les prévisions actuelles, le rapport entre les reports mondiaux de céréales et leur utilisation serait de 28,1 pour cent, en baisse par rapport aux 30,8 pour cent enregistrés lors de la campagne précédente – ratio record depuis dix-sept ans –, et qui constitue le plus faible ratio depuis 2013-2014.

1Les dernières prévisions de la FAO ne comprennent pas les révisions historiques qui concernent les surfaces emblavées et la production de céréales en Chine publiées par le Bureau national chinois de statistique en octobre 2018. Ces révisions prennent en compte les résultats du troisième recensement agricole national réalisé en Chine et couvrent la période allant de 2007 à 2017. Ces révisions sont très importantes du point de vue des volumes, en particulier en ce qui concerne la production de maïs. C’est pourquoi la FAO réalise actuellement un examen détaillé de l'offre et de la demande en Chine, dont les conclusions seront publiées au début de l’année prochaine.

Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.