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Situation alimentaire mondiale

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales

Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.

En 2017, le bulletin sera publié aux dates suivantes: 2 février, 2 mars, 6 avril, 4 mai, 8 juin, 6 juillet, 7 septembre, 5 octobre, 2 novembre, 7 décembre.

2016-2017: une offre mondiale abondante, à la faveur d'une production céréalière exceptionnelle

Date de publication: 02/02/2017

Confirmant les perspectives d’une récolte record, les prévisions de la FAO concernant la production céréalière mondiale en 2016 ont été relevées et portées à 2,592 milliards de tonnes, soit 15 millions de tonnes (0,6 pour cent) de plus par rapport à décembre. La révision s'explique essentiellement par des moissons plus importantes que prévu en Australie et dans la Fédération de Russie ainsi que par les ajustements à la hausse de la production mondiale de maïs, qui tiennent essentiellement au relèvement des estimations concernant la Chine. Ces augmentations ont largement compensé la réduction des prévisions relatives à la production mondiale de riz, due à des récoltes moins abondantes annoncées en Chine, au Pakistan, aux États-Unis et au Viet Nam.

Les premières perspectives concernant la production de céréales en 2017 font apparaître une situation mitigée. Les semis de blé d'hiver dans l’hémisphère Nord sont quasiment terminés. Aux États-Unis, les disponibilités abondantes et les prix relativement bas ont incité les agriculteurs à réduire les emblavures de blé d’hiver, qui accusent ainsi leur deuxième niveau le plus bas jamais enregistré. Cependant, les rendements pourraient être quelque peu limités par des conditions météorologiques moins bonnes que prévu. Les superficies de blé d’hiver du Canada sont également en diminution en raison essentiellement des prévisions de baisse des prix. En Europe, une météorologie clémente a favorisé les semis de blé d’hiver dans l’UE, mais les basses températures de janvier ont peut-être causé des dommages. Dans l’ensemble, les superficies ensemencées dans l’Union européenne devraient rester inchangées par rapport à l’année dernière. Les perspectives de production restent favorables dans la Fédération de Russie en raison d’une extension des superficies de blé d’hiver et de bonnes conditions de culture. La couverture neigeuse dans le sud de l’Ukraine, même si elle a été limitée, a néanmoins suscité quelques inquiétudes, mais les conditions s’avèrent globalement satisfaisantes, d’autant que les superficies emblavées auraient dépassé leur niveau de 2016. En Asie, l’augmentation des emblavures en Inde ainsi que des disponibilités en eau suffisantes pour l’irrigation devraient entraîner une petite hausse de la production en 2017. En revanche, une pluviométrie insuffisante pendant les semis et une disponibilité en eau réduite pour l’irrigation ont assombri les perspectives au Pakistan. En Chine, la poursuite des mesures vigoureuses d’incitation à la production mises en place par le Gouvernement dans le cadre du programme visant à assurer des prix d’achat minimum a encouragé les producteurs à augmenter modérément les superficies emblavées et stimulé les perspectives de production dans le pays.

Dans l'hémisphère Sud, après les grandes sécheresses de l’année précédente, une météorologie qui s’annonce plus favorable devrait entraîner un rebond de la production céréalière dans les pays d'Afrique australe en 2017. En particulier, la production de maïs en Afrique du Sud devrait revenir à des niveaux proches de la moyenne, en raison d'une expansion attendue des superficies emblavées en maïs et d’un rattrapage des rendements. En Amérique du Sud, les premières estimations laissent apparaître un accroissement des cultures céréalières en Argentine et au Brésil, qui s’explique par des prix élevés sur les marchés locaux et des conditions météorologiques favorables. En Australie et en Indonésie, la production de riz devrait augmenter, tandis qu’une amélioration des conditions de culture pourrait stimuler les rendements dans des pays d'Amérique du Sud producteurs de riz, notamment le Brésil. Les semis ont progressé lentement au Viet Nam en raison des pluies excessives tombées sur les parties méridionales du pays. Sri Lanka a été confrontée à des problèmes plus graves car les cultures de paddy ont considérablement souffert de la faiblesse des précipitations et d'un approvisionnement en eau insuffisant pour l'irrigation.

Les prévisions de la FAO concernant l'utilisation mondiale de céréales en 2016-2017 ont été relevées de près de 3 millions de tonnes depuis décembre et portées à 2,567 milliards de tonnes, soit 2 pour cent de plus (50,4 millions de tonnes) que le niveau de 2015-2016. L’ajustement à la hausse de ce mois-ci tient principalement à une augmentation de 2,2 millions de tonnes de l’utilisation du blé à des fins industrielles et alimentaires dans plusieurs pays. Si l’on ajoute à cela des niveaux d’utilisation des céréales secondaires légèrement supérieurs aux estimations précédentes, on constate que la révision a largement compensé la réduction de 1 million de tonnes de l’usage du riz à des fins non alimentaires. L'utilisation totale de blé est actuellement estimée à 736,5 millions de tonnes, soit 22 millions de tonnes (3,1 pour cent) de plus par rapport à 2015-2016. Cette hausse s’explique en grande partie par une forte augmentation de l'utilisation du blé dans l'alimentation animale, du fait de l'abondance de blé de qualité médiocre dans les greniers. L'utilisation mondiale de céréales secondaires en 2016-2017 devrait augmenter de 23,6 millions de tonnes (1,8 pour cent) et atteindre près de 1 330 millions de tonnes. Le relèvement des prévisions est dû essentiellement à une plus grande utilisation de ces denrées dans l’alimentation animale aux États-Unis, qui fait suite à la récolte exceptionnelle de l'an dernier. Malgré l’ajustement à la baisse de ce mois-ci, la consommation mondiale de riz devrait rester en hausse de 1 pour cent par rapport à 2015‑2016 et atteindre 500 millions de tonnes, soutenue principalement par l’utilisation pour l’alimentation humaine.

Les prévisions de la FAO concernant les stocks mondiaux de céréales à la fin des campagnes de 2017 ont été réévaluées de 11 millions de tonnes et portées à un niveau record de 681 millions de tonnes, soit 3 pour cent (20 millions de tonnes) de mieux par rapport à la campagne précédente. L'amélioration des perspectives de production a donné lieu à des ajustements à la hausse considérables des stocks de blé en Argentine, en Australie et au Brésil depuis décembre. Globalement, les estimations concernant les stocks mondiaux de céréales en 2016-2017 ont été relevées de 6,5 millions de tonnes et atteignent un nouveau record de 245 millions de tonnes. Ainsi, les stocks de blé devraient dépasser les prévisions de 2015-2016 de 8,3 pour cent (près de 19 millions de tonnes). Par rapport à l’année dernière à la même période, il est toujours prévu que l'augmentation soit concentrée en Chine, aux États-Unis et dans la Fédération de Russie. En ce qui concerne les céréales secondaires, et compte tenu du gonflement prévu des greniers de maïs en Chine, les prévisions de la FAO envisagent un rebond annuel de 0,7 pour cent (2 millions de tonnes) des stocks mondiaux, qui atteindraient ainsi leur deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré. Par rapport à la campagne précédente, la plus forte augmentation est attendue aux États-Unis, où les stocks de céréales secondaires devraient atteindre un niveau record de 64 millions de tonnes, soit 32 pour cent de plus que leur niveau d'ouverture. Cependant, cette hausse devrait être partiellement compensée par des prélèvements importants en Chine et au Brésil en raison d'un recul de la production. Dans le cas de la Chine, la réduction des réserves sera d’autant plus forte que les autorités ont annoncé récemment des plans visant à diminuer les stocks de maïs du pays en favorisant une utilisation industrielle. Cela étant, cette mesure aura vraisemblablement un impact plus marqué sur les niveaux des stocks de la prochaine campagne. On estime actuellement que les stocks mondiaux de riz s’établiront à 170 millions de tonnes, en baisse de 0,6 pour cent par rapport à l’année dernière à la même époque et légèrement en dessous des prévisions de décembre. La dernière révision à la baisse est à mettre sur le compte de la Chine et des États-Unis, même si leurs réserves de riz sont encore à des niveaux records ou s’en approchent.

Malgré des révisions à la hausse des prévisions relatives au commerce du blé, les échanges internationaux de céréales en 2016-2017 devraient fléchir de 1,2 pour cent (4,7 millions de tonnes) par rapport à 2015-2016, pour s'établir à 391 millions de tonnes. Cette contraction s'expliquerait par une réduction de 5 pour cent (9 millions de tonnes) des échanges mondiaux de céréales secondaires, qui devraient chuter à 177 millions de tonnes, principalement en raison de la réduction des achats de maïs, d'orge et de sorgho de la Chine. En revanche, les estimations plus optimistes concernant les importations de l'Inde, du Brésil et du Viet Nam ont donné lieu à un relèvement (de 2,4 millions de tonnes) des prévisions de décembre du volume total des échanges de blé, lesquels atteindraient ainsi 171 millions de tonnes. À ce niveau, la production mondiale de blé serait encore supérieure de 1,7 pour cent (2,8 millions de tonnes) aux prévisions de 2015-2016 et marquerait un nouveau record. L’augmentation serait essentiellement imputable à l'Inde, où le volume total des importations devrait atteindre 3,5 millions de tonnes, son plus haut niveau depuis dix ans. Pourtant, cette prévision pourrait être de nouveau relevée car la hausse persistante des prix locaux et la suppression récente des droits d'importation sur le blé devraient entraîner une augmentation des importations indiennes beaucoup plus importante que prévu. Des disponibilités à l’exportation plus abondantes et une demande plus vigoureuse de l’Asie devraient déboucher sur une reprise partielle du commerce mondial du riz pour l'année civile 2017, qui est actuellement estimé à 43 millions de tonnes, niveau légèrement supérieur aux estimations révisées (42 millions de tonnes) relatives à 2016.


Tableaux récapitulatives

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1/   Les données relatives à la production sont celles de la première année civile de la période indiquée. La production de riz est exprimée en poids de riz usiné.
2/   Somme de la production et des stocks reportés.
3/   Il s'agit des exportations au cours de la campagne commerciale allant de juillet à juin, dans le  cas du blé et des céréales secondaires, et de la campagne commerciale allant de janvier à décembre pour le riz (deuxième année de la période indiquée).
4/   Ce chiffre ne correspond pas forcément à la différence exacte entre l'offre et l'utilisation, compte tenu que les campagnes commerciales sont différentes selon les pays.
5/   Les principaux exportateurs de céréales sont l'Argentine, l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Union européenne; les principaux exportateurs de riz sont les États-Unis, l'Inde, le Pakistan, la Thaïlande et le Viet Nam. L'écoulement désigne l'utilisation sur le marché intérieur plus les exportations relatives à une campagne donnée.