Peste des petits ruminants (PPR): La FAO demande plus de financements pour éradiquer la maladie d’ici 2030

Le programme de vaccination est en cours malgré l’envolée des prix en raison de la pandémie de covid-19.

©FAO/Luis Tato

Les animaux sont toujours vaccinés malgré les défis

©FAO / Luis Tato

10/12/2021

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a demandé aujourd’hui aux donateurs et aux Membres d’augmenter le financement de la lutte contre la peste des petits ruminants (PPR). La FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) souhaitent que cette maladie soit éradiquée d’ici 2030.

La PPR, également connue sous le nom de peste des ovins et des caprins, est une maladie virale à propagation rapide qui atteint et tue les petits ruminants (principalement des ovins et des caprins) dans plus de 70 pays d’Afrique, du Proche-Orient et d’Asie. Ses conséquences économiques à l’échelle mondiale sont estimées à 2,1 milliards d’USD. Plus de 300 millions de familles rurales parmi les plus pauvres de la planète subsistent grâce aux petits ruminants.

La FAO, l’OIE et leurs partenaires ont été chargés de contribuer à l’élimination de la maladie d’ici 2030. La première phase du Programme mondial d’éradication de la peste des petits ruminants est financée principalement par les pays touchés, dont le montant des contributions s’élève à près de 1 milliard d’USD à ce jour. La deuxième phase, très importante, qui doit débuter en 2022, nécessite des engagements de financement à hauteur de 340 millions d’USD.

Le taux de mortalité imputable à la PPR peut grimper jusqu’à 80 pour cent, comme cela a été le cas au Kenya entre 2006 et 2008 dans des troupeaux non vaccinés. Néanmoins, il est possible d’éradiquer la maladie en utilisant les vaccins actuels. Les outils nécessaires sont déjà disponibles. Il existe des tests diagnostiques et il y a actuellement 25 fabricants de vaccins contre la PPR, en capacité de produire les doses nécessaires pour éradiquer la maladie au niveau mondial.

«Nous avons besoin d’un engagement politique encore plus fort et d’une montée en puissance», a déclaré le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, lors d’une réunion des donateurs et des Membres de la FAO, à Rome.

La vaccination à l’heure de la covid-19

La PPR peut atteindre 2 milliards de petits ruminants, soit 80 pour cent du cheptel mondial, dans les pays touchés et à risque. Elle est également une menace pour les petits ruminants sauvages dans certains pays.

Pendant la pandémie de covid-19, quelque 50 millions de doses de vaccin ont été fournies par la FAO dans plusieurs pays, dont l’Érythrée, la Géorgie, la Guinée, le Kenya, le Kirghizistan, le Libéria, la République centrafricaine, la Sierra Leone, le Soudan du Sud, la Syrie, la Tanzanie et le Yémen. Les Membres de la FAO ont montré leur forte détermination dans la lutte contre la PPR en finançant à hauteur de 66 pour cent les mesures d’endiguement prévues dans la première phase du Programme mondial d’éradication de la peste des petits ruminants (2017-2021), soit 640 millions d’USD. Dans le même temps, l’OIE a contribué à la fourniture de 19 millions de doses à trois pays (Burkina Faso, Mauritanie, Togo) grâce à une banque de vaccins.

Néanmoins, il faut faire encore plus si nous voulons éradiquer la maladie dans le monde entier d’ici 2030.

La pandémie de covid-19 a compliqué la situation car les coûts d’acheminement des vaccins ont presque doublé.

Néanmoins, plus de 600 vétérinaires œuvrant en première ligne ont été formés à la lutte contre la PPR dans les pays touchés et à risque, près de 5 000 manuels et guides ont été distribués et la capacité de production de vaccins contre la PPR a été multipliée par cinq au moins depuis 2019. D’après les derniers chiffres, l’immunité est en progression et le nombre de cas a chuté.

D’après M. Qu, il est «techniquement possible» d’éradiquer la PPR dans le monde, tout comme la peste bovine (typhus contagieux) a été éliminée en 2011. «Nous devons continuer à coopérer de manière efficiente, efficace et cohérente afin de monter en puissance et de parvenir à éradiquer la PPR au niveau mondial d’ici 2030.»

Le Centre mixte FAO/AIEA des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture et ses laboratoires d’agronomie et de biotechnologie ont renforcé les capacités de dépistage et de surveillance. L’OIE est un partenaire clé dans l’éradication planétaire de la PPR. Le Programme est mis en œuvre par l’intermédiaire d’un mécanisme commun aux deux institutions, le Cadre mondial pour la maîtrise progressive des maladies animales transfrontières.

Contacts

Nicholas Rigillo FAO Actualités et Médias (Rome) [email protected]

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