Gestion durable des forêts: la FAO publie des rapports sur la déforestation, le pâturage et les écoles pratiques d’agriculture

Selon un rapport sur la déforestation, les gouvernements ont un rôle crucial à jouer pour accroître la production tout en protégeant les forêts

©FAO/Vasily Maksimov

L’action des gouvernements est cruciale pour mettre un terme à la déforestation

©FAO/Vasily Maksimov

30/09/2022

Rome – À l’occasion d’un colloque en ligne qu’elle organisait en collaboration avec le Forum mondial sur les paysages et dont le thème était Transforming agri-food systems with forests (les forêts au service de la transformation des systèmes agroalimentaires), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a présenté au public des rapports sur l’action des gouvernements dans la lutte contre la déforestation, la contribution potentielle du pâturage à la remise en état des terres dégradées et les écoles pratiques d’agriculture. 

Le rapport intitulé Halting deforestation from agricultural value chains: the role of governments (Mettre un terme à la déforestation engendrée par les chaînes de valeur agricoles: le rôle des gouvernements) indique que l’action des gouvernements est cruciale pour mettre un terme à la déforestation et rendre nos systèmes agroalimentaires durables. 

Selon les prévisions, il faudra augmenter la production d’aliments de 50 pour cent d’ici à 2050, par rapport à son niveau de 2012, en raison de la croissance démographique mondiale. L’expansion agricole est déjà responsable de près de 90 pour cent de la déforestation. Il faut protéger les forêts et les gérer durablement pour lutter contre le changement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité.

Le rapport explique comment tirer parti de ce défi à la fois dans l’agriculture et dans le secteur forestier en transformant le système alimentaire mondial, et met en relief le rôle central des gouvernements dans le cadre de cette transformation. 

«Nous devons bâtir des systèmes agroalimentaires durables à l’échelle mondiale en nous basant sur les synergies entre l’agriculture et les forêts, de sorte que ces deux secteurs en tirent profit», a déclaré Mme Tiina Vähänen, Directrice adjointe de la Division des forêts de la FAO. 

«L’adoption d’une approche plus durable en matière de production alimentaire permettra d’accroître la production agricole dans les années à venir. Elle sera en même temps utile pour mettre un terme à la déforestation, qui figure au rang des cibles convenues au niveau mondial à atteindre d’ici à 2030

Vers une production alimentaire ayant un effet positif sur les forêts

Le rapport dresse un compte rendu des progrès accomplis en ce qui concerne la lutte contre la déforestation et les systèmes mis en place par la communauté internationale, les gouvernements et le secteur privé afin de découpler la production agricole de la déforestation.

Pour que la cible fixée pour 2030 se concrétise, il y est recommandé – entre autres mesures importantes – que les gouvernements réunissent les conditions permettant aux exploitants agricoles de faire évoluer leurs pratiques afin d’optimiser leur production tout en limitant autant que possible les effets induits sur les forêts et la biodiversité.

Le rapport livre une synthèse des approches que les gouvernements peuvent adopter pour dissocier des produits tels que le bœuf, le soja, l’huile de palme, le café, le cacao et le caoutchouc, entre autres, de la déforestation et de la dégradation des forêts qui sont liées à leur production.

Il est recommandé aux gouvernements d’accorder une attention particulière aux petits exploitants agricoles, qui produisent environ 35 pour cent des denrées alimentaires dans le monde, mais qui vivent souvent dans la pauvreté et ne peuvent assumer les coûts liés à un changement de leur façon de travailler ni se voir privés temporairement de leurs revenus. 

D’après l’Évaluation des ressources forestières mondiales de la FAO, nous avons perdu 420 millions d’hectares de forêt depuis 1990 et la déforestation se poursuit, bien que son rythme ait ralenti, passant de 12 millions d’hectares par an au cours de la période 2010-2015 à 10 millions d’hectares par an pendant la période 2015-2020. Il est nécessaire d’engager une action concertée pour mettre un terme à la déforestation, et les gouvernements ont un rôle central à jouer dans la transformation des systèmes agroalimentaires.

Remise en état des terres dégradées

Le pâturage est souvent considéré comme une menace pour les forêts et les paysages, car il peut entraîner une dégradation de la végétation et une érosion des sols.
Or, le rapport intitulé Grazing with Trees (Arbres et pâturage) souligne que le pâturage, lorsqu’il est intégré convenablement, peut être essentiel pour régénérer les terres dégradées, arrêter la désertification et mieux prévenir les incendies dans les zones arides.

Il est primordial d’adopter cette approche équilibrée à l’échelle de la planète car environ 25 pour cent de la population mondiale vit en zone aride, où l’on trouve également 50 pour cent du bétail et 27 pour cent des forêts et d’où provient à peu près 60 pour cent de la production alimentaire. 

On explique dans le rapport que les plantes ligneuses des zones arides sont une source d’aliments pour animaux, de bois et de fruits, et contribuent à l’enrichissement de la biodiversité et à la régulation des cycles des sols et de l’eau. Par ailleurs, le pâturage permet de maîtriser le développement de la végétation – ce qui réduit les risques d’incendie –, d’accélérer les cycles nutritionnels et d’améliorer la fertilité du sol.

«Lorsque le pâturage et les arbres sont bien gérés en parallèle, le système d’agroforesterie intégrée qui en résulte peut stimuler les écosystèmes locaux et renforcer la sécurité alimentaire», a déclaré Mme Vähänen.

Le rapport livre des explications sur les avantages du sylvopastoralisme, qui associe pâturage et arbres, et préconise la mise en commun et l’actualisation de ces savoirs traditionnels par l’apprentissage entre pairs et la formation.

Le sylvopastoralisme peut aider à créer de nouveaux moyens de subsistance, à renforcer la sécurité alimentaire et accroître les revenus des communautés locales ainsi qu’à prévenir à la dégradation des terres, et pourrait ainsi, selon le rapport, transformer la production et la durabilité des zones arides aux quatre coins de la planète.

Une partie de la solution

Le rapport recommande aux planificateurs et aux décideurs responsables des paysages de considérer que le bétail fait partie de la solution et de restaurer méthodiquement le couvert forestier pour qu’il soit ouvert – c’est-à-dire qu’il se trouve à un niveau compris entre 30 et 70 pour cent – dans le cadre d’une approche intégrée du paysage en ayant recours à l’agroforesterie afin de développer des écosystèmes sains.

Le rapport fait suite à la publication phare de la FAO sur La Situation des forêts du monde 2022, qui met l’accent sur l’importance de l’arrêt de la déforestation, de la remise en état des terres dégradées et du développement de l’agroforesterie, et de la création de chaînes de valeur vertes.

Écoles pratiques d’agriculture

La note de synthèse intitulée What have we learnt from trees? Three decades of farmer field schools on agroforestry and forestry (Que nous ont appris les forêts? Trente ans de travaux d’écoles pratiques d’agriculture sur l’agroforesterie et le secteur forestier) a également été rendue publique. Il est indiqué dans cette note que des écoles pratiques d’agriculture en rapport avec la foresterie ont été mises en place dans plus de 20 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique avec la participation de plus de 200 000 producteurs. Les auteurs recommandent d’accroître les investissements destinés à aider les agriculteurs familiaux et les petits producteurs à consolider leurs connaissances et leurs compétences.

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Sean Sampson FAO Actualités et médias (Rome) [email protected]