Gestion durable de l’eau: une impulsion mondiale pour un outil numérique novateur

Le soutien financier des Pays-Bas permet d’étendre la couverture géographique du portail WaPOR de la FAO

©FAO/ Sarah Elliott

Ce portail se révèle un outil extrêmement utile pour assurer une gestion durable des ressources en eau destinées à l’agriculture

©FAO/ Sarah Elliott

01/09/2022

Rome/Stockholm – Grâce à une contribution octroyée par le Ministère néerlandais des affaires étrangères à l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), un outil novateur de gestion de l’eau va pouvoir être étendu et devenir disponible dans le monde entier.

La FAO a produit et exploité des données et informations présentées dans un portail, baptisé WaPOR (Portail de données en libre accès sur la productivité de l’eau), pour fournir des données pratiquement en temps réel qui peuvent servir à diverses applications dans le secteur agricole et dans le domaine de la gestion des ressources hydriques. À l’heure actuelle, le portail donne accès à des données qui, à leur niveau de résolution le plus large, couvrent l’Afrique et le Moyen-Orient. Dans le cadre du projet WaPOR, qui repose sur cette base de données, la FAO travaille en étroite collaboration avec 10 pays partenaires dans le but de les aider à acquérir les capacités nécessaires pour exploiter les données en vue de répondre au mieux à leurs besoins en ce qui concerne la gestion de l’eau et l’élaboration de politiques en la matière.

La nouvelle aide financière de 4,95 millions d’USD, annoncée aujourd’hui à l’occasion de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm, permettra de donner une portée mondiale au portail et d’ajouter deux pays partenaires au projet, l’un en Asie et l’autre en Amérique latine.

«Ce portail se révèle un outil extrêmement utile pour assurer une gestion durable des ressources en eau destinées à l’agriculture. Il est déjà très populaire, et le déployer à l’échelle mondiale est un défi que nous sommes impatients de relever», a déclaré Lifeng Li, Directeur de la Division des terres et des eaux de la FAO.

Comme nous l’ont rappelé les sécheresses sans précédent qui ont frappé de nombreux pays d’Asie et d’Europe cette année, l’utilisation durable de l’eau est un facteur déterminant de la sécurité alimentaire, plus encore à l’heure où la planète est confrontée à des conditions climatiques extrêmes de plus en plus fréquentes et à une pénurie d’eau grandissante. Les technologies d’observation de la Terre offrent de multiples applications, comme le suivi des différents modes d’utilisation de l’eau aux fins de la production agricole, et peuvent nous aider à assurer l’exploitation optimale de cette ressource précieuse, en particulier de l’eau d’irrigation.

«L’eau est le principal levier de la transition vers des systèmes alimentaires durables et une meilleure gouvernance de cette ressource est nécessaire», a déclaré Kitty van der Heijden, Directrice générale de la coopération internationale au Ministère néerlandais des Affaires étrangères. «C’est la raison pour laquelle nous tenons à investir dans les connaissances et les données ouvertes. Nous constatons que le WaPOR a une incidence; il est de plus en plus utilisé tant par le secteur public que privé.»

«Nous sommes ravis de pouvoir rendre WaPOR accessible à l’échelle mondiale, car cela nous permettra d’offrir un accès à des informations plus pointues, notamment sur les tendances concernant la croissance de la végétation et le stress hydrique, à un plus grand nombre d’agriculteurs dans les pays en développement», s’est réjoui Jippe Hoogeveen, responsable de l’équipe de la FAO chargée du projet WaPOR.

À quoi sert WaPOR?

Le portail WaPOR permet de traiter des données satellitaires pour fournir aux agriculteurs des informations qui leur seront utiles pour obtenir des rendements agricoles plus élevés et plus stables et optimiser leurs systèmes d’irrigation.  À l’échelle mondiale, l’agriculture consomme 72 pour cent du volume total d’eau douce qui est prélevé dans les cours d’eau, les aquifères et les lacs. Le secteur compte donc parmi les plus importants usagers de l’eau. Dans le cadre des efforts qui sont entrepris pour trouver le meilleur moyen d’utiliser cette ressource limitée dans un contexte mondial de raréfaction de l’eau et d’instabilité climatique, axer les solutions sur l’agriculture est une stratégie gagnante. Il apparaît ainsi de plus en plus impératif de promouvoir un outil technologique donnant accès à des informations quasiment en temps réel, un bien public numérique permettant d’accroître la productivité de l’eau, qui est d’ailleurs en cours de déploiement dans les communautés pastorales au Burkina Faso et au Mali et qui sera bientôt mis en œuvre en Iraq.

Le portail WaPOR fournit, entre autres, des données sur l’évapotranspiration, une phase essentielle du cycle naturel de l’eau, lors de laquelle l’eau s’évapore directement dans l’atmosphère ou retourne dans l’atmosphère après avoir été absorbée par une plante, puis rejetée sous forme de vapeur par un processus de transpiration du feuillage. Cet indicateur fournit une mesure précise de la quantité d’eau que consomme une plante cultivée pendant une période donnée, comme une saison de végétation. Lorsqu’on le combine à la biomasse et au rendement des cultures récoltables, il permet de déterminer la productivité de l’eau, qui est une mesure de la quantité produite par rapport au volume d’eau consommé, ainsi que la productivité d’une culture donnée dans un endroit donné. L’outil produit des cartes, sur lesquelles on peut voir la biomasse et son rendement par mètre cube d’eau. En résumé, le portail permet de mesurer la productivité de l’eau à une échelle pouvant aller jusqu’à un périmètre de 30 mètres et selon une fréquence d’actualisation comprise entre un à dix jours, avec la possibilité pour les utilisateurs de rechercher des données remontant jusqu’à 2009.

Les données du portail WaPOR peuvent être utilisées dans divers contextes, et ont par exemple servi à mesurer la performance du système d’irrigation d’une exploitation de canne à sucre au Mozambique, à évaluer les ressources en eau dans le bassin du Nil (dans le cadre d’une initiative de comptabilisation des ressources en eau) ou encore à surveiller les effets du conflit sur les zones agricoles en Syrie.  À l’heure actuelle, les données WaPOR sont mises à profit au Mali et au Burkina Faso, où on les utilise en combinaison avec des données locales pour aider les pasteurs transhumants à effectuer une évaluation de la production d’aliments pour animaux.

En 2020, le portail WaPOR a été présenté lors de la conférence internationale organisée sur le thème «Intelligence artificielle, nourriture pour tous». Il a été mis en avant comme un exemple concret d’utilisation de l’intelligence artificielle pour aider les décideurs à faire face aux défis environnementaux mondiaux et pour aider les agriculteurs à produire des aliments plus nutritifs avec moins d’eau. À l’occasion du Forum mondial de l’eau, qui s’est tenu cette année à Dakar (Sénégal), le projet WaPOR a obtenu le label Initiative Dakar 2022, en reconnaissance de son utilité sur les plans économique, social et environnemental et de ses retombées positives sur la vie des populations.

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