La FAO engage les parlementaires d’Afrique centrale et d’autres acteurs à agir pour la promotion du droit à une alimentation saine et équilibrée.
Ce sont au total cent cinquante-six participants, venus des neuf pays membres de la FAO en Afrique centrale et d’autres acteurs de divers secteurs et parties prenantes au développement de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, que la FAO a réuni à l’hémicycle de l’Assemblée nationale de la République du Congo pour une formation de trois jours sur le droit à l’alimentation et l’agriculture sensible à la nutrition. La diversité des participants à cette rencontre est le symbole de l’approche multisectorielle voulue par la FAO à cette occasion.
La nourriture est constituée de nutriments. Les micronutriments tels que les vitamines et les minéraux ne sont nécessaires qu’en petites quantités. Les macronutriments tels que les glucides, les protéines et les graisses sont nécessaires en plus grandes quantités. L’organisme ne peut fonctionner correctement s’il manque d’un ou de plusieurs nutriments. Une alimentation saine et équilibrée apporte une bonne quantité et une variété d’aliments, sains et exempts de maladies et de substances dangereuses.
Valant mieux prévenir que guérir. Plus tôt une personne commence à manger d’une manière saine et équilibrée, plus longtemps elle restera en bonne santé.
Le droit à une nourriture suffisante est réalisé lorsque chaque homme, chaque femme et chaque enfant, seul ou en communauté avec d'autres, a physiquement et économiquement accès à tout moment à une nourriture suffisante ou aux moyens de se la procurer. Le droit à une alimentation saine, suffisante, nutritive et culturellement acceptable est un droit humain fondamental. Ce droit est inscrit dans des textes fondateurs, tels que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ainsi que de nombreuses déclarations et engagements régionaux africains de la conférence de Maputo à Malabo, jusqu’à Kampala récemment.
l’Afrique centrale, riche en diversité géographique, en ressources naturelles et culturelle, continue de faire face à des défis de taille en matière de malnutrition et de sécurité alimentaire. Selon les experts, près de 40 % des enfants de moins de cinq ans en Afrique centrale souffrent de malnutrition chronique et les taux de malnutrition aiguë demeurent préoccupants, dépassant les 10 % dans certains pays.
La malnutrition enregistrée dans la région est exacerbée par des inégalités d’accès aux ressources, notamment les femmes et les jeunes, qui restent les plus touchés par des limitations d’accès aux terres, à l’éducation et aux services de santé. Les causes sous-jacentes de la malnutrition en Afrique centrale incluent des facteurs économiques, politiques, sociaux et environnementaux, allant de la pauvreté extrême, aux conflits armés, en passant par des systèmes agricoles souvent non durables.
Face à ce constat, la FAO, dont le mandat est « l’élimination de la faim dans le monde » a réuni les parlementaire et les autres acteurs concernés pour réfléchir à des solutions capables de d’inverser la tendance en Afrique centrale. Pendant trois jours, les parlementaires et décideurs politiques seront formés à la législation sur le droit à l’alimentation, y compris les aspects de sécurité alimentaire et nutritionnelle, avec des exercices pratiques pour élaborer des solutions inclusives prenants en compte le genre et les besoins spécifiques des femmes et groupes vulnérable.
A l’ouverture des travaux, Athman Mravili, coordonnateur sous régional de la FAO a réaffirmé que « malgré les reconnaissances normatives, la concrétisation de ce droit reste un défi majeur dans notre sous-région. Et c’est précisément pour cela que nous sommes ici : pour renforcer les capacités, mobiliser les acteurs en restant disposés à soutenir la sous-région d’Afrique centrale »
L’agriculture sensible à la nutrition émerge comme un levier puissant de transformation. Elle ne se limite pas à accroitre la production, mais cherche à relier la production agricole à des objectifs nutritionnels concrets.
Dans son discours d’ouverture, Isidore MVOUBA, Président de l’Assemblée nationale a noté que « pour éradiquer la faim et la malnutrition, il nous faut agir ensemble. La complexité des défis appelle une réponse coordonnée, multisectorielle, inclusive. Et c’est exactement l’esprit qui anime cette formation ».
Les résultats attendus de cette rencontre permettront aux participants d’identifier des exemples concrets de politiques agricoles ayant réussi à intégrer ces aspects, en particulier en ce qui concerne les inégalités de genre dans l’accès à la terre et aux ressources ; de constituer des mise en réseaux permettant aux parlementaires et autres acteurs de travailler ensemble pour promouvoir des réformes législatives favorisant une gouvernance inclusive, prenant en compte les défis de la sécurité alimentaire, de la nutrition, et des inégalités de genre dans l’agriculture.
La FAO, détentrice de connaissances, elle est la principale agence des Nations Unies d’expertise technique pour la sécurité alimentaire. En Afrique centrale, elle est constituée en pole d’expertises multidisciplinaires dans les domaines de la production des plantes, des forêts et gestions durables des ressources natures, de la gestion des terres et eaux, de la formulation des politiques agricoles, de la nutrition des pêches et de l’aquaculture, de l’élevage. Elle disposée à accompagner les Pays de la sous-région à la conquête de leur sécurité alimentaire et nutritionnelle, au moyen d’une transition vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables qui permettent d’apporter des améliorations en matière de production, de nutrition, d’environnement et de conditions de vies.
