lancement officiel du projet « Amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et autonomisation des femmes au sein des communautés affectées par la crise soudanaise dans la province du Wadi Fira. »
Le Représentant Adjoint de la FAO au Tchad, Marc MANKOUSSOU et le Délégué Général du Gouvernement auprès de la Province du Wadi Fira, DJIMBAYE KAMNDOH ont procédé au lancement officiel du projet « Amélioration de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, et autonomisation des femmes au sein des communautés affectées par la crise soudanaise dans la province du Wadi Fira. », financé par le gouvernement japonais à hauteur de 1.000.000 $US.
Il faut rappeler que le Tchad est aujourd’hui une terre d’accueil des personnes victimes des conflits dans les pays voisins. C’est ainsi qu’il accueille les réfugiés soudanais et des retournés tchadiens dans les trois provinces de l’Est à savoir le Wadi-Fira, le Ouaddaï, le Sila et l’Ennedi Est. Leurs arrivées massives depuis le 15 avril 2023 continue à mettre la pression sur les ressources déjà exacerbées par les effets du dérèglement climatique dans la zone. Le gouvernement tchadien estime que leur nombre pourrait atteindre 973.000 personnes d’ici la fin de l’année 2025. Ainsi, la province de Wadi Fira comptait 196.060 nouveaux réfugiés, dont près de 58% des personnes enregistrées sont des femmes et des filles. Toutes sont en situation de vulnérabilité et viennent s’ajouter aux autochtones déjà fragilisés par les situations d’insécurité alimentaire et de malnutrition ainsi que par l’augmentation vertigineuse des prix des denrées alimentaires.
Les dernières analyses du Cadre Harmonisé sur l’insécurité alimentaire ainsi que celle de la classification de la malnutrition donnent des projections alarmantes sur la dégradation de la situation dans la zone. Elles indiquent que le Wadi Fira fait partie des provinces où les ménages risqueraient de basculer dans une situation de crise si aucune intervention idoine n’est entreprise urgemment. Tout cet état de fait, advient, dans un contexte mondial très défavorable caractérisé, entre autres, par la réduction générale des financements au niveau international. En effet, seuls 36.5% des 146 millions de dollars requis par le cluster sécurité alimentaire dans le cadre du plan de réponse ont pu être mobilisés en 2024.
Marc Mankoussou a indiqué que la FAO, en sa qualité de partenaire stratégique du gouvernement sur les questions de développement agricole et rurale, lance ce projet ayant pour objectif de renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, la cohésion sociale et l’autonomisation des communautés affectées par la crise soudanaise dans la province du Wadi Fira. Pour sa mise en œuvre, l’Organisation travaillera avec les services déconcentrés de l’agriculture, de l’élevage, du développement rural et des actions sociales de l’Etat. L’intervention soutiendra 700 ménages composés d’agriculteurs et d’éleveurs, et interviendra dans le renforcement des dynamiques communautaires à travers les travaux à haute intensité de main d’œuvre, la foire aux intrants agricoles et l’exploitation des données agrométéorologiques, a-t-il ajouté. Des travaux de construction ou de réhabilitation des infrastructures hydroagricoles seront également effectués.
Dans son discours, M. DJIMBAYE KAMNDOH a déclaré que « depuis le début du conflit au Soudan en avril 2023, la Province a accueilli un nombre important de réfugiés mettant une pression considérable sur nos ressources et infrastructures déjà limitées. Ce projet, renchérit-il, arrive à point nommé pour apporter un soutien concret aux communautés affectées. Les interventions prévues, telles que la fourniture d’intrants agricoles, le soutien à l’élevage, les transferts monétaires, entre autres permettront non seulement d’améliorer la sécurité alimentaire des bénéficiaires, mais aussi de promouvoir l’autonomisation des femmes qui jouent un rôle crucial dans le développement socio-économique local. Ensemble, fini-t-il son allocution, nous pouvons bâtir des communautés plus résilientes, où chaque femme et chaque homme a la possibilité de vivre dans la dignité et dans la sécurité ».
Il est à noter que la FAO, à l’instar des autres agences sœurs du Système des Nations Unies, met en place les stratégies de collaboration avec le gouvernement à travers les différents ministères spécialisés dans le secteur agro-sylvo-pastoraux et halieutiques. Ces collaborations stratégiques constituent des facteurs de renforcement de la coopération entre la FAO et le gouvernement Tchadien.
