Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

16 octobre 2022

Journée mondiale de l'alimentation

Une amélioration de la planification axée sur les données, des prises de décision, des budgets et des investissements peut aider les gouvernements à faire partie intégrante de la construction d’un avenir où la sécurité alimentaire serait plus inclusive et ne laisserait personne de côté. 

 

Les gouvernements doivent utiliser les données axées sur les populations et les résultats des recherches pour identifier quelles sont les populations laissées de côté et comprendre pourquoi. Améliorer les données est la clé pour s'attaquer aux causes profondes, mesurer les progrès et élaborer des politiques inclusives basées sur les droits et qui se concentrent sur les plus vulnérables. Les données d'alerte rapide peuvent également être utilisées pour déclencher des actions anticipées, réduisant ainsi l'impact des crises.

La prospérité durable dépend d’institutions et de législations inclusives, transparentes, réactives et responsables. Une gouvernance efficace doit s’assurer que les financements et les politiques sont mis en œuvre comme prévu et prioriser l’inclusion complète des groupes marginalisés. Il doit y avoir une reconnaissance explicite des interconnections entre les défis économiques, sociaux et environnementaux et une attitude institutionnelle qui ne détruit pas les mesures prises. 

La protection sociale est un investissement positif pour les économies, y compris dans les pays à faible revenu, et quand elle est bien gérée, elle peut contribuer valablement à prévenir et à répondre aux crises et à atténuer les coûts. Elle peut apporter la sécurité, améliorer les moyens de subsistance et aider à affronter les vulnérabilités économiques, sociales et environnementales face à l’insécurité alimentaire et à la pauvreté. Assurer un accès égal est un investissement à long terme pour un avenir inclusif qui prévoit une croissance économique et une réduction de la dépendance des gouvernements. 

Les systèmes agroalimentaires doivent être modifiés pour fournir des aliments nutritifs sûrs et moins chers pour qu’une alimentation saine soit abordable pour tous, de manière durable et inclusive. Cela signifie produire davantage d’aliments nutritifs et promouvoir une sensibilisation à la nutrition pour encourager le changement dans la consommation vers une alimentation plus saine. Les gouvernements doivent agir au niveau des politiques et des conseils en promouvant des campagnes de sensibilisation et en ajournant les directives nationales en matière d’alimentation. 

Les conflits, le changement climatique et la covid-19 ont fortement remodelé les liens entre l’offre et la demande, en déterminant ainsi une hausse des prix qui est une menace sérieuse pour ceux qui se trouvent déjà en situation de pauvreté et d’insécurité alimentaire. Les gouvernements doivent réduire la pression sur les marchés en les gardant ouverts, en évitant les mesures protectionnistes comme les restrictions sur les échanges, et en renforçant la transparence et le dialogue. Ils doivent rendre les éventuels surplus accessibles aux personnes le plus dans le besoin. 

Les gouvernements doivent être proactifs en créant des chaînes d’approvisionnement plus robustes, résilientes, durables et diversifiées, grâce à une amélioration de la production, de la nutrition, de l’environnement et des conditions de vie. En diversifiant les fournisseurs d’aliments et de fertilisantes, ainsi que la production intérieure, les pays peuvent devenir davantage auto-suffisants et contrer les effets des chocs des approvisionnements causés par les conflits et les événements climatiques extrêmes, en gardant les prix à un niveau stable. 

La crise alimentaire ne se résoudra pas si l’on ne résout pas d’abord la crise financière. Les pays riches doivent fournir une aide publique au développement aux pays en développement pour les aider à construire des économies résilientes et productives où personne n’est laissé de côté. Ils doivent aussi collaborer avec les instituts financiers afin d’accroître le niveau des liquidités et des espaces fiscaux, pour leur permettre de garantir une protection sociale à leurs concitoyens les plus vulnérables et s’assurer de ne laisser personne de côté. 

Pour prévenir la famine et réduire la faim, l’appui des organisations humanitaires expérimentées est nécessaire. Toutefois, pour fournir l’appui voulu pour atteindre ces objectifs, il faut avoir accès à des ressources abordables. En exemptant les achats humanitaires des impôts, des sanctions et autres formes de restrictions, les gouvernements peuvent aider ces organisations dans leur effort pour éliminer les souffrances. 

Les gouvernements doivent garantir la participation libre, active et forte de toutes les parties prenantes des systèmes agroalimentaires, en donnant une voix aux plus marginales. L’inclusivité de la planification, de la prise de décision et de la mise en œuvre est vitale si l’on veut une transformation vers des systèmes alimentaires productifs et durables. En donnant aux petits exploitants agricoles – y compris les femmes et les jeunes – un meilleur accès aux terres, à la formation, aux mesures d’incitation, à l’emploi et aux technologies innovantes, les systèmes agroalimentaires pourront prospérer. 

Les conflits, les maladies et le changement climatique ont déterminé une flambée des prix des semences, des carburants et des fertilisants. Beaucoup d’exploitants agricoles et de petits producteurs alimentaires ne peuvent plus se permettre d’acheter ces biens. Les gouvernements doivent prévoir des subsides pour aider ces travailleurs essentiels à acheter les produits dont ils ont besoin et pour les aider à les mettre en lien avec les marchés. Ceci permettra de renforcer la résilience dans les systèmes alimentaires et de soutenir la productivité agricole, en garantissant que ni les consommateurs ni les producteurs ne sont laissés de côté. 

Lorsque les produits alimentaires deviennent plus chers, non seulement la faim augmente mais l’obésité aussi. Dans le monde, 1 personne sur 8 est déjà obèse. Les aliments très transformés sont souvent moins chers et d’accès plus immédiat que les denrées nutritives et respectueuses de l’environnement. Les gouvernements doivent encourager le secteur privé à offrir des aliments plus sains, produits de manière durable. 

Les pertes ou gaspillages alimentaires s’élèvent chaque année à des trillions d’USD à cause de l’inefficacité des systèmes alimentaires. Cette inefficacité détermine une hausse des prix à la consommation et n’est pas supportable maintenant que les crises mondiales s’intensifient. Les gouvernements doivent investir dans les infrastructures, la science et les technologies innovantes pour prévenir les pertes alimentaires et garantir que les denrées alimentaires ne périssent pas avant d’arriver sur les marchés. Les gouvernements doivent aussi promouvoir une consommation responsable et sensibiliser la population au gaspillage alimentaire. 

Collaborez avec la FAO pour construire un avenir où chacun a accès à une alimentation saine et durable. Appuyez les efforts pour la mise en œuvre des Directives volontaires sur les systèmes alimentaires et la nutrition proposées par le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA). Et également le Cadre d’action du CSA pour la sécurité alimentaire et la nutrition lors des crises prolongées, qui offre une liste complète d’actions permettant de faire face aux problèmes d’insécurité alimentaire et de malnutrition lors de crises récurrentes ou prolongées.