Les gouvernements doivent accorder la priorité à une approche intégrée tenant compte de la nutrition et fondée sur des éléments factuels en ce qui concerne l'alimentation saine, l'approche étant ancrée sur les Directives sur le droit à l'alimentation. Les lois et les politiques doivent être éclairées par des données et des éléments scientifiques visant à défendre le droit à l'alimentation pour tous, en particulier les groupes vulnérables. Les gouvernements doivent établir des objectifs stratégiques clairs en s'appuyant sur des évaluations des besoins en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de sécurité sanitaire des aliments, ainsi que sur des systèmes de suivi robustes, tout en faisant la promotion d'une croissance économique inclusive et du développement durable des marchés agricoles et alimentaires.
Pour être efficace, la gouvernance doit reposer sur des institutions transparentes et responsables utilisant des données scientifiques et factuelles, de sorte que les individus puissent s’alimenter sans entrave et dans la dignité. Cela nécessite notamment de garantir un accès équitable aux ressources naturelles, de renforcer les systèmes de données au service de la gouvernance des terres et des ressources, d’encourager une prise de décision inclusive qui mobilise les communautés locales, les peuples autochtones, les femmes et les jeunes et de forger des partenariats public-privé avec des mécanismes de reddition de comptes.
L'approche «Une seule santé» repose sur l'idée que la santé des humains et celle des animaux, des plantes et de l'environnement sont étroitement liées: les gouvernements doivent investir dans la science, l'innovation et les technologies d'alerte rapide pour assurer la prévention et la lutte face aux organismes nuisibles et aux maladies touchant les végétaux et les animaux, ainsi que face aux maladies zoonotiques, réduire la résistance aux antimicrobiens, garantir la sécurité sanitaire des aliments et faire face aux menaces pesant sur la santé de l'environnement. Pour y parvenir, il est nécessaire de renforcer les organisations nationales en tirant parti des formations, des normes internationales, des moyens de surveillance numérique, des diagnostics, du partage de données et des infrastructures qui permettent de mettre en place rapidement des interventions fondées sur des éléments factuels, ainsi que des pratiques agricoles durables.
En faisant fond sur le droit à l’alimentation, les gouvernements doivent élaborer, actualiser et mettre en œuvre des recommandations nutritionnelles fondées sur le choix des aliments et des normes de sécurité sanitaire des aliments qui sont basées sur des éléments scientifiques et intégrées dans des stratégies de sécurité alimentaire et de nutrition. Ces recommandations doivent servir à éclairer les programmes nutritionnels et d’alimentation scolaire, l’approvisionnement alimentaire institutionnel et l’assistance alimentaire. Une forte impulsion politique est nécessaire pour garantir une assimilation dans l’ensemble des secteurs et des mesures doivent être mises en place en parallèle pour inciter le secteur privé à mettre à disposition des aliments plus sains produits de manière durable.
Les gouvernements doivent renforcer la coopération mondiale et veiller, conformément au droit humanitaire international, à un accès sûr, rapide et sans entrave de l'assistance humanitaire et de l'aide agricole d'urgence. Ces efforts consistent notamment à apporter un concours aux évaluations des besoins fondées sur des données, de contribuer à l'action anticipatoire et d'appuyer les mécanismes de distribution innovants permettant de venir en aide aux populations touchées par les crises ou les chocs.
Les gouvernements doivent concevoir des politiques visant à aider les petits producteurs en améliorant l’accès aux ressources financières, aux marchés, aux services, aux données et aux innovations et aux technologies appropriées, tout en investissant dans les infrastructures rurales. Les approches participatives, inclusives et équitables, telles que les écoles pratiques d’agriculture, doivent être renforcées, en combinant connaissances scientifiques et pratiques locales et traditionnelles pour améliorer la productivité, la résilience et les moyens de subsistance.
Pour mieux se préparer et faire face aux chocs, les gouvernements doivent adopter une approche globale fondée sur la science pour ce qui est de la résilience des systèmes agroalimentaires en intégrant des informations sur les risques climatiques, en réduisant les risques de catastrophe et en tenant compte de la durabilité environnementale. Les investissements doivent être axés sur la remise en état des terres, la gestion de l’eau, la santé des sols et l’adaptation au changement climatique et tirer parti de l’innovation et des données pour renforcer l’état de préparation, l’action rapide et la résilience à long terme.
Les gouvernements doivent renforcer les systèmes de protection sociale modulable et réactive face aux chocs en s’appuyant sur les données et en mettant ces systèmes en adéquation avec les objectifs relatifs à la sécurité alimentaire et à la nutrition. Lorsqu’elle est bien conçue, la protection sociale est un investissement qui contribue à renforcer les moyens de subsistance, limiter les chocs, empêcher l’aggravation des crises et instaurer des systèmes agroalimentaires inclusifs et résilients.
Le Codex Alimentarius établit des normes scientifiques de réglementation en matière de sécurité sanitaire des aliments et d'étiquetage nutritionnel. Pour que la mise en œuvre soit efficace, il faut assurer le contrôle de l'application de la loi, le suivi et l'innovation dans les domaines de l'étiquetage et de la communication et, dans le même temps, sensibiliser et former le grand public pour contribuer à éclairer les choix des consommateurs et faciliter les changements de comportements.
Les gouvernements doivent accorder la priorité à des politiques efficaces, fondées sur des éléments factuels et tenant compte des écosystèmes, qui promeuvent la nutrition, la diversité alimentaire et la durabilité dans l’agriculture, l’élevage, la pêche et l’agroforesterie. Pour encourager les exploitants agricoles à adopter des pratiques durables, il est crucial de dispenser des formations et de fournir des innovations et des outils numériques et, selon les besoins, des mesures d’incitation financière en phase avec les objectifs environnementaux et climatiques.
Les consommateurs doivent être encouragés à faire des choix alimentaires plus sains grâce à des campagnes de sensibilisation du grand public, à l’éducation en matière de nutrition en milieu scolaire, aux interventions communautaires et aux informations aux points de vente, notamment avec des pratiques claires et cohérentes d’étiquetage des produits alimentaires. Il est nécessaire de lutter contre les tabous alimentaires préjudiciables et les normes sociales discriminatoires en utilisant des éléments factuels, le dialogue et des approches inclusives. Les gouvernements doivent s’associer aux milieux universitaires, à la société civile et aux institutions indépendantes pour renforcer la confiance et protéger les droits des consommateurs.
La science, la technologie et l’innovation, associées aux connaissances traditionnelles, sont des leviers puissants de transformation des systèmes agroalimentaires. Les gouvernements doivent investir dans les infrastructures, l’éducation et les institutions qui rendent cette transformation possible: en finançant la recherche et les services de vulgarisation, en faisant la promotion de l’apprentissage des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques, en renforçant les systèmes nationaux d’innovation et en créant des politiques favorables et des cadres réglementaires. En mobilisant la communauté scientifique et en traitant les innovations et les technologies comme des biens publics mondiaux, tout en les adaptant aux contextes locaux et en préservant la biodiversité et la santé des écosystèmes, les gouvernements peuvent veiller à ce que les nouvelles connaissances bénéficient à tous.
Collaborez avec la FAO pour transformer les systèmes agroalimentaires au moyen de l’appui aux politiques fondé sur la science, de l’innovation, du renforcement des capacités et du dialogue inclusif. Grâce à l’assistance technique, au renforcement de la gouvernance, à la coopération Sud-Sud et à la coopération triangulaire, ainsi qu’aux orientations en matière de politiques du Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA), la FAO peut aider ses membres à renforcer le droit à l’alimentation et à garantir une vie et un avenir meilleurs pour tous.