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VI. CONCLUSIONS

Au cours du programme, on est passé de l'orientation "Femmes et développement" à celle de "Parité. Ceci est devenu le cadre de référence de tout ce qu'impliquait le nouveau paradigme de modernisation du développement agricole. Tout d'abord, l'orientation "Femmes et développement" s'est reflétée dans la valorisation du rôle productif des femmes au niveau promotionnel et organisationnel des projets de production eux-mêmes, mais aussi au niveau des mécanismes de gestion du financement et de l'accès aux ressources de production, ce qui en termes de pouvoir des femmes rurales, a dépassé le simple domaine financier. Ensuite, l'orientation de "Parité", s'est infiltrée peu à peu dans les différentes sphères institutionnelles en modifiant le cadre et en provoquant la révision des politiques en faveur d'une plus grande équité.

Le premier des apprentissage fut la consolidation du rôle des femmes comme agents de production exigeant, en sus des crédits et de l'assistance technique, une action substantielle au plan de l'alphabétisation et de la formation. Dans ce dernier domaine, les résultats furent particulièrement spectaculaires car c'est cela qui permit le lancement et la poussée de la méthode PREN.

Le modèle PREN extrêmement formateur et global dans son approche, exige un appui et un suivi des groupes impliqués. Ce modèle sert les individus, améliore leur statut, développe l'accès aux ressources, renforce les relations sociales et la capacité organisationnelle. Tout ceci contribue en final à réduire le niveau de pauvreté et garantit la sécurité alimentaire. C'est pourquoi, pour qu'il soit applicable sans difficultés, il est indispensable que les organisations impliquées s'engagent totalement et qu'on leur laisse du temps pour la mise en route.

La durabilité du modèle PREN est fondée sur le dynamique même de la formation de dirigeantes rurales, à la fois sur le plan individuel et parce qu'elles participent à la production et qu'elles assurent des services et offrent des moyens.

En outre, on avait pensé, par principe, que la formation des vulgarisateurs officiels en tant que formateurs pouvait être un mécanisme efficace. Sans doute les résultats ne répondirent pas aux expectatives, non seulement parce qu'ils changeaient trop souvent de lieu d'affectation, mais parce que leur domaine de compétences changeait lui aussi. C'est pourquoi pour que le modèle de formation des PREN se développe, les projets ont insisté sur le renforcement des capacités autogestionnaires des organisations d'agriculteurs nationales et leurs réseaux de base.

Sur la base de ces expériences, le Honduras peut compter sur:

· un modèle méthodologique de formation de Productrices-agents de liaison valable, qui peut être reproduit par de nombreuses organisations, ainsi qu'un ensemble de matériel des formation à la disposition des administrations publiques, des ONG. des organisations agricoles et des responsables de projets de développement rural;

· des équipes paratechniques capables de travailler avec des groupes de base pour répondre à une demande de la part d'autres régions et d'autres organismes;

· des Caisses rurales d'épargne et de crédit qui fonctionne et un système de suivi et d'évaluation efficace;

· un cadre pour un Plan d'action garantissant la parité dans le secteur agricole.

En conclusion, il convient de synthétiser les facteurs déterminants du programme. Ils doivent être "examinés et pris strictement en considération" pour tout autre projet similaire.

Facteurs positifs

· Elimination des dispositions juridiques qui conditionnent l'accès des femmes à la propriété de la terre dans les zones rurales et modifications des mécanismes institutionnels qui limitent sur le plan pratique le progrès des femmes dans la production agricole et dans l'élevage;

· Renforcement des organisations de femmes rurales et présence des agricultrices dans le mouvement agricole national;

· Application d'une Politique nationale pour les femmes et création de commissions ou comités chargés de soutenir le rôle des femmes dans le secteur agricole et dans l'élevage;

· L'institutionnalisation qui s'est développée au long du programme permet désormais d'appliquer cette méthodologie dans d'autres régions du Honduras, d'autres organisations rurales, d'autres ONG et d'autres programmes de développement;

· Devant la carence du crédit agricole officiel, la création des Caisses rurales d'épargne et de crédit a contribué à l'accès des groupes d'agricultrices et d'agriculteurs aux ressources financières pour la réalisation de projets de production et de services;

· L'élaboration du cadre d'un Plan d'action respectant la parité dans le secteur agricole, garantissant les conditions d'une participation équitable pour les femmes rurales.

Facteurs limitatifs

· Manque de perspectives à long terme quant au concept de participation des femmes au processus de production et à la prise de décision, en raison de la succession d'un grand nombre de projets à trop court terme dont les objectifs respectifs ne s'inscrivaient pas dans une continuité planifiée;

· Bas niveau d'éducation primaire des femmes rendant leur apprentissage et la gestion des Caisses rurales plus difficiles;

· Résistance et absence d'intérêt envers la parité de la part de certains hauts fonctionnaires dotés des pouvoirs décisionnels qui retarda certaines étapes du processus;

· Une structure institutionnelle qui fit obstacle au développement du processus et la dépense de beaucoup d'énergie pour renforcer des organisations d'agriculteurs trop faibles;

· Une stratégie de modernisation agricole qui ignore les productrices des petites et moyennes exploitations, alors qu'elles apparaissent comme les actrices principales de la sécurité alimentaire;

· Manque d'informations ventilées selon le sexe qui handicape toute planification sectorielle.

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