Pâturage et broutage excessifs
 
Un des risques spécifiquement lié aux systèmes d'élevage à l'herbe en régions arides et semi-arides est la dégradation des sols provoquée par un excès de pâturage souvent appelé surpâturage. Le processus se produit également dans les systèmes d'élevage à l'herbe en régions humides et sub-humides ainsi que dans les systèmes en régions tempérées et tropicales d'altitude. La question du surpâturage ne se limite en aucune façon aux systèmes à l'herbe et peut également devenir un problème pour les systèmes d'exploitation mixte.

 
Le pâturage est excessif lorsqu'un trop grand nombre d'animaux pâture pendant une trop longue durée pour permettre à la végétation de se reconstituer, ou bien lorsque certains paramètres physiques tels que la pente ne conviennent pas à la pâture par les ruminants. Le surpâturage implique que le nombre d'animaux excède la capacité de production du parcours ou du pâturage. D'autres facteurs tels que les changements climatiques peuvent expliquer ou contribuer à la dégradation du sol des pâturages. L'érosion du sol, la destruction de la végétation, la dégradation de la qualité de l'eau et d'autres problèmes lies à ces processus sont des problèmes environnementaux potentiels. Végétation dégradée, Sénégal.  Photo : Yasmina Lemoine
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En général, le surpâturage est la première phase qui conduit à la dégradation des sols. Les parcours pastoraux sont souvent sur des terres marginales, proches ou appartenant à des régions arides. Dans ces régions, il est important que la végétation recouvre le sol pour lui éviter toute exposition aux agents d'érosion. Le surpâturage supprime ce couvert végétal alors que les troupeaux piétinent des sols fragilisés. La terre est donc sensible à l'action du vent et de l'eau qui élimine les couches supérieures du sol riches en nutriments. La sécheresse peut ensuite aggraver et accélérer le processus de dégradation des sols. Les sols qui ont été exposés et piétinés ne voient aucune végétation repousser et deviennent des zones quasi désertiques.

Dans les zones humides et sub-humides, le surpâturage peut entraîner l'invasion par les mauvaises herbes et réduire ainsi la disponibilité en fourrage.

On assiste à une tendance générale des gens à s'installer sur d'anciennes zones de pâturages pour y cultiver. Dans les systèmes d'exploitation mixte, la dégradation des sols peut provenir davantage de la collecte du bois-énergie et de l'agriculture que du pâturage des troupeaux. D'une manière plus générale, la dégradation des sols dans les systèmes d'exploitation mixte est due à une combinaison de tous ces facteurs. Grâce au fumier qu'ils fournissent, les troupeaux peuvent d'une certaine façon atténuer les impacts négatifs de l'agriculture sur l'environnement.

Le surpâturage peut aboutir à :

Le responsable du troupeau peut détecter l'existence d'un problème d'érosion accélérée, dû au surpâturage. S'il constate un surpâturage, il doit en définir les raisons.

Les causes principales de surpâturage sont les suivantes :

La plupart des systèmes de gestion traditionnels, notamment dans les régions arides et semi-arides, a été développée dans des environnements où la qualité des sols ne se définit pas seulement par l'utilisation humaine et l'aménagement. Par exemple, pour la majorité des sociétés pastorales d'Afrique de l'Est, protéger une bonne zone de pâturage constitue l'un des fondements de la gestion traditionnelle des terres. Aujourd'hui, la diminution des ressources en pâturage n'est pas seulement due au surpâturage mais aussi à l'embroussaillement qui peut dans certain cas apparaître comme le premier indicateur de dégradation des sols. La disparition des grands ruminants comme les éléphants, les rhinocéros et les girafes explique notamment l'embroussaillement. Le contrôle des incendies peut aboutir à une dominance accrue des broussailles et de la végétation boisée aux dépens des prairies. Avec l'appauvrissement des écosystèmes pâturés, la gestion des terres rencontre de nouveaux problèmes qui ne peuvent plus se résoudre par les méthodes traditionnelles.

Il existe également un point important : Qu'est-ce que la dégradation des terres ? Les profondes ravines et la déforestation constituent les signes qui témoignent sans aucun doute de la dégradation des terres. Aux yeux d'un écologiste, ces terres sont sévèrement dégradées parce qu'il reste peu d'espèces végétales et que la productivité a chuté. Cependant, une déforestation maîtrisée qui permet d'aboutir à une pâture durable et correctement gérée ne doit pas être considérée comme une dégradation des sols selon des critères sociaux, économiques et écologiques.

Dans le cadre du développement durable, les modes de gestion des sols et d'évaluation de la dégradation doivent être étroitement liés aux questions relatives à leur utilisation potentielle.

Remarque : la dégradation du pâturage est un concept différent de celui de la dégradation des sols.

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