Voir la matrice des systèmes de production industrielleSystème industriel

Les systèmes industriels se consacrent essentiellement à la production de protéines animales de haute qualité et d'autres produits animaux destinés aux marchés urbains. En raison de la demande créée sur ce marché, il existe une production et une transformation animales intensives aux environs des zones urbaines, alors que la production alimentaire primaire se situe dans des zones rurales éloignées.

Les systèmes industriels sont généralement considérés comme modernes et efficaces et nécessitent un haut niveau de connaissances et de qualification. Les techniques de production sont plus ou moins indépendantes de la zone agro-écologique et du climat. Cela explique la présence du système industriel partout dans le monde.

Les systèmes de production industrielle de bétail sont liés à une concentration d'animaux au sein de grandes unités, qui se consacrent généralement à une seule espèce. Elles produisent de grandes quantités de déchets, peuvent entraîner de hauts risques pour la santé des animaux et des humains, et sont moins attentives au bien-être des animaux. La production industrielle peut également être réalisée dans de petites unités dirigées par de petits exploitants spécialisés faisant partie du système agricole mixte.

Les systèmes industriels sont généralement stratifiés et différentes fermes se spécialisent, par exemple dans la production d'animaux reproducteurs, la production de jeunes animaux ou dans le processus d'engraissement.  Mais il existe également une production intégrée.  Les produits issus du système industriel sont destinés principalement au marché urbain et une partie d'entre eux au commerce international.  La transformation des produits a lieu dans des entreprises séparées (abattoirs, laiteries et tanneries) et les produits doivent respecter la standardisation et les critères de qualité spécifiques. L'industrie de la transformation est considérée comme un système séparé.

Ce système nécessite de grandes zones de terre arable pour répondre aux exigences liées aux concentrés d'aliments de haute qualité. Cependant, ce système a   effectivement la possibilité d'absorber de grandes quantités de produits dérivés et de déchets provenant de l'industrie de la transformation des aliments.

Grossièrement, on peut classer les systèmes industriels de la manière suivante :


Sous-systèmes au sein des systèmes de production industrielle
 
Alimentation
Production animale industrielle Transformation des produits animaux
Production de volailles 
(poulets et pondeuses)
Abattoirs
Production porcine
Production de viande en embouche Tanneries
Production laitière (péri-) urbaine à grande échelle
Usines de transformation du lait

 

Normes concernant les animaux d'élevage
Le bien-être des animaux est une préoccupation croissante et joue un rôle important dans la formulation et les changements de politiques liées aux animaux d'élevage. Il existe des normes centrales reconnues au niveau national en ce qui concerne le bien-être des animaux d'élevage et elles doivent se conformer à des codes de bonnes pratiques obligatoires ou volontaires. Pour de plus amples informations, consulter : Normes relatives à la production animale

Production biologique
De plus en plus, la production de bétail utilisant des méthodes d'élevage biologique ou écologiques (par opposition aux techniques industrielles intensives mentionnées plus haut) prend de l'importance.  Ce phénomène est dû à une demande croissante de la part du consommateur de produits biologiques/écologiques et au refus par les consommateurs des produits comprenant des pesticides, des antibiotiques, des additifs chimiques, dont on considère les méthodes de production comme "non éthiques". Une grande partie des problèmes mentionnés plus haut concernent également les méthodes d'élevage biologiques et écologiques. Pourtant, il existe une différence majeure entre ces méthodes : l'ampleur avec laquelle l'élevage biologique en particulier, a adopté certaines techniques respectueuses des équilibres écologiques naturels. Celles-ci permettent d'éviter  des méthodes contraires aux objectifs principaux de l'élevage biologique et conduisent en général à des systèmes d'élevage plus durables au niveau environnemental.

Une production alimentaire à faible coût ?
Les techniques d'élevage moderne ont permit d'obtenir des aliments en abondance et à faible coût, en particulier dans le monde industrialisé. Est-ce vrai ?  Des analyses récentes montrent que ces faibles coûts sont illusoires. Une nouvelle analyse des éleveurs britanniques (parue dans le New Scientist le 18 décembre 1999) montre que les coûts externes de l'élevage sont bien plus importants qu'on ne l'avait supposé. Ces coûts externes sont ceux engendrés par le système d'élevage actuel mais que les éleveurs individuels n'ont pas à supporter (ils ne sont donc pas reportés sur les consommateurs). Ils comprennent les effets à court terme tels que : les coûts liés à la réparation de la pollution de l'approvisionnement en eau, aux dommages causés aux habitats et aux effets de la pollution de l'air sur la santé. Les effets à plus long terme comprennent l'impact des émissions de gaz à effet de serre et le réchauffement de la planète qui en découle.

Par exemple, en Grande Bretagne, les compagnies d'approvisionnement en eau ont dépensé £ 214 millions en 1996 pour retirer les pesticides, les nitrates et les pathogènes agricoles de l'eau potable. Au Royaume-Uni, les coûts annuels engendrés par les émissions de gaz à effet de serre sont estimés à £ 1,1 milliard.

Ces découvertes suggèrent fortement que des politiques tarifaires et de recouvrement des coûts pour les services environnementaux doivent être adoptées afin que les producteurs prennent eux même en charge les coûts liés à l'environnement (principe du "pollueur payeur"). De la même manière, des subventions transitoires peuvent également encourager l'adoption de méthodes moins nocives pour l'environnement (voir Politiques de régulation, Normes, Charges et Subventions.
 
 

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