Des politiques de prix, de subventions et de taxations

Les coûts et les bénéfices liés à l'incorporation de garanties environnementales dans les systèmes de production et de transformation des animaux d'élevage peuvent être difficiles à prévoir et à mesurer. Cela est en partie dû au fait qu'elles sont mises en place pour une période assez longue et que les bénéfices liés à la gestion de l'environnement ne sont pas appréciés à leur juste valeur et sont mal perçus. Dans de nombreux pays, l'environnement naturel et les services qu'il fournit (par exemple, les caractéristiques du débit des eaux, la dégradation des polluants, le recyclage des déchets) sont considérés comme des biens publics. Leur valeur est souvent mal évaluée et ils ne sont pas cotés sur le marché. Il peut être difficile, voire impossible de mesurer les dommages qui leurs sont causés, notamment en ce qui concerne la pollution de l'eau et de l'air. La volonté des gens de payer est souvent utilisée dans le but de réaliser des mesures, mais les pauvres, principales victimes des dommages causés à l'environnement, ne peuvent jamais payer les frais liés à la protection. Des techniques de mesure plus sophistiquées sont actuellement mises au point pour venir à bout de ces problèmes. L'évaluation des coûts des dommages environnementaux irréversibles et la forclusion des options futures ou des bénéfices liés aux mesures de protection de l'environnement revenant aux générations futures restent des tâches très laborieuses.

Cependant, certains économistes pensent qu'avant tout, la politique la plus efficace serait d'essayer d'inclure l'ensemble des coûts environnementaux dans le prix à la consommation. Pour y parvenir, un large éventail d'instruments financiers peut être utilisé, comme des prélèvements sur le rejet des déchets, des taxes sur les charges excessives d'animaux ou de phosphate, l'annulation des subventions favorisant la production avec utilisation intensive de concentrés, l'allocation de subventions encourageant les investissements dans les techniques de contrôle des émissions, la suppression des restrictions des importations de matériel et d'équipement améliorant l'efficacité des aliments et l'adoption d'un système de permis d'émission négociables.

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