Développement d'institutions d'épargne et de crédit
Le développement d'institutions d'épargne et d'établissements de crédit constitue
un levier important pour augmenter la productivité des petits exploitants agricoles
en général, et pour faciliter l'intégration des productions agricole et animale.
Les établissements de crédit et institutions d'épargne de différents types permettent
aux agriculteurs d'effectuer les investissements nécessaires dans la production
animale et dans l'utilisation optimale des animaux au sein de la production
agricole.
La documentation relative aux établissements financiers ruraux est importante.
Les conclusions générales comprennent :
- Les finances ne constituent pas nécessairement le souci majeur des agriculteurs,
et les établissements financiers améliorés ne sont pas forcément un "remède
miracle".
- Les établissements de crédit traditionnels, publics et privés subissent
des coûts cachés importants en accordant des prêts aux petits exploitants
agricoles, plus particulièrement aux exploitants "pauvres", et en particulier
lorsqu'il n'existe aucune couverture. En particulier les coûts de collecte
d'informations relatives aux emprunteurs contribuent dans de nombreux cas
aux taux d'intérêt apparemment élevés pratiqués par le secteur privé (prêteurs,
négociants en produits agricoles, etc.).
- L'offre d'un crédit aux conditions du marché indiquées ci-dessus n'est
pas durable et peut fragiliser les établissements de crédit existants.
- Le crédit groupé, dans lequel les membres du groupe connaissant déjà la
solvabilité de chacun créent une caution collective pour les emprunts de chacun,
peut offrir une alternative au crédit privé à coût élevé et aux schémas non-durables
du secteur public.
Le rôle des établissements de crédit étant spécifiquement de faciliter l'achat
d'animaux, des considérations particulières s'appliquent alors :
- Les prêts pour l'achat d'animaux présentent un risque relativement élevé
de perte de l'ensemble de l'investissement en cas de mortalité. Les
emprunteurs qui oublient le prêt dans ces circonstances créent un risque moral
de demandes frauduleuses. Les organismes du secteur public ou à but non lucratif
se trouvent en meilleure position pour gérer ce risque moral.
- Les établissements de crédit peuvent intégrer certains éléments d'assurance,
reflétés dans le coût du prêt.
- Les programmes groupés peuvent s'avérer très efficaces en ce qui concerne
la gestion des prêts accordés pour l'achat d'animaux.
- Autrement, les modèles traditionnels de prêts d'animaux au sein de la communauté
peuvent être formalisés et renforcés.
Références clés
P.J. van Dooren, 1983. Principles of Selected Credit Systems for Livestock
Production and Development (Principes de systèmes de crédit sélectionnés,
pour la production et le développement du bétail). Document de travail
de l'ODI relatif au réseau de développement pastoral 16d
J. McIntire, D. Bourzat, et P. Pingali, 1992. Crop-Livestock Integration
in Sub-Saharan Africa (Intégration culture-élevage en Afrique sub-saharienne),
Washington DC, Banque Mondiale.
H. Todd, 1998. Women climbing out of poverty through credit; or what do cows
have to do with it? (Femmes sortant de la pauvreté grâce au crédit : ou "quel
est le rapport avec les vaches ?") Recherches sur le bétail en
vue du développement rural Vol.10, No.3 http://www.cipav.org.co/lrrd/lrrd10/3/todd103.htm

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