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Au fil des siècles, l’évolution du secteur halieutique s’est accompagnée de l’acquisition de savoir-faire et d’expérience en matière de conception, construction et équipement de bateaux, ainsi que dans les domaines des activités de pêche et de la sécurité en mer. Les progrès techniques ont accéléré cette évolution de façon spectaculaire. L’utilisation généralisée des moteurs hors-bord, de systèmes hydrauliques de relevage des engins et des prises, le recours à des filets et des lignes en matière synthétique, les instruments électroniques de localisation du poisson et le matériel de réfrigération ont fait considérablement progresser la productivité et la rentabilité. Grâce à la liberté d’accès aux pêcheries, conjuguée à l’insatiable demande de poisson du marché, la capacité de capture des flottilles devait nécessairement, tôt ou tard, atteindre, voire dépasser le rendement maximal des stocks exploitables.

L’effort de pêche excessif, la concurrence exacerbée, la diminution de la rentabilité, les économies réalisées en matière d’entretien et d’équipement des bateaux et de main-d’œuvre, la fatigue, l’imprudence délibérée, les mesures de gestion halieutique (qui ne prennent pas suffisamment en considération l’élément humain ni la sécurité des pêcheurs), les opérations diversifiées de pêche qui ne s’accompagnent pas d’une formation, d’une expérience et de savoir-faire traditionnels, sont autant de facteurs qui ont contribué à faire de la pêche le métier le plus dangereux du monde.

Ces pertes de vies humaines sont un drame pour les personnes à charge qui restent. Dans les pays en développement, leurs conséquences peuvent être catastrophiques : les veuves sont peu considérées, il n'y a pas de système de protection sociale pour venir en aide à la famille et, faute d'autres moyens de subsistance, la veuve et les orphelins peuvent plonger dans la misère.

De nombreux pays en développement soucieux de concevoir et mettre en œuvre un système de gestion de leurs pêcheries peuvent solliciter des conseils et une aide d’organismes extérieurs pour atteindre leurs objectifs. Partout dans le monde, et à tous les échelons, les approches efficaces de la sécurité en mer doivent s’articuler autour de trois lignes de défense :

La prévention (la ligne de défense la plus fiable et la plus rentable) : un équipement approprié, une formation, de l’expérience, des informations et du discernement, de manière à éviter toute situation fâcheuse.

La survie et l’auto-sauvetage : l’équipement, la formation et le comportement nécessaires à la survie et à l’auto-sauvetage lorsque les choses commencent à mal tourner.

La recherche et le sauvetage (la plus coûteuse et la moins fiable des trois lignes de défense) : les systèmes d’alerte, de recherche et de sauvetage sollicités lorsque les deux autres lignes de défense ont échoué.

Des améliorations peuvent être apportées à ces trois lignes de défense, à l’échelon national, dans un certain nombre de domaines : fourniture et analyse de données afin de cerner la cause des accidents ; éducation et formation de formateurs, vulgarisateurs, pêcheurs et inspecteurs ; amélioration de la gestion halieutique, des règlements de sécurité et de leur application ; collaboration plus étroite des pêcheurs, associations de pêcheurs et pouvoirs publics.

dernière mise à jour:  vendredi 27 janvier 2017