FAO.org

Accueil > En action > projects > Renforcement de l'efficacité et de la durabilité des investissements hydroagricoles pour lutter contre la pauvreté > Actualités > News details
Renforcement de l'efficacité et de la durabilité des investissements hydroagricoles pour lutter contre la pauvreté

Investir dans la gestion de l'eau agricole: un moyen de réduire la pauvreté rurale et d'améliorer la sécurité alimentaire au Rwanda

31/03/2017

Un groupe d'experts en gestion de l'eau agricole de la FAO, du FIDA, des institutions gouvernementales, des agences de recherche, de développement et des ONG du Rwanda s'est réuni à Kigali du 29 au 31 mars 2017 pour cartographier et évaluer le potentiel des investissements en eau dans le but de réduire la pauvreté dans le pays.

Au cours de l'atelier, la FAO a proposé une approche de cartographie participative pour améliorer la planification des investissements dans la gestion de l'eau agricole, en évaluant les besoins de la population rurale pauvre au Rwanda et le rôle que l'eau joue dans leurs moyens de subsistance, ainsi que la disponibilité des ressources naturelles et d'autres aspects économiques de la production agricole, comme l'accès au marché et au crédit.

Le Ministère de l'agriculture et des ressources animales, représenté à l'atelier par M. Innocent Nzeyimana, responsable de l'aménagement du territoire, de l'irrigation et de la mécanisation à la Commission de l'agriculture rwandaise, a invité les parties prenantes et les partenaires à se concentrer davantage sur l'agriculture. "Les systèmes d'irrigation d’eau ne devraient pas être détournés vers d'autres secteurs aussi importants tels que l'exploitation minière et la construction. Dans notre pays, au moins 80% de la population dépend de l'agriculture pour survivre", a déclaré Nzeyimana aux participants.

Contrairement à la planification traditionnelle des investissements qui est principalement axée sur la disponibilité des terres et de l'eau, la méthodologie de cartographie proposée par la FAO intègre également les besoins spécifiques des différents types d'agriculteurs.

Le représentant de la FAO au Rwanda, Attacher Maiga a souligné la nécessité d'une gestion efficace de cette ressource rare pour permettre aux agriculteurs de moderniser leurs activités agricoles: "Ce projet vise à répondre au défi lancé pour accroître la sécurité alimentaire, augmenter les revenus, réduire la pauvreté et protéger l'environnement, grâce à la conception et à la mise en œuvre d'investissements de haute qualité dans l'eau agricole à travers la recherche et le développement," a-t-il déclaré.

Les participants, y compris les agriculteurs et les vulgarisateurs, ont identifié les principales zones socio-rurales et les zones où les investissements en eau auront un impact majeur. Ils ont également évalué la pertinence des principales techniques d'irrigation à petite échelle qui ont été identifiées comme prioritaires pour réduire la pauvreté rurale dans le pays, telles que: mécanismes de dérivation des eaux, la conservation des eaux et des sols, la collecte des eaux pluviales et le développement des eaux souterraines. Les méthodes d'irrigation devraient être évaluées en fonction des cultures et de la taille des terres utilisées. Le prix des différentes technologies devrait être d'un montant raisonnable pour permettre aux agriculteurs de les acquérir et d’avoir la motivation pour les acheter", a observé un agriculteur de Bugesera, Ntagengerwa Eugene.

L'atelier est organisé dans le cadre du projet "Renforcement de l’efficacité et de la durabilité des investissements hydroagricoles pour lutter contre la pauvreté" qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et à réduire la pauvreté rurale des petits exploitants agricoles en fournissant des conseils et un soutien technique pour améliorer la qualité, l’impact et la durabilité des investissements dans la gestion de l’eau à usage agricole. Ce projet est financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) par le biais du programme du Groupe Consultatif pour la Recherche Agricole Internationale (GCRAI) sur la Terre, l'Eau et les Ecosystèmes (WLE). La mise en œuvre du projet au Rwanda est confiée à l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) en collaboration avec le Ministère de l'agriculture. Le projet implique six pays africains: le Rwanda, l'Ethiopie, Madagascar, le Mali, le Niger et la Tanzanie et prévoit le partage d'expériences entre les pays du projet.

Une priorité pour le développement rural au Rwanda

L'eau est un atout fondamental pour améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants au Rwanda. La disponibilité suffisante en eau et la fiabilité de l’accès sont cruciales, non seulement pour la production alimentaire, mais aussi pour le développement socio-économique et pour sa durabilité. Alors que les investissements dans la gestion de l'eau agricole sont essentiels pour accroître la productivité des agriculteurs les plus pauvres et pour réduire la pauvreté rurale, ils ne prennent pas souvent en compte les besoins et les capacités réels de la population locale ou leur potentiel de marché.

Réalisation des objectifs de développement durable (ODD)

Les investissements en eau représentent un catalyseur et un point de départ pour le développement socio-économique équitable et durable. L'amélioration de l'accès à l'eau pour la production agricole sera fortement mise en évidence afin d'assurer la durabilité écologique. "Promouvoir l’agriculture durable" fait partie de l’objectif 2 "Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition". L'accès à l'eau jouera un rôle crucial pour l'agriculture afin d’améliorer la productivité agricole, de réduire la pauvreté et, par conséquent, d’éliminer la faim au Rwanda.

Un inventaire récent des zones marécageuses au Rwanda mené en 2008 a montré que le Rwanda compte 962 plans d'eau et 860 marais.