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Burkina Faso

Irrigation et drainage

Évolution du développement de l’irrigation

Les superficies potentielles irrigables du Burkina Faso sont estimées entre 165 000 ha (MEE, 2001) et 233 500 ha (MAHRH, 2004) selon l’inclusion ou non de zones d’aménagements de sites anti-érosifs (Tableaux 4 et 5). De plus, le potentiel de bas-fonds et de plaines aménageables est estimé à environ 1.9 millions ha dont 500 000 ha considérés comme facilement aménageables si l’on prend en compte les critères d’ordre socio-économiques (BM, SP-CPSA. 2012).

L’historique de l’évolution des superficies irriguées est liée à la politique agricole nationale qui a elle-même évolué en tenant compte des aléas climatiques et des besoins d’assurer une autosuffisance alimentaire des populations (Tableaux 6 et 7). Avant 1960, l’administration coloniale a réalisé environ 1 000 ha de superficie irriguée à Loumana et Léra (1957) pour la production de riz de bas-fonds. Au lendemain des indépendances du pays en 1960, s’est développée une politique associant la construction de barrages à des périmètres irrigués: par exemple à Louda en 1968 avec 188 ha et à Boulbi avec 75 ha entre 1968 et 1970. La grande sécheresse de 1973 va amener le Burkina Faso à s’engager dans une politique de développement des aménagements hydro-agricoles à travers divers projets et programmes qui ont permis l’aménagement de 4 461 ha de superficies irriguées et de 800 ha de bas fonds entre 1974 à 1987 à l’aval des barrages existants (Kou, Banzon, Karfiguéla, Sourou, Douna) et le programme «40 barrages»; l’entreprise privée nationale dans le domaine n’était pas encore développée. A partir des années 1985, le développement de l’irrigation passe par la promotion des projets et programmes de développement intégrés incluant la réalisation des infrastructures d’hydrauliques d’irrigation et les aspects de la mise en valeur des aménagements hydro-agricoles. Enfin, à partir de 1990 le Burkina Faso s’est engagé dans un processus de réforme de son économie (Programme d’Ajustement Structurel) dont la conséquence a été le désengagement de l’Etat du secteur de la production agricole pour le céder au secteur privé, ce qui a favorisé l’émergence de l’irrigation privée ou communautaire.




En 2004, les superficies irriguées hors bas-fonds occupaient ainsi 25 058 ha dont 21 158 ha en irrigation de surface et 3 900 ha irrigués par aspersion. Pour soutenir la production, 7 200 ha de bas-fonds étaient également aménagés en maîtrise partielle de l’eau. De 2004 à 2011, l’accroissement des superficies aménagées est la conséquence directe du développement des aménagements de bas-fonds et de l’irrigation de surface. Les grandes superficies irriguées sont localisées dans la vallée du Sourou (Mouhoun), à Bagré (Centre Est), à Samendeni (Hauts Bassins), à l’aval des barrages de Soum (Centre Ouest) et de Dourou (Nord). Les systèmes d’irrigation à grande et moyenne échelles exploités par le secteur privée concernent la production de la canne à sucre à Banfora (Cascades) et la production rizicole et celle de maïs dans les régions des Hauts Bassins, le long des fleuves Comoé et Mouhoun. L’opération Bondofa, lancée en 2011, pour la production de maïs est venue accroître les superficies des cultures céréalières dans les bas-fonds aménagés en saison sèche. L’irrigation de petite taille s’est développée sur tout le territoire notamment dans les régions administratives du Plateau central, des Hauts Bassins, du Mouhoun, des Cascades, du Centre Ouest, du Centre Est, du Centre Sud et du Nord. Elle est principalement orientée vers la production maraîchère pour l’approvisionnement des centres urbains en légumes (oignon, tomate, laitue, concombre, chou, haricot vert, etc..). Grâce à ces divers projets, 4 672 ha additionnels étaient aménagés en maîtrise totale de l’eau pour l’irrigation et 17 345 ha de bas-fonds en maîtrise partielle entre 2004 et 2011.

Ainsi en 2011, les superficies irriguées en maîtrise totale occupent 29 730 ha—grands aménagements de 12 793 ha, les moyens aménagements de 3 237 ha et les petits aménagements de 13 700 ha (Figure 2)—pendant que les bas-fonds aménagés ont atteint 24 545 ha en maîtrise partielle de l’eau, soit une superficie totale irriguée de 54 275 ha (BM, SP-CPSA. 2012). Le développement des superficies équipées s’est accéléré depuis 2001 avec une augmentation moyenne annuel de 7.8 pour cent, contre seulement 4.4 pour cent pour la période 1992-2012. De plus, 21 400 ha de bas-fonds étaient cultivés sans contrôle de l’eau en 2000 et 22 406 ha en 2009 (Figure 3).




L’irrigation au Burkina Faso est dominée par l’irrigation de surface avec 25 389 ha. L’irrigation par aspersion est pratiquée pour la culture de la canne à sucre sur 3 900 ha et l’irrigation localisée qui se développe depuis une décennie pour les productions maraîchères et l’arboriculture reste embryonnaire sur 441 ha.

Le développement de l’irrigation du type privé a porté les périmètres irrigués avec maîtrise totale de l’eau de moins de 20 ha (13 700 ha) à un niveau supérieur à l’irrigation de grande taille, plus de 100 ha (12 793 ha). Les périmètres de taille moyenne (entre 20 et 100 ha) restent les moins fréquents.

Concernant les techniques d’approvisionnement en eau, 75.3 pour cent des irrigants puisent l’eau manuellement. L’irrigation par motopompe concerne 15.2 pour cent des irrigants et la proportion des irrigants utilisant des pompes à pédale est de 6.3 pour cent. Enfin la méthode de décrue équipée en zone basse n’est employée que par 3.2 pour cent des irrigants (MAH, 2011).

Enfin, la petite irrigation urbaine à partir des eaux usées ou irrigation informelle (rejets urbains et industriels) approvisionne en produits horticoles les grandes agglomérations importantes (Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, etc.). Les superficies aménagées sont importantes mais non renseignées (BM, SP-CPSA. 2012).

Rôle de l’irrigation dans la production agricole, l’économie et la société

Le développement de l’irrigation est en croissance significative afin de participer à l’autosuffisance alimentaire et la réduction de la pauvreté, surtout en milieu rural. Ainsi, la tendance est l’accroissement des superficies aménagées des bas-fonds pour la production céréalière (maïs et riz) tandis que la production maraîchère est une activité génératrice de revenus et essentiellement orientée vers l’accroissement du pouvoir d’achat des producteurs.

Les coûts afférents aux aménagements hydro-agricoles sont fonction de la taille de la superficie irriguée. Le coût d’équipement pour les grands périmètres est compris entre 14 000 $UE et 20 000 $EU à l’hectare. Le coût d’équipement des périmètres de taille moyenne est compris 12 000 $EU et 14 000 $EU/ha en fonction de la technique d’irrigation (gravitaire ou pompage), celui de la petite irrigation entre 300 $EU et 4 000 $EU/ha et enfin celui des bas-fonds entre 2 800 et 7 000 $EU. Les coûts élevés sont dus au fait qu’ils dépendent largement des types d’infrastructure de stockage de l’eau (barrages, puits et bas-fonds) et de son transport justifiant que les productions agricoles irriguées concernent essentiellement les produits de rente. Les productions autoconsommées sont peu significatives et ne concernent souvent que les invendus. Les couts d’entretiens sont de 125, 80, de 10 à 40 et 50 $EU pour les grands, moyens, petits périmètres et les bas-fonds respectivement (BM, SP-CPSA. 2012).

Les cultures irriguées couramment pratiquées sont: le riz, le maïs, le niébé, une vingtaine de cultures maraîchères (dont l’oignon, le chou, la laitue, la carotte, la tomate, etc..), la canne à sucre et les bananiers (Figure 4). En dehors de la monoculture de la canne à sucre, les rotations recommandées sur les superficies irriguées pour en assurer une rentabilité économique et financière sont:

  • sur les grands périmètres: i) riz en culture hivernale, ii) le chou, l’oignon, le riz et le maïs en saison sèche;
  • sur les périmètres de taille moyenne: i) l’oignon en culture hivernale, ii) le riz et le niébé en saison sèche; le niébé est la culture la plus économiquement et financièrement rentable dans les moyennes superficies irriguées;
  • sur les petits périmètres: i) le niébé en période hivernale, ii) la pomme de terre, la tomate, le chou, l’oignon, le haricot vert, et le riz en saison sèche; ainsien petite irrigation, la pomme de terre, la tomate, le chou et l’oignon sont les spéculations les plus rentables./li>


L’agriculture irriguée contribue de manière remarquable à la sécurité alimentaire et nutritionnelle au Burkina Faso, hormis pour les céréales qui restent essentiellement tributaire de la production pluviale. En effet, la part des productions irriguées dans la production agricole totale en 2010 est évaluée à 10 pour cent (Gouvernement du Burkina Faso, 2012), pour seulement 1 pour cent des superficies cultivées. Au cours de la campagne 2011-2012, les rendements de la culture irriguée du maïs sont de 4.6 t/ha en saison sèche et 3.7 t/ha en saison hivernale. Pour le riz irrigué les rendements sont de 4.7 t/ha en saison sèche et 2.9 t/ha en période de pluie (DGPER, 2012). L’ensemble du maraîchage irrigué commercialisé a été estimé à 675 232 tonnes en 2008, correspondant à plus de 164 millions de $EU; l’oignon, le chou et la laitue représentant à eux seuls 77 pour cent de cette valeur (MAH, 2011).

Ainsi, l’agriculture irriguée constitue une source de redistribution des revenus pour les fournisseurs d’intrants et les transporteurs et contribue à la création d’emplois. En 2011, le nombre d’emplois dans l’agriculture irriguée est évalué à 1.2-1.5 millions de personnes (BM, SP-CPSA. 2012).

Femmes et irrigation

L’agriculture irriguée apparait également apparait également comme un moyen efficace de promotion des groupes vulnérables que sont les femmes et les jeunes: existence de milliers d’emplois féminins dans les micro-unités de transformation du maïs et du niébé, l’engouement des femmes à l’aval de la filière riz à travers la collecte, l’étuvage et la commercialisation. Dans la filière des légumes, il survient un quasi-monopole de la distribution des légumes dans les centres urbains par les femmes qui réalisent également la transformation artisanale. Elles sont par ailleurs les principales productrices des légumes dans les petites superficies irriguées. Cependant, elles ne représentent que 7 pour cent des membres des comités d’irrigants (MAH, 2011).

     
   
   
             

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