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Madagascar

Irrigation et drainage

Évolution du développement de l'irrigation

Madagascar possède un potentiel d'irrigation d'environ 1 516 900 ha: 786 291 ha de périmètres formels équipés, 187 000 ha d'extensions de ces périmètres, qui ne sont pas encore équipés mais sont considérés irrigables, 300 000 ha de périmètres familiaux ou traditionnels, plus 243 600 ha résultant de l'inventaire effectué par SOGREAH en 1969. Ces derniers sont des plaines irrigables gravitairement à partir de barrages de retenue ou de dérivation, ou de prises directes au fil de l'eau et se limitent à des superficies de plus de 1 000 ha d'un seul tenant.

L'irrigation débuta à Madagascar suite à la disparition des forêts due à la culture sur brulis. Le riz était cultivé sur la côte est de l'île depuis des siècles lorsqu'elle s'est propagée. À la fin du 16ème siècle, les rois Mérina transformèrent quelques bas-fonds en rizières irriguées sur les hauts plateaux grâce à la construction de digues autour d'Alasora. Au 17ème siècle, les plaines autour d'Antananarivo furent graduellement transformées en vastes rizières en redirigeant l'eau de pluie pour contrôler l'inondation des superficies plantées. A la fin du 18ème siècle, la main d'œuvre des côtes a permis la conversion d'une large partie des hauts plateaux en monoculture de riz. Il existait alors deux types d'irrigation. Le premier dépendait des écoulements d'eau des montagnes qui étaient distribués à de nombreuses terrasses sur les pentes des montagnes. Des digues permettaient de contrôler la quantité d'eau entrant dans chaque terrasse et chaque rizière. Le second type d'irrigation dérivait l'eau des rivières des bas-fonds grâce à des barrages. L'eau était stockée dans des réservoirs et fournie aux champs aux alentours par des canaux. Les deux systèmes se sont développés en parallèle au 19ème siècle lorsque les grands périmètres ont été construits (Tiyambe Zeleza, 1997).

Depuis les années 1950, l'irrigation a bénéficié d'investissements publics. À l'indépendance, en 1960, un projet d'irrigation intensif débuta dans la région d'Alaotra avec la création de la Société malgache d'aménagement du Lac Alaotra (SOMALAC) en 1961. A la fin des années 1970, débuta la «bataille du riz» visant à développer encore plus la riziculture pour parvenir à l'autosuffisance. Pour ce faire, fut lancé en 1978 une opération de micro-hydraulique pour réaliser des petits barrages d'irrigation et remplacer les ouvrages traditionnels insuffisants et fragiles. Cependant la rapide dégradation de l'ensemble des infrastructures hydroagricoles requiert de nombreuses réhabilitations. Le Programme périmètres irrigués depuis 1985 et le Programme national bassins versants périmètres irrigués (PNBVPI) depuis 2006 se sont concentrés sur la réhabilitation ou la réparation d'urgence des infrastructures hydroagricoles endommagés par des cyclones.

L'irrigation à maîtrise totale couvrait en 2000 une superficie totale de 1 086 291 ha (tableau 4). Ajoutant une superficie de 9 750 ha de cultures de décrue non-équipées, la superficie totale avec contrôle de l'eau agricole était 1 096 041 ha. L'alimentation en eau de la superficie en maîtrise totale est essentiellement gravitaire à partir des eaux de surface. Les ouvrages d'alimentation les plus courants sont les prises au fil de l'eau et les barrages de dérivation. Seuls 3 500 ha dans la plaine de Basse-Betsiboka (Marovoay) étaient irrigués par 13 stations de pompage. En ce qui concerne la technique d'irrigation, tout était irrigation de surface sauf 2 400 ha de canne à sucre irrigués par aspersion dans la plaine de Morondava Dabara.



En 2013, la superficie totale avec contrôle de l'eau agricole a augmenté pour atteindre 1.2 million ha (MA, 2013), incluant 904 785 ha de superficies équipées pour l'irrigation en maîtrise totale, 254 562 ha de cultures de bas-fonds non-équipés et 40 653 ha de cultures de décrue non-équipées (figure 2). L'irrigation à maîtrise totale est prédominante dans les provinces de Antananarivo et Fianarantsoa notamment, alors que les cultures de bas-fonds non-équipées sont principalement pratiquées dans la province de Mahajanga (MA, 2007).


Le secteur irrigué est généralement présenté en:

  • Grands périmètres irrigués (GPI) de surface unitaire supérieure à 2 500 ha.
  • Petits périmètres irrigués (PPI) entre 200 ha et 2 500 ha.
  • Micro-périmètres irrigués (MPI) inférieurs à 200 ha.
  • Périmètres familiaux (PF) (quelques centaines de m2) qui couvriraient une superficie totale de 300 000 ha. Ils se distinguent par des aménagements de conception et construction rudimentaire, sans intervention gouvernementale. Les canaux y sont en terre, les ouvrages hydrauliques en bois, et les prises d'eau de simples saignées pratiquées sur les berges des canaux. Les parcelles ne sont pas protégées contre les crues ni contre les ruissellements des eaux des bassins versants. Sont très rares, pour ne pas dire inexistants, les systèmes d'exhaure manuelle ou l'irrigation par pompage. Ces infrastructures sont temporaires et doivent donc être réparées ou reconstruites à chaque début de campagne, surtout après une saison de pluie abondante. Il n'est pas rare de voir de tels périmètres abandonnés à cause des dégâts provoqués aux installations par les crues ou de l'ensablement des parcelles. On les rencontre dans des dépressions fermées et leur superficie ne dépasse pas 10 ha d'un seul tenant. Ils ne font pas l'objet de recensements reproduits sur un plan cadastral.

Depuis l'adoption en 2006 de la lettre politique sur le développement des bassins versants et des périmètres d'irrigation, les périmètres sont classés suivant la complexité des infrastructures hydroagricoles et le mode de gestion et d'entretien du périmètre plutôt que suivant le critère de superficie. On distinguera dès lors: i) les périmètres partenaires où l'État intervient dans la gestion et l'entretien des ouvrages non transférés aux Associations d'usagers de l'eau (AUE); ii) les périmètres autonomes où seules les AUE sont responsables de la gestion de l'entretien de leur périmètre. Dans cette nouvelle classification, tous les GPI sont classés dans les périmètres dits partenaires, tous les MPI et les PF dans les périmètres dits autonomes, et les PPI se trouvent suivant le cas soit dans la première soit dans la deuxième catégorie.

Rôle de l'irrigation dans la production agricole, l'économie et la société

L'irrigation occupe une place importante dans le secteur agricole de Madagascar, fournissant de l'eau à plus d'un million d'ha ou 29 pour cent de la superficie cultivée (comparé à 6 pour cent en moyenne pour l'Afrique sub-saharienne). Les cultures irriguées représentent 15 pour cent du PIB et 70 pour cent de la production agricole (BM, 2006). La riziculture domine largement l'agriculture irriguée. D'après le recensement agricole de 2005, près de 70 pour cent des exploitations rizicoles pratiquaient l'irrigation par canaux, i.e. à maîtrise partielle ou totale. Et la riziculture irriguée (en maîtrise totale ou en contrôle de l'eau) représentait 79 pour cent de la superficie récoltée en riz du pays, soit 1 244 847 ha en 2005 (MA, 2007). Cette superficie ne cesse d'augmenter pour atteindre 1 620 615 ha en 2008 dont 1 060 000 ha sont irrigués en saison haute, 280 000 ha en contre-saison et 281 000 ha en pluvial.

Les rendements du riz ont progressé de 2.3 tonnes/ha en moyenne en 2003 à 3.03 tonnes/ha en 2008. Cette moyenne inclue les rendements du riz irrigué–3.33 tonnes/ha en saison haute et 2.97 tonnes/ha en contre-saison–et non irrigué–1.97 tonnes/ha.

La production de riz requiert environ 242 millions de jour de travail chaque année, soit l'équivalent de 970 000 postes à temps complet. La transformation et la commercialisation du riz requiert 70 000 postes supplémentaires (JICA, 2009).

Les autres cultures irriguées sur l'île sont la canne à sucre et le coton. Les superficies récoltées en canne à sucre couvrent environ 23 500 ha en 2010, mais la proportion irriguée n'est pas connue. Les superficies en coton ont fortement diminuées suite à la chute du prix du coton et n'apparaissent pas dans les statistiques agricoles de 2009-10 (MA, 2012a).

Le blé et les légumes sont cultivés dans les bas-fonds ou sur les rizières après la récolte de riz en cultures de contre-saison. Elles ne sont pas irriguées, mais profitent de l'humidité résiduelle du sol et de la faible profondeur de la nappe phréatique.

Femmes et irrigation

A Madagascar, comme dans beaucoup de pays africains, les femmes sont responsables de la collecte de l'eau. Dans le sud du pays, elles doivent parcourir des distances de plus en plus longues pour trouver de l'eau (PNUD, 2012).

La coexistence des droits traditionnels, du droit moderne et des pratiques locales sont souvent à l'origine de l'inégalité de l'accès à la terre entre hommes et femmes. La propriété foncière leur est, en effet, souvent refusée. Elles ne peuvent que très rarement acquérir des terres du fait de règles coutumières, en particulier dans le sud, et n'héritent pas de leur père ni de leur mari, sauf dans le sud-est. Même alors, la terre des femmes revient à leurs familles une fois qu'elles quittent le village pour se marier. L'accès à la terre montre une forte inégalité selon le sexe avec seulement 15 pour cent des terres sont au nom d'une femme, comparé à 52 pour cent au nom d'un homme (FAO, 2016).

La division des tâches entre femmes et hommes est bien définie. Les femmes s'occupent du foyer–repas, enfants–et des tâches agricoles moins pénibles physiquement et techniques, telle que la collecte de l'eau, le désherbage, la plantation et la transplantation. Le défrichage et le labour sont considérés comme des tâches revenant aux hommes (Jarosz, 1991). Du fait de cette division des tâches, les femmes ont été de plus en plus marginalisées de la production de riz irrigué du fait de sa forte dépendance technologique depuis la Révolution Verte, qui correspond plus au travail des hommes (Mitchell, 1997). Ainsi les femmes ont peu de contrôle sur les ressources–terres, eaux, revenus familiaux–et sont très largement absentes des instances de gestion communautaires de l'eau (AfDB, 2013).

État et évolution des systèmes de drainage

En 2005, sur les 979 802 ha de riz irrigué récolté (incluant les superficies non-équipées en contrôle de l'eau uniquement), 679 818 ha sont drainés et 299 984 ha ne le sont pas (MAEP, 2007). On estime qu'environ la moitié des superficies équipées pour l'irrigation à maîtrise totale est drainée.

     
   
   
             

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