FAO au Burundi

FAO-BAD : Résultats tangibles du SEPAREF dans le domaine de la production agricole

Multiplicateur de semences à Rutana
24/10/2025

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a été mandatée par le Gouvernement du Burundi pour mettre en œuvre le «Projet Multinational de Renforcement de l’État de Préparation et de Réponse d’Urgence à la Crise Alimentaire (SEPAREF)» dans les anciennes provinces de Cibitoke, Gitega, Kayanza, Rutana et Mwaro. Financé par la Banque Aficaine de Développement (BAD), ce projet vise principalement à améliorer la production agricole, la productivité et à renforcer la résilience des systèmes de production face aux défis climatiques et économiques croissants.

Après quatre saisons agricoles de mise en œuvre, les résultats obtenus sont remarquables. Plus de 377 tonnes de semences de maïs, de blé, de haricot et de soja ont été produites, grâce à près de 100 organisations des producteurs et multiplicateurs privés de semences qui ont directement bénéficié du soutien direct du projet. Cela a permis à plus de 13 000 ménages vulnérables d’accéder à des semences de qualité adaptées aux conditions agroécologiques de leur région et de booster la production.

Gertrude Ntahonsigaye, l’une des bénéficiaires du projet, témoigne : « J’ai semé 15 kg de haricot de la variété M’sore octroyé par la FAO et j’ai récolté 175 kg, une production inédite pour moi. Auparavant, je récoltais moins de 50kg sur la même superficie » Ce témoignage illustre l’impact immédiat et significatif du projet sur la productivité des exploitations agricoles familiales.

En effet, l’effectif des ménages touchés par les actions du projet est allé croissant. A trois mois de la clôture, plus de 13 000 ménages ont été touchés.

L’innovation est listée à l’actif du projet : la création d’une plateforme numérique de suivi des semences au Burundi qui vise à améliorer la traçabilité des semences et à faciliter l’accès à des semences certifiées pour les producteurs. Une fois régulièrement alimentée, la plateforme permettra aux décideurs de savoir à chaque saison les quantités de semences certifiées produites, les endroits où elles se situent et les prix potentiels.

Le SEPAREF a étendu le champ de ses activités en y incluant le soutien institutionnel. Le système d'irrigation Rujembo de l'Institut des Sciences Agronomiques du Burundi (ISABU) à Mparambo est en cours de réhabilitation sur 47,4 ha et quatre aires de séchage avec abris ont été construites.

Le projet a également renforcé les capacités des institutions nationales en l’occurrence l'ISABU, l'ONCCS, les 4 anciens Bureaux provinciaux de l’Environnement, de ’Agriculture et de l’Elevage (BPEAE) de Gitega, Kayanza, Mwaro et Rutana et des organisations de producteurs et privés multiplicateurs de semences sur différentes thématiques. Ainsi, 15 chercheurs et cadres de l'ISABU et de l’ONCCS ont été formés au conditionnement et à la conservation des semences de maïs, de soja et de blé respectivement à l’IITA d’Ibadan au Nigéria et à la station de recherche ICARDA d'Addis-Abeba en Ethiopie pour la production durable de semences et l'assurance qualité.

Émile Emeriyo, chef de service formation vulgarisation, recherche et encadrement des producteurs agricoles à l’ancien BPEAE Rutana et point focal du projet SEPAREF, souligne l’importance des initiatives du projet : « Les agriculteurs ont compris que les semences sélectionnées sont plus productives. Cela a permis non seulement l’amélioration de la production pour la consommation, mais aussi a généré un surplus qui a été vendu pour procurer des revenus. » Il a également indiqué que SEPAREF n’a pas seulement amélioré la productivité agricole, mais a également renforcé la sécurité alimentaire des ménages assistés.

Le rôle majeur des intrants de qualité dans l’amélioration de la productivité

Les divers appuis octroyés aux organisations des producteurs et aux multiplicateurs des semences ont été à l’avant-garde de l’amélioration de la productivité.

Adelaïde Niyokwizera et son mari Anicet Hakizimana sont de multiplicateurs de semences sélectionnées sur la colline Gihofi, commune Rutana, zone Bukemba, province Burunga. Mme Niyokwizera dit avoir bénéficié des appuis diversifiés. « La FAO nous a beaucoup soutenu. Il nous a donné 90 kg de maïs que nous avons semé sur trois hectares. Nous avons récolté plus de 7 tonnes. N'eût été les aléas climatiques, on aurait même eu 10 tonnes. Après le triage, nous avons obtenu plus de 5 tonnes de semences.»

La coopérative Turashoboye mu Kumoso qui se trouve sur la colline Kibimba, commune Musongati, province Burunga est en train de multiplier des semences de maïs. Cette coopérative compte 205 membres respectivement 120 femmes et 85 hommes qui exploitent 30 hectares au cours cette saison 2025C.

Léonidas Bahati, président de cette coopérative, affirme que le soutien de la FAO est significatif. « Nous avons reçu 900 kg de maïs à semer sur 30 hectares. Avant, nous avions des difficultés à obtenir des semences de qualité. La FAO nous a même donné 9 tonnes d'engrais chimiques (DAP, urée et KCl). » Il s’attend à une récolte d'environ 150 tonnes, alors qu'auparavant, la coopérative n'avait jamais dépassé le seuil des 100 tonnes.

Dans l’ancienne province de Mwaro, le projet a notamment appuyé la coopérative CADEM Kayokwe. Selon Emmanuel Nivyubu, membre de cette coopérative, c’est la deuxième année que la coopérative collabore avec la FAO dans la multiplication des semences de maïs et de haricot. « Cette année, nous avons cultivé 3 ha de maïs et nous avons récolté plus de 7 tonnes de semences. Pour le haricot, sur 2 ha, nous avons eu 3 tonnes et demie de semences sélectionnées et certifiées par l'Office National de Contrôle et de Certification de semences (ONCCS. Nous attendons les clients. »  a souligné Nivyubu.

Ces témoignages illustrent le succès du projet dans la revitalisation de l’agriculture et la multiplication des semences de qualité pour faciliter la disponibilité et l’accessibilités des agriculteurs aux semences de qualité.

M. Nabor Barancira, coordonnateur du projet, affirme que « la multiplication des semences sélectionnées a permis d’augmenter la production tant pour la consommation que pour le marché. » Il indique que le surplus a permis l’amélioration des revenus des agriculteurs.

La pérennisation des acquis actée

Les bénéficiaires de SEPAREF promettent de continuer les activités sur le même élan même après la clôture du projet. Mme Niyokwizera remercie vivement la FAO et la BAD pour leur soutien qui lui a permis d’intégrer le club des multiplicateurs des semences burundais.

M. Nabor Barancira, coordinateur du projet, rassure que la pérennité des actions du projet est déjà enclenchée. Il indique que la quasi-totalité des multiplicateurs de semences sont déjà enregistrés auprès de l'ONCCS, gage de la poursuite de leurs activités. Ces mêmes multiplicateurs ont acquis une expérience suffisante et disposent des capacités financières nécessaires pour poursuivre leurs activités.