FAO et MINEAGRIE: Mobilisation pour un Burundi sans la rage
Le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage (MINEAGRIE) et le ministère de la Santé Publique, en collaboration avec l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), une des entités d’implémentation (EIs) du projet Pandemic Funds, ont célébré la Journée Mondiale contre la Rage au Burundi le 22 octobre 2025. Célébrée normalement chaque année le 28 septembre à travers le monde, au Burundi cet important événement, a mobilisé divers acteurs pour sensibiliser, prévenir et agir contre cette maladie dangereuse, mais évitable.
En effet, la rage est une infection virale grave, principalement transmise à l'homme par la salive des animaux infectés par la morsure, griffures, égratignure ou léchage des plaies de chiens ou chats infectés. Elle se manifeste par des symptômes tels que l'hydrophobie, hypersalivation, dysphagie, hyperthermie, hyperesthésie cutanée et paralysie flasque ascendante et sensorielle. Cette maladie est toujours mortelle, entraînant le décès une fois les symptômes déclarés.
Cette redoutable zoonose essentiellement endémique dans les pays à revenus moyens et intermédiaires, touche particulièrement les enfants de 5 à 14 ans qui sont les plus exposés aux morsures de chiens errants dans les dépotoirs sauvages d’ordures ménagères entretenues dans les grandes agglomérations.
Au Burundi, la rage est bien connue et redoutée, mais sa prévalence reste mal connue faute de système de surveillance et de notification efficaces. La Clinique du Laboratoire National Vétérinaire enregistre chaque année plus de 400 victimes de morsures rien qu’à Bujumbura et ses environs, dont 35 % par des chiens errants.
La rage, une maladie évitable mais qui continue à emporter des vies
La journée Mondiale contre la rage a été célébrée sous le signe de sensibilisation et engagement dans le cadre de l’approche One Health». «Agissons maintenant: Vous, moi, la communauté», est le thème retenu cette année, un thème qui rappelle l’importance d’une mobilisation collective pour éradiquer cette maladie évitable.
Le représentant de la FAO au Burundi M. Pissang Tchangai Dadémanao a souligné que « la rage est une maladie évitable, mais malheureusement, elle continue de tuer chaque année des dizaines de milliers de personnes dans le monde, touchant particulièrement les communautés rurales pauvres où l’accès à la prévention et aux soins est limité. »
En effet, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 59 000 décès humains liés à la rage sont enregistrés chaque année, dont près de 40 % sont des enfants de moins de 15 ans. Ces chiffres propulsent la rage au rang de problème de santé publique.
«La rage n'est pas seulement un enjeu de santé humaine, elle touche à la santé animale, la santé communautaire, l'éducation, la sécurité et le développement économique», a indiqué M. Léonard Butoyi, assistant du Ministre au Ministère de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage (MINEAGRIE). Selon lui, ce n’est qu’avec l’approche «One Health» qui reconnaît l'interdépendance étroite entre la santé des êtres humains, la santé des animaux et la santé de notre environnement, qu’on peut venir à bout de cette maladie : «Ce n'est qu'en travaillant ensemble médecins, vétérinaires, écologistes, éducateurs, leaders communautaires, que nous pouvons rompre la chaîne de la transmission du virus rabique» a-t-il souligné.
Dr Désiré Nakirutimana, Directeur de la santé animale au ministère de l'Environnement, de l'Agriculture et de l'Élevage tout en rappelant la stratégie nationale de contrôle et d’élimination de la Rage au Burundi, a souligné ses axes stratégiques et leurs différentes activités qui englobent généralement les activités comme la vaccination des chiens, la mobilisation de ressources ainsi que la gestion responsable de la population canine. Toutefois, la vaccination reste l’élément moteur de la stratégie pour atteindre l'objectif mondial d'élimination de la rage d'origine canine d'ici 2030.
Ensemble contre la rage
Le thème de cette année, «Agissons maintenant : Vous, moi, la communauté», appelle à la responsabilité collective. Le représentant de la FAO a déclaré : «Ce message appelle chacun à vacciner ses chiens et à s’informer sur la manière de prévenir la rage.» Il est essentiel que tous les acteurs de la société, y compris les autorités, les professionnels de santé, et les citoyens, collaborent pour mettre en place des programmes de sensibilisation, de contrôle de mouvements de chiens et de vaccination pour en finir avec la rage, estime-t-il.
Pour atteindre cet objectif ambitieux, la communauté doit s’impliquer activement. Dans cette perspective, dans les festivités de célébration de la journée mondiale contre la rage, des étudiants en Master de Santé publique vétérinaire de la Faculté d’Agronomie et de Bio-ingénierie et ceux de la faculté de médecine de l’université du Burundi ont lancé un message de mobilisation où tout un chacun pour apporter sa pierre à l’édifice à travers un sketch intitulé «Ensemble contre la rage». Melle Lyse Noria Igiraneza, étudiante en médecine a déclaré : «Notre message est clair : lutter contre la rage en vaccinant les chiens. En cas de morsure, il faut agir vite et se rendre immédiatement à l’hôpital pour la prise en charge immédiate.»
La lutte contre la rage est une question de santé publique qui nécessite une approche intégrée. Comme l’a souligné le Représentant de la FAO, « contrôler et éliminer la rage n’est pas un rêve lointain, c’est un objectif que nous pouvons atteindre.» La collaboration entre les secteurs de la santé humaine, animale et environnementale est cruciale.
En définitive, la célébration de la journée mondiale contre la rage pour la première fois au Burundi laisse un message à tous les burundais et à tous les acteurs : «engageons-nous aujourd’hui: vaccinons nos animaux, sensibilisons nos communautés et soutenons les initiatives locales. Ensemble, nous pouvons faire du Burundi un pays libéré de la rage, protégeant ainsi nos enfants, nos familles et nos animaux. L’avenir de nos communautés en dépend. Agissons maintenant, demain sera un peu tard !»
