FAO au Gabon

En 2025, l’état des ressources marines halieutiques mondiales est loin d’être rassurant

Photo: © FAO
25/06/2025

Un rapport publié lors de la 3e Conférence de l’ONU sur l’océan, à Nice, montre que 35 % des stocks mondiaux de poissons sont exploités de manière non-durable. Le rapport dresse un tableau non reluisant et montre que les océans s’épuisent à cause de la surpêche qui est pratiquée.

En marge de la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan, qui se tient à Nice (France), Manuel Barange, sous-directeur général de la FAO, a présenté le 11 juin dernier le nouveau rapport de l’organisation onusienne.

Le rapport intitulé « État des ressources marines halieutiques mondiales en 2025 » est basé sur l’analyse de 2 570 stocks de poissons et présente un tableau plutôt sombre : les océans s’épuisent en raison de l’exploitation excessive. « Pour le dire en des termes financiers, nous retirons plus que les intérêts : nous attaquons le capital», confie-t-il dans un entretien avec ONU Info.

Le biologiste rapporte que plus d’un tiers des stocks de poissons au niveau mondial sont en situation critique. « Sur 100 stocks de poissons, 35 sont surexploités », résume-t-il. En effet, contrairement à certaines zones où les stocks sont gérés de façon durable, particulièrement sur  la côte pacifique des États-Unis et du Canada (plus de 90 % des stocks y sont exploités durablement), en Australie, en Nouvelle-Zélande (plus de 85 %) et dans l’Antarctique (quasiment 100%) ; d’autres régions subissent véritablement une surpêche.

Le long des côtes nord-ouest de l’Afrique, du Maroc au golfe de Guinée, plus de la moitié des stocks sont surexploités, selon l’étude. En Méditerranée et en mer Noire, la situation est encore plus préoccupante : 65 % des ressources y sont jugées non durables. Un chiffre en recul malgré tout : le nombre de bateaux y a baissé d’un tiers en dix ans — signe que les politiques de gestion commencent à produire des effets.

L’étude de la FAO reconnaît en effet que 77 % des poissons consommés dans le monde proviennent encore de pêcheries bien gérées, preuve que des politiques efficaces peuvent porter leurs fruits. M. Barange en est convaincu, « quand la gestion est rigoureuse, ça fonctionne », et « on sait comment reconstituer les populations ». Le biologiste estime que, quand des systèmes existent et qu’ils sont dotés de moyens, les stocks peuvent se reconstituer. Mais ces politiques ont un coût. « Dans certaines régions, il manque de tout : les structures de contrôle, les capacités scientifiques, les institutions », regrette-t-il. « L’enjeu, ce n’est pas de pointer du doigt. C’est de comprendre pourquoi ça ne marche pas, et d’aider ces pays à reconstruire leurs ressources ».