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Promotion d’une transhumance pacifique dans la region du Liptako‑Gourma

Enseignements tirés sur les voies de la paix face au changement climatique et à l’insécurité au Burkina Faso, au Mali et au Niger
23/04/2026

La région du LiptakoGourma, partagée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, repose depuis longtemps sur des systèmes de moyens de subsistance complémentaires, tels que la transhumance pastorale et l’agriculture. Toutefois, au cours des dernières décennies, la concurrence pour l’accès aux terres, à l’eau et aux pâturages s’est fortement intensifiée en raison de la croissance démographique, de l’expansion agricole, de l’augmentation de la taille des troupeaux, d’une gestion inadéquate des ressources naturelles et d’infrastructures rurales insuffisantes. Le changement climatique accentue encore ces pressions par des sécheresses récurrentes, des inondations et la dégradation de l’environnement, affaiblissant les mécanismes traditionnels de gouvernance et de résolution des conflits. À mesure que les ressources se raréfaiient, les tensions intercommunautaires se sont accrues, aggravées par la déforestation, la dégradation des couloirs de transhumance, les maladies animales et les griefs accumulés.  

Depuis le début des années 2010, la prolifération des armes et l’aggravation de l’insécurité ont profondément perturbé les moyens de subsistance ruraux, provoquant le déplacement de millions de personnes et restreignant l’accès aux zones de pâturage, ce qui a accru la pression sur des ressources déjà limitées. Combinées à des chocs climatiques extrêmes, ces dynamiques ont entraîné d’importantes pertes de cultures et de bétail et une aggravation de l’insécurité alimentaire dans une région marquée par une forte pauvreté et une population rurale majoritairement jeune. En réponse, la FAO et l’OIM ont mis en œuvre une initiative conjointe soutenue par le Fonds pour la consolidation de la paix (20202024) visant à promouvoir une transhumance pacifique et à atténuer les conflits entre agriculteurs et éleveurs dans la région du LiptakoGourma. Le projet a mobilisé des organisations paysannes, des organisations de la société civile et des autorités nationales des trois pays afin de renforcer la gouvernance des ressources naturelles, la cohésion sociale et la résilience face aux défis climatiques et sécuritaires. 

Apprentissages clés 

Combiner compétences techniques et mandats institutionnels   

La coordination entre agences renforce l’impact des interventions et apporte une réponse cohérente aux défis liés à la transhumance. L’appui de l’OIM aux mécanismes d’alerte et de gestion des conflits, conjugué aux investissements de la FAO dans les infrastructures pastorales, a favorisé la pacification des mouvements et réduit la pression sur les ressources naturelles. Cette approche conjointe, fondée sur la localisation de l’aide et la coordination stratégique, a permis une mise en œuvre plus intégrée, inclusive et durable au Burkina Faso, au Mali et au Niger. 

 

Les points clés

Adapter les activités à l’évolution des contextes sécuritaires et climatiques 

La flexibilité est essentielle pour garantir le succès des projets. La délocalisation partielle des interventions constitue une stratégie efficace pour atténuer les risques liés à l’instabilité, à condition d’être accompagnée de mécanismes de suivi et évaluation robustes. Dans les zones difficiles d’accès, le suivi exige une vigilance accrue des équipes, ainsi qu’un renforcement de la gestion des risques, des capacités locales et de la coordination entre partenaires. 

S’appuyer sur des acteurs locaux pour la mise en œuvre 

Confier la mise en œuvre des activités du projet à des acteurs ayant un accès facilité aux communautés constitue une approche à fort potentiel de réplicabilité. Elle est particulièrement efficace dans les contextes où l’insécurité limite l’action des acteurs traditionnels, tels que le personnel des agences des Nations Unies, les ONG internationales ou les entreprises basées dans les centres urbains.  

Renforcer les capacités et planifier rigoureusement  

L’élargissement de la couverture et la qualité des bulletins d’information sur la transhumance, combinés à une planification rigoureuse des infrastructures, sont un levier clé pour la réussite des projets. Le ciblage des activités selon les priorités locales permet une prévention plus efficace des conflits et une mise en œuvre durable des projets. 

Sur la durabilité 

Le projet a renforcé sa durabilité en misant sur l’appropriation institutionnelle et communautaire, à travers la formation de comités de gestion, l’engagement actif des autorités locales et régionales, ainsi que le renforcement des capacités sur les cadres réglementaires relatifs à la transhumance. Ces efforts ont contribué à des avancées politiques significatives aux niveaux national et régional, notamment l’adoption de nouveaux instruments de gouvernance et le renforcement de la coordination transfrontalière. En parallèle, le soutien à la production de fourrage a permis de sécuriser les moyens d’existence pastoraux face au changement climatique, renforçant ainsi la résilience économique des communautés. L’alignement du projet avec les cadres stratégiques nationaux et des Nations Unies a assuré la cohérence et la continuité de ses actions, même dans un contexte politique instable.   

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