La FAO à la COP30 : promouvoir les systèmes agroalimentaires pour trouver des solutions climatiques

Lors de la ConférencedesNationsUniessurleschangementsclimatiques (COP30) de 2025 à Belém, au Brésil, le message principal de la FAO était que des systèmes agroalimentaires durables et résilients sont essentiels pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris sur le changement climatique. Ces systèmes garantissent également la sécurité alimentaire et la nutrition des générations actuelles et futures.
Avant la conférence, le Directeur général de la FAO, QU Dongyu, a mis en avant le travail de l'Organisation : « De la restauration des terres agricoles dégradées aux cultures résilientes, en passant par l'aquaculture et l'élevage durables, nous disposons de solutions qui fonctionnent dans tous les secteurs ».
Principaux résultats et rôle de la FAO
La FAO a travaillé en étroite collaboration avec les pays et ses partenaires pour que l'agriculture et la sécurité alimentaire restent au cœur des négociations sur le climat, en contribuant aux discussions sur l'objectif mondial en matière d'adaptation, les pertes et dommages, les contributions déterminées au niveau national (CDN), les plans nationaux d'adaptation, la transparence, le financement de la lutte contre le changement climatique, la transition juste et les travaux conjoints de Charm el-Cheikh sur l'agriculture et la sécurité alimentaire.
L'un des principaux résultats a été une décision relative au Comité permanent des finances qui a également reconnu le soutien apporté par la FAO à l'organisation du Forum du SCF. La décision « souligne qu'il est essentiel d'accélérer l'action climatique et la résilience grâce au financement de systèmes alimentaires et d'une agriculture durables, notamment pour protéger la biodiversité et soutenir les communautés vulnérables ».
Si l'accord final négocié a permis de réaliser des progrès en matière de financement, notamment en triplant le financement de l'adaptation d'ici 2035 et en rendant opérationnel le fonds pour les pertes et dommages, il n'a pas abouti à l'adoption d'une feuille de route officielle pour l'élimination progressive des combustibles fossiles ni à l'intégration complète des systèmes agroalimentaires dans tous les volets des négociations.
En revanche, le programme d'action de la présidence de la COP30 a démontré une forte ambition en matière d'action climatique à travers l'agriculture, les forêts et la bioéconomie. La FAO a joué un rôle clé dans l'élaboration et le soutien d'initiatives telles que RAIZ (Investissements dans l'agriculture résiliente pour une dégradation nette zéro des terres), TERRA (Ensemble pour l’expansion d’une agroforesterie et d’une agroécologie résilientes et restauratrices), le Défi de la bioéconomie, le Mécanisme pour la protectiondesforêtstropicales et l'Appel à l'action sur lagestionintégréedesincendies et la résilienceauxincendies de forêt, qui visent toutes à accélérer la mise en place de solutions pour la résilience, la restauration et la production durable. Ces initiatives seront au cœur du travail de mise en œuvre de la FAO dans les années à venir.
S'appuyant sur ces initiatives, la FAO a également renforcé la collaboration mondiale grâce à son Partenariat pour l’alimentation et agriculture au service d’une transformation durable (FAST Partnership). Le partenariat FAST continuera à servir de mécanisme entre les COP afin de maintenir les systèmes agroalimentaires au cœur des dialogues sur le climat et de mobiliser des financements pour des actions transformatrices, notamment en développant RAIZ et d'autres initiatives menées par la présidence.
Coprésidée par l'Azerbaïdjan et le Brésil, respectivement ancienne et actuelle présidence de la COP, le Partenariat FAST a tenu une session ministérielle au cours de laquelle le Togo et la Banque de développement de l'Amérique latine et des Caraïbes (CAF) ont annoncé leur adhésion en tant que nouveaux membres.
En outre, la FAO a réaffirmé son engagement en faveur de l'équité et de l'inclusion par le biais de voies vers une transition juste, garantissant que les agriculteurs vulnérables, les peuples autochtones et les communautés locales bénéficient du financement climatique et des mesures de renforcement de la résilience.
La FAO a co-organisé le Pavillon de l'alimentation et de l'agriculture pour la quatrième année consécutive avec le CGIAR, offrant une plateforme pour un dialogue et des partenariats fondés sur la science qui stimuleront la mise en œuvre post-COP.
Le financement : le plus grand défi
Au cours de la conférence, la FAO a souligné que les solutions agroalimentaires fondées sur la science peuvent jouer un rôle central dans la réduction des émissions, l'amélioration de la séquestration du carbone, la restauration des écosystèmes et le renforcement de la résilience, mais que le manque de financement constitue un obstacle.
Lors d'un événement parallèle sur le déblocage du financement climatique pour la transformation agroalimentaire, organisé au cours de la dernière semaine de la conférence, Kaveh Zahedi, directeur du Bureau des changements climatiques, de la biodiversité et de l'environnement de la FAO, a souligné :
« Les systèmes agroalimentaires comptent parmi les moyens les plus puissants et les plus rentables pour lutter contre le changement climatique. Ne pas investir dans les systèmes agroalimentaires, c'est manquer une occasion de lutter contre la crise climatique ».
Science et connaissances : moteurs de l'action
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Landmark report on National Adaption Plans (NAPs) highlights financing and capacity gaps.
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Update on scientific findings on the interactions between agriculture, food systems and climate change - Comprehensive resource for policymakers and researchers, aiming to support the next assessment by the Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC).
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Highlights from the report on Extreme Heat - Risks and resilience pathways.
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Greenhouse gas emissions from agrifood systems - Global, regional and country trends (2001-2023).
Perspectives d'avenir : la COP31 en Turquie
La COP31 et le sommet des dirigeants mondiaux se tiendront en Turquie. La pré-COP sera organisée dans un pays insulaire du Pacifique (dans un lieu qui sera décidé par le Pacifique), avec le soutien du gouvernement australien. Ce sera l'occasion pour les dirigeants et autres acteurs de constater de visu les impacts du changement climatique dans le Pacifique et les mesures prises pour y faire face, d'entendre les voix et les solutions de la région, et de soutenir les initiatives menées par le Pacifique.
La FAO se réjouit de travailler avec la présidence turque de la COP31 pour faire avancer une action climatique ambitieuse et veiller à ce que les systèmes agroalimentaires restent au cœur des solutions mondiales.
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