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La FAO publie le premier rapport sur la mise en œuvre de la surveillance mondiale de la RAM dans les populations animales et les systèmes alimentaires

Le système international de surveillance de la résistance aux antimicrobiens de la FAO (InFARM) marque le début d’un reporting mondial régulier sur les progrès réalisés en matière de surveillance et de capacités de lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM), atteignant 50 pays dès sa première année de pleine opération.


19/06/2026

Sans action décisive, l’utilisation mondiale des antimicrobiens en élevage devrait augmenter d’environ 30 % d’ici 2040 dans un scénario de statu quo. Cette tendance risque d’accélérer l’émergence et la propagation de la RAM, reconnue comme l’une des menaces les plus graves à long terme pour la santé publique, la sécurité alimentaire et la stabilité économique mondiale. Répondre à ce défi nécessite ce qui a longtemps fait défaut : des données fiables et comparables permettant de déterminer où la résistance apparaît, comment elle évolue et quelles interventions sont les plus urgentes.

La FAO a franchi une étape majeure pour combler cette lacune. L’Organisation a publié le premier rapport de mise en œuvre initiale du système InFARM. Couvrant la période 2023-2024, ce rapport retrace le passage du système de sa phase pilote à son déploiement mondial et le premier appel international ouvert à la soumission de données sur la RAM.

Au moment de la publication, deux appels annuels ouverts ont été menés à bien, impliquant 80 pays dans les différentes régions de la FAO. Cette participation croissante témoigne de la forte demande des pays pour un mécanisme mondial commun permettant de signaler, interpréter et utiliser les données relatives à la RAM chez les animaux et dans les aliments.

Une première référence pour le reporting mondial

Le rapport décrit les étapes de conception, de validation et d’opérationnalisation d’InFARM, tout en dressant un premier état des lieux de la maturité des systèmes nationaux de surveillance de la RAM.  Il fournit une base de référence initiale concernant la participation des pays, la gouvernance de la surveillance, les pratiques de laboratoire et d’épidémiologie, les capacités de gestion des données ainsi que les types de données sur la RAM actuellement générées.

Pour la première fois, les pays déclarent des données sur la RAM provenant des exploitations agricoles, des laboratoires vétérinaires, des abattoirs et des chaînes de distribution alimentaire via un cadre commun élaboré par la FAO. Il s’agit d’une étape importante vers une harmonisation accrue des données entre les pays et dans le temps, facilitant ainsi l’identification des priorités en matière d’action, d’investissement et de renforcement des capacités.

Le rapport expose clairement ce qui reste à accomplir. Dans de nombreux pays, les institutions et les processus nécessaires pour transformer les données en décisions politiques sont encore en cours de renforcement. Le financement des programmes nationaux de surveillance de la RAM reste insuffisant, et des secteurs clés, notamment l’aquaculture, l’un des secteurs alimentaires connaissant la croissance la plus rapide au monde, restent sous-représentés dans les données soumises.

Ces lacunes ne doivent pas susciter de pessimisme : elles constituent une feuille de route pour des investissements ciblés, le développement des capacités et un engagement politique renforcé.

Quelles sont les prochaines étapes ?

Ce premier rapport marque le début d’une série de publications régulières via le système InFARM. À mesure que les appels annuels progressent et que davantage de données sont collectées, la FAO travaille déjà sur le prochain rapport InFARM, qui devrait permettre d’établir des estimations plus robustes de la prévalence et des tendances de la RAM.

Cette approche progressive est au cœur de la mission d’InFARM : aider les pays à passer de la production de données à leur utilisation. En documentant à la fois les données sur la RAM et les lacunes en matière de capacités de surveillance, InFARM aide les pays à renforcer leurs systèmes nationaux tout en contribuant à une base de données mondiale de plus en plus solide.

Un appel aux États membres

La FAO encourage tous les membres qui ne participent pas encore à InFARM à s’y inscrire.  Elle invite également les gouvernements à intégrer la surveillance de la RAM dans les populations animales et les systèmes alimentaires au sein de leurs plans d’action nationaux, en s’appuyant sur des mandats clairs, un financement durable et une capacité technique dédiée.

Les preuves sont claires : les pays disposant de stratégies nationales formelles de surveillance sont mieux placés pour protéger leurs secteurs agricoles, leurs exportations alimentaires et leurs populations.

La RAM ne peut être combattue par un seul pays agissant isolément. InFARM offre un mécanisme commun permettant aux pays de contribuer à une base de connaissances collective et d’en bénéficier, afin de soutenir les actions là où elles sont les plus nécessaires.

Le rapport complet est disponible à l’adresse suivante : https://doi.org/10.4060/cd9731en

Un résumé des principales conclusions est disponible à : https://openknowledge.fao.org/handle/20.500.14283/cd9944en

Pour en savoir plus sur la participation à InFARM, consultez la page web du programme ou contactez : [email protected].

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