La FAO publie un nouveau plan pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens

Le Directeur général, M. Qu Dongyu, met en garde contre la menace qui pèse sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, ainsi que sur la santé humaine et animale

©FAO/Luis Tato

Les membres de l'étude pilote de surveillance de la RAM analysent des échantillons de volaille dans un laboratoire à Nairobi, au Kenya

©FAO/Luis Tato

19/11/2021

Rome – La menace mondiale silencieuse que représente la résistance aux antimicrobiens a des répercussions considérables sur le secteur agroalimentaire. C’est la mise en garde qu’a formulée aujourd’hui M. Qu Dongyu, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à l’occasion de la présentation du nouveau plan quinquennal de la FAO visant à aider les Membres à relever ce défi. 

Dans son allocution prononcée lors de l’ouverture d’un webinaire d’information consacré à ce sujet et organisé par la FAO dans le cadre de la Semaine mondiale pour un bon usage des antimicrobiens, M. Qu a affirmé que les effets de la résistance aux antimicrobiens conduisaient «à des pertes économiques, à une baisse de la production animale, à la pauvreté, à la faim et à la malnutrition, en particulier dans les pays à revenu faible ou intermédiaire». 

Lorsqu’ils sont soumis à une exposition répétée aux antibiotiques et autres antimicrobiens, les bactéries, les champignons et d’autres micro-organismes peuvent devenir résistants aux traitements destinés à les détruire ou à les atténuer. Ces traitements perdent alors leur efficacité, ce qui fait craindre l’apparition de «super bactéries» incontrôlables. Chaque année, quelque 700 000 décès sont liés à la résistance aux antimicrobiens, et ce chiffre pourrait grimper en flèche pour atteindre les 10 millions d’ici à 2050 si aucune mesure n’est prise pour atténuer les risques. 

La résistance aux antimicrobiens présente un risque particulier pour l’agriculture. En effet, le secteur de l’élevage est le principal utilisateur d’antimicrobiens, et l’usage inapproprié ou excessif de ces agents génère une résistance qui décime les élevages et les moyens d’existence qui en dépendent. Les antimicrobiens sont également utilisés pour les cultures, notamment le riz et les tomates, et dans le secteur de l’aquaculture, afin de prévenir les pertes de production.

«La disponibilité de médicaments efficaces est d’une importance vitale dans les secteurs de la production animale et végétale», a déclaré le Directeur général. «Les producteurs, les consommateurs, les investisseurs et les décideurs politiques dans l’ensemble des systèmes agroalimentaires ont tous la responsabilité de mener une lutte efficace contre la résistance aux antimicrobiens, en donnant le bon exemple et en ayant recours à des pratiques optimales», a-t-il ajouté. 

La FAO préside l’alliance tripartite élargie, qui comprend également l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), et qui s’emploie à recentrer l’attention sur les risques liés à la résistance aux antimicrobiens et sur les moyens d’atténuer ces risques. L’Organisation travaille également à la mise en place d’une plateforme de partenariat multipartite sur la résistance aux antimicrobiens, en s’appuyant sur des centaines de contributions reçues de parties prenantes du monde entier. La plateforme, qui devrait être opérationnelle en 2022, permettra de veiller à ce que les menaces liées à la résistance aux antimicrobiens soient abordées sous tous leurs aspects et à tous les niveaux. 

Nouveau plan d’action contre la résistance aux antimicrobiens

Un nouveau plan d’action contre la résistance aux antimicrobiens pour la période 2021-2025, également publié vendredi, servira d’orientation pour l’appui apporté par la FAO à ses Membres. On y fait remarquer que, dans la mesure où les micro-organismes résistants traversent les frontières, seule une action mondiale peut garantir la protection de tous. Le plan énonce les principes clés suivants: la nécessité de disposer de données scientifiques permettant de déterminer et de gérer les risques liés à la résistance aux antimicrobiens avant qu’ils ne provoquent des urgences de grande envergure; l’utilité de la surveillance et de la formation dans le monde entier; et l’importance qu’il y a à inciter les parties prenantes à agir et à leur donner les moyens de passer de la prise de conscience des risques que pose la résistance aux antimicrobiens à l’action. 

L’objectif primordial des interventions de lutte contre la résistance aux antimicrobiens n’est pas de mettre fin à l’utilisation des antimicrobiens mais d’en préserver l’utilité, en particulier dans un contexte où l’on sait que la quantité de nourriture produite pour la consommation humaine au cours des 30 prochaines années sera équivalente à celle produite au cours des 10 000 ans qui viennent de s’écouler. Comme les auteurs du plan le mentionnent, nous devons préserver l’efficacité des antimicrobiens aussi longtemps que possible, le temps de mettre au point de nouveaux médicaments. 

Le plan d’action repose sur l’approche «Une seule santé» et met en évidence des améliorations possibles des pratiques agricoles qui pourraient permettre de mieux combattre la résistance aux antimicrobiens, notamment en ce qui concerne la qualité de l’alimentation humaine et animale, la vaccination, l’hygiène, l’assainissement ou la génétique. La gestion des déchets constitue un autre point essentiel. Les agents antimicrobiens évacués par les êtres humains et les animaux, ainsi que les hôpitaux et les abattoirs, peuvent pénétrer dans l’environnement et accélérer l’apparition et la propagation de souches et de gènes résistants. Le plan préconise un renforcement des activités de recherche et de surveillance menées sur la résistance aux antimicrobiens dans les secteurs de l’agriculture, de l’aquaculture et de l’environnement.

La FAO a déjà aidé plus de 40 pays à revenu faible ou intermédiaire à élaborer et à mettre en œuvre des plans d’action nationaux contre la résistance aux antimicrobiens. Elle facilite également l’accès aux ressources et aux réseaux techniques et a mis au point un ensemble d’outils destinés à aider les pays à étendre leur action à d’autres secteurs de l’alimentation et de l’agriculture. 

«La FAO met en œuvre des méthodes scientifiques et technologiques modernes et élabore des approches novatrices afin d’aider ses Membres à relever les nouveaux défis qui se font jour et d’améliorer les systèmes agroalimentaires pour les rendre plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables», a déclaré le Directeur général. 

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