Conférence des Nations Unies sur les océans: malgré quelques pas dans la bonne direction, il reste encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre les cibles du Programme 2030 liées aux pêches, selon le Directeur général de la FAO

L’aquaculture, elle aussi, contribue largement à alimenter la population mondiale, bien qu’elle ne figure pas explicitement dans l’ODD 14 sur la vie aquatique

Le Directeur général de la FAO a souligné qu’il était vital d’atteindre l’ODD 14, «Vie aquatique».

©FAO

29/06/2022

Lisbonne - Certaines des cibles des objectifs de développement durable relatives aux pêches présentent des évolutions positives à l’échelle planétaire, mais il reste encore beaucoup à faire pour exploiter le potentiel du secteur, qui est capable de contribuer à nourrir la population mondiale, notamment au moyen d’une meilleure utilisation de l’aquaculture.

C’est le message qu’a fait entendre le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Qu Dongyu, au cours d’un dialogue interactif sur le thème «Rendre les pêches durables et garantir aux petits pêcheurs l’accès aux ressources marines et aux marchés» dans le cadre de la Conférence des Nations Unies sur les océans, tenue ici aujourd’hui.

«Nos océans, nos cours d’eau et nos lacs peuvent être une source d’alimentation pour les habitants de la planète, mais seulement si nous exploitons leurs précieuses ressources de façon responsable, durable et équitable», a indiqué M. Qu dans le discours liminaire qu’il a prononcé lors de la manifestation.

Le Directeur général de la FAO a souligné qu’il était vital d’atteindre l’ODD 14, «Vie aquatique». Principal forum mondial consacré aux questions de pêche et d’aquaculture, la FAO est l’organisation garante des indicateurs de quatre des cibles de l’ODD 14, et partage la responsabilité de trois autres.

M. Qu a poursuivi en analysant certains des progrès accomplis jusqu’ici concernant les cibles en question, s’appuyant sur des données présentées dans l’édition 2022 du rapport phare de la FAO intitulé Situation mondiale des pêches et de l’aquaculture, lancée un peu plus tôt dans la journée.

La cible 14.4 appelle à rétablir les stocks de poissons à des niveaux permettant d’obtenir un rendement constant maximal d’ici à 2020. L’indicateur associé est la proportion de stocks de poissons se situant à des niveaux biologiquement viables.

Le Directeur général de la FAO a fait remarquer que cette cible n’était pas atteinte, étant donné que la proportion de stocks pêchés dans le respect de la viabilité a diminué de 1,2 pour cent entre 2017 et 2019. Cela étant, sur le plan du volume, 82,5 pour cent des prises marines proviennent de stocks biologiquement viables, soit une augmentation de près de 4 pour cent depuis la dernière évaluation.

Ces données montrent que les stocks de poissons gérés efficacement sont en train de se rétablir, a déclaré M. Qu, avant d’ajouter: «Si l’on veut atteindre la cible 14.4, la gestion efficace constitue la meilleure méthode de conservation».

Concernant la cible 14.6, visant à interdire les subventions qui contribuent à la surpêche et favorisent la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, M. Qu a constaté des évolutions positives grâce à l’application d’outils contraignants à l’échelle mondiale, comme l’Accord des Nations Unies sur les stocks de poissons de 1995, le Code de conduite pour une pêche responsable de 1995 et l’Accord de la FAO relatif aux mesures du ressort de l’État du port de 2009.

La FAO continue d’aider les Membres à mettre en œuvre ces instruments mondiaux et régionaux, en collaboration avec la société civile, le secteur privé, le monde universitaire et le système des Nations Unies dans son ensemble, a-t-il encore indiqué. Il n’a pas manqué de féliciter l’Organisation mondiale du commerce, qui est parvenue à un «accord inédit sur les subventions dans le secteur des pêches».

La cible 14.7, quant à elle, vise à accroître la proportion du PIB correspondant aux activités de pêche, particulièrement dans les petits États insulaires en développement et les pays les moins avancés. D’après M. Qu, pour atteindre cette cible, il faut mettre à niveau les filières de produits alimentaires d’origine aquatique à forte valeur et les renforcer, et les analyses préliminaires indiquent que nous allons actuellement dans la bonne direction.

Enfin, la cible 14.b appelle à garantir aux petits pêcheurs l’accès aux ressources marines et aux marchés. C’est la cible la plus déterminante de toutes en matière de moyens de subsistance durables, a déclaré M. Qu, précisant que la tendance est là aussi à l’embellie.

De plus en plus de cadres nationaux reconnaissent et protègent les droits des petits pêcheurs, qui représentent 90 pour cent de la main d’œuvre du secteur et sont à l’origine de 40 pour cent des captures mondiales.

«Si l’on veut assurer la viabilité des pêches sur le long terme et la santé des océans, il faut absolument renforcer la résilience des artisans pêcheurs et favoriser leur participation aux processus de décision», a affirmé le Directeur général. L’Année internationale de la pêche et de l’aquaculture artisanales, célébrée cette année, est une excellente occasion d’avancer sur la cible 14.b, a-t-il ajouté.

Des partenariats à l’appui de l’ODD 14

Selon M. Qu, l’ODD 14, le moins financé du Programme 2030, ne pourra être atteint que grâce à des partenariats, des engagements et des financements stratégiques et novateurs.

Par ailleurs, l’aquaculture (soit l’élevage de poissons et d’animaux et végétaux aquatiques) est une source indispensable de produits aquatiques permettant de nourrir la population mondiale, or ce secteur ne figure pas explicitement dans l’ODD 14. Au-delà de la production alimentaire, l’aquaculture ouvre de nouveaux débouchés et marchés à l’appui des moyens de subsistance de millions de personnes, notamment des femmes, des jeunes et des communautés autochtones, a-t-il précisé.

Il a ajouté que pour relever les défis d’aujourd’hui, le Cadre stratégique 2022-2031 de la FAO vise à faciliter une transformation rapide des systèmes agroalimentaires du monde, notamment des systèmes alimentaires aquatiques, au service d’une meilleure production, d’une meilleure nutrition, d’un meilleur environnement et de meilleures conditions de vie, sans laisser personne de côté.

Afin de concrétiser cette vision, la FAO défend une Transformation bleue, qui s’accompagne de trois objectifs fondamentaux:

  • intensification et expansion durables de l’aquaculture;
  • gestion efficace de toutes les pêches;
  • amélioration des chaînes de valeur en vue de veiller à la viabilité sociale, économique et environnementale des systèmes alimentaires aquatiques. 

À moins de 8 ans des échéances fixées par le Programme 2030 pour atteindre les ODD, et notamment l’ODD 14, M. Qu a affirmé que ces trois objectifs restaient à notre portée. Il a appelé à «mettre à profit le Dialogue d’aujourd’hui et cette importante conférence des Nations Unies pour stimuler et accélérer notre action en faveur de nos océans, des peuples, de la prospérité et de la planète».

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