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La culture du thé à flanc de colline


Le Rwanda tire le meilleur parti de son paysage vallonné et encourage une production de qualité parmi les petits cultivateurs de thé

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Au pays des 1 000 collines, Bertride Nyiranzigiye, propriétaire d’une exploitation productrice de thé, se joint aux cueilleurs pendant la récolte. Plus de 83 pour cent de la production agricole du Rwanda est issue de la petite agriculture. ©FAO/Jean Nkurunziza

21/05/2026

Le jour se lève sur les champs luxuriants du pays aux 1 000 collines. À mesure que le soleil se hisse dans le ciel, la brume éthérée qui voile les sommets commence à se dissiper et une nouvelle journée débute pour les travailleurs agricoles du Rwanda.

Les feuilles de thé scintillent sous le soleil levant et les cueilleurs de thé endossent leur combinaison de protection d’un jaune éclatant qui les protège des éraflures lorsqu’ils s’enfoncent dans les rangées verdoyantes de théiers. Ils ont sur le dos un panier en osier dans lequel ils mettent les feuilles de thé qu’ils cueillent d’une main de maître. Cette vague de récolteurs tout de jaune vêtus progresse rapidement et méthodiquement alors que le chant des oiseaux se fait entendre. Leurs efforts quotidiens ont contribué à faire du thé le deuxième produit le plus exporté par le Rwanda après le café.

Le secteur agricole rwandais est le pilier de cette économie enclavée d’Afrique de l’Est, puisqu’il emploie 64,5 pour cent de la population, selon les estimations, et représente 27 pour cent du produit intérieur brut (PIB).

Dans le pays, le thé a changé la vie de nombreuses communautés rurales.

Plus de 83 pour cent de la production agricole du Rwanda est issue de la petite agriculture, notamment à Nyaruguru, une région productrice de thé dans le sud du pays.

«Je suis fière d’être propriétaire d’une exploitation de thé. Avant, je travaillais pour les autres, mais aujourd’hui, c’est moi qui emploie d’autres personnes», dit Bertride Nyiranzigiye, une agricultrice de 65 ans qui a commencé à produire du thé sur sa parcelle d’un peu moins d’un hectare en 2018, lorsque les pouvoirs publics ont collaboré avec les agriculteurs locaux pour développer la production de thé dans la région.

«La région de Nyaruguru a été choisie pour y développer la production de thé et attire désormais des personnes d’autres districts qui viennent travailler ici et gagner de l’argent en récoltant des feuilles de thé.»

Ndagijimana Jean Marie Vianney, un producteur de thé de 39 ans habitant la région et père de quatre enfants, se souvient: «Je vivais dans la pauvreté extrême et ma famille peinait à survivre. J’ai vu que des producteurs de thé s’en sortaient bien, alors j’ai décidé de me lancer également. Je voulais améliorer mes moyens de subsistance.»

Jean a pris part au programme de formation spécialisée proposé par le Gouvernement et a ensuite décidé de remplacer ses champs de patate douce par des champs de théiers.

«Lorsque j’ai commencé à récolter du thé, cela m’a aidé à sortir ma famille de la pauvreté dans laquelle nous vivions. Maintenant, je peux payer des vêtements et une assurance-maladie à ma famille. Je peux également payer les frais de scolarité de mes enfants. Nous avons aussi amélioré notre nutrition. Tout ça, c’est grâce à la culture du thé.» Jean pense que la nature pérenne de cette culture permettra à ses enfants de poursuivre la production quand leur tour viendra.

En haut, à gauche: Le climat, les précipitations abondantes, l’ensoleillement important et les sols volcaniques riches en minéraux du Rwanda créent des conditions idéales pour la production de thé. En bas, à droite: Au Rwanda, les feuilles de thé sont cueillies à la main, et non par des machines, et seules les feuilles les plus tendres et les plus fraîches situées en haut des théiers sont sélectionnées afin de produire un thé de qualité supérieure. ©FAO/Jean Nkurunziza

Le thé a été introduit au Rwanda dans les années 1950, mais le secteur a connu une croissance rapide au cours des dernières décennies. Le climat du Rwanda, qui conjugue précipitations abondantes et ensoleillement important, ses douces collines et ses sols volcaniques riches en minéraux créent un environnement idéal pour la production de thé.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) travaille avec le Gouvernement du Rwanda afin que celui-ci mette au point une stratégie nationale pour le secteur du thé, qui vise à améliorer la qualité et à aider le pays à satisfaire aux normes internationales et à accéder aux meilleurs marchés.

Cette stratégie présente plusieurs mesures à prendre pour améliorer la production, notamment: renforcer la recherche et l’innovation, développer les infrastructures, proposer une formation continue aux agriculteurs et attirer les jeunes dans le secteur. Néanmoins, sa réussite dépend fortement des partenariats avec les agriculteurs pour créer des thés de qualité destinés à des marchés de niche.

Sandrine Urujeni, Responsable des opérations au Conseil national de développement des exportations agricoles du Rwanda, explique la stratégie comme suit: «Le thé rwandais est de grande qualité, mais il exige que la récolte soit faite à la main et que les agriculteurs sélectionnent les bonnes feuilles.»

D’après Mme Urujeni, des liens étroits entre les petits agriculteurs, les coopératives et les installations après récolte sont essentiels pour développer le secteur.

«Les cultivateurs de thé sont contents que le thé bénéficie désormais d’une intégration verticale, ce qui leur permet de jouir des avantages associés au secteur du thé. Nos agriculteurs perçoivent 50 pour cent des recettes issues du thé. Cette part leur revient. Si, par exemple, des exportateurs vendent le thé des agriculteurs dans le cadre d’une vente directe ou d’enchères, nous faisons en sorte que les agriculteurs qui ont produit ce thé de bonne qualité soient récompensés. Ils peuvent ainsi réinvestir dans la production de thé.»

La FAO travaille avec le Gouvernement du Rwanda afin que celui-ci mette au point une stratégie nationale pour le secteur du thé, de façon à aider le pays à accéder aux meilleurs marchés et à satisfaire aux normes internationales. ©FAO/Jean Nkurunziza

Les petits producteurs sont le pilier du secteur du thé au Rwanda, dans lequel les femmes jouent un rôle moteur. Un nombre croissant de propriétaires d’exploitations de thé dans le pays sont des femmes. Les femmes représentent également une plus grande part des cueilleurs et des ouvriers dans le secteur. L’objectif étant de développer les activités à valeur ajoutée et les secteurs connexes comme l’agrotourisme, ces chiffres devraient augmenter.

Comme le dit Mohamed Aw-Dahir, Représentant de la FAO au Rwanda, les agricultrices rwandaises comme Bertride Nyiranzigiye font partie de celles que nous célébrons en cette Année internationale des agricultrices: «Au Rwanda, les femmes sont un puissant moteur de la production agricole: elles participent activement à la production, à la gestion des exploitations et à la transformation. Les pouvoirs publics sont d’ailleurs fermement résolus à donner aux agricultrices les moyens d’agir, une entreprise à laquelle la FAO contribue.»

Dans les champs de la région de Nyaruguru – et de nombreuses autres régions du Rwanda –, des femmes et des hommes travaillent côte à côte pour récolter uniquement les feuilles les plus tendres et les plus fraîches situées en haut des théiers, et ce à la main. Ces feuilles seront utilisées pour produire des thés de qualité supérieure qui se vendront à des prix plus élevés et aideront à créer des communautés rurales dynamiques dans tout le pays.

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