Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales
Le Bulletin sur l’offre et la demande de céréales a pour objet de communiquer des prévisions actualisées sur le marché mondial des céréales. Il est complété par une évaluation détaillée de la production ainsi que des conditions de l'offre et de la demande de céréales par pays et par région, publiée dans le bulletin trimestriel Perspectives de récoltes et situation alimentaire. Des analyses plus approfondies des marchés mondiaux des céréales ainsi que d'autres denrées alimentaires de base sont publiées deux fois par an dans les Perspectives de l'alimentation.
Dates de sortie mensuelle pour 2026: 6 février, 6 mars, 3 avril, 8 mai, 5 juin, 3 juillet, 4 septembre, 2 octobre, 6 novembre, 4 décembre.
La production céréalière devrait reculer en 2026 par rapport à son niveau record, le phénomène El Niño accroissant l’incertitude
DATE de pARUTIOn: 03/07/2026

Les dernières prévisions de la FAO concernant la production mondiale de céréales en 2026 sont globalement identiques à celles du mois précédent, l’amélioration des perspectives pour le maïs ayant été contrebalancée par des révisions à la baisse des projections pour le blé. Les prévisions révisées s’établissent à 2 983 millions de tonnes, ce qui représenterait un volume inférieur de 1,9 pour cent au record atteint en 2025, mais tout de même le deuxième volume de production le plus élevé jamais enregistré.
Les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires ont été quelque peu révisées à la hausse et s’élèvent à 1 624 millions de tonnes, soit un peu moins que l’année précédente. Cette hausse s’explique par l’augmentation de la production de maïs attendue, car les estimations officielles récentes provenant de l’Argentine, du Brésil, de la Chine (continentale) et de la Zambie font toutes état de récoltes meilleures qu’initialement prévu, du fait de conditions météorologiques globalement favorables qui ont permis des rendements supérieurs à la moyenne. Ces progrès ont plus que compensé un recul des prévisions de production d’orge en Argentine et dans l’Union européenne. En revanche, les prévisions concernant la production mondiale de blé ont perdu 0,5 pour cent depuis le mois dernier pour s’établir à 806,5 millions de tonnes en 2026, ce qui correspond à une contraction de 4,3 pour cent en glissement annuel. La révision à la baisse est principalement due aux données officielles récemment publiées par l’Australie, qui confirment que la production de blé devrait tomber à un niveau inférieur à la moyenne quinquennale. En effet, il y a davantage de risques que le phénomène El Niño entraîne des précipitations inférieures à la moyenne, ce qui, associé aux coûts élevés des intrants, devrait limiter les semis et les rendements, malgré les pluies qu’ont connues récemment certaines régions du pays. Pour ce qui est du riz, la FAO a revu à la hausse ses prévisions de production pour le Pakistan depuis juin, après la publication d’évaluations officielles qui font état d’une récolte 2025-2026 plus importante que prévu dans le pays. L’assouplissement des restrictions imposées aux cultures, qui s’explique par l’amélioration des stocks d’eau disponibles à des fins d’irrigation, a également tiré vers le haut les perspectives de production de l’Iraq. Néanmoins, ces révisions sont largement contrebalancées par l’abaissement des prévisions pour la Colombie et le Viet Nam, car la superficie des terres emblavées devrait diminuer dans les deux pays. Ainsi, les prévisions tablent désormais sur une production mondiale de riz en 2026-2027 de l’ordre de 552,5 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), soit un niveau presque identique à celui estimé en juin et un recul de 1,8 pour cent par rapport au niveau record de 2025-2026.
Les prévisions concernant l’utilisation mondiale de céréales en 2026‑2027 ont été abaissées de 7,9 millions de tonnes (0,3 pour cent) ce mois-ci et s’élèvent à présent à 2 961 millions de tonnes, soit 8,9 millions de tonnes (0,3 pour cent) de plus qu’en 2025-2026. Malgré une diminution de 4,5 millions de tonnes par rapport aux prévisions de juin, l’utilisation de céréales secondaires devrait tout de même progresser de 8,0 millions de tonnes (0,5 pour cent) en 2026-2027, sous l’effet d’une plus grande utilisation dans l’alimentation animale, en particulier en Amérique du Sud, et dans l’alimentation humaine, surtout en Afrique. L’utilisation mondiale du blé a été réduite de 3,6 millions de tonnes, tombant à 802,5 millions de tonnes, un niveau légèrement inférieur à celui de 2025-2026, principalement en raison d’une utilisation moins importante dans l’alimentation animale en Chine, car le blé devient moins compétitif face à la stabilisation des prix du maïs. L’utilisation mondiale de riz devrait augmenter de 0,9 pour cent en 2026-2027 et atteindre un nouveau pic de 558,2 millions de tonnes, du fait d’une progression de la consommation alimentaire humaine.
À 957,8 millions de tonnes, les prévisions de la FAO concernant les stocks céréaliers mondiaux à la clôture des campagnes en 2027 sont en hausse de 8,8 millions de tonnes par rapport au mois précédent et s’orientent vers une augmentation annuelle de 8,2 millions de tonnes (0,9 pour cent). Les révisions à la hausse des stocks de blé et de céréales secondaires ont plus que compensé une réduction des stocks de riz, ce qui signifie que le rapport stocks/utilisation de céréales en 2027 resterait globalement le même (32,0 pour cent). Les prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales secondaires ont été relevées de 8,7 millions de tonnes par rapport au précédent rapport. Les stocks devraient désormais être supérieurs de 9,3 millions de tonnes (2,4 pour cent) à leurs niveaux d’ouverture, en raison de réserves de maïs et d’orge plus importantes. Les stocks de maïs devraient croître en Chine, où les estimations officielles prévoient une récolte record en 2026, tandis qu’un accroissement modéré est également attendu dans des pays exportateurs comme l’Argentine, le Brésil et le Paraguay, du fait de l’amélioration des perspectives de production. En revanche, en 2026-2027, les États-Unis d’Amérique devraient puiser dans leurs réserves historiquement élevées. Il est également prévu que les stocks d’orge augmentent et s’établissent à 34,3 millions de tonnes à la clôture des campagnes de 2026-2027, après une révision à la hausse de 3,2 millions de tonnes essentiellement due à l’accroissement continu des stocks en Chine. Les prévisions relatives aux stocks mondiaux de blé à la clôture des campagnes de 2026-2027 sont presque identiques à celles du mois dernier. Néanmoins, la progression en glissement annuel devrait désormais être plus prononcée, car les échanges de blé reprennent en cette fin de campagne de commercialisation 2025-2026, ce qui réduit les stocks de report parmi les principaux exportateurs, comme l’Argentine, l’Australie et l’Union européenne, et se traduit par une croissance des stocks mondiaux de blé de 4,8 millions de tonnes (1,4 pour cent) par rapport aux niveaux d’ouverture. Après une légère révision à la hausse par rapport à juin, les stocks mondiaux de riz à la fin de la campagne de commercialisation 2026-2027 s’établiraient à 214,1 millions de tonnes, soit un fléchissement de 2,7 pour cent par rapport à leurs niveaux d’ouverture record, ce volume représentant tout de même le deuxième stock le plus important jamais enregistré. Les pays exportateurs de riz devraient être à l’origine de ce recul, tandis que les reports dans les pays importateurs de riz restent globalement proches des niveaux atteints en 2025-2026, qui étaient les plus élevés depuis sept ans.
Les prévisions de la FAO concernant les échanges mondiaux de céréales en 2026-2027 n’ont guère changé depuis juin et s’élèvent à 507,6 millions de tonnes. Toutefois, les échanges commerciaux soutenus à la fin de la campagne de commercialisation 2025-2026 ont entraîné une révision à la hausse des échanges de blé, de maïs et d’orge. Ainsi, la contraction en glissement annuel des échanges mondiaux de blé en 2026-2027 devrait être plus importante que prévu et atteindre 9,8 millions de tonnes (4,7 pour cent), car la bonne performance commerciale de l’Argentine et de l’Union européenne relève l’estimation mondiale pour 2025-2026 de 3,2 millions de tonnes pour la faire passer à 209,0 millions de tonnes. De même, le fléchissement des échanges d’orge en 2026-2027 devrait désormais représenter 7,0 millions de tonnes (18,8 pour cent), du fait de prévisions plus élevées relatives aux expéditions de l’Australie, du Canada et de l’Union européenne, qui compensent le ralentissement observé en Ukraine à la fin de la campagne. Malgré un recul des expéditions de la Serbie et de l’Ukraine, les estimations des échanges mondiaux de maïs en 2025-2026 ont aussi connu une hausse de 3,0 millions de tonnes, étant donné que l’Argentine et les États-Unis d’Amérique conservent leur part de marché. Le commerce mondial de maïs devrait donc s’intensifier en 2026-2027, mais moins qu’on ne le pensait précédemment, et progresser de 5,0 millions de tonnes (2,5 pour cent) par rapport à la campagne précédente. Le commerce international du riz en 2026 (de janvier à décembre) devrait toujours afficher une diminution de 2,1 pour cent par rapport au niveau record atteint en 2025 et tomber à 59,8 millions de tonnes. La baisse des importations des pays asiatiques devrait expliquer ce léger recul, mais la demande à l’importation pourrait aussi s’affaiblir dans les autres régions, à l’exception de l’Amérique latine et des Caraïbes, de l’Europe et de l’Océanie.Tableaux récapitulatives


