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Champs-Écoles des producteurs sensibles à la nutrition à Kalobeyei au Kenya

Renforcer les capacités des réfugiés et des communautés d’accueil à produire, transformer et consommer des aliments nutritifs dans le comté de Turkana
04/03/2021

L’agriculture est le moyen d’existence principal de la majorité des Kenyans, et elle représente 26 pour cent du produit intérieur brut (PIB). Dans les zones rurales, plus de 70 pour cent de l’emploi informel provient de l’agriculture. Dans les zones arides et semi-arides, les sécheresses récurrentes et les conditions climatiques irrégulières ont entraîné une faible productivité, des pénuries alimentaires et des hausses de prix, qui compromettent gravement les résultats nutritionnels.

En dépit des progrès réalisés ces dernières années, un enfant de moins de cinq ans sur quatre (26 pour cent des enfants) au Kenya souffre de malnutrition chronique, tandis que les taux de malnutrition aiguë chez les enfants restent élevés dans les zones arides et semi-arides. Selon une enquête nutritionnelle menée en 2019 dans le comté de Turkana, situé le long de la frontière ougandaise dans le nord-ouest du Kenya, le taux d’émaciation chez les enfants de moins de cinq ans est de 25,6 pour cent. Des décennies d’aide alimentaire ont contribué à prévenir la famine dans ces régions, mais sans renforcer suffisamment les systèmes alimentaires locaux.

Les déplacements de population et les conflits ont encore aggravé la malnutrition et l’insécurité alimentaire. Le Kenya accueille 494 585 réfugiés et demandeurs d’asile, principalement originaires du Soudan du Sud et de Somalie. Parmi eux, 186 000 vivent dans le comté de Turkana, pour la plupart répartis entre le camp de réfugiés de Kakuma et le camp de Kalobeyei, qui accueille également des réfugiés du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Rwanda.

Les interventions visant uniquement à accroître la production agricole ne se sont pas nécessairement traduites par une amélioration de la nutrition ou du régime alimentaire. Dans ce contexte, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a encouragé la création de champs-écoles des producteurs sensibles à la nutrition, qui proposent des sessions de formation animées par des membres des communautés, portant sur la production végétale et animale, avec des modules nutritionnels supplémentaires d’un mois sur la production, la transformation, la conservation et la préparation culinaire d’aliments riches en éléments nutritifs.

Les champs-écoles des producteurs s’appuient sur les connaissances des agriculteurs en matière de production agricole pour démontrer par la pratique et en plein champ, des activités agricoles fondées sur l’expérience avec la participation des intéressés et sous la direction d’animateurs communautaires. Dans le comté de Turkana, on a intégré la dimension de la nutrition dans ces champs-écoles des producteurs grâce à l’approche suivante:

  • utilisation d’indicateurs de résultats mesurant la qualité des régimes alimentaires;
  • priorité à la production d’aliments de haute valeur nutritionnelle, tels que les légumineuses, les œufs et les légumes;
  • intégration d’une formation nutritionnelle pour aider les ménages à comprendre comment tirer parti de l’augmentation de la production alimentaire et des revenus pour améliorer les régimes alimentaires et prévenir la malnutrition.
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