FAO au Cabo Verde

L’importance de l’interopérabilité dans la réforme des systèmes de protection sociale

L’importance de l’interopérabilité dans la réforme des systèmes de protection sociale (©FAO)
30/03/2026

Praia - Alors que les discussions autour de la protection sociale gagnent en importance au Cabo Verde, le Groupe de travail interinstitutionnel s’affirme comme un interlocuteur de plus en plus actif pour attirer l’attention sur le rôle de l’interopérabilité dans le renforcement de la protection sociale pour le secteur de la pêche.

En janvier, la FAO a organisé un atelier national réunissant des institutions gouvernementales, des associations de pêcheurs et des chercheurs afin d’examiner la protection sociale dans le secteur de la pêche, conformément à la stratégie de Transformation bleue de la FAO visant à renforcer la résilience et à améliorer les conditions de vie des pêcheurs et des travailleurs de la pêche.

L’atelier a mis l’accent sur l’interopérabilité, ou coordination entre systèmes numériques, comme moyen d’assurer une protection sociale plus rapide et accessible à ceux qui en ont le plus besoin.

Le Cabo Verde s’emploie à améliorer la coordination entre les ministères et à développer des systèmes nationaux de données plus intégrés. Ces efforts visent à permettre des flux d’information efficaces entre les institutions concernées, afin de garantir que les pêcheurs aient accès aux programmes auxquels ils ont droit, tout en identifiant les lacunes restantes en matière de risques et de contingences à couvrir.

Le Dr Fábio Veras, chercheur à l’Institut de recherche économique appliquée (IPEA) du Brésil, a souligné qu’à l’échelle mondiale, l’efficacité des systèmes de protection sociale dépend de la capacité des différentes bases de données à communiquer entre elles. Il a noté que la réticence à partager des informations entre institutions demeure un obstacle fréquent, réduisant la précision des données et ralentissant la prestation des services. Selon lui, l’existence d’un identifiant unique entre les systèmes est essentielle pour garantir des prestations exactes et rapides. En son absence, les institutions doivent recourir à des processus manuels, plus lents et moins fiables. S’appuyant sur l’expérience du Brésil, le Dr Veras a également mis en avant l’évolution vers des systèmes d’information sociale dynamiques, capables de se mettre à jour automatiquement, de confirmer l’éligibilité en temps réel et de réduire la charge administrative pour les citoyens.

Il a souligné que des systèmes interopérables permettent de gagner du temps, de réduire les coûts, d’améliorer la qualité des services publics et de favoriser une protection sociale équitable et transparente.

Par ailleurs, M. Esmael Cardoso, responsable du Registre social unifié du Cabo Verde, a indiqué que ce registre contribuera au portail numérique unifié du Gouvernement, en centralisant les informations et en simplifiant l’accès pour les citoyens.

Du point de vue de la transformation numérique, le Dr Otávio Correia, coordinateur des services numériques au Cabo Verde, a présenté l’approche du gouvernement pour la mise en place d’une infrastructure publique numérique nationale. Celle-ci comprend l’identification numérique, une plateforme d’interopérabilité et les paiements numériques. Ces systèmes partagés remplaceront des solutions fragmentées propres à chaque secteur et permettront aux institutions de s’appuyer sur une base numérique commune. Il a insisté sur le fait que cette approche réduit la nécessité pour les usagers de se rendre dans plusieurs administrations et contribue à éviter que les pêcheurs n’abandonnent les démarches en raison de leur complexité ou de leur durée.

La FAO continuera de travailler avec les partenaires nationaux pour appuyer ces efforts, en contribuant à la mise en place de systèmes de protection sociale plus connectés, inclusifs et réactifs, et mieux adaptés aux besoins des pêcheurs et des travailleurs de la pêche à travers le Cabo Verde.