Le travail des enfants dans l'agriculture

Au cours de la semaine du 11 au 13 février 2026, le Gouvernement du Maroc accueillera la Sixième Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants. Placée sous la direction de l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette Conférence constitue un moment charnière pour accélérer l’action mondiale en vue de mettre fin au travail des enfants sous toutes ses formes. 

Malgré les progrès réalisés dans de nombreuses régions, plus de 138 millions d’enfants dans le monde sont encore engagés dans le travail des enfants, privés de leur droit fondamental à une enfance sûre et protégée. L’agriculture demeure au cœur du défi : 61 pour cent de l’ensemble du travail des enfants se situe dans le secteur agricole, touchant des millions d’enfants à travers les systèmes agroalimentaires.

La Conférence réunira à Marrakech des gouvernements, des institutions financières internationales, des partenaires sociaux, la société civile, des groupes de réflexion, le monde universitaire et le secteur privé afin de renforcer l’action collective et d’appeler à l’intensification de solutions efficaces. 

S’appuyant sur l’Appel à l’action de Durban, qui a placé l’élimination du travail des enfants dans l’agriculture au centre de l’agenda mondial, cette sixième édition marque une avancée décisive. Les participants évalueront les progrès accomplis, renouvelleront les engagements et renforceront la redevabilité afin de mobiliser des ressources et de faire progresser des solutions intégrées qui protègent les enfants les plus vulnérables – fondées sur l’éducation, le travail décent, la protection sociale, le développement rural et la numérisation.

Coup de projecteur sur l’agriculture

Le travail des enfants se concentre massivement dans l’agriculture : 85 millions de garçons et de filles sont actuellement engagés dans le travail des enfants dans la production végétale, l’élevage, la foresterie, la pêche ou l’aquaculture, travaillant souvent de longues heures et dans des conditions dangereuses. 

27/01/2026

Cette note d’information statistique examine l’ampleur, les caractéristiques et les facteurs déterminants du travail des enfants dans l’agriculture, en s’appuyant sur les Estimations mondiales OIT–UNICEF 2024. Elle montre que l’agriculture demeure le secteur employant la majorité des enfants en situation de travail des enfants dans le monde, avec une prévalence particulièrement élevée chez les jeunes enfants et dans les contextes ruraux, à faible revenu et touchés par les crises.

La 6ᵉ Conférence mondiale reconnaît l’importance de mettre l’accent sur le secteur agricole à travers les événements dédiés suivants : 

Session thématique de haut niveau : De l’engagement à l’impact – Intensifier les solutions pour mettre fin au travail des enfants dans l’agriculture 
Diffusion en direct disponible ici

11 février, 11 h 15 – 13 h 00 (CET)

Événement parallèle conjoint FAO–OIT : Transformer la pêche et l’aquaculture pour mettre fin au travail des enfants – sous l’égide du Partenariat international de coopération sur le travail des enfants dans l'agriculture 

11 février, 16 h 30–17 h 30 (CET)

Session interactive FAO–Banque mondiale : Investir dans le changement – Mobiliser les investissements et le rôle des IFI pour mettre fin au travail des enfants dans l’agriculture

12 février, 16 h 30–18 h 30 (CET) 

Foire de l’innovation : Session sur DIGICHILD et REEFI

11–13 février


Animées par la FAO, ces sessions visent à : 

  • METTRE EN VALEUR des solutions innovantes ayant fait leurs preuves ;
  • AMPLIFIER les voix et les engagements des acteurs des systèmes agroalimentaires ;
  • ACCROÎTRE les investissements et les approches efficaces, tout en identifiant des pistes pour intensifier une action coordonnée. 

Ensemble, ces échanges contribueront à impulser des changements concrets là où les besoins sont les plus urgents.

Ressources pour les réseaux sociaux. Faites passer le message sur #MettreFinAuTravailDesEnfants

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28/01/2026

En proposant des indicateurs et des orientations spécifiquement adaptés à l’agriculture et à ses sous-secteurs, cette publication sert d’outil de conception de projets visant à renforcer l’évaluation des risques liés au travail des enfants, en tenant compte des spécificités de ces secteurs et des contextes ruraux.

10/10/2025

Ces lignes directrices présentent les facteurs déterminants du travail des enfants, les cadres internationaux et nationaux qui le traitent, ainsi que les stratégies et pratiques pouvant être adaptées à différents contextes.

Messages clés pour les partenaires 

  • DÉVELOPPEZ VOS COMPÉTENCES SUR LE TRAVAIL DES ENFANTS DANS L’AGRICULTURE 
    Les agents de vulgarisation peuvent demander et participer à des formations sur la prévention et l’élimination du travail des enfants dans l’agriculture. Les outils et supports pratiques existants, tels que les guides visuels et le contenu de conseil en ligne, peuvent être adaptés pour le terrain afin de les aider à communiquer efficacement avec les agriculteurs et les communautés.
  • S’ENGAGER, CONSEILLER ET SOUTENIR
    En tant qu’interlocuteurs de confiance, les agents de vulgarisation peuvent dialoguer avec les producteurs, les coopératives et les familles pour identifier et promouvoir des alternatives au travail des enfants, encourager l’emploi décent des jeunes ruraux et faciliter les programmes de transition école-travail pour les adolescents.
  • S’ASSOCIER AUX INSPECTIONS DU TRAVAIL
    Les agents de vulgarisation peuvent compléter le travail des inspections du travail, en particulier dans les zones reculées où l’accès des inspecteurs est limité. Leur approche de conseil permet de promouvoir le respect volontaire, de renforcer la confiance et d’encourager l’adoption de pratiques plus sûres. 
  • ÉTABLIR DES PARTENARIATS AVEC LA SOCIÉTÉ CIVILE ET LES ORGANISATIONS COMMUNAUTAIRES 
    En collaborant avec les organisations locales, les services de vulgarisation peuvent renforcer leur capacité d’action et s’assurer que les stratégies de prévention du travail des enfants sont pertinentes localement et durables. 
  • APPELER À PLUS DE RESSOURCES 
    Pour être efficaces, la sensibilisation et la formation doivent s’accompagner d’un soutien structurel, incluant l’accès à l’éducation, la protection sociale, des prix agricoles équitables et des opportunités d’emploi décent pour adultes et jeunes. Les agents de vulgarisation peuvent identifier les familles à risque et plaider pour les ressources financières et techniques nécessaires afin de réduire leur dépendance au travail des enfants.

  • RECONNAÎTRE LA DIVERSITÉ DU TRAVAIL DES ENFANTS 
    Adapter les interventions aux sous-secteurs spécifiques (cultures, pêche et aquaculture, foresterie, élevage). Il est crucial de disposer de données ventilées par secteur pour que les interventions soient adaptées aux caractéristiques, besoins et défis uniques de chaque sous-secteur.
  • LA SENSIBILISATION EST ESSENTIELLE
    Intégrer la prévention du travail des enfants dans les politiques et programmes agricoles, et soutenir les solutions communautaires qui s’attaquent aux causes profondes tout en créant les conditions favorables à des pratiques plus sûres et durables. 
  • RÉDUIRE LA PAUVRETÉ RURALE 
    Soutenir les petits producteurs pour accroître leur productivité et renforcer leurs moyens de subsistance, diversifier les revenus, accéder aux connaissances techniques et aux marchés, et renforcer les coopératives. Des investissements ciblés, basés sur les droits, et incluant le genre et la jeunesse dans des systèmes agroalimentaires durables peuvent réduire la dépendance au travail des enfants. 
  • ASSURER LA COLLABORATION INTERMINISTÉRIELLE 
    Éliminer le travail des enfants dans l’agriculture nécessite une action coordonnée entre les ministères compétents, tels que le travail, l’agriculture, l’éducation, la protection sociale, la santé et l’environnement. Mettre en place des mécanismes institutionnels facilitant la collaboration, le partage des données et le renforcement des capacités conjointes peut améliorer la conception et la mise en œuvre d’interventions efficaces dans les zones rurales et à haut risque. 
  • SE CONCENTRER SUR LES POINTS D’ENTRÉE CLÉS 
    Les ministères de l’agriculture peuvent lutter contre le travail des enfants en intégrant le travail des enfants et la sécurité au travail dans les services de vulgarisation, en soutenant l’emploi des jeunes et la transition école-travail, en promouvant les technologies économes en travail, et en reliant la gestion des ressources climato-intelligente à une protection sociale ciblée.

  • FAIRE ENTENDRE VOTRE VOIX 
    Les producteurs et leurs organisations peuvent plaider pour l’inclusion des préoccupations liées au travail des enfants dans les politiques et plans agricoles, sectoriels et de développement local. Leur participation au dialogue politique garantit que les perspectives des agriculteurs influencent les engagements nationaux et les solutions pratiques. 
  • SOUTENIR LES FAMILLES 
    Les organisations de producteurs peuvent renforcer les compétences des travailleurs adultes, améliorer les moyens de subsistance et aider les familles agricoles à devenir plus résilientes. En s’associant aux communautés, elles peuvent étendre leur action auprès des groupes marginalisés tels que les travailleurs sans terre, les femmes agricultrices, les familles migrantes et les communautés autochtones.
  • RENFORCER LA VISIBILITÉ
    Les organisations de producteurs ont un accès direct aux zones rurales et isolées et peuvent jouer un rôle clé dans l’identification du travail des enfants au sein des chaînes d’approvisionnement. Grâce à la sensibilisation, l’apprentissage par les pairs et la diffusion de bonnes pratiques, elles peuvent aider les communautés à reconnaître et à agir contre le travail des enfants.
  • SEMÉR LES GRAINES DU FUTUR
    Le futur de l’agriculture et la base d’adhésion des organisations de producteurs dépendent de l’attraction et de la fidélisation des jeunes travailleurs dans des emplois décents. Les organisations peuvent promouvoir la formation des jeunes, le mentorat et l’entrée sécurisée dans les professions agricoles tout en renforçant la perception de l’agriculture comme secteur moderne et valorisant. 
  • L’INNOVATION ET LA SÉCURITÉ SONT ESSENTIELLES 
    En soutenant les agriculteurs dans l’adoption de technologies économes en travail et plus sûres, les organisations de producteurs peuvent réduire la dépendance au travail des enfants et créer de meilleures conditions pour les jeunes et les adultes. Les innovations qui améliorent l’efficacité et la sécurité contribuent directement à des systèmes agricoles durables et exempts de travail des enfants.

  • RÉDUIRE LE TRAVAIL DES ENFANTS CONCERNE LES ENTREPRISES GRANDES ET PETITES 
    Éliminer le travail des enfants n’est pas seulement une obligation légale, mais aussi une stratégie commerciale solide, renforçant l’accès au marché, la productivité et la réputation.
  • LA COLLECTE DE DONNÉES ET L’ÉVALUATION DES RISQUES SONT CLÉS
    Bien que le travail des enfants soit surtout présent dans les maillons inférieurs des chaînes de valeur agroalimentaires, il peut aussi apparaître à toutes les étapes et au sein des communautés productrices. La première étape consiste à collecter des données et à évaluer les risques pour savoir où et pourquoi le travail des enfants se produit ou pourrait se produire. 
  • UN « MIX INTELLIGENT » ENTRE APPLICATION DE LA LOI ET SOUTIEN AUX MOYENS DE SUBSISTANCE 
    La collaboration le long de la chaîne de valeur est essentielle. Les entreprises peuvent combiner interdiction et soutien aux moyens de subsistance en promouvant des prix et salaires équitables, en soutenant les organisations de producteurs et en investissant dans l’éducation, le travail décent des jeunes et la protection sociale. 
  • SURVEILLER 
    Les entreprises doivent cartographier où et pourquoi le travail des enfants peut se produire dans leurs chaînes de valeur et concevoir des réponses ciblées. Un suivi régulier utilisant l’observation directe, les approches communautaires et les outils numériques garantit un impact réel. S’associer à des acteurs locaux, tels que les organisations de producteurs, ONG et services de vulgarisation, renforce ces efforts. 
  • AMPLIFIER LES EFFORTS D’ÉLIMINATION DU TRAVAIL DES ENFANTS 
    Les entreprises doivent adopter des stratégies intégrant l’investissement responsable dans l’agriculture (ex. CFS RAI, PRAI) et des partenariats public-privé ayant pour objectif direct l’élimination du travail des enfants, afin d’accéder aux ressources nécessaires pour créer un cercle vertueux de chaînes de valeur sans travail des enfants et de développement durable.

  • RECONNAÎTRE QUE LES INVESTISSEMENTS NE SONT PAS NEUTRES VIS-À-VIS DU TRAVAIL DES ENFANTS 
    Les investissements peuvent réduire ou, involontairement, accroître le travail des enfants. Intégrer des évaluations des risques liés au travail des enfants dans les processus de diligence raisonnable pour maximiser les impacts positifs tout en minimisant les risques. 
  • APPLIQUER UNE APPROCHE « TRAVAIL DES ENFANTS » À VOTRE PORTFOLIO AGRICOLE 
    Réaliser des évaluations systématiques des risques liés au travail des enfants dans tous les projets financés, intégrer des mesures de protection et suivre les résultats. 
  • ALLER PLUS LOIN EN RESSOURCES 
    Allouer des financements dédiés pour renforcer les capacités du personnel et mettre en œuvre des activités visant à prévenir et traiter les causes profondes du travail des enfants. Envisager des indicateurs de performance clés et des incitations qui privilégient les résultats sans travail des enfants. 
  • DIRIGER VOS CAPITAUX LÀ OÙ ILS SONT LE PLUS NÉCESSAIRES 
    Cibler les interventions sur les ménages, chaînes de valeur et régions à haut risque, en engageant les acteurs agroalimentaires et du travail dans la conception des programmes. 
  • UTILISER VOTRE VOIX POUR FAIRE ÉVOLUER LES CHOSES 
    Plaider pour des politiques intégrées couvrant l’éducation, le travail, la protection sociale et le développement rural. Partager les enseignements pour influencer d’autres investisseurs et promouvoir un changement sectoriel plus large. 

  • SENSIBILISER AUX RISQUES LIÉS AUX PESTICIDES 
    L’agriculture fait partie des secteurs les plus dangereux, l’exposition aux pesticides présentant de graves risques. Comme le travail des enfants est concentré dans l’agriculture, prévenir l’exposition des enfants aux pesticides doit être une priorité, l’utilisation de pesticides étant interdite aux moins de 18 ans. 
  • LES ENFANTS SONT LES PLUS VULNÉRABLES 
    L’exposition aux pesticides n’est pas uniforme, les enfants étant particulièrement vulnérables pour des raisons biologiques et socio-économiques. Ils peuvent être exposés directement ou indirectement, avec des impacts développementaux à long terme, rendant la sensibilisation à plusieurs niveaux essentielle pour réduire ces risques. 
  • TOUT LE MONDE A UN RÔLE À JOUER 
    Éliminer les dangers liés aux pesticides et le travail des enfants nécessite l’engagement de divers acteurs, producteurs, travailleurs, chercheurs, éducateurs, acteurs du travail et régulateurs, à tous les niveaux. Une action coordonnée et une plus grande visibilité des pratiques réussies peuvent créer un élan et étendre des solutions durables et potentiellement révolutionnaires. 
  • FAIRE FACE AUX DÉFIS DE SANTE ET SECURITE AU TRAVAIL DANS L’AGRICULTURE 
    Dans les zones rurales isolées, les agriculteurs sont souvent hors du champ de la législation du travail et n’ont pas accès aux services de santé, à la formation, à l’information et aux équipements de protection individuelle. Promouvoir la santé et sécurité au travail (SST) et appliquer la législation SST en agriculture est essentiel pour réduire les risques liés aux pesticides. 
  • BESOIN DE DONNÉES FIABLES 
    Les décès, blessures et maladies professionnelles en agriculture sont souvent sous-déclarés ou mal diagnostiqués. Les données fiables sur l’exposition aux pesticides, les incidents et les scénarios à haut risque font défaut en raison de définitions de cas limitées, d’une mauvaise traçabilité, de la sous-déclaration par les professionnels de santé et de l’accès restreint aux soins en milieu rural.

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28/01/2026

Ce manuel propose des orientations pratiques pour renforcer la collaboration entre les acteurs du travail et des systèmes agroalimentaires afin de prévenir et d’éliminer le travail des enfants dans l’agriculture. Il s’attaque à une lacune majeure de mise en œuvre en positionnant le travail des enfants dans l’agriculture à la fois comme une question de travail et de développement rural, et en promouvant une action coordonnée et intersectorielle sur ses causes structurelles.