Regards sur la FAO: Tirer l’humanité vers le haut grâce à la science et à l’innovation
Tengeru, Tanzanie – Un opérateur de drone fait voler un drone sur une ferme à Tengeru, près de la ville d’Arusha. © FAO / Eduardo Soteras
La FAO renforce actuellement le lien entre la science, la recherche et le développement en promouvant des outils pratiques et des orientations sur les politiques conçus pour faire véritablement avancer les choses sur le terrain.
Les conflits, la crise climatique, les difficultés économiques et une population mondiale croissante font peser une immense pression sur nos systèmes agroalimentaires, qu’il est nécessaire de transformer de toute urgence pour les rendre plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables.
La science et l’innovation offrent des solutions auxquelles on peut recourir pour relever ces défis.
Le Directeur général de la FAO, M. Qu Dongyu, scientifique de formation, a déclaré cette année, lors du Forum de la science et de l’innovation, un des trois piliers du Forum mondial de l’alimentation de la FAO: «Je crois que la science et l’innovation ont le pouvoir de tirer l’humanité vers le haut, en particulier les populations vulnérables, car ces outils ont un bon rapport coût-efficacité».
L’édition 2024 du Forum portait sur les moyens qui permettraient de mettre à la disposition de tous les agriculteurs, en particulier les petits exploitants, des technologies de pointe, notamment l’édition génomique et l’intelligence artificielle. À cette occasion, deux rapports ont été lancés – un rapport consacré aux technologies numériques favorisant la participation des jeunes à la transformation des systèmes agroalimentaires et un rapport de prospective sur les technologies émergentes au service d’une agriculture durable – ainsi qu’un Programme de mentorat accéléré destiné à des PME dirigées par des femmes en Afrique.
En outre, deux lauréats de prix Nobel sont intervenus lors du Forum de la science et de l’innovation: M. Michael Kremer, lauréat du prix Nobel d’économie, qui a fait un exposé sur le rôle de la méthode expérimentale dans le cadre de la mise au point d’innovations, de la production de données probantes sur leur impact et leur rapport coût-efficacité et de la transposition à plus grande échelle de celles qui fonctionnent le mieux dans le but d’en faire bénéficier des millions de personnes; et M. Carlos Nobre, lauréat du prix Nobel de la paix, qui a parlé du fait qu’il était important de veiller à ce que, dans les systèmes agroalimentaires, la science et l’innovation soient inclusives et profitent aux communautés marginalisés, en particulier dans les régions les plus touchées par le changement climatique.
Une place prépondérante a été accordée à la science, à la technologie et à l’innovation sous la direction de M. Qu Dongyu.
Fidèle à sa promesse de renforcer la position de la FAO en tant que pôle de connaissances, le Directeur général a créé un poste inédit, celui de Scientifique en chef de la FAO, pour asseoir la validité scientifique des interventions de l’Organisation. Le Bureau de l’innovation, créé en 2019, veille à ce que la FAO intègre systématiquement l’innovation dans ses programmes, facilite la collaboration entre l’ensemble des unités de l’Organisation et contribue à établir et à renforcer des partenariats porteurs de transformation.
La Stratégie de la FAO en matière de science et d’innovation, qui contient des orientations favorisant la cohérence et l’alignement à l’échelle de l’Organisation, sert de cadre pour les activités de promotion de la science, de la technologie et de l’innovation. La Stratégie est fondée sur sept principes directeurs, notamment la nécessité de favoriser l’égalité des genres, de s’appuyer sur des données probantes et des considérations éthiques et de répondre à de vrais besoins. Elle s’articule autour de trois piliers: renforcer la prise de décisions fondée sur des données scientifiques et probantes, soutenir l’innovation et les technologies aux niveaux régional et national et renforcer les capacités de la FAO afin qu’elle puisse mieux servir ses membres. Deux facteurs de réussite sont intégrés à ces trois piliers: des partenariats porteurs de transformation et un mode de financement novateur.
La science et l’innovation dans les situations d’urgence et au service des agriculteurs ruraux
La FAO s’intéresse particulièrement à l’application de la science et de l’innovation dans les situations d’urgence et les foyers de famine.
Les évaluations réalisées à partir de données satellitaires produites par la FAO et le Centre satellitaire des Nations Unies (UNOSAT) ont, par exemple, été essentielles pour montrer les dégâts de plus en plus importants qu’ont subis les terres agricoles et les infrastructures agricoles dans la bande de Gaza en raison du conflit, lesquels ont accentué la crise humanitaire et la famine.
En outre, la FAO réalise régulièrement des évaluations de l’impact du conflit sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance agricoles en Ukraine. En l’occurrence, la FAO ne se contente pas d’apporter son soutien aux agriculteurs, elle contribue également à la préservation de la biodiversité en aidant à protéger le système de banques de gène du pays, qui est gravement menacé.
La science et l’innovation aident également les agriculteurs des communautés rurales à faire face aux effets de la crise climatique.
Au Timor-Leste, par exemple, la FAO contribue à la transformation de l’agriculture et crée des emplois verts en formant des agriculteurs afin qu’ils puissent, comme Pascoal da Costa Fernandes, adopter des pratiques agroécologiques, accroître la productivité et renforcer la résilience face au changement climatique.
Au Burundi, les efforts menés par la FAO pour mettre en place des partenariats porteurs de transformation et des méthodes de financement novatrices ont aidé des agricultrices, notamment Jacqueline Hakizimana, à augmenter leurs revenus en créant une coopérative locale qui leur a donné un meilleur accès aux marchés.
Enfin, au Liban, la FAO a participé à la création d’écoles d’entrepreneuriat agricole dont l’objectif est de faire acquérir à des agriculteurs les compétences dont ils ont besoin pour gérer plus efficacement leurs activités agricoles, mieux répondre à la demande des marchés et accroître la rentabilité.
Gauche/Droite : Utilisation des techniques nucléaires dans l’alimentation et l’agriculture (programme FAO/AIEA). Multiplication in vitro des plantes, travail en laboratoire.
© FAO / Eduardo Soteras
Partenariats et technologies de pointe
Les partenariats avec des établissements universitaires et des instituts de recherche permettent d’améliorer considérablement les capacités de la FAO à éliminer la faim et la malnutrition et à aider ses membres à concrétiser les quatre améliorations (en matière de production, de nutrition, d’environnement et de conditions de vie), aux fins de la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et des objectifs de développement durable (ODD).
La création de cours de formations sur les quatre améliorations, une initiative lancée récemment pour élargir la portée de l’action de la FAO et ses partenariats avec le monde universitaire afin de contribuer à la transformation des systèmes agroalimentaires mondiaux, illustre ce type de collaboration.
Atoms4Food (L’atome pour l’alimentation) est une autre initiative phare, qui est menée en collaboration avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Un des principaux projets prévus dans ce cadre consiste à envoyer dans l’espace des graines d’Arabidopsis et de sorgho afin de réaliser une expérience visant à mettre au point des variétés résilientes qui permettent de produire suffisamment de nourriture pour faire face à la crise climatique. Le partenariat entre la FAO et l’AIEA, qui n’a pas d’équivalent dans le système des Nations Unies, a célébré cette année son 60e anniversaire.
En outre, la FAO a intégré des technologies d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique dans nombre de ses produits et est le premier organisme des Nations Unies à fonctionner de manière entièrement numérique.
Toutefois, la principale priorité de la FAO reste de veiller à ce que les progrès en matière de science, de technologie et d’innovation soient accessibles à tous, car ils sont essentiels dans l’optique de la disponibilité, de l’accessibilité et de l’abordabilité des aliments.
Comme l’a affirmé Mme Beth Crawford, Scientifique en chef par intérim de la FAO, lors du Forum de la science et de l’innovation 2024: «La science et l’innovation sont la pierre angulaire de la révolution des systèmes agroalimentaires mondiaux. Elles sont le moteur de la réalisation des objectifs de développement durable. Toutefois, nous ne pourrons pas réaliser de progrès significatifs tant que nous n’aurons pas fait en sorte que chacun, et en particulier les personnes les plus vulnérables, bénéficient des mêmes possibilités et du même accès».
Video
Safeguarding the lives of fishers through innovative and climate-resilient boats
FAO applied new technology and innovation to build climate-resilient boats that are safer, more fuel efficient, and more stable in rough seas, safeguarding the lives of Sri Lankan fishers