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Économies locales, Entrepreneuriat et Champs-écoles des producteurs

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Pourquoi relier les CEPs au développement entrepreneurial et aux liens avec les marchés ?

Les petits producteurs prennent chaque jour des décisions concernant la production, les intrants, la main-d’œuvre, le calendrier, les risques, les ventes, les investissements et l’utilisation des ressources du ménage, souvent dans des conditions difficiles et changeantes. Leurs priorités peuvent inclure l’obtention de meilleurs revenus, l’amélioration de la sécurité alimentaire, la réduction des risques, le soutien à leur famille et la construction de moyens d’existence plus sûrs. Pour certains, cela signifie également s’insérer davantage sur les marchés.
Dans ce contexte, les connaissances en matière de production ne suffisent souvent pas à elles seules. Les producteurs peuvent également avoir besoin d’un appui pour évaluer les opportunités, comparer les options, gérer les risques et prendre des décisions qui reflètent leurs propres réalités, priorités et objectifs.

Comment les Champs-écoles des producteurs intègrent-ils les composantes liées à l’entrepreneuriat et aux marchés 

Les Champs-écoles des producteurs (CEPs) peuvent jouer un rôle important dans ce processus. Bien que les CEPs soient traditionnellement associés à un apprentissage axé sur la production, ils aident aussi les producteurs à développer des compétences pratiques plus larges. Grâce à l’observation, à l’expérimentation et à l’apprentissage en groupe, les producteurs peuvent tester de nouvelles idées, les adapter à leur propre contexte et mieux comprendre comment les choix de production sont liés à la saisonnalité, au calendrier, à la demande et aux opportunités de marché.

De nombreux programmes CEPs ont également été liés, adaptés ou élargis afin de renforcer les capacités entrepreneuriales des producteurs et leur insertion sur les marchés, de différentes manières. Dans certains cas, les activités entrepreneuriales et commerciales sont intégrées directement dans le cycle CEPs. Dans d’autres, elles sont introduites au moyen d’approches complémentaires, d’un appui de suivi, d’outils, de partenariats ou de dispositifs de projet plus larges. La combinaison dépend du contexte, des contraintes auxquelles les producteurs sont confrontés, des opportunités disponibles et du système d’appui plus large autour du groupe.

Il n’existe pas de modèle unique qui fonctionne partout. Différentes combinaisons de CEPs, de développement entrepreneurial et d’appui aux liens avec les marchés peuvent aider les producteurs à atteindre des résultats plus solides et plus résilients en matière de moyens d’existence, tout en contribuant aux quatre améliorations : une meilleure production, une meilleure nutrition, un meilleur environnement et une vie meilleure. En pratique, ces dimensions sont souvent étroitement liées, et les producteurs doivent gérer à la fois les synergies et les compromis lorsqu’ils s’engagent dans des opportunités entrepreneuriales et commerciales.

Les travaux en cours dans ce domaine thématique s’inscrivent directement dans la nouvelle ambition de la FAO pour les Champs-écoles des producteurs, dans laquelle des économies agroalimentaires locales prospères sont identifiées comme l’un des trois domaines d’impact interconnectés. Il ne s’agit pas de transformer les CEPs en un modèle de formation à l’entrepreneuriat, mais de mieux comprendre comment elles peuvent aider les producteurs à relier l’apprentissage sur le terrain à des opportunités viables en matière de moyens d’existence, d’entreprise et de marché.

Ce travail examine la manière dont différents programmes combinent les CEPs avec l’appui au développement entrepreneurial et aux liens avec les marchés, sans partir du principe qu’une seule méthodologie convient à tous les contextes. Certaines initiatives s’appuient sur des approches structurées telles que les Écoles d’entrepreneuriat agricole, les Écoles de marché pour les producteurs, les Écoles d’entrepreneuriat agricole pour l’autonomisation des femmes ou l’approche d’autonomisation et de promotion de l’horticulture des petits producteurs. D’autres adaptent des supports de vulgarisation gouvernementaux, combinent plusieurs outils ou développent leurs propres méthodes pour répondre à des produits spécifiques, à des opportunités de marché, à des partenaires institutionnels ou aux besoins des producteurs. L’objectif est de tirer des enseignements de cette diversité et d’identifier des moyens pratiques de relier les CEPs à des opportunités viables en matière de moyens d’existence, d’entreprise et de marché, sans compromettre les principes non négociables qui font l’efficacité des CEPs.


Exemples de terrain

Les CEPs et les approches connexes ont été adaptées dans différents contextes afin de renforcer les capacités entrepreneuriales et l’engagement sur les marchés. Au Népal, la FAO a formé des facilitateurs techniques pour appuyer le développement de l’agribusiness et les liens avec les marchés. Au Kenya, la FAO a travaillé avec KALRO et la GIZ sur des approches d’Écoles d’entrepreneuriat agricole dans les zones productrices de pomme de terre. En Afrique de l’Ouest francophone, les CEPs ont intégré des modules sur la qualité et la commercialisation, notamment la sécurité sanitaire des aliments, la qualité des produits, l’étude de marché et le développement d’entreprise.

D’autres approches se concentrent sur des groupes ou des chaînes de valeur spécifiques. L’École d’entrepreneuriat agricole pour l’autonomisation des femmes, développée par la FAO avec KIT et CARE, soutient l’autonomisation économique des femmes rurales en renforçant leurs capacités à développer des entreprises rentables et à s’insérer dans les chaînes de valeur, tout en abordant les relations de genre au sein des ménages, des communautés et des marchés. La GIZ a développé des approches d’Écoles d’entrepreneuriat agricole pour le cacao, le coton et d’autres cultures commerciales.
L’objectif est de tirer des enseignements de cette diversité et d’identifier des moyens pratiques de relier les FFS à des opportunités viables en matière de moyens d’existence, d’entreprise et de marché, sans compromettre les principes non négociables qui font l’efficacité des CEPs.