La FAO dévoile un nouvel outil en libre accès fondé sur des données tirées des recensements agricoles

L’évaluation des tendances agricoles dans le monde rendue plus aisée grâce à un nouveau domaine de FAOSTAT

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Suivi des propriétés agricoles.

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24/05/2022

Rome - Les décideurs et les chercheurs qui les conseillent disposent désormais d'un nouvel outil puissant.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a enrichi FAOSTAT, la base de données agricoles la plus vaste au monde, d’un important nouveau domaine qui facilitera grandement la comparaison et l’évaluation des tendances historiques des structures agricoles de l’ensemble des pays Membres.

Portail de données en libre accès faisant fonction de bien public mondial, FAOSTAT rassemble et harmonise une foule de données sur la production, le commerce et la consommation dans le secteur agricole, qui est de loin le principal secteur économique mondial en termes d’emploi et de soutien aux moyens d’existence. Ces dernières années, la FAO a intégré à cette base un éventail de plus en plus large d’informations cruciales sur les émissions de gaz à effet de serre, l’affectation des terres, le couvert forestier et l’investissement. Elle les complète aujourd’hui par des «Données structurelles issues des recensements agricoles», qui s’appuient sur des rapports nationaux détaillés indiquant, entre autres, la taille des exploitations agricoles, qui y travaille et quels en sont propriétaires.

«Ces données ne sont disponibles nulle part dans le monde», a déclaré Jairo Castano, Statisticien en chef et responsable du Programme mondial du recensement de l’agriculture de la FAO, qui a mené ce projet à bonne fin. «Il s’agit d’informations précieuses remontant du terrain, fondées sur les exploitations réelles – toutes les exploitations partout dans le monde.»

Le nouveau domaine permettra d’accéder rapidement aux informations recueillies par les recensements agricoles nationaux: nombre d’exploitations agricoles dans un pays, taille des exploitations, régime foncier déterminant l’appartenance des terres, sexe de l’exploitant, ou encore nombre de personnes vivant et travaillant sur les exploitations.

«Grâce à ces informations, les décideurs pourront comparer la structure agricole d’un pays avec celle d’un autre pays ou d’une région, et les chercheurs pourront analyser, par exemple, la distribution des tailles d’exploitation dans un pays ou dans le monde», a encore indiqué M. Castano.

Quelques points à retenir

La Fédération de Russie est le pays où les exploitations agricoles occupent la plus vaste superficie totale (451 millions d’hectares), suivie par l’Australie, les États-Unis d’Amérique et le Brésil.

La Russie affiche également le ratio le plus élevé du nombre d’exploitations – de toutes tailles – pour 1 000 habitants, suivie par la Chine, le Viet Nam et l’Inde.

Le pays où la taille d’exploitation moyenne est la plus élevée est l’Australie, suivie d’assez loin par l’Islande, l’Argentine, l’Uruguay, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la République tchèque.

Parmi les pays qui ont effectué un recensement, les plus petites tailles d’exploitation moyennes déclarées sont celles des Palaos, du Bangladesh et de l’Égypte.

En Lituanie, en Lettonie et en Eswatini, 40 pour cent ou plus des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes. Cette proportion n’est supérieure à 50 pour cent nulle part.

Dans huit pays, 60 pour cent ou plus des terres agricoles sont louées et non exploitées par leurs propriétaires. Exception faite des Îles Mariannes du Nord, ces terres sont toutes situées en Europe, et notamment en Allemagne et en France.

La France, l’Uruguay, Guam, l’Afrique du Sud, la République tchèque et l’Islande sont les pays où la part des exploitations gérées par des personnes morales – sociétés, coopératives ou organismes publics – est la plus élevée, mais celle-ci dépasse rarement 10 pour cent. Cependant, si l’on se réfère non plus au nombre d’entités individuelles mais à la superficie, ce sont plus de deux tiers des exploitations qui sont contrôlées par des personnes morales en Namibie, en Slovaquie, à Maurice, en Tchéquie et en Bulgarie, suivies de près par le Pérou et la Hongrie.

Dans des pays tels que le Brésil, le Viet Nam, l’Uruguay et la République de Corée, une majorité des membres des familles qui vivent sur les exploitations agricoles travaillent effectivement dans l’agriculture. Cette tendance est en hausse dans ces pays ainsi qu’au Burkina Faso, au Myanmar et au Japon.

L’importance des recensements

La diversité manifeste des structures agricoles mise en évidence par ces classements souligne l’importance de mener des politiques personnalisées, et ces politiques peuvent être améliorées grâce aux données historiques qui figurent dans le nouveau domaine de FAOSTAT. Celui-ci couvre actuellement les recensements de 1990, 2000 et 2010 et sera bientôt complété par les données de 2020, dès qu’elles seront disponibles.

La Division de la statistique de la FAO se lancera également dans des travaux de numérisation, d’exploration de texte et de téléchargement de données historiques dont certaines remontent aux années 30 et furent recueillies à l’origine par l’Institut international d’agriculture, l’organisme dont la FAO a repris le rôle à sa création en 1945. 

Si ce nouveau domaine de FAOSTAT offre un outil puissant et accessible à tous, il faut savoir qu’il repose sur les données recueillies par un programme supervisé par la FAO dans le cadre du Programme mondial du recensement de l’agriculture.

Préalablement au déploiement de ce nouvel outil en libre accès, les experts de la FAO ont effectué de minutieux calculs pour déterminer dans quelles proportions les petits exploitants contribuent à nourrir le monde. À mesure que le domaine sera abondé par de nouvelles données, la FAO comme les autorités publiques et les chercheurs des pays Membres auront plus de facilité pour effectuer des analyses plus détaillées et plus pertinentes pour les politiques.

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