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À vos marques, prêts, anticipez!


Cinq actions anticipatoires qui sauvent en cas de situation d’urgence

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Lorsque des alertes rapides ont été émises au Bangladesh à l’approche d’une inondation, la FAO, les autorités et d’autres partenaires ont aidé les communautés à se préparer et à se protéger avant le plus fort de la crue. ©FAO/Fahad Kaizer

08/07/2025

De nombreuses catastrophes, qu’elles soient d’origine humaine ou liées au climat, sont imprévisibles. Toutefois, on peut aujourd’hui prévoir de plus en plus de catastrophes car les systèmes d’alerte rapide ne cessent de s’améliorer. Ces alertes doivent être entendues. Lorsque l’on agit en amont, il est plus facile de limiter les effets dévastateurs des catastrophes sur les populations et les communautés, quel que soit le lieu.

Étant donné que les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et que les besoins humanitaires s’intensifient, il est plus crucial que jamais de tirer le maximum de chaque dollar investi. Dans cette perspective, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) promeut l’action anticipatoire, afin d’aider les personnes en situation de vulnérabilité à avoir une longueur d’avance et à tenir le coup.

Dans le domaine de la sécurité alimentaire et dans le secteur agricole, l’action anticipatoire consiste à intervenir tôt afin de protéger les biens et la capacité d’agir des agriculteurs, des pêcheurs et des éleveurs lorsqu’une catastrophe frappe et de préserver leur capacité à produire des aliments, quel que soit le contexte. Rien qu’en 2024, la FAO a aidé 1,77 million de personnes grâce à l’action anticipatoire.

Lorsqu’une catastrophe survient, l’action anticipatoire permet de sauver et de protéger ce qui est essentiel. En voici seulement cinq exemples:

1. Des vies

En 2023, la menace de fortes inondations dues à El Niño planait en Somalie. Les systèmes d’alerte rapide et un plan d’action anticipatoire coordonné mis en place sous l’égide de la FAO ont aidé le gouvernement à installer des infrastructure de défense face aux inondations et à planifier l’évacuation. Cette intervention a permis de faire diminuer considérablement les pertes humaines par rapport à l’épisode d’El Niño de 1997, qui avait fait plus de 2 000 morts.

Cette action concerne également l’élevage, une source d’aliments et de revenus cruciale pour de nombreuses communautés. En Colombie, par exemple, en 2023, alors que l’on s’attendait à un amenuisement des précipitations et à une pénurie d’eau en raison d’El Niño, la FAO a distribué aux communautés du fourrage et du matériel permettant de préserver l’eau et a dispensé des formations sur la santé animale. Les communautés qui ont bénéficié de ce soutien n’ont signalé aucun décès de chèvre dû à la sécheresse, alors que le taux de mortalité des chèvres était de 20 pour cent dans les communautés voisines.

2. Des moyens de subsistance

L’action anticipatoire de la FAO aide des communautés rurales à continuer de produire des aliments et à préserver leurs cultures et leur bétail face à différents aléas.

Lorsqu’une assistance est prêtée en amont des catastrophes, les ménages peuvent éviter d’avoir recours à des mécanismes d’adaptation préjudiciables qui consisteraient à sauter des repas, à réduire la taille des portions, à s’endetter ou à déscolariser leurs enfants. L’investissement dans du matériel agricole permet également de faire en sorte que les communautés puissent résister aux chocs sans qu’il y ait de répercussions sur leur sécurité alimentaire.

À Madagascar, en 2023, la FAO a apporté un soutien à des communautés vulnérables à la sécheresse en les aidant à préserver la productivité de leur bétail. Grâce à la distribution d’aliments pour animaux, à une aide en espèces et à des formations consacrées à la santé du bétail, des ménages ont pu produire 17 litres de lait supplémentaires (par jour et par vache), malgré la sécheresse.

Il est crucial de maintenir la production de lait pendant les chocs pour lutter contre la malnutrition infantile – car un litre de lait peut fournir la moitié des calories dont a besoin un enfant de 5 ans – et, dans le même temps, de préserver la santé des animaux qui fournissent aux familles les revenus leur permettant de satisfaire leurs besoins essentiels.

Apporter un soutien aux communautés en leur distribuant du fourrage, en leur fournissant du matériel permettant de préserver l’eau et en renforçant les infrastructures peut aider à protéger des vies et des moyens de subsistance lors d’inondations ou de sécheresses. À gauche: ©FAO/Arete/Mahad Saed Dirie. À droite: ©FAO/Giulio Napolitano.

3. Du temps

Comme son nom l’indique, l’action anticipatoire consiste à s’appuyer sur des analyses des risques et des prévisions pour prendre des mesures de prévention et d’anticipation. Cet approche permet aux communautés de se préparer en amont des catastrophes et de gagner un temps crucial.

Grâce aux progrès technologiques, il est désormais plus facile de prévoir les catastrophes naturelles et d’autres aléas. En 2024, par exemple, alors que, au plus fort de la mousson, des inondations menaçaient les communautés vivant dans le bassin de la rivière Jamuna, au Bangladesh, une action a été déclenchée à la suite d’un signal émis par les systèmes d’alerte rapide aux inondations. Seulement 16 minutes après l’alerte, le Fonds central pour les interventions d’urgence avait débloqué 6,2 millions d’USD d’aide.

Ainsi, la FAO, aux côtés d’autres organismes des Nations Unies, de la Société du Croissant-Rouge du Bangladesh et du gouvernement, a pu prêter une assistance à 500 000 personnes et sauver des vies et des moyens de subsistance lors de cette inondation qui, sans cela, aurait été catastrophique. La FAO a en particulier fourni des aliments pour animaux et a aidé des ménages à protéger leur nourriture et celle de leurs animaux face à la montée des eaux, et ainsi à préserver leurs moyens d’existence et leur sécurité alimentaire.

4. De l’argent

En ce qui concerne les chiffres, l’action anticipatoire a montré son utilité.

Selon un rapport de la FAO consacré à l’impact des catastrophes sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, chaque USD investi dans l’action anticipatoire permet d’économiser 7 USD de pertes dues aux catastrophes, notamment en limitant la mortalité animale ou les pertes de récolte ou de production laitière.

L’action anticipatoire aide à éviter l’inflation et les pénuries. Étant donné que, en général, les prix sont moins élevés avant une crise qu’après celle-ci, il est plus avantageux économiquement de s’approvisionner avant qu’elle ne se produise. Par exemple, au Bangladesh, les prix des aliments pour animaux étaient environ 15 pour cent plus élevés après l’inondation de 2020. Lorsque l’on aide les agriculteurs à se procurer des aliments pour animaux avant une inondation, la productivité de l’élevage est meilleure. La FAO a également distribué des fûts de stockage qui ont permis aux ménages d’entreposer du matériel essentiel, en prévision de l’inondation.

Comme les aléas naturels ou autres catastrophes sont souvent suivis de problèmes d’approvisionnement et d’une hausse des coûts, il est moins coûteux de rassembler les biens et de protéger les infrastructures avant les chocs, et il est alors plus facile de mener une intervention rapide et efficace une fois que la catastrophe a frappé. 

Aux Philippines, les agriculteurs que l’on a aidé à se préparer à des conditions météorologiques extrêmes ont pu conserver leur autonomie et renforcer leur résilience. ©FAO/Veejay Villafranca

5. L’autonomie et la dignité

L’approche préventive ne consiste pas seulement à gagner du temps et à préserver des ressources, elle vise également à aider les communautés à conserver leur autonomie et à renforcer leur résilience.

Aux Philippines, par exemple, l’action anticipatoire a permis à des populations de ne pas sombrer dans le cercle vicieux de la dette. La distribution de semences résistant à la sécheresse avant la campagne agricole exceptionnellement sèche de 2019 a permis d’éviter que les agriculteurs en viennent à acheter des semences à crédit avec un fort taux d’intérêt. En leur évitant de tomber dans le cercle vicieux de la dette, l’action anticipatoire permet aux agriculteurs de faire face à l’avenir avec leurs propres moyens, ce qui leur donne suffisamment de confiance pour investir dans leur terre.

Le fait d’agir avant qu’une catastrophe ne se produise est un moyen moins coûteux et plus efficient de sauver des vies. L’action anticipatoire répond à des besoins humanitaires et aide les communautés à se préparer à de futurs risques et, dans le même temps, permet d’allouer plus efficacement les ressources et d’intervenir en temps plus opportun et de manière plus cohérente.

La FAO remercie ses partenaires fournisseurs de ressources, en particulier les gouvernements de l’Allemagne, de la Belgique, du Canada, de la Norvège, du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et de la Suède, ainsi que l’Union européenne et le Fonds central pour les interventions d’urgence, pour leurs généreuses contributions en faveur de ce travail d’action anticipatoire.

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