Food and Agriculture Organization of the United NationsFood and Agriculture Organization of the United Nations

Cultiver la connaissance agricole et la créativité dans les exploitations géorgiennes


Comment améliorer la productivité, la sécurité sanitaire des aliments et l’efficience grâce aux écoles pratiques d’agriculture de la FAO

Share on Facebook Share on X Share on Linkedin

Après avoir quitté le monde du journalisme pour produire des fruits et des légumes, Nino Tadiashvili souligne à quel point l’accès aux connaissances est important pour la pratique de l’agriculture. ©FAO/Guram Saqvarelidze

23/09/2025

Après avoir été correspondante pour un média pendant trois ans, Nino Tadiashvili a décidé de se lancer dans la production agricole – une tradition familiale entretenue de longue date dans le village de Gavazi dans la région de Kakheti, en Géorgie.

«Je n’appellerais pas ça une reconversion professionnelle», souligne-t-elle, «mais une transformation créative. En tant que journaliste, vous cherchez et récoltez des informations sur d’autres personnes pour écrire des histoires à leur propos. Ici, j’ai commencé à m’intéresser à ma propre histoire et, plutôt qu’avec un stylo, je l’écris avec les couleurs, les arômes et les goûts de mes récoltes.»

«Pour moi, l’agriculture n’est pas qu’une question de cultures ou de sol», dit-elle, «mais une question de liberté, d’indépendance, de possibilité de donner vie à des idées». Les nombreuses espèces de tomates, d’aubergines, de poivrons, de melons, de citrouilles et de courgettes créent sur ses six hectares de terre un tableau qui, non content d’être coloré, est aussi nutritif et révèle l’histoire de Nino et de sa famille.

Une grande partie de cette histoire concerne l’acquisition de connaissances. Nino explique que les connaissances en matière de gestion des ravageurs, de méthodes d’agriculture intelligente face au climat et de sécurité sanitaire des aliments sont essentielles à sa production.

«Les problèmes que nous avons rencontrés sont dus à un manque de connaissances sur ces questions», ajoute-t-elle, «et c’est pourquoi nous cherchons à instaurer une agriculture fondée sur les connaissances».

Dans le cadre du Programme européen de voisinage pour l’agriculture et le développement rural (ENPARD), financé par l’Union européenne et la Suède, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aide Nino à acquérir les connaissances nécessaires pour surmonter ces problèmes.

Des agronomes de la FAO ont établi une école pratique d’agriculture dans le village de Gavazi où habite Nino et où elle joue le rôle d’agricultrice référente. C’est d’ailleurs son terrain qui accueille l’école. Les membres de la communauté s’y rassemblent afin de se renseigner sur les pratiques optimales pour améliorer la production primaire dans des conditions de salubrité et de façon efficace.

Dans le cadre du Programme ENPARD, financé par l’Union européenne et la Suède, la FAO a mis en place des écoles pratiques d’agriculture pour aider Nino et sa communauté à en apprendre davantage sur la gestion des ravageurs, l’agriculture intelligente face au climat et la sécurité sanitaire des aliments. ©FAO/Guram Saqvarelidze

«J’ai commencé à travailler avec la FAO il y a trois ans», raconte Nino. «Depuis, nous appliquons progressivement des normes agricoles modernes sur nos terres.»

Nino cultive désormais ses légumes sur des plates-bandes surélevées et utilise du paillis, des filets d’ombrage et un système d’irrigation au goutte-à-goutte. Elle peut ainsi faire une utilisation rationnelle de l’eau, mais aussi gérer les besoins en nutriments de ses cultures grâce à l’irrigation fertilisante.

«Le paillis et les plates-bandes surélevées sont particulièrement utiles pour protéger les cultures des mauvaises herbes et réduire le recours aux herbicides», dit Nino. «Sans les filets d’ombrage», ajoute‑t‑elle, «une grande partie de nos légumes se flétriraient et nos fruits seraient brûlés par le soleil, en particulier au vu des étés de plus en plus chauds que connaît notre région».

Les pratiques de gestion intégrée des ravageurs enseignées par les agronomes de la FAO ont aidé Nino à comprendre de quelle façon utiliser correctement les pesticides.

Par exemple, le recours aux pièges Delta à base de phéromones promus par la FAO aide Nino à déterminer précisément quels ravageurs sont présents sur sa parcelle et donc à savoir quel pesticide utiliser.

«Les pièges Delta nous aident à déterminer s’il est nécessaire de recourir à des pesticides et, si oui, lesquels utiliser, ce qui évite d’utiliser des quantités excessives de produits chimiques.»

Grâce à toutes ces nouvelles techniques, Nino constate ce qui suit: «Les quantités que nous récoltons ont triplé et la sécurité sanitaire et la qualité des légumes et des fruits ont considérablement augmenté.»

Enrichir les marchés grâce à de nouvelles couleurs et saveurs

En collaboration avec de grands détaillants en Géorgie, Nino teste de nouveaux types et de nouvelles variétés de légumes et de fruits pour voir l’accueil qui leur est réservé par les consommateurs, en particulier à Tbilissi. «Les détaillants me demandent constamment de leur fournir de nouvelles variétés de légumes et de fruits, même si ce n’est qu’un seul kilogramme», raconte Nino, «afin de voir quelle est la demande».

L’attrait visuel ne suffit pas pour le marché – le goût doit aussi être au rendez-vous.

«Je propose un poivron qui a la couleur et l’arôme du chocolat et que les enfants apprécient particulièrement.»

Grâce aux nouvelles techniques apprises dans les écoles pratiques d’agriculture, les récoltes ont triplé et la qualité des légumes et des fruits s’est améliorée. Nino espère que le village de Gavazi deviendra connu pour la qualité et la diversité de ses fruits et de ses légumes. ©FAO/Guram Saqvarelidze

Mettre les connaissances en pratique

Les écoles pratiques d’agriculture de la FAO montrent que le partage des connaissances mène à leur application. Les participants mettent en pratique les connaissances acquises et en constatent les effets directs.

«Au moins 60 pour cent des participants aux écoles ont également commencé à utiliser du paillis et des plates-bandes surélevées, tout en veillant à la nutrition équilibrée des plantes et en appliquant des pratiques de gestion intégrée des ravageurs», explique Nino.

À l’avenir, Nino espère inciter ses voisins à diversifier eux aussi leur production. «En plus des connaissances acquises grâce à notre école pratique d’agriculture, mon village dispose du capital humain et foncier nécessaire pour assurer une production agricole relativement complexe, en particulier pour produire des légumes de qualité et sans danger pour la santé.»

«Si nous augmentons tous notre production de ces denrées», dit-elle, «Gavazi deviendra une plateforme centrale pour ces produits, une marque, et produira bien plus de légumes variés, peut-être même assez pour en exporter une partie».

Dans le cadre du Programme ENPARD financé par l’Union européenne et la Suède, la FAO a offert une formation et une assistance technique à plus de 2 000 producteurs de légumes et de fruits en Géorgie.

Les agriculteurs référents comme Nino donnent l’exemple à suivre au sein de leurs communautés et montrent de quelle façon la connaissance peut améliorer les rendements, la qualité et la sécurité sanitaire, même dans un contexte de changement climatique.

En savoir plus sur ce thème

Pour aller plus loin