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Quand l’eau ouvre le champ des possibles


La construction d’un réservoir d’eau dans le sud de l’Angola ouvre la voie à l’amélioration des récoltes, des perspectives et de la résilience des agriculteurs

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Dans le sud de l’Angola, le barrage de Chibia, construit sous la direction technique de la FAO, fournit une source d’eau fiable qui permet d’irriguer 750 hectares de terres agricoles et de renforcer la résilience des communautés exposées à la sécheresse. ©FAO/Samuel Creppy

19/03/2026

Avant, Rita commençait sa journée par une marche de 3 kilomètres pour aller chercher de l’eau. Rita a des cultures à entretenir et des enfants à nourrir; pour elle, chaque heure et chaque seau comptaient. Pendant des années, le manque d’eau était source d’incertitudes pour Rita, car il arrivait que ses cultures ne survivent pas à la sécheresse ou au manque d’irrigation.

C’est la construction d’un barrage qui lui a permis de retrouver un équilibre dans son quotidien et a amélioré la sécurité alimentaire de sa communauté.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), avec le concours du Gouvernement de l’Angola et l’appui financier de l’Union européenne, a construit un barrage qui a créé un réservoir d’eau pour la communauté, une véritable planche de salut pour les agriculteurs comme pour les éleveurs pastoraux.

La construction du barrage s’inscrit dans une stratégie intégrée plus globale en faveur de la résilience des ressources en eau, dont l’exécution est dirigée par la FAO dans le cadre du programme FRESAN (Renforcement de la résilience et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle en Angola), mené dans le sud de l’Angola.

«Grâce à ce projet, nous pouvons désormais planter en toute saison», dit Rita, qui explique que l’irrigation assurée toute l’année lui permet de cultiver non seulement des aliments de base, comme le blé, mais aussi des légumes pour nourrir sa famille. Elle a également un excédent de produits à vendre. L’après-midi, elle emporte un panier d’oignons et de tomates au marché local, où la vente régulière de ses produits lui permet de payer les frais de scolarité de ses enfants et de subvenir à d’autres besoins.

À la maison, ses enfants arrosent les cultures et essaient avec elle de nouvelles pratiques apprises dans les écoles pratiques d’agriculture de la FAO. Sa fille aînée prend des notes sur les techniques apprises lors des séances de formation et elle les applique ensuite avec sa mère.

Rita et sa fille, Ana, examinent leurs cultures à Banda Chibia, où l’irrigation provenant du barrage de Chibia assure un approvisionnement en eau fiable et améliore les récoltes. ©FAO/Samuel Creppy

L’ambition à long terme pour le barrage de Banda Chibia est qu’il produise de l’hydroélectricité pour les populations tout en fournissant l’eau nécessaire à la consommation des ménages et à l’irrigation.

Le barrage donne aujourd’hui un accès fiable à l’eau à plus de 5 000 personnes et permet d’irriguer environ 750 hectares de terres.

Comme le fait remarquer Ana, la fille de Rita: «le barrage nous apporte plus que de l’eau: grâce à lui, nous avons plus de temps, nous sommes en meilleure santé et nous pouvons diversifier nos cultures. Nous sommes autonomes sur le plan économique, puisque nous vendons une partie des légumes que nous cultivons sur le marché local.»

Rita assiste à une séance de l’école pratique d’agriculture qui promeut l’agriculture intelligente face au climat et de meilleurs moyens de subsistance. © FAO

L’accès à l’eau se développe, mais les connaissances aussi

Des barrages similaires associés à des écoles pratiques d’agriculture ont été construits afin que l’horticulture puisse être pratiquée hors saison, ce qui permet aux agriculteurs de faire pousser des cultures à valeur élevée, comme des tomates, des oignons et de la laitue, toute l’année.

L’Institut de développement agraire, dont le personnel a été formé par la FAO, a mis en place des écoles pratiques d’agriculture dans lesquelles des agents de vulgarisation et des animateurs communautaires ont aidé les agriculteurs à mettre à l’essai des solutions intelligentes face au climat, comme le paillage, la diversification des cultures et l’irrigation efficace, ce qui leur a permis de prendre des décisions concernant leurs champs de façon collaborative.

À ce jour, 7 078 agriculteurs, dont une majorité de femmes, ont suivi une formation dans les écoles pratiques d’agriculture dans le cadre du projet FRESAN.

Pour des familles comme celle de Rita, le fait d’allier des infrastructures à l’apprentissage de compétences est ce qui permet de passer de la survie à la planification. Grâce à l’approvisionnement fiable en eau, l’horticulture (oignons, tomates, légumes-feuilles, etc.) peut être pratiquée durant la saison sèche et les revenus sont plus stables. La formation pratique a amélioré les soins apportés au sol et l’utilisation de l’eau, réduit les pertes et renforcé la nutrition des ménages.

Pour Rita et de nombreux autres agriculteurs de Banda Chibia, un accès facilité à l’eau grâce au barrage signifie que les enfants passent plus de temps à l’école et les parents passent plus de temps à s’occuper de leurs champs.

Grâce aux récoltes plus abondantes et aux repas plus sains, les communautés ont la tête haute et sont mieux préparées à la prochaine saison sèche.

Le présent article fait partie d’une série célébrant les agricultrices du monde entier. Des productrices, pêcheuses et éleveuses pastorales aux commerçantes, agronomes ou encore entrepreneuses rurales, toutes sont à l’honneur. L’Année internationale des agricultrices (2026) vise à reconnaître leurs contributions essentielles à la sécurité alimentaire, à la prospérité économique et à l’amélioration de la nutrition et des moyens de subsistance, malgré la lourde charge de travail, les conditions de travail précaires et l’accès inégal aux ressources dont elles pâtissent. Elle promeut une action collective et des investissements ayant pour but l’autonomisation des femmes dans toute leur diversité et la mise en place de systèmes agroalimentaires plus justes, plus inclusifs et plus durables pour tous. 

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