FAO.org

Accueil > Le Programme de Développement pour l'après 2015 et les OMD > Les 14 thèmes > Pêche, aquaculture, océans et mers
Le Programme de Développement pour l'après 2015 et les OMD
Voir version PDF

Pêches, aquaculture, océans et mers

  • Les océans, les mers et les zones côtières fournissent à l’humanité une multitude de biens et services environnementaux et culturels essentiels au bien-être des êtres humains, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde. Ils constituent un élément intégré et fondamental de l’écosystème terrestre et sont essentiels au développement durable.
  • La pêche et l’aquaculture offrent de nombreuses opportunités pour réduire la faim et améliorer la nutrition, atténuer la pauvreté, stimuler la croissance économique et garantir une meilleure utilisation des ressources naturelles.
  • Si l’on ne renverse pas les tendances actuelles d’exploitation non durable des ressources marines vivantes, la capacité de nos mers et nos océans de fournir des aliments aux générations futures sera gravement compromise.
  • Éradiquer la pêche excessive, promouvoir des pratiques de pêches et d’aquaculture responsables et durables et préserver les environnements marins sains font partie des meilleures opportunités qu’a l’humanité de fournir des aliments à haute valeur nutritive à une population croissante.
  • Investir dans la Croissance Bleue – la gestion et l’utilisation durables des ressources aquatiques et l’adoption d’approches écosystémiques - peut stimuler la croissance économique, augmenter la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et réduire la pauvreté.
  • Le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable fournit des principes visant à promouvoir la pêche et l’aquaculture durables.

Aperçu

Les océans, les mers et les zones côtières de la planète fournissent une multitude de biens et de services écosystémiques essentiels au bien-être des êtres humains, à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le monde, au commerce international et au développement économique, à la régulation du climat, à la protection contre les tempêtes, à la production d’énergie, à l’absorption et au recyclage des déchets, à la récréation, entre autres. Une part importante de la population mondiale vit dans les zones côtières, dont les taux d’urbanisation, de développement économique et de croissance démographique sont souvent au-dessus de la moyenne.

La pêche et l’aquaculture sont une source essentielle d’aliments nutritifs et de protéines pour des milliards de personnes – au niveau mondial, 20 pour cent de l’apport journalier en protéines de presque 3 milliards de personnes provient du poisson.  Les opportunités d’emploi dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture ont continué à croitre plus vite que dans l’agriculture – fournissant environ 55 millions d’emplois au niveau mondial, notamment les activités connexes (par exemple le traitement et le conditionnement) et les personnes à charge. Ces secteurs soutiennent les moyens de subsistance de 10-12 pour cent de la population mondiale.

  • On estime que 40 pour cent de la population mondiale vit à moins de 100 km du rivage.
  • Chaque jour, les pêches de capture et l'aquaculture récoltent plus de 400 000 tonnes de poissons.

 

Principaux enjeux

L’essentiel de la production des pêches de capture provient des eaux côtières , où tant la productivité que la qualité des stocks de poissons sont gravement affectés par la pollution. Les pêches de capture et l’aquaculture sont aussi menacées par des demandes concurrentes venant du développement de l'hydroélectricité et du détournement de l'eau à usage industriel. De plus, les contributions essentielles de la pêche et de l'aquaculture pour le bien-être et la prospérité du monde restent limitées par une gouvernance, une gestion et des pratiques faibles. La pêche illicite, non déclarée et non réglementée (IUU) continue d'être un obstacle à la réalisation de la pêche durable. Le changement climatique ajoute un défi supplémentaire.

Les pressions causées par l’activité humaine sur les systèmes essentiels à la vie des océans ont atteint des niveaux insoutenables, largement reconnus. Aujourd’hui, 50 pour cent des stocks de poissons sont pleinement exploités, 30 pour cent sont surexploités, et 90 pour cent des stocks des grands poissons prédateurs sont épuisés. Nos mers et océans risquent de voir leurs habitats, leurs fonctions écologiques et leur biodiversité irréversiblement endommagés par la pêche excessive, les changements climatiques et l’acidification des océans (qui piègent les émissions de dioxyde de carbone), la pollution, le développement côtier non durable et les effets non désirés de l’extraction de ressources marines non-vivantes.

Si l’on ne renverse pas la tendance actuelle d’utilisation non durable des ressources marines, leur capacité de fournir des aliments aux générations futures sera gravement compromise. Les moyens d’existence de centaines de milliers de personnes qui dépendent des pêches et de l’aquaculture pour vivre sont ainsi menacés, tandis que la sécurité alimentaire et nutritionnelle d’un nombre encore plus important de personnes est compromise.

Les surcapacités des flottes entrainent des pertes économiques considérables – estimées à 50 milliards de dollars EU par an – à travers une utilisation inefficace des ressources et pourraient pourtant contribuer au développement économique et à la croissance.   

La pêche et l’aquaculture ont fourni le monde avec 157 millions de tonnes de poissons en 2012 (d'une valeur totale d’exportations de 130 milliards de dollars EU), dont environ 128 millions de tonnes ont été utilisées pour nourrir les populations. Avec une croissance soutenue de la production de poissons et les canaux de distribution améliorés, l'approvisionnement alimentaire mondial en poisson a augmenté de façon spectaculaire au cours des cinq dernières décennies, avec un taux de croissance moyen de 3,2 pour cent par an entre 1961 et 2009, dépassant la hausse de 1,7 pour cent par an de la population mondiale. L'offre mondiale de poissons par habitant est passée d'une moyenne de 9,9 kg dans les années 1960 à environ 19 kg en 2010. Les importations de poissons ont augmenté de 108 pour cent de 2002 à 2012 avec les pays en développement, représentant 54 pour cent des exportations totales de la pêche selon la valeur.

L'aquaculture, le secteur de production alimentaire qui a connu la plus forte croissance dans le monde, va continuer à se développer. L'offre totale de poissons va augmenter à 186 millions de tonnes en 2030 avec des quantités égales provenant de la pêche et de l'aquaculture.

Que faut-il faire?

Le document final de Rio+20 L’avenir que nous voulons souligne la nécessité de renverser ces tendances en profitant des richesses potentielles considérables des océans et réduire sa vulnérabilité face aux risques liés aux océans. Afin d’assurer une utilisation durable des mers et des océans et de s’adapter aux changements climatiques, il convient de prendre des mesures concertées et responsables dans divers acteurs et secteurs économiques.

Promouvoir des pratiques de pêche et de pisciculture durables, et renforcer les capacités de gestion de pêches peuvent garantir la conservation et l’utilisation durable des océans et mers et de leurs ressources. La mise en œuvre de mécanismes inclut l’adoption d’une approche écosystémique envers la pêche et l’aquaculture avec des systèmes fonciers justes et responsables.

Investir dans la croissance bleue – c’est-à-dire la gestion et l’utilisation durables des ressources aquatiques et l’adoption d’approches écosystémiques – peut stimuler la croissance économique, augmenter la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et réduire la pauvreté - et est d’une importance particulière pour les petits États insulaires en développement et les zones côtières de la planète.

Aujourd’hui, il existe un besoin croissant de coopération et de coordination entre toutes les parties prenantes et à tous les niveaux pour une gestion de la pêche davantage durable et une meilleure conservation. Les efforts de renforcement des capacités, notamment en matière de renforcement de l’environnement politique, des accords institutionnels et des processus collaboratifs qui autonomisent les organisations de la société civile et les entités publiques, doivent être multipliés. Le Code de conduite pour une Pêche responsable, développé par la FAO en 1995 – ainsi que ses lignes directrices – fournit des principes et un cadre visant à promouvoir la pêche et l’aquaculture responsables et durables.