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Gestion Durable des Forêts (GDF) Boîte à outils

REDD+

Ce module est destiné aux aménagistes des forêts et des terres qui souhaitent contribuer aux stratégies nationales ou tirer parti de la REDD+ et de ses éventuelles synergies avec la GDF. Il est conseillé de lire ce module en même temps que les modules Réduire la déforestation et Réduire la dégradation des forêts.

REDD+ contribue aux ODD:

Qu'est-ce que la REDD+?

Le terme REDD+ indique le concept de réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts, plus la gestion durable et la conservation des forêts ainsi que le renforcement des stocks de carbone forestier; la REDD+ s'inscrit dans le processus de négociation de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Globalement, le déboisement contribue à près d’un cinquième de toutes les émissions de gaz à effet de serre (GES), et la REDD+ est donc essentielle pour les efforts mondiaux de lutte contre les changements climatiques. Le but de la REDD+ est d'encourager les pays en développement à contribuer à l'atténuation du changement climatique en: 1) réduisant les émissions de GES par le ralentissement, l’arrêt ou l’inversion du recul et la dégradation de la forêt; 2) augmentant les absorptions de GES dans l'atmosphère par la conservation, la gestion et l'expansion des forêts.

La contribution de la REDD+ à la réduction des émissions de GES et à l'augmentation des réservoirs de carbone est expressément reconnue dans l'Accord de Paris. Cet accord, conclu lors de la Conférence des Parties à la CCNUCC en décembre 2015, encourage tous les pays – développés et en développement – à prendre des mesures pour mettre en œuvre et sous-tendre le Cadre de Varsovie pour la REDD+ et d'autres décisions pertinentes prises au titre de la CCNUCC.

Lorsque l'Accord de Paris a été signé en 2015, le Fonds vert pour le climat s’est vu conférer un rôle important pour gérer l’accord et appuyer l’objectif de maintenir la hausse des températures causée par le changement climatique à bien moins de 2 degrés Celsius. Le Fonds vert pour le climat est un fonds mondial créé pour soutenir les efforts des pays en développement pour répondre aux défis du changement climatique. Il soutient tout spécialement les efforts liés à la REDD+, dans ses phases initiales et pour les paiements axés sur les résultats en matière de réduction des émissions provenant des forêts. Le Fonds vert pour le climat devrait faciliter l’accès aux financements pour les activités de REDD+. Il a pour objectif de libérer le potentiel du secteur privé. Il peut, par exemple, financer les projets du secteur privé relatifs aux activités d’atténuation et d’adaptation à tous les niveaux, soutenir les pratiques agricoles durables, l’expansion des superficies forestières, la mise en place de chaines d’approvisionnement sans déforestation, etc. (pour d'autres informations, voir le module Changement climatique: adaptation et atténuation).

La REDD+ et la GDF

La REDD+ et la GDF

L'objectif de la gestion durable des forêts (GDF) est de préserver et de renforcer les valeurs multiples des forêts pour les générations à venir. La GDF est donc cruciale pour la REDD+: dans de nombreux pays, elle constituera le moyen essentiel d'atteindre les objectifs de réduction des émissions causées par le déboisement et la dégradation des forêts, ainsi que les objectifs de conservation, de gestion et de renforcement des stocks de carbone forestier. Les leçons tirées et les connaissances acquises dans les dernières années à travers la mise en œuvre de la GDF, ainsi qu’à travers la foresterie communautaire et les approches participatives multipartites, seront fondamentales pour l’application de la REDD+ sur le terrain.

La REDD+ offre la possibilité de reconstituer les forêts là où elles ont reculé et sont dégradées, en augmentant ainsi la quantité de terres forestières soumises à la GDF. La REDD+ peut aussi générer des revenus complémentaires pour élargir la base financière destinée à la conservation et à la gestion durable de la forêt, augmenter les avantages procurés par les forêts et les arbres, et élargir la diffusion de la GDF.

Bien que la REDD+ soit un processus relativement nouveau, les objectifs visant la réduction du déboisement et de la dégradation des forêts, ou visant la conservation et l’extension des forêts, ne sont pas nouveaux en soi. Les nombreuses connaissances et expériences concernant la GDF – comme le montrent les outils ou les cas disponibles, et les modules associés – offrent une base de travail solide. Il faudra également, toutefois, renforcer les connaissances sur la GDF et la REDD+; et la science a un rôle important à jouer à cet égard.

Les objectifs de la GDF et la REDD+ peuvent être mieux atteints en exploitant les synergies entre les deux concepts. Les expériences tirées de la GDF peuvent aider à concevoir et à mettre en œuvre des stratégies de REDD+ efficaces, tandis que la structure, les initiatives et les enseignements de la REDD+ peuvent aider à atteindre les objectifs de GDF.

Pourquoi la REDD+ présente un intérêt pour les aménagistes?

Pourquoi la REDD+ présente un intérêt pour les aménagistes?

La REDD+ pourra présenter un intérêt pour les aménagistes des forêts et des terres parce qu’elle leur permettra de:

  • lancer des plateformes multipartites de discussion à travers des procédures nationales de REDD+, contribuant ainsi à l’élaboration, à l’identification et à la hiérarchisation des politiques et des mesures (PEM) à appliquer, notamment celles qui traitent des forêts, de la coordination intersectorielle, d’une meilleure transparence dans l’attribution des fonds nationaux et du processus décisionnel dans son ensemble;
  • contribuer à la mise en œuvre des stratégies nationales sur la REDD+ et d’autres initiatives d’atténuation du changement climatique;
  • invertir le processus de déboisement et de dégradation de la forêt sur leurs terres, en augmentant également la productivité;
  • introduire la culture arboricole sur toutes ou une partie des terres agricoles à faible productivité;
  • accéder à des ressources financières et des mesures incitatives nouvelles ou complémentaires (comme le Fonds vert pour le climat) pour étayer la mise en œuvre de plans de gestion forestière, pour lancer la restauration des paysages forestiers, pour renforcer et diversifier les activités économiques liées aux forêts et/ou s’engager dans des chaînes d’approvisionnement sans déforestation.

La REDD+ peut être associée à d’autres objectifs légitimes de gestion des forêts et des terres qui ne contredisent pas les processus et les objectifs de la REDD+. Le mécanisme de gestion durable établi dans l’Accord de Paris peut offrir de nouvelles possibilités de coopération volontaire pour certaines activités liées à la REDD+.

À ce jour, la plupart des pays ont multiplié les efforts afin de se préparer à la REDD+. Même dans la phase de préparation, les aménagistes peuvent bénéficier de mesures incitatives, d’un renforcement des capacités et d’autres services (voir les exemples dans la section des cas) en contribuant aux activités de démonstration liées à la REDD+. Les projets de démonstration permettent d’explorer les possibilités de la REDD+ et procurent des expériences utiles jusqu’à ce que les conditions propices à la réalisation de la REDD+ soient en place au niveau national et international. Ils favorisent l’innovation et l’apprentissage et établissent la crédibilité du concept.

Les pays peuvent renforcer l’environnement propice à la REDD+ en améliorant, par exemple, la gouvernance, les droits fonciers, les politiques et les règlements, les incitations fiscales, l’accès aux services financiers, la transparence et la prise de décisions participative – des éléments qui ont tous des impacts positifs sur les aménagistes et leurs efforts de mise en œuvre de la GDF. Les pays pourront également inclure dans leurs PEM des initiatives pour sous-tendre la participation d’acteurs privés grands et petits – y compris les aménagistes des forêts et des terres – à la REDD+.

Pour tirer parti de la REDD+, les aménagistes devraient déterminer:

  • S’ils peuvent contribuer à la formulation des stratégies nationales de REDD+, pour tenir compte de leurs intérêts et de leurs préoccupations.
  • Si leurs pays ont déjà défini des stratégies nationales de REDD+ et si la GDF fait partie des PEM planifiées. Dans ce cas, les aménagistes pourront probablement contribuer à la mise en œuvre de ces stratégies (bénéficiant d’éventuelles mesures incitatives) tout en tirant parti des politiques qui visent la consolidation d’un environnement propice ou la participation des acteurs privés (changements normatifs pour favoriser la commercialisation de produits générés par la GDF associés au renforcement des capacités pour réduire l’exploitation illégale et les stratégies commerciales injustes).
  • Si leurs pays ont établi des mécanismes de partage des bénéfices liés à la REDD+, (paiements, services et projets), qui fourniraient également des incitations pour leurs propres contributions à la REDD+.
  • Si le système de surveillance, mesure, notification et vérification que les pays doivent développer pour la REDD+ apporte des données utiles pour la planification et le suivi de la gestion des forêts.

Les objectifs fixés par la GDF et la REDD+ ne seront peut-être pas atteints en adoptant des mesures dans le seul domaine des forêts. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter une approche au niveau du paysage qui fait intervenir la bonne gouvernance, la planification de l’occupation des sols et la coordination bien structurée des différents domaines d’affectation des sols pour mettre en place un cadre adéquat pour s’attaquer aux facteurs du déboisement et de la dégradation des forêts.