Ramata Thioune

Ramata Thioune

Organization type International Organization
Country Senegal

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Forum Forum : « Genre, TIC et moyens de subsistance en milieu rural » Mai, 2011

Question 2 - lundi 16 mai

Submitted by Ramata Thioune on Thu, 05/19/2011 - 21:08

Je suis 100% d'accord avec toi Oumy!

Les organisations de la Société civile jouent un rôle très timide pour assurer que l'équité et l'égalité de genre soient une réalité. D'une part pour des raisons de capacité mais également parce que depuis quelques années s'installent de "nouvelles" modalités de l'aide au développement (appui budgétaire) qui laissent peu de ressources à ces organisations qui par conséquent ont une très faible marge de manoeuvre.

De plus, très peu d'organisations de la société civile s'interessent/s'investissent dans les problématiques de genre dans l'accès et l'utilisation des TIC! Qui plus est, la plupart des activités de plaidoyer pour l'équité et l'égalité de genre menées par ces organisations ne sont pas basées sur des recherches rigoureuses et fiables!

Tout ceci peut contribuer à décrédibiliser ces organisations, ô combien importantes dans des espaces démocratiques!

En outre, les organes de régulation des télécommunications, en Afrique de l'Ouest en particulier, sont très peu indépendants et ainsi pèsent très peu dans la balance pour assurer l'accès universel aux TIC avec bien sur une perspective genre.

Merci

Submitted by Ramata Thioune on Thu, 05/19/2011 - 18:01

Bonjour,

je voudrais revenir aux "anecdotes". Le Centre de recherches pour le développement International du Canada (CRDI) a appuyé beaucoup de projets de recherche pour entre autres identifier, documenter et analyser les effets transformateurs des TIC notamment sur le développement, en particulier sur la santé, l'éducation, l'économie, les relations de genre, etc. 

La grande majorité des travaux de recherche confirment ce caractère anecdotique non seulement parce que les expériences documentées ne sont pas nombreuses (pas de masse critique de données permettant une généralisation et pour dégager des tendances fiables) mais aussi, il y a souvent des limites d'ordre méthodologique que nos braves chercheurs ont du mal à trancender. 

De mon point de vue, le problème majeur dans ce domaine est que les méthodes utilisées pour documenter les changements en termes de succès ou d'échecs ne sont pas toujours appropriées et les données existantes ne sont pas nombreuses pour en tirer des tendances fiables. Je n'ai pas la solution mais je pense qu'une ou des innovations devraient être apportées quant aux approches pour mesurer les échecs et les succès des expériences et projets de TIC; les méthodes existantes semblent ne pas s'adapter aux activités liées aux TIC! 

Par ailleurs, en plus du CRDI, beaucoup d'autres structures s'activent/ou se sont activées autour des TIC pour le développement. Mais ces structures ne se "parlent" pas, ne se concertent pas et ainsi les efforts sont dispersés et alors difficile sera le suivi. Le partage d'information ainsi que la synergie d'actions me  semblent primordiales. 

Il y a des efforts dans le sens d'échanges d'expériences et d'expertises pour documenter les changements occasionnés par les TIC (Voir : http://new.unctad.org dont les ressources sont malheureusement en anglais seulement, ce qui pose un autre problème) ! 

Submitted by Ramata Thioune on Tue, 05/17/2011 - 19:28

Bonjour,

comme  l'ont bien mentionné la plupart des participants, les facteurs économiques, sociaux et culturels peuvent être des freins et/ou des facteurs stimulant l'utilisation des TIC par les femmes rurales.

J'avais donné la semaine dernière l'exemple de l'utilisation de certaines formes d'organisation sociale qui permettent l'accès des femmes aux TIC.   Un groupe de femmes qui, utilisant le mode communautaire d'organisation et de partage, arrive à surmonter un certain nombre d'obstacles quant l'utilisation du téléphone portable.

Cependant, les cas de succès demeurent anecdotics. En effet,  si quelques femmes sortent du lot, la large majorité est encore exclue ou est à la marge quant à la participation effective à la société de l'information. Des facteurs tels que l'analphabetisme et le faible niveau d'éducation, le faible niveau de revenus durables et soutenus, le manque d'opportunités de formation et d'affaires, les barrieres culturelles et sociales, etc, constituent des contraintes objectives à l'utilisation des TIC par la grande masse des femmes. 

Par ailleurs, il est important de désagréger quant on fait référence aux TIC: de quelles TIC parle-t-on. Si le téléphone portable semble poser moins de problème (du fait du développement d'une logique commerciale - non parce que les Etats ont développé des politiques appropriées) , l'Internet est plus problématique. Et sérieusement si l'on parle de la société de l'information, c'est grâce à l'internet qui demeure encore largement inaccessible dans la grance majorité de nos pays en développement. Ceci est vrai surtout dans les zones rurales où à cause des manques d'infrastructures appropriées, du fait de politiques et de systèmes de régulation non effectifs, de manque de vision en matière d'équité et de développement inclusif, une grande partie des citoyen-nes de la société de l'information sont exclu-es, ce qui pose alors le problème fondamental de la démocratie dans nos pays!

 

Question 1 - Lundi 9 mai

Submitted by Ramata Thioune on Thu, 05/12/2011 - 20:44

Bonjour,

Bien que la radio soit un outil "populaire", longtemps adopté par les communautés notamment rurales, il est important comme le suggère Laurence d'examiner l'apport de la convergence des technologies, grâce à la numérisation. Il faut noter que la convergence va au-delà de la technologie en touchant aux nouvelles façons d'entreprendre, de mener des activités et de communiquer.

Cette convergence autorise une certaine interactivité notamment par le biais de la téléphonie mobile. Il me semble que cela peut faciliter la participation des femmes dans les activités de communication pour le développement. Mais il y a des préalables: formation et organisation!

Il faut les femmes soient formées et qu'elles s'organisent pour maximiser le potentiel offert par cette convergence. Il y a des pratiques organisationnelles que je pense peuvent être assez facilement transférables.

Je voudrais donner l'exemple d'un groupe de femmes sénégalaises, villageoises, épouses d'immigrés mais sans grande automonie financière! Ces femmes pour pouvoir communiquer directement avec leurs époux sans passer par la belle-mère ou la belle-soeur, se sont organisées en se basant sur la formule de "tontines" bien connue au Sénégal. Elles se cotisent quotidiennement (100FCFA) en moyenne et la cagnotte est utilisée pour acheter des cartes prépayées qui sont chargées dans les telephones portables appartenant à un/des membres du groupe (toutes les femmes ne détiennent pas bien entendu un téléphone). Une femme qui a besoin d'appeler urgemment son époux utilise ce téléphone portable, devenu ainsi publique!

C'est exemple montre que si les femmes sont organisées, elles peuvent par effet d'échelle et péréquation efficacement lever des contraintes significatives à leur appropriation des technologies notamment pour des activités de développement.  Et en même temps, elles peuvent trouver des moyens de contourner des pratiques qui peuvent être des freins à leur automonisation!

Merci

Submitted by Ramata Thioune on Wed, 05/11/2011 - 19:24

Bonjour cher-es ami-es,

Je suis désolée pour avoir embarquer si tardivement dans ce forum qui pose des questions ô combien importantes, même si très complexes!

La 1ère question, très pertinente, porte sur des thématiques et des concepts très complexes, pris séparément. Que dire alors de leurs interactions?

Il est important alors d'aborder la question de l'intégration du genre dans les projets de TIC pour le développement rural dans une approche systémique qui permet de cerner la complexité et d'apporter des solutions adéquates.

En outre, plusieurs recherches et études ont montré que laissées à elles seules, les TIC peuvent renforcer les inégalités de genre. La technologie elle-même, tout au moins ses usages n'étant pas neutres, peut reproduire les inégalités et ainsi l'intégration des TIC dans les programmes de développement rural peut ajouter une couche supplémentaire de complexité pour la résorbtion des disparités constatées dans l'accès, le contrôle des ressources et des retombées de l'utilisation de ces ressources.

Ainsi donc, la prise en compte des aspects genre est un préalable tant d'un point de vue de la validité scientifique et de la légitimité des actions que de la portée des incidences de ces actions/activités.

Cependant, pour éviter de tomber dans le syndrôme émergent du "gender fatigue", il est important de bien maîtriser ce concept GENRE dont l'usage et la compréhension générique pose souvent problème quant il s'agit de l'opérationnaliser dans des contextes et réalités spécifiques.

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