Inoussa TRAORE
| Organization type | Civil Society Organization/NGO |
|---|---|
| Country | Burkina Faso |
This member participated in the following Forums
Forum Forum : « Genre, TIC et moyens de subsistance en milieu rural » Mai, 2011
Question 2 - lundi 16 mai
Bonsoir à tous,
La compréhension que j'ai de l'utilisation effective des TIC se situe à deux niveaux: tout d'abord il y a ce qu'on peut appeler l'utilisation passive qui consiste à juste utiliser ces outils pour communiquer ou accéder à des informations etc. Il y a aussi ce qu'on peut appeler l'utilisation active qui consiste en l'utilisation pour faire du business allant jusqu'au montage d'une unité informelle ou formelle dans le domaine des TIC (création de télécentres, call box, reparation de portables, etc.)
Pour le premier niveau, bien que la tendance actuelle soit bonne (de plus en plus de femmes rurales possèdent un téléphone portable par exemple), il faut dire qu'au début, ces technologies semblaient être l'apanage des hommes. Seuls les hommes semblaient avoir le droit de posséder un téléphone portable. Dans certaines familles rurales, pendant que les enfants garçons ont souvent 2 portables, les enfants filles se voient réfuser le droit d'en posséder 1; la raison avancée par le chef de famille est le plus souvent ceci: si la jeune fille possède un téléphone portable ça facilite sa vulnérabilité (en terme de capacité à resister aux avances éventuelles des hommes qui lui feraient la coure) et augmente sa propension à aller vers les hommes.
Pour le deuxième niveau, les metiers TIC semblent, selon une forme de distribution sociale des rôles, réservés aux hommes. Cette repartition ne se limite pas dailleurs seulement aux metiers TIC et s'étendent à d'autres tels la mécanique. Ainsi, toutes les activités qu'on pourrait qualifier d'activités informelles (vente de téléphones, reparation, vente à la sauvette de cartes de recharge) sont dans la plupart des cas réalisés par des hommes.
Il y a donc une certaine conception des rôles qui ne facilitent l'utilisation des TIC par les femmes rurales. Le phénomène existe en ville mais l'ampleur est moindre.
De mon point de vue donc, parmi les facteurs qui ralentissent l'utilisation effective des TIC par les femmes rurales, les facteurs sociologiques et sociaux sont les plus importants.
Inoussa TRAORE