Appuyer l’Initiative AFR100 en impliquant les petits producteurs forestiers et agricoles

Madagascar ©FAOAris Mihich

Madagascar

À propos

Madagascar est une île située dans la partie sud-est de l’Afrique. Elle est un hotspot de biodiversité, abritant une grande richesse d’espèces végétales et animales, et représente une zone d’importance écologique majeure. L’activité principale de la population, surtout en milieu rural, dépend des ressources naturelles. Cependant, la déforestation, la surexploitation des ressources naturelles et la dégradation des sols constituent des menaces sérieuses pour la biodiversité et la résilience des écosystèmes. Les terres dégradées représentent une grande partie des paysages, réduisant leur capacité à fournir des services écosystémiques essentiels. Les ressources naturelles sur lesquelles la population dépend sont en déclin, menaçant ainsi leur sécurité alimentaire et leurs moyens de subsistance. Face à ces contraintes et défis, Madagascar s’est engagé dans des initiatives nationales et internationales, notamment l’AFR100. 

La région Boeny, située au nord-ouest de Madagascar, est la seule région d’intervention du programme parmi les 23 existantes. Les actions se concentrent autour de deux aires protégées, Ankarafantsika et Bombetoka Belemboka, considérées comme les poumons de la région. Le parc d’Ankarafantsika fournit l’eau d’irrigation à la plaine rizicole de Marovoay, deuxième grenier à riz du pays. Face à ces enjeux environnementaux et économiques, ces paysages figurent parmi les priorités nationales dans le cadre de la restauration des paysages et des forêts. 

Le choix des paysages repose également sur les interventions antérieures de plusieurs partenaires, notamment les projets et programmes financés par la coopération allemande, très actifs dans la région Boeny, tels que les projets de la GIZ (PADDI, PROSOL, F4F, PRODCID, PROMIC, PROPFR), PLAE, KfW, ainsi que d’autres projets et ONG financés par d’autres bailleurs, notamment RIR, Fosa, etc. S’y ajoutent les projets de la FAO, notamment FFF, les projets biodiversité et pêche, qui ont permis de poser les bases d’une gouvernance locale, de renforcer les capacités des communautés, d’élaborer des plans de développement communal dans plusieurs localités, de sécuriser le foncier et de restaurer les paysages et les forêts. 

Le programme AFR100-Madagascar s’inscrit dans la continuité de ces efforts, avec pour ambition de consolider les acquis, passer à l’échelle, et démontrer que la restauration des terres peut être un levier puissant de développement rural durable, en articulant solutions écologiques, sociales et économiques. 

Madagascar_FAO_Rijasolo

Objectifs et cibles

L'objectif principal du programme à Madagascar est de fournir un soutien financier et technique direct aux communautés locales (CL), les organisations de producteurs forestiers et agricoles (OPFA) et les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), pour intensifier la restauration menée au niveau local.

L’action et de créer des entreprises à valeur ajoutée nouvelles ou améliorées et des opportunités de revenus, en particulier au niveau des communautés locales, en mettant fortement l’accent sur les femmes et les jeunes. En effet, le programme vise à soutenir la restauration des paysages dégradés et à renforcer la résilience des communautés locales face aux défis environnementaux et climatiques. Le principe est de stimuler la restauration des écosystèmes à l’échelle locale tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les communautés. 

Contacts

FAO-AFR100 Programme team

RASOANAIVO Manitrala
[email protected]  

Madagascar AFR100 focal point

RAKOTOARISOA Julien Noel
j[email protected] 

FAO Country Office

MAHAVATRA Fabrice
Spécialiste RPF BMZ AFR100
[email protected] 

General enquiries

For any other information about the programme, please contact: 

[email protected]

Objectifs de restauration

  • 7 000 ha en cours de restauration dans le paysage dans la région Boeny
  • 20 000 ha sous gestion améliorée 

Principales chaînes de valeur à soutenir

Les chaînes de valeur prioritaire incluent l’agriculture intelligente face au climat et les approches agroforestiers, la pêche durable dans les mangroves et la valorisation durable des produits forestiers tels que le miel, les graines fruitières (mangue, citron, banane, etc), le charbon vert et l’écotourisme. Ces chaînes de valeur conjuguent potentiel économique, cohérence écologique et appropriation locale, tout en offrant des opportunités concrètes d’innovation, d’emplois verts et de génération de revenus pour les communautés locales. 

Mise en œuvre des composantes du programme 

L’action du programme s’articule autour de trois axes principaux. Le premier concerne le renforcement de la gouvernance à tous les niveaux local, régional et national en matière de restauration des paysages et des forêts. Cela passe par la création ou le renforcement des structures existantes dans les paysages d’intervention et au-delà, afin de mieux coordonner les efforts. Le deuxième axe porte sur la révision des politiques et des cadres juridiques locaux, dans le but de favoriser une participation plus active des communautés et de maximiser les impacts positifs sur la restauration. Enfin, le troisième axe vise à créer un environnement favorable à l’investissement dans des chaînes de valeur durable, tout en recherchant des financements mixtes pour soutenir les activités de restauration et les chaines de valeur associées. 

Cette composante s’articule autour de deux actions principales et complémentaires. La première vise à renforcer les capacités aux niveaux décentralisé et local afin de soutenir la planification, la mise en œuvre et le suivi des activités de restauration. La seconde consiste à améliorer les services écosystémiques et les bénéfices paysagers par la mise en œuvre d’actions de restauration menées par les communautés locales, les organisations de producteurs forestiers et agricoles, les micros, petites et moyennes entreprises, ainsi que les entités décentralisées. 

À l’issue de sa mise en œuvre, la composante devrait permettre la gestion améliorée de 20 000 hectares, la restauration de 7 000 hectares, l’engagement de 1 000 personnes dans les processus de planification, de mise en œuvre et de suivi de la restauration des paysages et des forêts, ainsi que la réalisation de 100 microprojets. 

Cette composante repose sur trois actions principales. La première vise à développer l’innovation à valeur ajoutée et à renforcer les capacités commerciales durables des communautés locales, tout en facilitant leur accès aux marchés. La deuxième action porte sur le renforcement des systèmes de soutien à l’innovation et à l’incubation d’entreprises au service des communautés. Enfin, la troisième action a pour objectif d’élargir les mécanismes de financement et d’augmenter les ressources disponibles pour soutenir les activités de restauration. 

À l’issue de ces interventions, les résultats attendus incluent l’élaboration et le financement de 06 plans d’affaires, le renforcement des capacités et soutiens en matière d’incubations et accélération d’entreprises pour les communautés locales, les organisations de producteurs forestiers et agricoles ainsi que les micros, petites et moyennes entreprises. 

Cette composante s’articule autour de deux actions principales. La première consiste à renforcer les systèmes de suivi, tant au niveau national que décentralisé. La seconde vise à collecter et partager les meilleures pratiques ainsi que les résultats obtenus, avec l’ensemble des parties prenantes aux niveaux local, national et international. 

À l’issue de sa mise en œuvre, cette composante prévoit la mise en place d’un  système de suivi (en contribuant au cadre de suivi AFR100 à l'échelle de l'Afrique), la collecte de quatre bonnes pratiques par paysage, ainsi que la formation de 50 participants par an, dont 50 % de femmes et de jeunes. 

Principaux partenaires de mise en œuvre 

  • Les Services techniques déconcentrés (STD) du gouvernement : Ministère de l’Environnement du Développement Durable (MEDD), Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage (MINAE), Ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du Territoire (MDAT) 
  • Les Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD) : Région Boeny, Districts Ambato-Boeny et Marovoay, Communes rurales Andranofasika, Marosakoa, Marovoay Banlieu, Ankazomborona 
  • Les membres du consortium : AUDA-NEPAD AFR100, WRi, GIZ 
  • Le comité national sur la restauration des paysages et des forêts (CNRPF) 
  • Le groupe thématique sur la restauration des paysages et des forêts dans la région Boeny (GT RPF) 
  • Les communautés locales (CL)  
  • Les organisations des producteurs forestières et agricoles (OPFA)  
  • Les micros petites et moyennes entreprises locales (MPME)   
  • Le secteur privé dont les institutions Financières (SP-IF) 
  • Les gestionnaires des aires protégées dans les micro-bassins versants d’intervention : Madagascar National Parks (MNP), Development and Environmental Law Center (DELC) Madagascar 
  • Les institutions de recherche 
  • Les incubateurs d’entreprises forestières et agricoles 
  • Mécanisme forêts et paysans

Cibles clés

Le programme vise à renforcer les cadres politiques, restaurer les écosystèmes et dynamiser les économies locales. Il prévoit :

  • 2 politiques actualisées
  • 5 institutions renforcées
  • 3 cadres de réflexion établis
  • 20 000 ha sous gestion améliorée
  • 7 000 ha de terres mis sous restauration
  • 1 000 personnes engagées au niveau local
  • 100 microprojets mis en œuvre
  • 6 plans d’affaires financés
  • 4 outils de suivi déployés
  • 4 bonnes pratiques capitalisées
  • 50 participants formés/an (50 % femmes/jeunes) 

Le budget total estimé est de USD 5 500 0000.