Le parc naturel de Makira est riche en flore et en faune, avec 17 espèces de lémuriens. C’est la plus grande forêt tropicale intacte du pays et de nombreuses populations locales en dépendent pour leurs ressources naturelles. Sa position éloignée et l’absence de viande d'élevage rendent la chasse de subsistance une pratique courante. La chasse illégale y menace l'avenir de la faune sauvage, surtout des espèces menacées. Pour réduire la consommation de viande sauvage, le SWM Programme à Madagascar encourage l'utilisation durable des espèces sauvages non protégées et l'élevage de poisson et de volaille. Cela permettra d'améliorer la sécurité alimentaire tout en conservant les espèces endémiques.
Le SWM Programme à Madagascar travaille avec huit communautés. Les activités de terrain sont coordonnées par la Wildlife Conservation Society (WCS) en collaboration avec le Ministère de l'environnement et du développement durable.
Produit 1: Droits des communautés et gouvernance
Le SWM Programme à Madagascar opère via des structures de gouvernance locale appelées communautés de base (COBA). Les activités de renforcement des capacités ont permis de consolider les capacités de gouvernance des autorités locales et des associations communautaires. Les modèles de gestion utilisés par les COBA ont été révisés avec le soutien du SWM Programme, en collaboration avec le gouvernement local. Pour appuyer la réforme du cadre légal, plus de 450 textes sur la gestion durable des ressources naturelles ont été rassemblés/analysés et sont disponibles sur la plateforme juridique. Ils soutiennent la révision par le gouvernement de l'Ordonnance 60-126 sur le régime de protection de la chasse, pêche et faune sauvage, via un groupe de travail multipartite. Des recommandations ont également été formulées pour mettre à jour la loi GELOSE (Gestion Locale Sécurisée) concernant le transfert des droits de gestion des ressources naturelles aux communautés locales.
Produit 2: Gestion adaptative de la faune sauvage
Six contrats de transfert de gestion avec les communautés locales ont été revus/renouvelés et intègrent désormais normes et pratiques coutumières. Des représentants des chasseurs/pêcheurs ont été nommés et des plans de gestion participative de la faune sauvage sont inclus dans les contrats. Des sessions de formation sur la législation en matière de foresterie, pêche et chasse ont réuni 64 participants, dont des représentants des chasseurs/pêcheurs et des autorités locales.
Produit 3: Filières et consommation saines et durables
Des études sur la consommation de viande sauvage/domestique ont permis d'élaborer une stratégie de changement de comportement pour réduire la dépendance à l'égard de la chasse d’espèces endémiques et améliorer sécurité alimentaire et revenus. Plus de 900 personnes ont reçu une formation à l'aviculture et 1 100 à la pisciculture. L'approche des Champs-Écoles des Producteurs (en anglais «Farmer Field Schools») a permis de tester des méthodes d’élevage adaptatives et développer de bonnes pratiques. Une campagne de promotion du changement de comportement a été lancée. Des études sur les insectes ont montré le potentiel de l'élevage de l'espèce endémique Sakondry (Zanna Tenebrosa), appréciée par les communautés et de plus en plus rare à l'état sauvage, et 220 personnes ont été formées à sa culture sur des plantes locales.
Produit 4: Prévention et gestion des risques zoonotiques
À Makira, l'approche «Une seule santé» s'attaque aux risques zoonotiques liés aux pratiques de chasse traditionnelles. Un projet pilote communautaire prévoit le prélèvement régulier par les chasseurs d'échantillons de sang sur des tenrecs et potamochères, pour les faire analyser. Plusieurs agents pathogènes communs ont été identifiés. Des campagnes de sensibilisation ciblées permettront d'éduquer les communautés à des pratiques légales de chasse et de consommation de viande sauvage plus sûres.
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