Le corridor forestier de Bismarck compte parmi les régions les plus riches en biodiversité au monde, abritant de nombreuses espèces endémiques. En Papouasie-Nouvelle-Guinée, où 97 % des terres relèvent du régime foncier coutumier, les communautés autochtones, en tant que propriétaires terriens coutumiers, dépendent de la faune forestière pour leur alimentation et leurs besoins coutumiers. Le SWM Programme en Papouasie-Nouvelle-Guinée teste actuellement un modèle de consommation durable de la faune sauvage dans quatre provinces des Hautes-Terres afin de garantir la disponibilité des ressources culturelles et des protéines d’origine sauvage, conciliant ainsi la conservation de la biodiversité à la préservation des cultures profondément ancrées dans la nature et dépendantes de celle-ci. Le SWM Programme établit des zones de conservation communautaires et utilise les réglementations coutumières existantes pour élaborer des règles communautaires de gestion des ressources naturelles qui réglementent la chasse et la déforestation et sont régies et gérées par la communauté.
Le SWM Programme en Papouasie-Nouvelle-Guinée travaille avec quatre communautés autochtones dans le corridor forestier de Bismarck. Les activités de terrain sont coordonnées par la Wildlife Conservation Society en collaboration avec l'Autorité nationale de conservation et de protection de l'environnement.
Droits des communautés et gouvernance
Le SWM Programme a facilité la conclusion de quatre accords juridiques volontaires appelés «actes de conservation» (en anglais «Conservation Deeds») , impliquant 19 clans et créant quatre zones de conservation communautaires couvrant 209 km². Ces actes permettent aux communautés autochtones de Papouasie-Nouvelle-Guinée de mettre en œuvre leur régime foncier traditionnel reconnu par la Constitution, et de décider collectivement de l'utilisation durable de la faune et des ressources naturelles sur leurs terres.
Gestion adaptative de la faune sauvage
La capacité opérationnelle des organisations communautaires à gérer les zones concernées par les actes de conservation continue d'être renforcée par des formations régulières. Une trentaine de personnes ont été formées à la surveillance de ces zones, et 14 d'entre elles sont devenues gardes forestiers communautaires sur trois sites. La formation des gardes forestiers sur le quatrième site est en cours. Compte tenu des liens entre la chasse au gibier sauvage et la sécurité alimentaire, l'accent a été mis sur les moyens de subsistance respectueux de la nature. Les récoltes fructueuses obtenues après la formation à la culture des champignons ont permis d'améliorer les revenus. D'autres membres de la communauté formés ont installé des ruches pour produire du miel et améliorer la densité des pollinisateurs dans les zones de conservation. La collaboration avec des acheteurs privés de produits de base permettra d'améliorer les revenus tirés des principales cultures commerciales des Hautes-Terres, telles que le café.
Filières et consommation saines et durables
Suite à de larges consultations communautaires participatives, la volaille domestique a été introduite comme une alternative possible à la viande sauvage. Les membres de la communauté ont reçu une formation complète et un accompagnement sur les soins aux animaux, la production avicole et la biosécurité. Le SWM Programme a aussi renforcé les pépinières communautaires en plantant plus de 58 000 arbres indigènes dans des zones déboisées. De plus, plus de 2 000 kits de préservation des Bilas ont été produits et distribués dans le but de prolonger la durée de vie des ornements culturels et réduire les pressions exercées par la chasse sur les espèces sauvages culturellement importantes.
Prévention et gestion des risques zoonotiques
Des programmes de sensibilisation aux zoonoses et autres maladies importantes sur le plan économique, telles que la peste porcine africaine, ont été menés sur les trois sites du SWM Programme. Des indicateurs relatifs aux zoonoses et autres maladies ont été ajoutés au formulaire de patrouille des gardes forestiers communautaires afin de signaler les premiers signes d'épidémie. Une stratégie exhaustive de sensibilisation aux zoonoses est en cours d'élaboration.
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