La résilience

Rapport Spécial Mission FAO/PAM d'évaluation des Récoltes et de la Sécurité Alimentaire au Soudan du Sud, 20 février 2014

Rapport Spécial Mission FAO/PAM d'évaluation des Récoltes et de la Sécurité Alimentaire au Soudan du Sud, 20 février 2014
Feb 2014

Une Mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire s'est rendue au Soudan du Sud du 18 octobre au 29 novembre 2013.

Faits saillants

  • En 2013, en dépit des inondations et de l’insécurité qui ont sévi par endroits, les précipitations généralement bénéfiques et l’absence d’invasions majeures de ravageurs et de maladies ont favorisé la production céréalière dans le secteur agricole traditionnel du Soudan du Sud.
  • Ainsi, la superficie céréalière totale du secteur traditionnel a augmenté d’environ 2,8 pour cent, débouchant sur une production céréalière nette estimée à près de 892 000 tonnes, soit environ 13 pour cent de plus que les estimations révisées de 2012 et 22 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes.
  • Dans l'État du Haut Nil, la production céréalière nette du secteur mécanisé à grande et petite échelles, qui pratique l'agriculture pluviale, est estimé à 57 000 tonnes, faible volume qui s'explique par le recul de la superficie ensemencée et le démarrage tardif des pluies.
  • L'état du bétail est généralement bon en raison des disponibilités suffisantes de pâturages et d'eau.
  • Les prix des céréales produites localement sont en recul sur la plupart des marchés depuis août 2013, affichant desniveaux inférieurs ou analogues à ceux de novembre 2012. Sur la plupart des marchés, les prix du bétail, notamment des petits ruminants, sont restés stables ou ont augmenté au cours du deuxième semestre 2013. Les termes de l’échange sont en général plus favorables pour les pasteurs.
  • Les projections établissant la population à environ 11,9 millions à la mi-2014 (y compris 2 millions de personnes environ rentrées en 2008), le déficit céréalier total qui ne sera pas couvert avant la prochaine récolte fin 2014 est estimé à environ 409 000 tonnes, soit environ 60 000 tonnes de moins que le déficit estimatif révisé pour 2013.
  • À l’époque de la Mission, l’insécurité alimentaire qui sévissait dans le Soudan du Sud avait atteint son plus bas niveau en cinq ans; à peine plus de 3,7 millions de personnes (33,4 pour cent de la population) avaient une consommation alimentaire insuffisante en octobre 2013, contre 40 pour cent à la même époque l’an dernier.
  • Cette amélioration de la sécurité alimentaire est contrecarrée par le conflit qui sévit dans le pays. Fin janvier 2014, le nombre de personnes déplacées est estimé à 863 000, dont 123 000 dans les pays voisins. Les affrontements militaires ont été particulièrement violents dans les États de Jonglei, de l'Unité et du Haut Nil, qui connaissent les niveaux d'insécurité alimentaire grave et les déficits céréaliers les plus élevés du pays et qui dépendent très étroitement des marchés pour les achats de denrées alimentaires de base.
  • Selon l’analyse IPC préliminaire effectuée à la fin janvier 2014, environ 6 millions de personnes seraient en difficulté, en phase critique ou et en situation d’urgence, soit 2 millions de plus qu’avant le conflit. Sur ce total, 3,2 millions sont en situation d'urgence ou de crise. Ces statistiques ne tiennent pas compte des 740 000 personnes déplacées dans le pays.
  • L'insécurité persistante compromet les liaisons commerciales avec l'Ouganda, qui permettent d'acheminer les approvisionnements alimentaires dans toutes les régions du Soudan du Sud. Les effets de ces restrictions sur les marchés se font ressentir, car les ménages ont épuisé leurs réserves et commencent à dépendre davantage des marchés. Cette situation aura des incidences négatives sur la sécurité alimentaire des populations, y compris dans les régions éloignées des affrontements directs.

 

Partagez