FAO en République du Congo

Atelier sous-régional de validation de la feuille de route sur la foresterie participative efficace en Afrique centrale

31/05/2018

Vie terrestre: Assurer la conservation, la restauration et l’utilisation durable des écosystèmes forestiers à travers les initiatives participatives

Brazzaville –   Les pays d’Afrique centrale viennent de se doter d’une Feuille de route pour améliorer l’efficacité de la foresterie participative à l’issue d’un atelier sous-régional organisé par le Ministère de l’Economie Forestière (MEF) de la République du Congo avec l’appui de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et l’ONG Nature+.

Cette rencontre qui a réuni une cinquantaine d’experts représentants pour la plupart des institutions membres du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC) pendant deux jours, a permis entre autres d’examiner et de valider la Feuille de route de Brazzaville, notamment la version issue de la large consultation réalisée conjointement par la FAO et l’ONG Nature+ de janvier à mars 2018, à la demande du PFBC.

Rosalie Matondo, Ministre de l’Economie Forestière ouvrant les travaux dudit atelier a précisé que l’adoption par son pays du principe de consentement libre et éclairé des populations est une illustration parfaite de la participation des communautés aux décisions qui concernent la gestion de leur environnement immédiat en vertu des droits de chacun à l’autodétermination et à l’amélioration de leur qualité de vie. Elle a par ailleurs reconnu qu’il était temps de donner une nouvelle dynamique à la foresterie participative dans les pays de la sous-région en général et au Congo en particulier.

En République du Congo en effet, la Loi 37/2008 du 28 novembre sur la faune et les aires protégées du Congo qui accorde en ses articles 2, 58 et 59, une place de choix à la gestion communautaire des ressources fauniques, reconnait aux communauté locales le droit de contribuer à la gestion de la faune sauvage et en donne la possibilité à  l’administration forestières de transférer aux communautés locales organisées en associations, les droits de gérer une zone d’intérêt cynégétique ou un territoire de chasse dans le cadre d’u contrat de gestion.

Dans son allocution, Suze Percy Filippini, Représentante de la FAO au Congo, a donné quelques exemples de success stories en foresterie participative ayant produit des effets positifs sur le milieu naturel et le bien-être des communautés, notamment au Népal où la conversion des forêts clairsemées en forêts denses dans le district de Dolakha a permis d’augmenter de 1.1 à 2.0 pour cent, le taux de reboisement en diminuant largement la perte des superficies forestières due aux incendies. En Tanzanie, l’introduction de régimes de foresterie participative, associés à des droits de propriété clairement définis et à un cadre réglementaire propice, a entraîné une amélioration de la gestion durable des forêts, un accroissement de la biomasse forestière, une diminution des activités illégales et un renforcement des moyens d’existence locaux.

Pour Suze Percy Filippini, la Feuille de route de Brazzaville arrive à point nommé, d’autant plus que plusieurs pays de la sous-région accordent une attention particulière à la diversification de leur économie et à la résorption du chômage qui touche particulièrement les jeunes. En se référant aux quatre axes de la feuille de route, à savoir la vision, le cadre institutionnel, le support, au sens du renforcement des capacités, et la gestion adaptive, elle l’a qualifié de VISA (V pour la vision, I pour les institutions, S pour le support et A pour Adaptive management) pour l’avenir des millions d’habitants qui dépendent des forêts pour leur subsistance. 

Une Feuille de route pour une foresterie participative plus efficace en Afrique centrale 

Reconnaissant que la foresterie participative ne joue pas encore pleinement le rôle qui lui a été dévolu, aussi bien sur le plan de la gestion des forêts que sur celui de l’amélioration des moyens d’existence des communautés locales, la Feuille de route de Brazzaville, aboutissement d’un long processus mené par les gouvernements des pays d’Afrique centrale et les partenaires permettra la mise en œuvre de deux objectifs opérationnels du plan de convergence (2015 – 2025) de la COMIFAC pour la gestion durable des écosystèmes forestiers.

A l’occasion de la cérémonie de clôture organisée dans les locaux de la FAO en présence des Partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile et du secteur privé, François-Xavier de Donnea, Ministre d’Etat de la Belgique, Facilitateur du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo a pris l’engagement de soutenir la mise en œuvre de la Feuille de route de Brazzaville.

Un total de cinq recommandations a été formulé par les participants à l’issue des travaux notamment : (1) finaliser et transmettre la Feuille de route aux Ministres des pays de la sous-région ; (2) restituer les conclusions de la consultation pendant la 18ème Réunion des Partenaires du PFBC ; (3)Organiser un side event de haut niveau pour présenter la Feuille de route de Brazzaville pendant la 18ème des partenaires du PFBC ; (4) présenter la Feuille de route pendant la prochaine session de la Commission des forêts et de la faune sauvage d’Afrique qui aura lieu à Dakar en juin et à la 24ème session du Comité des forêts (COFO) prévue à Rome en juillet ; et enfin (5) faciliter l’adoption formelle de la Feuille de route de Brazzaville par les instance habilités de a COMIFAC ou de la CEEAC.

A l’issue de travaux, les participants à l’atelier sous régional ont unanimement proposé à Rosalie Matondo, Ministre de l’Economie Forestière du Congo d’être l’Ambassadrice de la Feuille de route de Brazzaville.

En acceptant cette désignation, Rosalie Matondo a dédié cette nomination à Wangari Muta Maathai, Militante écologique, Prix Nobel de la paix 2004, à qui elle a rendu un vibrant hommage pour sa contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix  avant de prononcer son allocution de clôture.