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Agriculture de conservation

Adoption de l’agriculture de conservation

Comment l’agriculteur doit-il commencer à pratiquer l’agriculture de conservation? Voici quelques recommandations:

  • Il faut démarrer en se fixant des objectifs maîtrisables et réalisables.
  • Afin de gagner en expérience, il est conseillé de la pratiquer sur une petite partie de l’exploitation seulement. 
  • Il faut commencer dans un endroit où le couvert est suffisant et utiliser un matériel adapté. 
  • En cas d’utilisation d’un herbicide, il faut prendre le temps d’en maîtriser les caractéristiques et l’emploi.  Il est également important de connaître le calibrage du type de pulvérisateur qui sera utilisé. Il est recommandé d’échanger avec les autres agriculteurs qui pratiquent l’agriculture de conservation, de tirer parti de leur expérience et de tirer des enseignements de leurs erreurs.

Avant de commencer, il est aussi vivement conseillé d’élaborer un plan bien conçu de rotation des cultures.

Comme l'agriculture de conservation dépend des organismes vivant dans le sol, celui-ci doit être géré de manière à favoriser le développement de ces organismes.  Il est généralement recommandé que les «imperfections» physiques et chimiques du sol, notamment la compaction, le drainage, le pH ainsi que les teneurs en phosphore (P) et en potassium (K), soient corrigées avant la mise en place d’un système d’agriculture de conservation. Dans le cas des sols épuisés ou extrêmement dégradés, il est conseillé d’investir en procédant à certaines interventions destinées à les améliorer, par exemple:

  • la défoncement, aux fins de décompactage; 
  • le nivellement; 
  • le chaulage; 
  • l'utilisation d'un engrais vert et d'engrais chimiques afin de corriger les déficits importants en éléments nutritifs.

Les sols cultivés dans le cadre d’une agriculture de conservation s’améliorent progressivement. On constate en effet que le rythme de dégradation et d'érosion est inférieur au rythme de régénération.  Pour cette raison, même les sols dégradés peuvent s'améliorer et devenir productifs avec ce système.

Dans les premières années, l’agriculteur qui pratique l’agriculture de conservation se concentrera sur la lutte contre les adventices, la gestion des cultures et des résidus de cultures de couverture, et le suivi de l’impact des ravageurs et des agents phytopathogènes. L’agriculteur doit se préparer à adopter de nouvelles habitudes et de nouveaux calendriers.

L’agriculture de conservation est basée sur la restauration des processus biologiques naturels. Il faut donc qu’une période de transition s’écoule avant que le système cultural soit mis en place et que les équilibres naturels soient rétablis.  Il est conseillé aux agriculteurs qui commencent à utiliser ce système de consulter des praticiens afin d’échanger des données d’expérience et de se fixer des objectifs réalistes.

Ils devront passer par une phase d’apprentissage pour se familiariser avec cette innovation, et recueillir beaucoup d’informations sur l’utilisation et le réglage des outils et outillages.  Le concept brésilien de «clinique du planteur» est très utile pour aider les agriculteurs à mieux comprendre le fonctionnement des outils et outillages, mais aussi à mieux déterminer le délai de transition nécessaire vers de nouveaux systèmes de production, les rendements obtenus pendant et après cette phase ainsi que les besoins en main d’œuvre et le temps passé, avant et après le changement.  Les expériences des producteurs qui pratiquent l’agriculture de conservation depuis plusieurs années peuvent aider les nouveaux adeptes à connaître les pratiques qui produisent des résultats intéressants et prendre conscience des erreurs à éviter.  La formation dispensée dans le cadre des écoles pratiques d'agriculture est un autre concept qui a rencontré le succès dans plusieurs pays.

Conditions environnementales
Un certain nombre de conditions environnementales peuvent accélérer l’adoption de l’agriculture de conservation.  En général, les conditions suivantes sont peu propices aux activités agricoles et sont synonymes de rendements inférieurs à la moyenne, de faibles revenus et de problèmes environnementaux, notamment:

  • relief montagneux;
  • érosion hydrique;
  • climat aride marqué par des périodes très chaudes et sèches;
  • sols dégradés et érodés; 
  • coûts de production élevés;
  • diminution de la main d’œuvre; 
  • réduction des subventions agricoles.

Dans ces conditions, l'agriculture de conservation pourrait connaître un essor rapide car les résultats sont évidents, en particulier pour les agriculteurs. En outre, la présence d'organisations de promotion de l'agriculture de conservation, d'organisations paysannes et d'agriculteurs expérimentés dans ce domaine peut faire évoluer rapidement la situation sociale et économique des populations.

Les producteurs innovants, qui recherchent des systèmes de production alternatifs afin de réduire les coûts de production et d’améliorer leur productivité et celle de leur sol, sont probablement ceux qui adopteront en premier cette nouvelle technique et qui feront la promotion de l'agriculture de conservation dans leurs communautés.