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Boko Mai Gao : le virus en sursis
Lors des opérations d'abattage sanitaire des volailles à Boko Mai Gao,
des prélèvements avaient été réalisés avant la destruction des cadavres.
Les résultats de ces prélèvements viennent de confirmer la persistance
du virus H5N1 chez un nombre important des volailles qui ont été
abattues (6 prélèvements sur 10 sont positif au virus H5N1).
Il s'agit vraisemblablement de volailles qui avaient survécu à la
maladie apparue début mai dans ce village et qui continuaient à être
"porteuses" du virus.
Ceci signifie notamment qu'entre l'apparition de la grippe aviaire
début mai et la destruction des volailles début juin, ces volailles
infectées sont restées une source possible de contagion
pendant plus d'un mois.
C'est l'occasion de rappeler quelques règles indispensables de police
sanitaire en pareil cas :
- la stricte nécessité d'interrompre tout mouvement de volailles
dans le secteur (périmètre infecté de 5 km de diamètre + périmètre
sanitaire de 15 km, ainsi que l'interdiction des marchés dans tout le
département) dès la suspicion de la maladie, sans attendre les résultats de
confirmation des laboratoires. Le contrôle de la circulation des volailles
et la maîtrise des restrictions de leur commerce sont la clé de la lutte
contre la grippe aviaire.
- la nécessité de procéder le plus rapidement possible aux
opérations d'abattage sanitaire, avant diffusion de la maladie, si
possible bien avant l'obtention des résultats de confirmation du
laboratoire de référence.
Les résultats intermédiaires du laboratoire national suffisent largement,
et parfois même, avant tout résultat de laboratoire, les informations
épidémiologiques recueillies sur place s'avèrent souvent suffisantes pour
distinguer la grippe aviaire de la maladie de Newcastle (très forte mortalités sur moins de 4 jours sur plusieurs
espèces de volailles). Se référer à la "fiche de décision"
du plan d'intervention pour plus de détails.
- la nécessité de procéder à une enquête épidémiologique
rétrospective pour déterminer si des mouvements de volailles non
maîtrisés auraient pu permettre la diffusion de la maladie au delà
périmètre infecté (où toutes les volailles ont été détruites).
Ces résultats sont aussi l'occasion de relancer le débat sur le
recours à la vaccination dans la zone située autour du périmètre
infecté (vaccination péri-focale en anneau) afin d'augmenter le niveau de
protection et les garanties pour enrayer la diffusion de la maladie.
C'est le choix qu'a fait la Côte d'Ivoire, alors même que
son statut de pays exportateur l'expose à davantage de mesures de
rétorsions commerciales du fait du recours à la vaccination.
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Rappel sur le
zonage sanitaire

C'est dans la zone tampon que l'on procède éventuellement à la
vaccination péri-focale en anneau.
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zone d'abattage
("périmètre infecté" au Niger)
Le rayon varie en fonction des pays de 1 km (Indonésie) à 5 km
(Thaïlande).
Au Niger, il était de 5 km à Magaria et de 2,5 km à Boko Mai Gao.
Toutes les volailles y sont abattues et détruites et un vide
sanitaire d'au moins 21 jours y est ensuite instauré.
zone tampon
("cordon sanitaire" au Niger)
Le rayon varie de 4 km (Indonésie) à 30 km (Japon).
Au Niger, il était de 15 km à Magaria et de 7,5 km à Boko Mai Gao.
Commerce et circulation de volailles y sont interdits.
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Même si le recours à la vaccination n'est pas officiellement interdit
au Niger, il devrait néanmoins être débattu, éventuellement décidé et
organisé au niveau national. Cette démarche permettrait d'éviter les
initiatives éparses voire anarchiques, comme cela se passe au Nigeria
voisin, alors même que ce pays a pourtant interdit la vaccination contre la
grippe aviaire et que des vaccins d'origine inconnue y circulent sans
contrôle. Une vaccination anarchique est le plus sûr moyen de masquer
une circulation virale silencieuse qui assurerait une présence
prolongée du virus dans la région.
Une vaccination contrôlée permet a contrario de définir un plan de
contrôle sérologique de surveillance de la maladie adapté à la souche
vaccinale utilisée.
Ci-joint le Rapport d'abattage et d'indemnisation dans le foyer
de grippe aviaire hautement pathogène de Boko Mai Gao.
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