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La FAO contribue à renforcer le secteur des produits laitiers en Ukraine

L’appui de la FAO au secteur laitier porte ses fruits.

Points clés

En Ukraine, le secteur commercial des produits laitiers commence à se redresser après la nette contraction observée ces dernières années, grâce à la production de lait de qualité et l’accès à de nouveaux marchés étrangers. Cette reprise s’est amorcée malgré les turbulences politiques et économiques en Ukraine et l’effondrement sans précédent des cours mondiaux du lait. Ces résultats sont dûs en grande partie à la FAO et à La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui ont toutes deux appuyé la création du Groupe de travail (GT) du secteur des produits laitiers ukrainiens en 2013. Le GT du secteur des produits laitiers est le fruit d’une collaboration entre les principaux producteurs et transformateurs de lait, les principales associations industrielles, des scientifiques, des analystes et des représentants du gouvernement. Le groupe vise à développer des mécanismes transparents en matière de politique sur les produits laitiers et des indicateurs du marché du lait communément acceptés. Il s’efforce également de renforcer les capacités, de prodiguer des conseils juridiques et de procéder à des analyses du marché par le biais d’un dialogue fructueux entre les secteurs public et privé. Grâce à l’appui de la FAO en matière de connaissances et de facilitation, le GT contribue de façon significative à moderniser le secteur commercial des produits laitiers et à le rendre plus productif et plus durable que jamais.

Le secteur du lait et des produits laitiers en Ukraine montre des signes de redressement après une période de stagnation pendant laquelle les producteurs ont peiné à livrer des matières premières de haute qualité. Avec le soutien de la FAO, de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et du Groupe de travail (GT) du secteur des produits laitiers ukrainien, le secteur commence à montrer les signes d'une plus grande efficacité, productivité et inclusivité.

Le GT a joué un rôle déterminant dans la modification de la législation ukrainienne – y compris en introduisant de nouvelles normes de qualité et de sécurité sanitaire – et l’élaboration de modèles d’investissement en faveur de l'industrialisation. Les dialogues réguliers entre le gouvernement et le secteur privé concernant les nouveautés du secteur des produits laitiers, des initiatives clés en matière de législation, les normes et les tendances du marché, constituent désormais un instrument important pour favoriser un processus d’élaboration des politiques transparent.

«Le dialogue actif entre les entreprises agroalimentaires et le Gouvernement ukrainien est un facteur clé qui contribue au développement du secteur. Il a permis de créer un environnement politique plus transparent, propice à l'investissement et il contribue à diversifier les débouchés d'exportation pour les produits laitiers», déclare Victoria Zinchuk, responsable des agro-industries à la BERD.

Transfert des connaissances
Informer les producteurs de produits laitiers et les experts de l'industrie des développements du marché et des derniers savoir-faire techniques joue un rôle prépondérant dans la transformation de l'industrie des produits laitiers. Dans cette optique, la FAO et la BERD ont organisé en 2014 un voyage d'études pour les membres du GT dans certaines régions clés productrices de lait aux États-Unis.

Le Groupe a visité des fermes, des coopératives laitières, une usine de transformation de produits laitiers et des centres de recherche et de vulgarisation, ce qui a permis à ses membres d’acquérir des connaissances précieuses sur les nouvelles technologies et méthodes de production ainsi que sur les pratiques commerciales modernes relatives aux produits laitiers.

«Les fermes dans le Wisconsin représentent 14 pour cent de la production totale de lait des États-Unis et nous avons tiré des leçons de l'ensemble de la chaîne de valeur des produits laitiers de cet État – de la recherche scientifique et recherche appliquée aux coopératives commerciales en passant par les services de vulgarisation, la production, et la transformation», a déclaré Denys Serhiyenko, Directeur de la ferme laitière «Ponory» Ltd.

«Dans ma vie, j’ai participé à de nombreux voyages d'étude sur les produits laitiers, mais celui-là était le plus intéressant de tous. J'ai beaucoup appris sur les technologies d'alimentation des veaux, l'élevage, la culture de la luzerne et la production d'aliments pour animaux. Les approches technologiques utilisées dans cette fromagerie américaine nous ont conduits à repenser nos processus de fabrication du fromage, un changement que nous sommes en train de mettre en place dans notre usine», a ajouté M. Anatoliy Volkov, Directeur de la ferme «Plemzavod Stepnoy» .

Des événements de haut niveau, tels que le Congrès de l’Europe de l’Est sur les produits laitiers de 2016 à Kiev – qui a attiré plus de 2 000 producteurs laitiers et des acteurs de l'industrie de divers pays – ont favorisé non seulement les échanges d'idées mais également les échanges de technologies et de connaissances sur le marché.

Nous en avons tiré plusieurs avantages, notamment l'aide apportée aux agriculteurs pour améliorer leurs installations et améliorer la qualité et la quantité de lait produite.

Ouvrir de nouvelles perspectives
Saluant les efforts déployés par l'Ukraine visant à accroître ses échanges commerciaux, la Chine et l'Union européenne ont ouvert leurs marchés à plusieurs entreprises de produits laitiers de l'Ukraine en 2015. En outre, les récentes missions commerciales dans des pays du Moyen-Orient, de l'Afrique subsaharienne et d'Asie ont également contribué à identifier de nouveaux débouchés commerciaux pour les produits laitiers ukrainiens.

Parmi ces produits, le fromage continue d’occuper une place importante, mais l’Ukraine a également accru ses exportations de lait écrémé en poudre, de beurre, de lait stérilisé par Upérisation à Haute Température (UHT), de produits à base de crème et de produits laitiers fermentés, créant ainsi de nouvelles possibilités pour les producteurs de produits laitiers.

Toutefois, un des économistes de la FAO, Andriy Yarmak, estime que même si la plupart des agriculteurs font un investissement annuel dans l'expansion de la production, il leur serait beaucoup plus profitable d’investir dans les technologies de transformation.

«Produire un litre de lait coûte dix fois plus cher que la transformation de la même quantité de lait. Au lieu de dépenser de l’argent pour investir dans la production de lait, les agriculteurs pourraient utiliser les mêmes fonds pour créer une usine de transformation dans le but de produire des produits laitiers de haute qualité pour le marché domestique et les marchés d’exportation», explique-t-il.

Pour faire la démonstration de son argument, M. Yarmak donne l’exemple concret d'une entreprise de produits laitiers ukrainienne qui, après avoir décidé d'investir dans une toute nouvelle ligne de production, s’est par la suite tournée vers le développement d’un produit destiné exclusivement au marché chinois.

Lunion fait la force
Consciente que l’union fait la force, l'Association des producteurs de lait en Ukraine, l'un des membres les plus actifs du GT, met actuellement sur pied une coopérative de producteurs de lait en vue de favoriser l’ajout de valeur par le biais de la transformation. 

Environ 20 grands exploitants agricoles travaillent actuellement sur un plan d'affaires, tandis que cinq autres ont déjà uni leurs forces pour vendre collectivement leur lait et gagner environ 10 pour cent de plus.

«C'est incroyable ce qui peut être fait si vous avez vraiment l'énergie de faire avancer les choses», explique Andriy Dykun, Président de l'Association des producteurs de lait en Ukraine.

Et c'est cet esprit de collaboration, qui consiste à donner à tous les acteurs leur mot à dire dans les décisions politiques importantes, qui démontre les progrès réalisés par le GT dans l’amélioration du secteur des produits laitiers. 

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