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Renforcer et généraliser la résilience des moyens de subsistance aux Philippines

La FAO aide à restaurer les moyens de subsistance agricoles des communautés sinistrées.

Points clés

Pour les familles d’agriculteurs et de pêcheurs de l’île de Mindanao aux Philippines, les catastrophes naturelles et les catastrophes causées par l’homme ne sont pas une nouveauté. Depuis maintenant plus de 40 ans, ces familles ont été à maintes reprises victimes de déplacements en raison des affrontements armés qui ont perturbé leurs vies et leurs moyens de subsistance. Au cours de ces cinq dernières années, cette région a également été frappée par de violents typhons, de vastes inondations et une sécheresse généralisée qui ont exacerbé les difficultés auxquelles sont confrontées ces familles.

Grâce à une subvention de 3 millions d’USD du Gouvernement néo-zélandais, la FAO aide 10 475 ménages d’agriculteurs et de pêcheurs à rétablir leurs moyens de subsistance dans la province de Cotabato. Ce projet vise à rétablir des moyens d'existence agricoles des petits exploitants dans cinq municipalités (Aleosan, Kabacan, Midsayap, Pigkawayan et Pikit) et à améliorer leur capacité de résilience face aux catastrophes et aux effets du changement climatique.

Avant 2011, la région de Mindanao aux Philippines était rarement frappée par de violents typhons. Elle était considérée comme une région qui se prêtait particulièrement bien à la production agricole et avait attiré plusieurs grandes sociétés internationales. Cependant, les conditions ont changé considérablement au cours de ces cinq dernières années. La majorité des agriculteurs et pêcheurs de la région, qui n'avaient jamais été confrontés à des événements météorologiques extrêmes, se retrouvent vulnérables face à des phénomènes devenus ordinaires.

Dans plusieurs régions, la tâche est d’autant plus ardue que les affrontements armés obligent les familles à fuir leurs maisons et à abandonner leurs moyens de subsistance.

«Nos moyens de subsistance sont fortement affectés chaque fois qu'il y a des combats. Lorsque nous quittons les lieux, nous devons également abandonner nos exploitations agricoles et nos cultures comme le riz et le maïs», a expliqué Talamid Madaliday, un des agriculteurs de la municipalité de Midsayap.

Noli Calapate, un riziculteur de la municipalité d’Aleosan, a raconté de quelle façon les conditions météorologiques extrêmes affectaient les activités agricoles de la communauté : «Nous avons été victimes de la sécheresse et parfois nous ne sommes pas en mesure de planter à temps parce qu'il n'y a pas assez d'eau. Pendant la saison des pluies, il arrive que nos cultures soient également endommagées parce que nous ne pouvons pas contrôler les inondations.»

Talamid et Noli sont de la province de Cotabato dans la partie centrale de Mindanao, l'une des zones les plus vulnérables aux catastrophes naturelles et à celles causées par l'homme. En outre, la province figure invariablement parmi les provinces les plus pauvres du pays.

Grâce à une subvention de 3 millions d'USD du Gouvernement néo-zélandais, la FAO aide les agriculteurs et les pêcheurs de Mindanao, comme Noli et Talamid, à rétablir leurs moyens de subsistance et à renforcer leur capacité de résilience face aux effets des événements météorologiques extrêmes et des conflits armés.

À Cotabato, les paysans commencent à pratiquer une agriculture intelligente face au climat
Les écoles pratiques d’agriculture intelligente face au climat de la FAO sont en train de modifier la manière dont les communautés cultivent le riz, le mais et les légumes – des cultures qui ont été grandement compromises pendant les récentes sécheresses et innondations.

À travers un apprentissage appliqué, ces écoles d’agriculture de terrain font la promotion des méthodes qui contribuent à renforcer la résilience des agriculteurs. Le programme comprend la formation au niveau de l’exploitation, l’utilisation des informations climatiques et des avis météorologiques locaux, des démonstrations de technologie et des visites de terrain. La moitié des activités sont des exercices pratiques. De cette façon, les personnes en formation peuvent observer directement, réfléchir à des solutions et analyser les systèmes agro-écologiques, et en conséquence, résoudre des problèmes liés à divers défis.

«Nous avons appris de nouvelles méthodes, comme par exemple, quand nous avons participé au séminaire sur les catastrophes. On nous a enseigné comment utiliser le pluviomètre, comment lutter contre les ravageurs, comme les rats, les punaises noires et bien d’autres encore, qui détruisent nos cultures», explique Marie Fe Valeroso, un agriculteur de la municipalité d’Aleosan qui a participé à l'école d’agriculture de terrain.

S’adressant aux agriculteurs de la municipalité de Midsayap, M. Mathew De Wit, Chef adjoint de la mission de l’Ambassade de la Nouvelle-Zélande aux Philippines a déclaré: «Le plus important dans ce projet, c’est l’éducation. Tirer profit de toutes les informations, des leçons et des connaissances que la FAO et les experts partagent sur la manière d’améliorer l'agriculture, et ensuite en tirer des enseignements et les partager avec la communauté – pour créer une culture de partage et d'apprentissage – constituent des aspects très importants du développement et de la réussite à long terme du projet.»

Les agents de vulgarisation agricole du gouvernement local collaborent également avec la FAO dans la gestion des écoles d’agriculture de terrain et acquièrent par la même occasion une expérience pratique qui leur permettra de reproduire ces activités.

Le Sous-secrétaire au Ministère de l’agriculture, M. Dilangalen Ranibai, parlant au nom du Ministère de l’agriculture du Gouvernement philippin, a remercié la FAO et la Nouvelle-Zélande: «Nous nous réjouissons à la perspective de poursuivre notre collaboration et coopération en vue d'atteindre l'autosuffisance en riz, et bien sûr, de parvenir à la sécurité alimentaire.»

Rétablissement des moyens de subsistance
Outre les activités de formation sur la réduction des risques de catastrophe et la résilience aux effets du changement climatique, la FAO distribue, avec l’aide du Ministère de l'agriculture et des administrations locales, des intrants qui contribueront à reconstituer les moyens de subsistance de 10 475 familles d'agriculteurs et de pêcheurs des municipalités d’Aleosan, Pikit, Midsayap, Kabacan et Pigcawayan. Ces intrants comprennent du riz, du maïs et des semences maraichères, de jeunes plants d’arbres fruitiers, des engrais, des filets de séchage, de petites machines agricoles, des équipements post-récolte, du bétail et des volailles, des alevins de tilapia et des filets maillants. Le projet devrait se poursuivre jusqu’en octobre 2017.

«Nous remercions la FAO et le peuple néo-zélandais. On nous a enseigné comment améliorer nos pratiques agricoles et ils nous ont donné des intrants comme du riz, du mais et des poulets,» a dit Talamid

Marie Fe a ajouté: «Au lieu d'acheter les semences avec notre argent, nous pouvons planter les semences que la FAO nous a données et utiliser notre argent pour nous relever des épreuves que El Niño a fait subir à notre barangay (village).»

Travail de la FAO sur l’île de Mindanao
Depuis 2015, les activités de la FAO dans la région ont été guidées par son Programme stratégique pour l'agriculture et les agro-industries de Mindanao, qui soutient les objectifs de paix et de développement du pays. Les activités dans le présent cadre visent à promouvoir une croissance inclusive, équitable et durable en permettant aux petits exploitants de ne pas de limiter à une agriculture de subsistance, en établissant des liens entre les régions qui accusent un retard et des villes plus modernes, et en améliorant la résilience des moyens de subsistance agricoles face aux crises et aux effets du changement climatique.

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