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Investir dans les données pour les ODD: pourquoi les bons chiffres sont-ils importants?


03/07/2019 - 

Les bonnes décisions reposent sur des informations précises, et la disponibilité et l'utilisation de données de haute qualité sont indispensables à la prise de décisions fondées sur des données probantes, ainsi qu’à la mise en œuvre intégrale du Programme de développement durable à l'horizon 2030. Alors qu'il ne reste qu’un peu plus que dix ans d'ici 2030, il est impératif d'accélérer les actions de transformation qui aideront les pays à atteindre les objectifs convenus. Les décideurs ont besoin de meilleures données pour élaborer des politiques efficaces, encourager les investissements, cibler des programmes et mesurer les progrès accomplis vers le développement durable.

Les statistiques sont au cœur des travaux de la FAO. Elles sont à la source des publications faisant autorité dans tous les domaines liés à l'alimentation, l'agriculture et la gestion durable des ressources naturelles, y compris la série phare «L’état du monde». Elles permettent également à la FAO de mieux adapter son soutien aux pays pour atteindre et mesurer les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable (ODD).

Pourquoi la réalisation des ODD nécessite-t-elle des données de haute qualité?

Sur la base des données actuellement disponibles, nous ne sommes pas en voie d'atteindre l’écrasante majorité des cibles des ODD relatives à l'agriculture durable, la sécurité alimentaire et la nutrition. Tandis que la faim augmente, les ressources naturelles sont soumises à une pression croissante des activités humaines. Cela donne à penser que les mesures prises jusqu'à présent par les gouvernements et la communauté internationale n'ont pas été suffisantes.

L’une des principales raisons à cela est la disponibilité et l'utilisation limitées des données pertinentes. En effet, ces dernières  sont nécessaires pour identifier les contraintes les plus pressantes et concevoir des interventions ciblées. Par exemple, les données fournissent des informations vitales sur les groupes de personnes ou les régions d’un pays sur lesquels se concentrer. Des questions telles que «Quel groupe de la population est confronté aux contraintes les plus sévères pour accéder à la nourriture?», «Dans quelle région du pays l'insécurité alimentaire est-elle la plus sévère?», «Quels sont les facteurs clés qui expliquent l'incapacité des individus ou des ménages à accéder à la nourriture?» ne peuvent trouver une réponse  qu'avec des données appropriées.

De bonnes données sont essentielles non seulement pour identifier les points d’intervention critiques, mais également pour guider l’action tout au long du cycle politique ou programmatique. Les données aident à déterminer l'étendue appropriée du financement, à prendre des mesures correctives lorsqu'une intervention a dévié de son cap et à orienter les interventions futures en fonction des évaluations des interventions antérieures. Pour ainsi dire, les données sont les «yeux et les oreilles» des décideurs, optimisant l'efficacité et l'efficience d'une intervention et nous rapprochant de la réalisation des ODD.

Que fait la FAO pour améliorer les données nationales en vue du suivi des réalisations des ODD et pour éclairer les décisions politiques?

Au cours des dernières années, la FAO a accompli des progrès significatifs dans l’accomplissement de son rôle d’organisation garante de 21 indicateurs des ODD 2, 5, 6, 12, 14 et 15, et de contributrice pour cinq autres indicateurs, soit près de 10 pour cent du cadre mondial des indicateurs des ODD. Ces indicateurs saisissent des informations sur la faim, l'insécurité alimentaire, l'agriculture durable et l'utilisation durable des ressources naturelles.

Même si la majorité de ces indicateurs sont nouveaux et n'avaient pas, au départ, de méthodologies convenues au niveau international, la FAO a réussi en avril 2019 à établir des normes et des méthodologies internationales pour les 21 indicateurs de développement durable. Toutefois, l’adoption des indicateurs par les pays n’étant pas automatique, plusieurs initiatives aident actuellement les pays à adapter les outils de collecte de données disponibles ou à en adopter de nouveaux afin de pouvoir rendre compte de tous les indicateurs relatifs aux objectifs de développement durable sous la tutelle de la FAO.

Afin d’aider davantage les pays à renforcer leurs propres capacités de production et d'utilisation des indicateurs des ODD, la FAO a mis au point un programme d'assistance technique à part entière intitulé «Mesurer les ODD: améliorer les données nationales pour suivre les résultats des ODD et éclairer les décisions politiques». Le programme vise à accroître la disponibilité et la qualité des statistiques et à éclairer une meilleure prise de décision sur les ODD en évaluant et en renforçant les systèmes statistiques nationaux existants, en travaillant en étroite collaboration avec d'autres agences dépositaires et partenaires statistiques. La FAO recherche des partenariats nouveaux et renouvelés pour financer le programme de 21 millions de dollars USD, élément essentiel pour remettre le Programme 2030 sur les rails.

Pourquoi investir dans les données pour les ODD?

D’après une récente évaluation des lacunes des ODD menée par la FAO, il est primordial de renforcer les capacités au niveau national pour faire en sorte que les pays puissent produire la plupart des indicateurs des ODD et en rendre compte dans les quelques années à venir. Les premiers résultats suggèrent que 72 pour cent des pays ont besoin d'une aide extérieure pour produire un ou plusieurs des 21 indicateurs de développement durable sous la tutelle de la FAO.

Les statistiques sont généralement sous-financées tant au niveau national qu’international. Alors que des études estiment qu’un investissement annuel supplémentaire de 100 à 200 millions de dollars USD dans les statistiques est nécessaire pour assurer un suivi adéquat des ODD, moins de 1 pour cent de l’aide publique au développement (APD) est actuellement consacré aux statistiques. Il est essentiel d’investir dans de meilleures données pour faire en sorte que les ressources limitées en matière d’aide humanitaire et de développement soient utilisées à bon escient. Cela vaut non seulement pour les entités publiques, mais également pour les entités privées, les organisations de la société civile (OSC), les organisations non gouvernementales (ONG) et tous les autres acteurs qui contribuent à la réalisation du Programme de développement durable à l'horizon 2030.

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