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PRESERVATION DE L'AGRICULTURE IN NORD KAZAKHSTAN
Les vastes plaines du Nord Kazakhstan faisant partie de la région connue sous le nom de Sibérie sont caractérisées par des conditions climatiques sévères. De longs hivers froids avec des températures qui descendent jusqu'à - 20ºC et des précipitations faibles allant de 200 à 300 mm par an font de l'agriculture une activité difficile et aléatoire. Néanmoins, la région était, à l'époque soviétique, une zone importante de production de blé de haute qualité. A l'époque, la superficie totale dédiée à la culture du blé était de 23 millions d'hectares produisant environ 24 millions de tonnes de blé. Cependant, les cultures intensives ont beaucoup nuit à des sols à l'origine très fertiles. La dégradation des sols est devenue une entrave sérieuse à la production agricole. Depuis que ces sols ont été mis en culture, plus de 50 pour cent de la matière organique à été perdue avec pour conséquence un compactage du sol, un déficit nutritif et une érosion éolienne et hydrique. L'exploitation du blé a vu diminuer ses profits et, après la chute de l'Union soviétique, la surface des terres produisant du blé est tombée à 11 millions d'hectares. De grandes zones agricoles du Nord Kazakhstan ont été abandonnées. Les problèmes de fertilité du sol et de rentabilité des exploitations ont été aggravés par la vétusté des machines agricoles et ont contribué en commun à la réduction des terres cultivées. Il a été difficile pour les ex-coopératives d'état récemment privatisées d'assurer l'entretien des vieilles machines ou d'investir dans de nouveaux équipements.
Face à cette situation, l'assistance de la FAO à travers le PCT a été demandée pour améliorer la rentabilité de l'exploitation du blé dans la région et pour réduire l'impact environnemental sur les ressources des sols. L'approche technique choisie, l'agriculture conservatrice des ressources, est basée sur les trois principes suivants :
• bouleversement du sol minimal ; labour zéro, semis direct ;
• recouverture constante du sol avec les résidus de récolte, si possible sur la totalité de la surface ;
• rotation des cultures diversifiée
Le projet s'est concentré sur les deux premiers principes. Les semoirs utilisés localement ont été modifiés pour permettre le semis direct dans un sol non préparé. Les composantes de la modification furent en partie importées et en partie produites sur place, pour réduire les coûts. Les résidus de récoltes ont été laissés tels quels dans les champs. Pendant la période de jachère, souvent intercalée entre deux récoltes pour accumuler l'eau, on avait recours à la lutte chimique contre les mauvaises herbes plutôt qu'à la culture répétée. Les paysans concernés par le projet ont été invités à envisager des cultures autres que celle du blé afin d'obtenir une rotation des cultures plus diversifiée. Conjointement avec le Ministère de l'agriculture et le Syndicat des agriculteurs kazakhs de formation récente, quatre fermes pilotes ont été sélectionnées de façon stratégique sur l'ensemble du territoire du Nord Kazakhstan, et le concept d'agriculture conservatrice des ressources mentionné plus haut a été introduit sur des zones de démonstration de 200 hectares dans chaque ferme. Une formation intensive, des voyages d'étude, des visites de fermes et des journées sur le terrain ont favorisé une bonne promotion du concept. Le Syndicat des agriculteurs a apporté une contribution importante dans ce transfert de technologie. Les résultats apportés par l'agriculture conservatrice des ressources dans toutes les fermes ont été très encourageants. Hormis de rares exceptions, les rendements ont augmenté, bien que faiblement au départ, mais les coûts de production ont été réduits, notamment pour les carburants et l'entretien des machines. Dans l'ensemble, le niveau de rentabilité de l'agriculture conservatrice des ressources a été encourageant et l'amélioration de la fertilité des sols a été remarquable. Lors d'une année particulièrement sèche, les zones où l'on a pratiqué l'agriculture conservatrice des ressources ont accompli de meilleures performances en comparaison avec les zones conventionnelles.
A la fin du projet, toutes les fermes concernées avaient augmenté leur superficie réservée à l'agriculture conservatrice des ressources et commencé à se procurer de l'équipement pour le semis direct et à planifier une conversion totale à l'agriculture conservatrice des ressources dans un délai de deux à trois ans. D'autres agriculteurs ont démontré de l'intérêt et le Gouvernement a encouragé l'adoption de l'agriculture conservatrice des ressources dans le cadre d'une politique nationale visant à convertir les zones productrices de blé du Nord Kazakhstan à ce type d'agriculture sur une période de dix ans. Dans cette optique, des politiques d'appui ont incorporé des subsides pour la production locale de dessicatifs utilisés pour la jachère chimique et des modalités de crédit pour l'achat d'équipement de semis direct. Un manuel sur l'agriculture conservatrice des ressources élaboré durant le projet a fait l'objet d'une vaste distribution au sein de la communauté agricole du Kazakhstan.
De nouveaux projets pour la réhabilitation des terres abandonnées et des pâturages dégradés ont adopté les technologies du semis direct pour réutiliser les terres sans avoir recours au labour. Le projet de la FAO s'est achevé en 2004. Aujourd'hui, deux ans plus tard, la culture en semis direct connaît un succès considérable au Kazakhstan. Le nombre et la variété de semoirs pour le semis direct importés dans le pays sont en croissance constante et on organise tous les ans des foires de machines agricoles. Les agriculteurs font des investissements et réussissent à interrompre le cercle vicieux de la pauvreté. La superficie totale des terres cultivées en semis direct au Kazakhstan, selon le Ministère de l'agriculture, montait à 1 790 600 ha en 2006. La majeure partie de ces terres se trouve au Nord Kazakhstan, à savoir 1 311 300 ha. Le ministère prévoit pour 2007 un accroissement des cultures en semis direct à 2 847 000 ha au Kazakhstan et à 2 114 000 ha au Nord Kazakhstan.
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